Chapitre 1 — Angèle – Chapitre 1
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1 – La pose
Angèle.
Angèle, elle m’ensorcelle.
Elle est ma muse, mon idéal. J’écris ses sourires, ses yeux, ses seins. J’écris la passion qui m’embrase sous ses mains. J’écris l’éternité dans ses spasmes et ses rébellions. C’est toujours elle qui a raison.
Parfois, je délaisse ma plume pour la vision. Je délaisse l’encre pour l’ancrer dans mon objectif, cet autre canal à sensations. Cet autre puits à émotions.
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est quand elle se dénude pièce après pièce, comme si c’était, encore une fois, la première fois. Quand de sa pudeur et de son émoi dissimulé, elle réveille mes sens comme jamais. Quand à chaque œillade, elle réveille mon désir le plus sourd. Quand je la convoite comme une denrée rare, quand je me perds dans cette flamme qu’elle érige. Quand je veux être son bûcher à l’instant précis.
Et cette frustration brûlante de devoir tenir ses mains et l’accrocher à l’essence même de mon cliché.
Quand, enfin nue, elle s’allonge sur ses draps de satin et que je lutte pour ne pas l’y rejoindre ; quand par pudeur, elle réajuste son déshabillé pour cacher l’aréole de son sein. Trop tard, je l’avais déjà bien remarquée. Quand par timidité, elle évite mon regard, que sa jambe se replie un peu pour me dissimuler sa toison d’or.
Je me sens sourire. Le regard carnassier, le visage véhément, le bas-ventre contrit, à l’étroit dans mes vêtements, je rugis doucement et il n’en fallait pas plus pour l’embraser.
Son regard, couleur horizon, s’ancre dans mes yeux couleur flamme. Angèle se mord la lèvre inférieure, nous précipitant toutes deux dans un état second.
Exit la femme pudique, tuée, l’artiste tourmentée. Nous sommes passion dévorante et vision angélique emmêlées.
Le premier clic la fait basculer. Après avoir jaugé sur mes lèvres qui s’étirent de la réussite du premier cliché, elle se met à oser. Et je me mets à trembler.
Chacune de ses postures me fait l’effet d’un océan de flammes. Je me noie et me brûle à l’effet de ses dévoilements. J’hésite à approcher et rompre ainsi la magie de l’instant.
Elle le sent quelque temps, pensant sans doute que je doute de mon travail d’artiste. Sourcils légèrement froncés, je marque un temps d’arrêt. Je pose les yeux sur l’appareil, puis la regarde, offerte à mes regards.
Elle me glisse : « Tu y arriveras. J’ai foi en toi, mon artiste. »
Elle sait comme le doute peut m’éreinter et m’empêcher d’avancer. Mais là en l’occurrence, le dilemme est celui-ci : la prendre ou la capturer.
Je souris à cette évocation. Et je n’ai plus peur. Je décline mes clics à l’infini. Je m’aventure et joue avec ses ombres, ses seins, ses suggestions.
Je me sens peintre et elle est aquarelle et je me sens ébahie par la perfection qui émane d’elle.
En réalité, je ne suis rien du tout. Je suis juste profondément éprise.
À chacune de mes créations artistiques, c’est l’admiration d’elle que je parfais, capture, illustre. Elle est déesse sur son piédestal. Et je suis à ses pieds. Définitivement. Artistiquement. Amoureusement.
Elle est bien plus belle que je ne suis artiste. Elle est bien plus parfaite que je ne suis tourmentée. Et quand ses chevilles se mettent à décliner, je sais que le temps est venu. Je dépose délicatement mon appareil. Et me laisse glisser contre sa peau couleur cristal.
Angèle.
Elle me rend frêle.
2 – Le baiser
Un peu éhontée, elle cache son visage dans mon cou, comme pour faire reculer le moment où nos regards se croiseront de nouveau. Mais elle ne se rend pas compte. Mes yeux sont emplis d’elle, de cette vision angélique qu’elle m’a offerte tout le long de la soirée. Le cliquetis de mon appareil danse encore dans ma cage thoracique. Ou peut-être est-ce mon cœur qui bat à foison ?
L’amour d’Angèle coule dans mes veines et le baiser qu’elle vole dans mon cou dépose un petit volcan d’émotion à fleur de peau. J’émets un petit rugissement de satisfaction tandis que ma main posée sur sa hanche recueille ses premiers frissons.
Je suis friande des picots sur sa peau, témoins de sa gourmandise. J’aime l’idée qu’elle apprécie nos étreintes et la façon dont je l’aime chaque fois. Mais, comment l’aimer autrement quand on sait tout ce qu’elle m’inspire, combien je la désire, combien elle me fait chavirer ?
Je me risque à aller chercher sa bouche et affronter son regard qu’elle me refuse encore, ses prunelles encore cachées par ses paupières fermées. Je le sais, elle est intimidée et sa façon d’être pudique me rend chaque fois plus éprise d’elle.
Sur la base de son menton, je dépose des baisers délicats, lui provoquant un tendre sourire qui me ravit le cœur. Elle a toujours les yeux fermés et quelque part, tant mieux, cela m’évitera de me noyer dans l’océan.
Ma jambe s’insère entre les siennes et le léger spasme qui l’étreint m’électrise en retour. Je descends ma main le long de son flanc, l’effleurant plus que je ne la caresse. Elle retient son souffle un instant puis émet un long soupir, m’offrant ses lèvres entrouvertes, prêtes à m’accueillir.
Je ne me fais pas prier. Ma langue caresse la jointure de ses lèvres, une fois, deux fois avant qu’elle ne vienne la capturer de ses lèvres brûlantes. Sa main m’agrippe les cheveux et écrase ma bouche sur la sienne dans un élan de fougue qui m’enflamme encore davantage.
3 - Les mots qui rassurent
Bien plus intense que le feu qui nous consume, il y a son besoin de me plaire, son désir de se montrer à la hauteur lorsque je la photographie. Je le perçois à travers ces petits points d’interrogation qui viennent froisser son front, même au milieu de notre passion débordante.
Elle n’ose rien dire, et cela me fait sourire. J’aime tellement lorsqu’elle doute, car c’est à moi ensuite d’ouvrir grand mon cœur et de lui offrir les mots les plus précieux pour lui dire combien je l’aime, combien elle est belle, et combien elle est bien plus qu’une simple source d’inspiration. Les années ont beau passer, elle est comme je l’ai aimée la première fois. Pudeur au quotidien et braise à la nuit tombée.
Elle est une déesse sans même s’en rendre compte. Elle est ma reine, et pourtant, elle doute. Elle est ma muse, celle que je ne cesserai jamais de chérir. Elle est mon âme sœur, liée à moi jusqu’à ce que la Terre nous sépare. Que ce soit la vie ou la mort, peu importe ! Elle est la femme que l’on ne rencontre qu’une seule fois dans une existence, celle qui grave son prénom en lettres indélébiles sur mon être, celle qui colore les cieux de mon âme de la teinte de ses yeux, celle qui incarne la beauté de toutes les femmes du monde. Elle demeure à jamais inégalable, l’éternelle, le ciel, la vie, l’atome.
— Nina, murmure-t-elle, en réponse à mon sourire amoureux.
— Oui, mon amour ?
Elle n’ose plus prononcer un mot, son visage rosissant de gêne. J’oserais, je reprendrais immédiatement mon appareil, tellement ce qu’elle dégage m’attendrit. Si seulement elle savait à quel point je désire la figer pour l’éternité.
— Tu es parfaite, mon amour, ne doute jamais !
— Je veux te donner le meilleur.
— Tu es ce meilleur. Tu l’es déjà. Tu es la Femme telle qu’on ne créera jamais plus. Dieu t’a incarnée, et j’en ai hérité. Y a-t-il plus belle fierté ?
À ces mots qui la rassurent, elle esquisse un sourire timide. Je ne sais plus quoi lui dire pour lui prouver mon amour, pour lui formuler à quel point elle est la source de toutes mes inspirations. Je m’éloigne légèrement de son corps pour contempler sa nudité. Ces quelques millimètres qui la rendent vulnérable me donnent une sensation d’invincibilité. Je l’admire tant. À cet instant, j’oublie que je suis la femme chanceuse qui partage chaque soir son amour, j’oublie que je suis l’artiste comblée qui dépose mes mots sur sa peau et mes baisers sur ses paupières. Je me sens comme le ver de terre amoureux d’une étoile, cher à Hugo. Je découvre en moi un côté voyeur qui n’a d’autre intention que de l’honorer encore et toujours, de remplir mes paupières et mes cordes sensibles de mots d’amour et d’images. Elle est tout, je ne suis rien. Je ne peux rivaliser avec sa beauté. Bien qu’elle m’appelle son artiste, elle sera à jamais l’unique chef-d’œuvre que la Terre ait jamais porté.
*
— Nina…
— Oui, mon cœur ?
— Je t’appartiens et je veux pour toujours t’appartenir.
— Tu es ma muse Angèle, ma muse éternelle. Je t’aimerai toujours. Et rien ni personne ne pourra jamais rivaliser avec cet amour.
Elle sourit franchement quand j’ajoute :
— Tu es le ciel et la terre réunis, tu es le ciel, tu es mon étoile du Nord. Tu es ma boussole. Cela ira comme ça ou il faut que j’aille chercher ma plume pour t’écrire encore quelques vers ? Tu es convaincue, ma Dame ?
— Vaincue, plutôt. Je suis vaincue.
À mon tour d’être complètement attendrie par cette femme dont je suis amoureuse éperdue. Les larmes me montent aux yeux, mon échine se recouvre de frissons.
— Angèle, tout l’art du monde n’est rien face à combien je t’aime. Tu me rends folle chaque jour qui passe. Et je jalouse presque l’encre qui te rend hommage, le papier photo qui capture ta peau. Tout cela, je voudrais le garder dans mes mains. Tout cela.
Le sourire radieux qui jalonne son visage me rassure un peu dans ma grande frustration artistique.
— Je comprends mon ange. Mais tu oublies une chose.
— Laquelle ?
— C’est toi qui m’honores. C’est à toi que je m’offre. C’est toi qui me fais vibrer. Ce sont tes mains, tes baisers, ton être tout entier. L’artiste et la femme.
Comme pour rappeler son dernier mot, sa main s’empare de mon sein et sa langue l’y rejoint. Elle a ce don pour rendre poétique la luxure et effrontée la tendresse.
Angèle a la puissance de la fougue et la vulnérabilité de la femme craintive ; elle passe de l’une à l’autre sans prévenir, comme je passe de la femme à l’artiste. Et vice versa. Parfois je la caresse de mes mots et parfois je caresse sa peau.
4 - L’étreinte
L’heure n’est plus aux questionnements. Angèle me prouve son amour. Angèle me fait l’amour. Bien décidée à me dire les choses à coups de baisers et de succions, me susurrer l’émotion à coup de mordillements et d’emprisonnements. Elle est maîtresse du jeu et j’aime quand elle prend les rênes.
Elle me rallonge sur le dos et me recouvre de son corps tant aimé. Bien que j’adore quand elle est vêtue de soie, je lui retire entièrement son déshabillé qui entravait encore un peu notre corps à corps.
Oh, comme j’aime le contact électrisant de la soie que je lui retire ! Sa peau couleur cristal fait frissonner mon épiderme et me prouve chaque fois que je la déshabille qu’il existe quelque chose de plus doux encore que tous les satins du monde.
Elle butine sur mon corps, sans me laisser le temps de reprendre mon souffle. Elle me fait perdre la tête. Mes iris s’évanouissent dans un gémissement et je me laisse emporter par les caresses que me prodigue Angèle.
Je laisse la pulpe de mes doigts glisser sur sa peau douce et chaude, caressant chaque centimètre avec une tendresse infinie. Mes mouvements dessinent de délicats papillons, évoquant ceux qu’elle fait danser au creux de mon ventre.
Angèle est réceptive aux caresses les plus subtiles. Ses frissons viennent se heurter contre mes paumes, et je me raccroche encore plus fermement à elle. Je sens sa respiration s’accélérer, la sentant s’élever légèrement. Puis, elle capture ma bouche dans un baiser torride qui me coupe le souffle. J’ouvre les yeux pour me perdre dans son regard en plein vol. Je sais que je vais succomber lorsque nos yeux se croiseront, brillant de cette lueur habituelle de désir. Cette lueur qui transforme le bleu de ses yeux en un océan céleste, obscurci par les flammes de la passion charnelle.
Et cela ne manque pas, elle arbore ce sourire teinté de désir qui me fait chavirer sur place. Elle sait qu’elle met le feu en agissant ainsi. J’ai une envie irrépressible d’elle, et mes doigts qui s’enfoncent dans sa chair en témoignent. Je sais qu’elle se sent désirée, aimée, et cela décuple mon désir de la combler encore davantage. Mes caresses parcourent ses épaules délicates, mes doigts tracent des cercles légers tout en descendant lentement le long de son dos. J’embrasse chaque parcelle de peau offerte à mes lèvres, et chaque contact provoque en elle une déferlante de frissons qui se propage dans tout son être.
Mes lèvres trouvent les siennes dans un baiser passionné. Nos bouches s’entremêlent, nos langues dansent avec fougue. Je la dévore presque, savourant chaque souffle, chaque gémissement qui s’échappe de sa bouche. Nos corps se pressent l’un contre l’autre, cherchant à se fondre en une parfaite harmonie.
D’une de ses jambes, elle écarte les miennes et nos intimités déjà ruisselantes de désir se mêlent. Jamais une femme ne m’avait fait cet effet auparavant. Et pour cause, j’ai une déesse entre les cuisses. De quoi s’embraser et succomber à l’extase immédiate.
5 - L’urgence
Angèle glisse ses bras sous mes épaules, s’y agrippant pour y prendre appui. Dès lors, elle se met à se déhancher, me faisant gémir telle une louve affamée. Elle ne se laisse pas distancer, ses halètements s’entremêlant aux miens. Progressivement, elle intensifie le rythme et je sens que je suis sur le point de succomber.
Prises par un sentiment d’urgence, mes mains parcourent désormais ses courbes, explorant les vallées et les montagnes de son corps. Je vais de ses seins à ses hanches, de ses fesses à son ventre. Je m’attarde sur chaque endroit qui fait frissonner sa peau, chaque point qui suscite une réaction de plaisir.
Quelques instants plus tard, alors que je sens que je suis sur le point de céder, ma main glisse entre nos intimités, toutes deux ruisselant de désir. La pression supplémentaire que j’ajoute à notre contact la fait immédiatement jouir. Elle rejette la tête en arrière, m’offrant un spectacle exquis qui attise encore davantage les flammes qui me consumaient.
Dans une étreinte passionnée, je la maintiens contre moi de ma main libre, ressentant les spasmes de son plaisir se propager de part et d’autre de mon être. Ses soubresauts sont si intenses que je ne peux me retenir. Je commence à onduler légèrement, ravivant ainsi la montée du plaisir qui nous submerge.
Angèle comprend immédiatement et reprend ses mouvements au-dessus de mon antre brûlant, débordant de plaisir. Mon poignet, toujours entre nous, pivote légèrement et mes deux doigts se saisissent de son clitoris dressé, ardent comme une braise. Je les fais aller et venir en harmonie avec nos mouvements, synchronisant nos rythmes. Angèle pousse un cri et atteint à nouveau l’extase.
Cette fois-ci, je ne peux plus résister. Je place mes deux mains fermement sur ses hanches et la guide pour qu’elle glisse sur mon intimité jusqu’à ce que nous atteignions toutes deux l’orgasme. Dans un râle sourd et profond, je me libère, emportée par une décharge de plaisir intense.
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