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📖 Extrait gratuit — Le Paradis Perdu – Alexia Damyl à Guimauve Et Pendaison – Lucile Toussaint
Chapitre 1 — Le Paradis Perdu – Alexia Damyl
  1. Le Paradis Perdu – Alexia Damyl
  2. 🔒 Loasa Vulcanica – Stéphanie Lullaby
  3. 🔒 Tchaïkovsky Et Le Chat Noir – Olin Torvingen
  4. 🔒 Sam Et Lina – Eglantine Bau
  5. 🔒 Le Fantôme De La Cathédrale – Kadyan
  6. 🔒 Femmes 2.0 – Gaya Tameron
  7. 🔒 Chaton – Marcia Gary
  8. 🔒 Merci Princesse – Charlotte Kay
  9. 🔒 Merci Doug – Elyse San
  10. 🔒 Songe Érotique – Mélissa Roche
  11. 🔒 Saveur Saline – Mona Lehmann
  12. 🔒 Caramel – Liv Land
  13. 🔒 Piégée – Valydel
  14. 🔒 La Lune Et La Déesse Soleil – Lyle Sarlon
  15. 🔒 Brown – Céline Penaud
  16. 🔒 Twist – Alexandra Mac Kargan
  17. 🔒 Au Lac Des Fées – Joce-Lynne Proulx
  18. 🔒 Hélène, Anna, Velvet Et Moi… – Magali Junjaud
  19. 🔒 Guimauve Et Pendaison – Lucile Toussaint
🐾 Nouvelle offerte pour nos recueils solidaires. Les bénéfices de sa vente sont intégralement reversés à des refuges pour animaux. Si elle vous a plu, le plus beau des mercis est de passer commande — sur notre site ou sur Amazon.
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Ani'mots 1 · Gaya Tameron

Lire Ani'mots 1 en ligne gratuitement Le Paradis Perdu – Alexia Damyl

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— Qu’est-ce que c’est que ce truc ? dis-je à voix haute.

Je me réveille, en sous-vêtements, au milieu de la montagne et je n’ai même pas froid. De petits nuages orangés se déplacent dans le ciel. Le vent soulève une multitude de flocons du manteau neigeux qui recouvre les sommets… et je ne ressemble pas à un glaçon. À demi nue, c’est tout de même étonnant.

— Je suis où au juste ?

— Je suis certaine que tu en as une petite idée.

— Et voilà que j’entends des voix… Jeanne, je porte bien mon nom tu me diras.

— Est-ce ainsi que l’on s’adresse à la créatrice ?

— La créatrice ? Dieu est une femme ?

—-Tutoie-moi si tu le souhaites. Appelle-moi comme tu veux, Astarté-Ishtar, Isis, Magna Mater, Gaïa ou Shing-Moo, j’en passe et des meilleures, c’est toujours du pareil au même. Je suis la Grande Déesse.

— Et moi je suis… morte ?

— D’une certaine façon, pourtant tu n’as jamais été autant en vie, Jeanne.

— Je n’y comprends rien.

— Tu fais partie des élues… des anges, si tu préfères.

— Que quelqu’un me pince.

Je me donne une gifle. Je n’ai pas mal, pourtant je sens bien ma main sur mon visage. Je sens aussi mes cheveux caracoler au gré des changements de direction du Zéphyr. Je regarde derrière moi. Voilà qu’une paire d’ailes blanches a poussé là. Il ne me manquait plus que ça.

— Vous les anciens humains êtes une source de divertissement intarissable. Tu ne vois que ce que tu as envie de voir. Ces ailes se replieront aussitôt que tu auras accepté ta condition.

— On est d’accord, je nage en plein délire. Depuis quand j’ai envie de me voir à moitié nue, perdue au beau milieu de la montagne affublée de plumes ?

— Peut-être que c’est ta conception du bonheur…

— Je ne crois pas, non. Il y a erreur sur la personne. Je suis une citadine.

— Accepte qu’au plus profond de toi, tu considères le côté apaisant de cette nature comme permettant de rencontrer le bonheur absolu et tu pourras aller accomplir ta mission en ville.

Les yeux mi-clos, j’inspire profondément. Une sensation de plénitude m’envahit.

— C’est vrai, les hommes ne pensent pas assez à se ressourcer dans cette immensité blanche. Ils courent après leurs rêves, après des horaires qui leur gâchent la vie…

— Tu as tout compris. Les anges doivent aider les humains à être heureux, à retrouver les vraies valeurs.

— Et pas à faire le bien ?

—-Le Bien, le Mal, ce sont des concepts dépassés ! Non, les anges tentent de conduire les hommes vers leur quête suprême, le bonheur, tandis que les démons font en sorte de les rendre malheureux. Assez discuté, je crois que tu es prête.

— Moi, pas du tout ! J’ai encore des milliards de questions. Et qui a dit que j’acceptais la mission ?

Trop tard, elle n’est plus là. Je sens que sa présence se dissipe. Je secoue la tête et voilà que je suis assise sur un banc en fer forgé, peint couleur vert bouteille, au milieu d’un parc. Habillée cette fois et les cheveux tressés. Ouf, si je peux éviter de me faire embarquer dans un panier à salade pour attentat à la pudeur !

Je me regarde sous toutes les coutures. Jean couleur ivoire et débardeur blanc à volants, qui se soulèvent avec la brise. Juste devant moi, un petit tourbillon entraîne les feuilles mortes sur le chemin, autour d’une fontaine. Je me lève et contemple mon reflet dans l’eau. C’est bien moi. Point d’ailes à l’horizon. C’est un soulagement, je ne suis pas certaine qu’elles seraient au goût de tout le monde. Autour de moi, des moineaux se disputent quelques miettes de gâteau qu’un enfant a fait tomber un instant auparavant. Des tulipes rouges se dressent au-dessus de pâquerettes qui égayent de leurs pétales blancs une pelouse verdoyante. J’ai peut-être eu un moment d’absence, tout simplement. Ce serait plus rationnel que cette discussion abracadabrante.

Dans le doute, cela ne coûte rien d’essayer de répandre le bonheur. Comment faire en sorte de rendre les gens heureux ? Je n’ai aucun talent d’humoriste… Trait de plaisanterie pitoyable entre moi et moi-même. Preuve par a plus b que je ne suis pas douée pour cette mission. Le véritable bonheur ne dépend-il pas que de soi-même ? Puis-je obliger quelqu’un à être heureux ? Et puis, je ne suis pas Mère Thérèsa, ni l’Abbé Pierre, je n’ai pas de quoi secourir tous ceux qui sont dans le besoin. Cela ne m’avait jamais effleurée, mais au fond, être pauvre n’est pas synonyme d’être triste. Est-ce qu’il ne faut pas apprendre à composer avec qui l’on est et ce que l’on a ? Mes idées partent dans tous les sens. La société est corrompue, pour rendre le bonheur à ces milliards d’êtres, je crois qu’il faudrait une bonne révolution… exit les marchés financiers, fini le chômage… Je m’imagine déjà, béret vissé sur le crâne, à la manière du Che, conduisant la foule place de la Bastille. Ou les seins à l’air comme la Liberté guidant le peuple dans le tableau de Delacroix. Comme l’a écrit Voltaire, je dois cultiver mon jardin. Marchande de bonheur dans un petit périmètre, voilà qui me semble bien plus à ma portée.

J’entends de la musique, je me laisse aller et suis mon intuition. Si je ne commence pas moi-même par appliquer mes principes, je vois mal comment je pourrais semer la joie auprès d’autres personnes. J’arrive dans une ruelle où les anonymes se croisent d’un pas pressé. Tout va trop vite, je ralentis. Je prends le temps de contempler mon environnement. La contemplation, c’est un concept qui a quitté nos sociétés depuis bien trop longtemps et qu’il faudrait remettre au goût du jour. Savourer l’odeur du pain chaud qui émane de la boulangerie, admirer le visage gracieux d’une demoiselle qui rentre chez elle les bras chargés de courses, et se laisser porter par les notes de la ballade qui me guide depuis le parc. C’est une scène ouverte. Je m’assois sur un bidon métallique tout taggué qui fait office de siège. Une serveuse s’approche.

— Vous désirez boire quelque chose ?

— Oui, qu’est-ce que vous me recommandez ?

— Je ne jure que par l’abricotade.

— Parfait.

Je n’ai aucune idée de ce que c’est, j’entends bien le mot abricot mais pour le reste, je vais me laisser surprendre. Prendre des risques, faire confiance ; je crois que je suis déjà en train de changer le monde.

Je la regarde s’éloigner vers le bar. Petite jupe en jean, bottes en cuir qui remontent jusqu’aux genoux, tee-shirt noir barré dans le dos par le logo du bar, cheveux bruns tirés en arrière.

Elle me ramène un breuvage aux tons aussi flashy que les néons qui m’entourent et attend le verdict. Je trempe mes lèvres dans le nectar et bois une gorgée.

— Hum, c’est excellent ! Merci pour le conseil… euh…

— Nifaëlle et toi ?

Décidément, tutoyer est une manie aujourd’hui.

— Jeanne, enchantée.

Nifaëlle, cela sonne comme un prénom d’ange, bien plus que Jeanne. Elle repart prendre la commande de la table voisine. Le guitariste se met à gratter un nouveau rythme. Il entonne des paroles optimistes d’une chanson engagée. C’est un signe. Je ne suis pas ici par hasard. Cet homme chante la joie et sa confiance en l’avenir, il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre du bien-fondé de ma mission.

— Je vois que l’abricotade passe plutôt bien. Une autre ?

— Si tu m’accompagnes.

— Eh bien, je n’ai pas pour habitude de boire avec les clientes, mais aujourd’hui, pour une raison qui me dépasse, j’en ai envie. J’ai bientôt terminé mon service, alors pourquoi pas.

— Tu es très jolie Nifaëlle… Ne te méprends pas, je trouve juste qu’on ne complimente pas assez les personnes qui nous entourent. Ce n’est pas une façon lourdingue de te faire du rentre-dedans.

— Peut-être que ça ne me dérangerait pas… je ne sais pas pourquoi mais il y a quelque chose qui me plaît chez toi.

Tel est pris qui croyait prendre. Ce genre de discussion franco de port ne m’était pas familier… avant.

C’est sans doute mon côté ange… si les inconnus ressentent cette aura si aisément, la mission pourrait être plus simple que je ne l’ai imaginée. Enfin, tout dépend de sa durée et de l’étendue géographique sur laquelle je suis censée intervenir. Trop de questions sans réponses. Si ça se trouve, la créatrice attend que je me sois fait une meilleure représentation de ma fonction pour venir me donner un peu plus de détails. Cela me rassurerait…

— Tu ne dis rien. Juste ce sourire ? Parfois les silences en disent plus long que les mots, mais c’est un peu déstabilisant. Tu m’attends toujours pour un second verre ?

— Oui, excuse-moi Nifaëlle, j’étais perdue dans mes pensées. Très positives, ne t’inquiète pas… bien sûr, je t’attends.

Il y a une part sombre chez cette fille. Son regard noir pétille en s’éloignant, mais je sens l’usure dans les cernes qui bordent son regard. Ses épaules frêles et légèrement voûtées portent un autre poids que celui du plateau. J’en ai l’intime conviction. Nifaëlle, tu es peut-être ma toute première mission ? Je me réjouis à l’avance de te retrouver d’ici quelques minutes, assise face à moi. J’ai tellement hâte d’en apprendre plus à ton sujet ! Et qui sait, de t’aider à trouver le chemin du bonheur ? Ai-je le droit, en tant qu’ange, d’imaginer des plaisirs défendus ?

Une dizaine de minutes plus tard, Nifaëlle prend place à mes côtés. Elle a troqué son haut pour un autre tee-shirt, entièrement noir celui-là.

— On trinque ? C’est la maison qui offre.

— Merci beaucoup. À nous, alors !

— C’est un mélange de rhum, de muscat et de jus d’abricot. Je ne jure que par ce cocktail. C’est mon péché mignon.

— Eh bien, je dois dire que je te rejoins. Je ne connaissais pas mais c’est une tuerie !

Ai-je encore le droit d’employer des mots pareils ? Si le blasphème existait, la Déesse m’aurait mise en garde, non ?

— Je ne t’avais encore jamais vue ici ?

— C’est vrai, je m’installe juste dans le coin. Je me promenais quand j’ai entendu de la musique, j’ai eu envie de la suivre et je suis arrivée ici.

— Tu arrives d’une autre planète et ça fait ton charme. D’habitude, les clients viennent pour la programmation musicale ou pour mater une serveuse qui leur a tapé dans l’œil.

— Alors, je reviendrai pour la seconde raison.

— Tu n’es peut-être pas aussi angélique que tu en as l’air… Intéressant.

Je me sens rougir. Suis-je démasquée ?

— Tu es trop mignonne, tes joues ont rosi. Les blondes ne sont pas mon genre, d’habitude, mais il y a une sorte d’alchimie entre nous. Tu vas me trouver dingue de dire ça alors qu’on vient juste de se rencontrer. Mais tu ne sens pas ce qui passe dans l’air ?

— Nos phéromones s’entendent bien, on dirait.

— Tu dégages une fraîcheur qui fait du bien.

— Et toi, tu m’aimantes.

Je suis bien une autre moi. J’ai répondu à vau-l’eau, sans filtre et je dois reconnaître que cela fait du bien. Je n’explique pas vraiment cette sensation. Ses yeux noirs sont de braise. Sa peau me brûle à distance. Sa voix chaude m’envoûte.

Son bras frôle le mien. Je suis électrisée, tourmentée par les instincts qui me guident. Il faut sûrement du temps pour s’habituer à être un ange. Alors que je ne crains ni le chaud, ni le froid, ni la douleur non plus, il me semble que ce que je ressens est épidermique. La force de l’attraction que dégage Nifaëlle est comme décuplée par rapport à tout ce que j’ai pu éprouver en tant qu’humaine. Je me concentre sur les réponses à donner. Je ne mens pas, j’omets. Je parle de ma vie passée comme si elle existait encore. Les clients défilent sur les sièges voisins, les chansons s’enchaînent, le temps est éternel.

— Puisque tu ne connais pas encore la ville, je peux te proposer un tour rapide avant de te raccompagner ?

— C’est d’accord. Tu pourrais être une tueuse en série, une psychopathe…

— Qui sait ? En effet, tu n’es peut-être pas loin du compte.

— Et pourtant, je me sens bien près de toi. La connivence dont tu parlais tout à l’heure… elle est bien palpable. J’ai décidé de croire en ma bonne étoile et de la suivre.

— Est-ce que ta bonne étoile, il se pourrait que ce soit moi ?

— L’avenir nous le dira.

J’entrelace mon bras au sien pour la suivre dans cette visite nocturne improvisée.

— Tu sais… j’ai moi aussi du mal à lutter contre cette force invisible qui m’attire, mais je ne suis pas une fille pour toi. Je suis une briseuse de cœurs.

— Ce n’est pas ce que je vois quand je te regarde. Moi aussi, j’ai beau me dire que c’est une très mauvaise idée, j’en ai mal au creux de mon ventre tellement j’ai envie de t’embrasser. Et je comprendrais que tu…

Elle pose sa main sur ma bouche pour me faire taire. Les yeux de Nifaëlle lancent des flammes. Au feu ! Comment éteindre cet incendie ? J’ancre mon regard au sien et sans un mot m’approche de ses lèvres entrouvertes. Je n’en reviens pas moi-même, je suis en train d’embrasser une parfaite inconnue. Si j’osais le mauvais jeu de mots, je dirais qu’il me pousse des ailes. Oh non, tout sauf ça ! Qu’elles restent où elles sont ! Ma langue arpente des contrées inexplorées. Terre étrangère et accueillante. Aucune de nous deux ne semble vouloir mettre fin à ce baiser. Je finis par reculer tout aussi lentement que je m’étais avancée. J’ai le souffle court et Nifaëlle halète. Elle mordille sa lèvre inférieure avant de m’attirer sous un porche.

— Juste derrière cette porte se trouve un cloître magnifique.

— Il doit être fermé à cette heure-ci.

— Tu as envie d’y aller ?

— Oui.

Nifaëlle fouille dans ses poches puis s’avance vers la serrure. Elle se retourne triomphante.

— Voilà, c’est ouvert.

— Ce n’est pas très légal, si ?

— Chut, l’abbaye est soumise au silence.

—-Tu respectes les règles quand elles t’arrangent !

— Profite du spectacle au lieu de médire.

Un rayon de Lune perce à travers les voûtes arrondies, elles-mêmes appuyées sur des rangées de colonnades finement sculptées. Style gothique. Je suis émerveillée, le lieu est magnifique, et bien plus encore de nuit. J’ai envie d’en faire le tour.

— Allons voir le jardin ! Si tu veux bien ?

Mon enthousiasme me perdra.

— Je suis une fille de l’ombre mais pour toi je suis prête à sortir vers la lumière.

Au centre du jardin intérieur se trouve un puits bordé de bancs de pierre. Inondées par la lumière blanche de la Lune, nous nous enlaçons à nouveau.

— Il faut croire que les contraires s’attirent…

La voix vient déranger un baiser passionné.

— Toi aussi tu l’entends ? me demande Nifaëlle à voix basse.

— Vous m’entendez toutes les deux. Il a suffi que je place un démon et un ange dans la même ville pour qu’ils se retrouvent. L’ombre et la lumière, le yin et le yang, le jour et la nuit… c’est navrant tellement votre amourette fait cliché. Moi qui pensais m’amuser un peu…

— T’amuser ? La Grande Déesse pense à s’amuser ?

— Les anges ne sont pas censés être dans le Jugement ! Et puis, tu verras, à force d’éternité, toi aussi tu chercheras la distraction. Et le cloître, quel stéréotype ! Un ange et un démon qui se bécotent dans un jardin parfait symbolisant le paradis, entre quatre murailles, l’une représentant le mépris de soi, l’autre le mépris du monde et les deux suivantes l’amour de son prochain et l’amour de Dieu.

La Grande Déesse se met à rire, d’un rire franc. Nifaëlle me serre contre elle, rempart entre cette présence que l’on devine et moi. Je suis sûre qu’elle tente de me protéger. Comme quoi, les démons ont bon fond. Des sortes de plumes rougeoyantes apparaissent en filigrane dans le dos de Nifaëlle. Des ailes qui clignotent, à la façon d’un néon. Plumage creux, dont seuls les contours me sont visibles. Je ne m’étonne plus. J’y vois à travers, et alors ? Je n’ai pas peur au creux de ses bras.

— Cela dit, il y avait longtemps que je n’avais pas ri d’aussi bon cœur.

— Nous n’avons pas accompli nos missions, ose Nifaëlle. Que va-t-il se passer pour nous ?

— Tant de naïveté de la part d’un démon. Vous savez que toutes les deux, vous faites ma soirée !

Nouvel éclat de rire. Elle réussit à se calmer et soupire avant de se matérialiser enfin.

— Vous allez venir avec moi. Ce soir, il y a un grand barbecue entre créatures célestes, vous allez découvrir vos semblables.

— Barbecue ? Ce n’est pas vraiment l’image que je me faisais du paradis, dis-je, offusquée.

— Paradis, Enfer, foutaises… Nous ne sommes que des êtres éternels régulant les joies et les peines des occupants de cette bonne vieille Terre, parce qu’il faut bien se donner un but pour avancer. L’une comme l’autre, vous étiez en quelque sorte nos athlètes.

— Vos athlètes ? s’insurge Nifaëlle. Là, je ne comprends plus du tout.

— Vous connaissez le principe des jeux olympiques ?

Nous acquiesçons en silence.

— Anges contre démons, on compte les points.

—-L’équipe du diable contre celle de la créatrice ? hasardé-je.

— Restez assises, car j’ai une nouvelle révélation à vous faire et vu votre degré de candeur, un petit nectar d’abricot alcoolisé sera le bienvenu en suivant… Je suis la diablesse tout autant que la déesse. Deux facettes d’un même personnage tout-puissant…

Un ange passe.

— Enfin, reprend-elle, je crois que cette fois-ci en ce qui concerne les olympiades, on dira match nul, balle au centre. Seul l’Amour est le grand vainqueur.

Ani'mots 1

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