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📖 Extrait gratuit — Chapitre un à Chapitre trois

Amour en blouse blanche · Radclyffe

Lire Amour en blouse blanche en ligne gratuitement Chapitre trois

Glenn traversa silencieusement le couloir en direction de la zone principale des urgences, suivie par la nouvelle assistante médicale. Pourquoi diable avait-elle laissé Abigail Remy la convaincre de renoncer à son poste de première assistante chirurgicale de Flann Rivers pour chapeauter ce nouveau programme de formation ? Abby n’avait même pas eu à faire beaucoup d’efforts pour la persuader. Ce n’était pas avec de la flatterie, elle n’y était pas sensible. Bien sûr, Abby avait dit qu’elle avait besoin de quelqu’un d’expérimenté et habitué à diriger une équipe, pour s’assurer que le programme de formation des assistants médicaux démarre et fonctionne sans accroc.

La coopération entre le service des urgences et les centres de soins de la région était essentielle pour maintenir la bonne santé économique de l’hôpital. Les urgences, voire l’établissement tout entier, avaient connu des difficultés peu de temps auparavant, et il avait été question du rachat et de la fermeture de l’hôpital. Tout le monde pensait que Presley Worth, la nouvelle directrice générale, était venue avec cet objectif précis. C’était peut-être le cas, effectivement. Mais plus maintenant. Presley, le directeur du personnel médical, Edward Rivers, et tous les membres du personnel étaient unis pour redresser la situation.

Dans ces circonstances, comment Glenn aurait-elle pu dire non ? Quand avait-elle déjà refusé lorsqu’elle croyait en quelque chose et que le devoir l’appelait ? Son poste d’adjointe auprès de Flann la satisfaisait, elle était contente de ses responsabilités, elle se sentait à l’aise, en sécurité. Bon sang ! Elle savait quel était le problème. Elle ne voulait pas être cheffe d’équipe et porter la responsabilité du succès ou de l’échec. Elle refusait d’être la personne vers qui tout le monde se tournait. Pas à nouveau. Mais elle s’était engagée dans l’armée dans ce but, non ? Et elle s’était enrôlée derechef, sans réfléchir, comme les deux fois précédentes.

Elle était donc là, directrice du programme d’assistants médicaux, avec une nouvelle adjointe, et elle n’avait pas été capable de dire quoi que ce soit d’un peu intelligent à Mari Mateo, juste « Venez, je vous montre où se trouve votre casier ».

Glenn s’arrêta si brusquement que Mari la dépassa d’un pas, puis se retourna et la regarda avec un air interrogateur.

— Vous buvez du café, n’est-ce pas ? demanda Glenn.

La surprise se lut dans les yeux marron les plus profonds, les plus sombres et les plus riches que Glenn ait jamais vus. Des reflets dorés parsemaient le chocolat des pupilles de la jeune femme et Glenn pensa au lever du soleil sur le désert, au choc saisissant d’une splendeur inattendue dans un paysage désolé. Un sourire illumina le lever du soleil et se dessina sur les lèvres pulpeuses de Mari. En une milliseconde, la jolie femme au physique agréable se transforma en une beauté renversante.

— Non, je ne suis pas trop amatrice de café.

Toujours sous l’émotion de cette splendeur soudaine, Glenn haussa les sourcils sans dire un mot. Elle essaya frénétiquement d’imaginer comment il était possible de supporter la réunion matinale sans café. Certaines personnes buvaient du thé, bien sûr. Elle-même l’avait fait à l’occasion. Mais le café était une tradition, et, pour la plupart des médecins, il était aussi précieux que le sang. Mais elle s’accommoderait, d’une façon ou d’une autre, d’une consommatrice de thé.

— Oh. Bon. Eh bien, euh, alors… que diriez-vous de…

— D’un autre côté, poursuivit Mari avec aisance, une lueur amusée dans les yeux, j’apprécie particulièrement l’espresso, surtout lorsqu’il est préparé à partir d’un bon cru mexicain.

— Un espresso, répéta Glenn en plissant les paupières.

— Hum.

— Vous êtes cruelle. J’imaginais des sachets de thé à six heures du matin.

— Ce n’est pas vraiment une substance toxique, dit Mari en riant. Mais je ne savais pas que vous étiez si sensible.

— Allons prendre un café, sourit Glenn, je vous raconterai le quotidien.

Mari fronça les sourcils et jeta un coup d’œil en direction des urgences.

— Et les patients ? Ne devrions-nous pas aller les voir ?

— Oui, nous devrions, acquiesça Glenn, impressionnée et ravie. Et nous le ferons. Mais j’ai vérifié le tableau blanc en passant tout à l’heure, et il n’y a rien de pressant qui nécessite notre attention. J’ai ma radio…

Elle grimaça et tapota la poche de son pantalon. Même après des années hors de l’uniforme, elle ne pouvait pas s’habituer à ne pas avoir de radio et à ne pas être connectée au centre de communication.

— Je veux dire mon téléphone. On nous enverra un texto si quelque chose d’important se produit. Sinon, nous attendons les résultats des analyses des patients qui sont arrivés avant le changement d’équipe. Tous ceux qui ont été admis semblaient en ambulatoire. Nous sommes donc tranquilles pour quelques minutes.

— Tout ça après un bref coup d’œil au tableau blanc ? demanda Mari en penchant la tête.

— Et un rapide compte-rendu de Bruce.

— Oh, je l’ai rencontré. Est-il aussi un ancien militaire ?

Glenn s’immobilisa.

— Pardon ?

— C’est bien ça, n’est-ce pas ? Vous étiez dans l’armée, non ? Vous me rappelez beaucoup mon instructeur. Il était infirmier dans la marine, pas récemment, au Vietnam. Mais ce n’est pas juste le jargon, c’est tout : la façon dont il… dont vous traitez les informations, votre capacité à évaluer la situation en quelques instants et à décider sur-le-champ. C’est quelque chose qui ne s’oublie jamais. Il vous ressemblait beaucoup.

Glenn sentit un frisson lui parcourir le dos et réprima un tremblement. Bien des choses ne disparaissaient jamais : les habitudes, les instincts, les réflexes, les souvenirs. Le besoin irrésistible d’agir sans perdre de temps, avant que quelque chose ou quelqu’un d’autre ne vous prenne pour cible. Elle inspira lentement.

— Vous êtes très observatrice.

— Désolée, c’était juste une supposition.

Mari regrettait ses commentaires désinvoltes. Ses propos avaient déclenché une réaction qu’elle n’avait pas prévue. La profonde réserve que Glenn avait initialement affichée quand elle avait quitté le bureau d’Abigail Remy et ses tentatives pour préserver son espace personnel avaient commencé à s’estomper au fur et à mesure de leur conversation. À présent, le mur était de retour, une barrière évidente et infranchissable qui rendait Glenn visible, mais inaccessible. Mari regrettait de l’avoir blessée. La chaleur qu’elle avait ressentie quelques minutes auparavant avait été engloutie par une obscurité qui ne pouvait être que de la douleur. Espérant ramener un peu d’empressement dans l’expression de Glenn, Mari tendit une branche d’olivier.

— J’aimerais bien prendre une tasse de café. Et aussi en savoir plus sur le programme.

— Même celui de la cafétéria ?

Mari frissonna, mais acquiesça courageusement.

— Je ne crains rien.

— C’est d’accord, si vous êtes prête à affronter le risque, dit Glenn en s’esclaffant.

Son rire chaleureux, comme une brise momentanée qui balaya les nuages sombres de ses yeux, remonta le moral de Mari. Glenn reprit sa démarche à la fois souple et énergique et Mari se dépêcha de la suivre.

Essayant de mémoriser mentalement leur itinéraire, elle se concentra pour retenir la série de virages et d’escaliers qui menaient à une cafétéria d’hôpital assez classique. De nombreuses personnes l’occupaient, faisant la queue pour le café, se servant à partir des étagères et des plateaux chauds, et se regroupant autour des tables rondes disséminées dans une longue salle rectangulaire.

Quand elle remplit sa tasse, elle grimaça en voyant le liquide brun foncé qui sortait de la cafetière industrielle. Elle envisagea d’ajouter de la crème pour en diluer l’acidité, mais elle ne trouva aucune raison d’acquérir de mauvaises habitudes. Elle avait déjà bu du café exécrable dans sa vie. Elle prit sur un plateau une viennoiserie à la framboise qui semblait appétissante et paya avant de suivre Glenn jusqu’à l’une des petites tables situées au fond de la pièce. Elle ralentit et resta bouche bée, son café et sa pâtisserie à la main. Des fenêtres ! De grandes baies vitrées occupaient la moitié de la hauteur du mur, et quelle vue !

Glenn s’assit et coupa un bagel en deux.

— Un problème ?

— Je n’ai jamais rien vu de tel. Je suppose que je me suis habituée à être enfermée à l’hôpital. Je veux dire, il y avait toujours des ouvertures, mais il n’y avait pas grand-chose de pittoresque dehors. Des parkings et d’autres bâtiments. Alors on arrêtait tout simplement de regarder, vous voyez ? Comme si le monde extérieur avait disparu. Mais ici, il y a de vraies fleurs. Partout. Et pas une voiture en vue.

— Les architectes ont été malins quand ils ont ajouté les parkings : ils sont en contrebas, de l’autre côté de la colline, ce qui permet de conserver l’impression d’être au-dessus de tout ici. Vous devriez voir le panorama au printemps. Les rhododendrons et les azalées sont éblouissants. C’est agréable même sous la neige. Les salles d’opération donnent sur les montagnes, c’est assez spectaculaire.

— Oh mon Dieu. Vous avez des fenêtres dans les salles d’opération ? Comment arrivez-vous à travailler ?

— C’est plaisant, dit Glenn, dont le visage prit une expression distante. Mais c’est aussi étrange, de lever les yeux de la table et de voir le monde extérieur. Cela rappelle en quelque sorte que la personne sur laquelle on opère est toujours connectée à des gens et à des lieux qui se trouvent au-delà des lumières, des machines et des instruments. Cela humanise toutes ces installations, d’une certaine manière.

— On dirait que vous appréciez vraiment le bloc, remarqua Mari en s’asseyant en face de Glenn.

— J’aime faire ça.

— Moi aussi, mais je n’ai pas raffolé du stage en chirurgie pendant ma formation.

— Pourquoi donc ?

— Trop distant. J’aime parler aux gens, les écouter, découvrir où est le problème en rassemblant les pièces du puzzle. Cette connexion me manquerait, je pense.

— Je suppose qu’opérer peut donner cette impression, réfléchit Glenn, mais, à mon avis, il n’y a pas de lien plus fort que celui qui se crée lorsque l’on touche un autre individu. La chirurgie est intime, aussi personnelle que possible.

Le regard de Glenn vacilla, comme lorsqu’on tourne une page, et Mari comprit tout de suite que ses pensées s’étaient à nouveau envolées ailleurs. Elle voulait désespérément savoir où allait Glenn quand ses souvenirs — ou quelque chose de plus profond — l’éloignaient. Que voyait-elle, quel pouvoir la tenait-il en son emprise ?

Lorsque le regard de Glenn revint se poser sur elle, Mari sut qu’elle avait réintégré l’instant présent. Faisant semblant de ne pas avoir remarqué cette brève distraction, elle dit doucement :

— Je ne peux pas nier que le toucher est particulièrement intime.

— Chacun ses goûts, répondit Glenn avec désinvolture.

Le sujet était clos, mais Mari n’était pas prête à abandonner.

— Vous étiez l’assistante attitrée de la docteure Rivers au bloc opératoire ?

— J’étais pratiquement son assistante principale pour tout, je ne travaillais avec personne d’autre de manière régulière. Je voyais les patients aux urgences quand elle ne pouvait pas, je faisais les tournées, je prenais les appels, je m’occupais des cas avec elle.

— Comme une partenaire.

— Je suppose, soupira Glenn. Oui, à peu près. Flann me laissait faire tout ce qui était possible.

— Eh bien, c’est le genre d’endroit qui me convient, on dirait.

— Vous aurez beaucoup d’indépendance aux urgences. Si nous décrochons l’agrément pour les traumatismes de niveau deux, nous doublerons notre nombre de patients.

— C’est probable ?

— Je ne serais pas surprise que la nouvelle directrice générale insiste pour obtenir le niveau un, dit Glenn en riant. Nous sommes à dix minutes à vol d’oiseau d’une autoroute importante et il n’y a pas d’autres grands hôpitaux dans les environs.

— Je suis impatiente de relever ce défi.

— Où avez-vous fait votre formation ?

— À l’USC, à Los Angeles.

— C’est un grand établissement, remarqua Glenn.

— Oh oui. Quatre cents lits, traumatologie de niveau un, hôpital pour enfants juste à côté, programmes de formation avancée dans tous les domaines. C’est vraiment une institution majeure.

— Un rouage dans l’engrenage ?

— Peut-être un peu, mais la formation était excellente, dit Mari.

Elle sourit en se rappelant à quel point il était facile de se perdre dans le système.

— Et vous ?

— L’oncle Sam, répliqua Glenn brusquement. Alors, qu’avez-vous fait après avoir terminé vos études, avant d’arriver ici ?

Mari savait que cette question allait venir, mais elle n’avait pas préparé sa réponse. Elle n’avait ni honte ni gêne, elle n’était pas du genre à garder le secret sur ses affaires personnelles, mais elle ne voulait pas traîner son passé avec elle dans sa nouvelle vie. Bien sûr, elle ne pourrait jamais oublier. Mais, pour l’instant, des demi-vérités suffiraient.

— Eh bien, je n’ai rien fait. J’avais un emploi en vue, mais ça n’a pas abouti.

— Comment avez-vous entendu parler de nous ?

La question était tout à fait naturelle, mais elle déclencha une sonnette d’alarme. Mari n’avait qu’une ambition, s’intégrer, trouver un endroit où elle pourrait travailler et être elle-même sans être la cible de regards curieux, inquiets ou critiques.

— Mon ancien professeur m’a contactée. Il avait été informé du nouveau programme et des postes vacants ici.

C’était la vérité. Mari entendait encore son ton prudent, sa façon délicate de l’interroger pour savoir si elle était prête à travailler. Cette opportunité semblait un cadeau du ciel, et l’échange qu’elle avait eu sur Skype le lendemain avait presque été un rêve. Elle était tellement anxieuse à l’idée de cet entretien à distance avec la cheffe des urgences qu’elle avait vérifié et revérifié son ordinateur pour s’assurer qu’elle pouvait se connecter et s’était assise devant un écran vide dix minutes avant l’heure prévue.

Abigail Remy s’était montrée amicale et directe. Elle avait également dit que Max Gardner lui avait parlé personnellement et que, selon lui, Mari était l’une des meilleures diplômées qu’il ait eues depuis des années. Au bout de vingt minutes, Mari avait obtenu le poste. Elle omit tous ces détails lorsqu’elle raconta l’histoire à Glenn.

—  Je suppose que vous étiez occupée ce jour-là. Nous n’avons pas eu l’occasion de discuter.

— Abby ne m’avait pas encore convaincue d’accepter le poste, expliqua Glenn.

Elle observa attentivement Mari avant de décréter :

— Vous êtes donc nouvelle dans ce domaine.

Mari s’efforça de ne pas s’énerver.

— Pas exactement. J’ai une grande expérience pratique. Notre programme était très intensif, l’un des plus exigeants.

— Je n’en doute pas. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour recruter de bons cliniciens comme instructeurs, et la docteure Remy n’aurait admis que les meilleurs. Mais il y a une différence entre un camp d’entraînement et le terrain.

— Je vous assure que je suis prête.

Glenn rit à nouveau, un son si rare qu’il était aussi surprenant qu’agréable. Elle acquiesça et jeta un coup d’œil au café intact devant Mari.

— Vous devriez le goûter. Commencer à vous initier.

Mari soupira et but une gorgée. Puis une autre.

— Hum. Il est plutôt bon.

— C’est grâce à Flann. Elle a convaincu la direction d’améliorer la qualité du café et de changer les cafetières toutes les deux heures. C’est l’un des avantages d’un petit établissement comme celui-ci. Ici, vous ne serez pas un simple rouage dans une machine.

Peut-être, se dit Mari, cet endroit remplacerait-il la communauté qu’elle avait perdue.

— Je suis contente. Je pense que je vais aimer…

— Hé, Archer. Il est 7 h 10 et tu es encore en train de traîner devant ton café. Pas étonnant que tu aies quitté le navire.

Mari leva les yeux vers une femme en tenue de bloc bleu marine recouverte d’une blouse verte froissée informe qui ressemblait plutôt à une cape géante. Elle se tenait debout à côté de la table. Un masque chirurgical pendait autour de son cou et ses cheveux foncés en bataille portaient encore l’empreinte d’un calot. Son visage était anguleux, avec des traits bien marqués, et séduisant, supposa Mari, si l’on aimait les types ténébreux et nerveux. Elle préférait les traits plus classiques et plus doux de Glenn....

Elle arrêta net ses pensées avant d’aller plus loin. Glenn était très belle, et les changements rapides qui se produisaient sur son visage — de clair à sombre, de froid à chaud — ainsi que les indices fugaces des sentiments qu’elle gardait pour elle étaient fascinants.

Jamais dans sa vie Mari n’avait été ainsi subjuguée en regardant une femme. Cela aurait dû suffire à la mettre en garde. Glenn avait des secrets, tout comme elle, c’était tout. Elle sentit une rougeur lui monter au cou lorsqu’elle se rendit compte que la nouvelle venue l’étudiait sans se gêner. Elle leva le menton, refusant d’être embarrassée par cet examen minutieux.

— En fait, dit Glenn avec un léger accent traînant, nous sommes en pleine séance d’orientation.

— Ah. Du sang neuf ?

En souriant, la femme tendit sa main libre à Mari et but une gorgée du café qu’elle tenait dans l’autre.

— Flannery Rivers. Bienvenue à bord.

Mari sourit et lui serra la main. Les longs doigts qui se refermèrent sur les siens étaient fermes, lisses et assurés.

— Mari Mateo, et je suis déjà bien rodée.

— C’est bon à savoir. Glenn aura probablement besoin de toute l’aide possible.

— Merci, dit Glenn d’un ton enjoué. Comment va la patiente d’hier soir ?

— Je viens de la voir. Sa température a baissé et sa jambe a l’air bien. Beau travail.

— Merci, dit Glenn doucement.

Flann tira une chaise d’une table voisine et s’installa entre Mari et Glenn.

— Combien d’autres recrues accueillez-vous ?

— Un nouveau membre du personnel et quatre étudiants.

— Sacrée journée en perspective, dit Flannery en riant.

— On y arrivera, dit Glenn avec un sourire. La docteure Remy a mis en place un programme incroyable en très peu de temps.

— Tu as aidé, dit Flann.

— J’ai suivi les ordres.

— Eh bien, Abby est très efficace quand elle veut qu’une tâche soit accomplie.

Flann jeta un coup d’œil à Mari et précisa :

— La docteure Remy a réussi à séduire Glenn et à la faire quitter le bloc opératoire en un temps record. D’abord, elle me prend mon boulot, puis elle me pique mon bras droit. Heureusement que je l’aime.

— Euh…

Mari était complètement perdue et lança un regard désemparé en direction de Glenn, qui éclata de rire.

— La docteure Rivers est la cheffe du service de chirurgie, et, pendant un moment, elle a également occupé le poste de responsable des urgences. Jusqu’à l’arrivée de la docteure Remy.

— Oui, soupira Flann. Puis Abby a décidé que Glenn devait travailler à plein temps aux urgences, et elle l’a prise aussi.

— On dirait que la docteure Remy a un très bon jugement, opina Mari.

— Elle n’a pas le choix, sourit Flann. Elle va m’épouser.

— Oh.

Mari émit un petit rire. Flannery Rivers aimait peut-être taquiner, mais son affection pour Glenn était évidente, et la façon dont ses yeux brillaient chaque fois qu’elle prononçait le nom d’Abigail Remy ne laissait aucun doute sur les sentiments qu’elle lui portait. Flann lui rappelait un peu son frère aîné, Hector, toujours optimiste, enjoué et charmant, quand il n’était pas carrément agaçant. Une vague de tristesse et une sensation de nostalgie inattendue la submergèrent. Elle retint son souffle et esquissa un sourire.

— Félicitations.

— Merci. J’espère que Glenn s’ennuiera vite et reviendra là où elle doit être, dit Flann en se levant. Mais, en attendant, bonne chance.

Sa voix était passée de taquine à sincère, et la chaleur avec laquelle elle regardait Glenn donnait à Mari une idée de la profondeur de l’amitié qui liait les deux femmes. Elle en était heureuse. Glenn semblait si seule.

— Ne fais pas trop de bêtises sans moi, dit Glenn.

Flann serra l’épaule de Glenn.

— Je n’y pense même pas ! N’oublie pas de parler du barbecue à Mari et au reste de tes nouvelles recrues.

— OK, répondit Glenn en sortant son téléphone de sa poche, tandis que Flann s’éloignait.

Elle baissa les yeux, puis regarda Mari.

— J’ai un appel. Vous êtes prête à vous mettre au travail ?

Mari se leva.

— Vous n’en avez pas idée !

Amour en blouse blanche

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