🧪 Aperçu desktop en essai — visible uniquement dans ton navigateur · désactiver
Ton livre sur Lez Fix ? · 🧪 Bêta V08.279
i
L'application peut contenir des erreurs, n'hésitez pas à nous écrire pour nous envoyer vos commentaires.
📖 Extrait gratuit — Chapitre 1 à Chapitre 2
Chapitre 0 — Chapitre 1
  1. Chapitre 1
  2. 🔒 Chapitre 2
Ce livre vous plaît ? 🌐 Site officiel Acheter sur Amazon

Dans la prochaine, je serai à l'heure... · Eva Bartez

Lire Dans la prochaine, je serai à l'heure... en ligne gratuitement Chapitre 1

Vues : 1 778 vues

Alors qu’elle était dans l’avion pour Québec, Eve ferma les yeux et essaya de se détendre. Une fois encore, elle avait eu droit, quelques heures auparavant, à une scène avec Caleb, son mari. La raison était toujours la même : l’investissement acharné d’Eve dans son travail et ses absences à répétition.

Eve et Caleb étaient mariés depuis plusieurs années maintenant. Ils s’étaient rencontrés sur les bancs de l'université pendant leurs études de droit. Eve était une très belle femme de trente-huit ans, plutôt petite et fine, blonde avec de beaux yeux bleus. Elle cherchait à se dénoter des autres avec sa coupe à la garçonne qu’elle savait conjuguer avec une élégance vestimentaire, dont elle seule avait le secret et une féminité qui était la sienne. Ses yeux étaient toujours maquillés parce qu’elle prenait un malin plaisir à faire ressortir ce bleu qui, elle le savait, lui donnait tout son charme.

Caleb quant à lui était sportif, mais il aimait se plonger dans les méandres complexes de la matière qu’il étudiait. Il était grand, brun et ressemblait au stéréotype du beau footballeur que l’on pouvait retrouver sur les campus universitaires.

Plus jeune, Eve était déjà carriériste. Aujourd’hui, elle cherchait constamment à s’imposer dans ce milieu juridique presque exclusivement masculin. Elle avait toujours été une femme de caractère, forte et indépendante et c’est cette force qui avait, à l’époque, fait succomber Caleb. Désormais, ce trait de caractère était à l’origine des conflits quotidiens dans leur couple.

Elle était de nouveau obligée de s’absenter pour donner une conférence juridique. Les colloques avaient pour ambition de promouvoir la fonction de procureur dans laquelle elle exerçait, mais ils servaient également aux étudiants venant y assister de moyen de recrutement pour des stages.

Le bureau du procureur dans lequel elle travaillait était un des plus importants et le plus renommé du pays. Il comprenait plus d’une centaine d’employés et s’était déjà illustré au cours de grands procès pénaux très médiatiques. Grâce à ses qualités, elle avait gravi rapidement tous les échelons jusqu’à être promue « procureure ».

Son cabinet recherchait sans cesse, auprès des jeunes étudiants à l’avenir prometteur, des aides pour exécuter la base du travail juridique que les grands avocats refusaient de faire : relecture des procès-verbaux, mise en lumière des fautes de procédure permettant de faire acquitter un présumé coupable, investigations en tous genres, etc. C’était dans cette mission de recrutement qu’Eve était très souvent sollicitée. En plus d’être une brillante conférencière, elle avait ce don inné de repérer les étudiants les plus prometteurs.

Alors que, dans l’avion, elle relisait les grandes lignes de sa conférence, elle était agacée par la banalité et la redondance de sa relation avec Caleb. Toujours la même vie et toujours les mêmes reproches. Rien ne semblait plus la surprendre dans leur couple.

Eve était quelqu’un d’exalté et elle avait ce besoin de s’émerveiller de tout et à chaque instant. Une odeur, un coucher de soleil, une rencontre insolite, ces petits riens enrichissaient sa vie au quotidien et lui apportaient à chaque fois, un peu plus de bonheur. Ressentir intensément la moindre émotion lui donnait ce sentiment d’être encore plus vivante.

Passionnée par son travail également, elle n’arrivait pas à concevoir que son investissement pût être aussi préjudiciable à son mari, d’autant plus que lui avait également, un emploi du temps très chargé. En effet, Caleb était embauché dans le même bureau que sa femme, mais il travaillait dans la branche civile du droit, dans un bureau situé à un étage au-dessous d’elle.

Quand son avion se posa, Eve ne traîna pas dans l’aéroport. Elle héla un taxi et se rendit directement au centre des congrès de Québec. En arrivant sur le parvis du bâtiment, elle constata la promotion publicitaire de sa conférence. Le centre des congrès avait un grand renom international, ce qui pour elle, rendait son intervention encore plus importante. Le thème de sa conférence portait sur « la prévention de la récidive et la réinsertion des délinquants ».

Elle se présenta au vigile posté dans le hall d’entrée et se fit escorter jusque dans la salle de conférence où, telle une cheffe d’orchestre, elle accomplit les derniers réglages : lumières, micro, rétroprojecteur. Il restait moins d’une heure avant le début de sa conférence et déjà les premiers visiteurs affluaient.

***

Lena flânait, comme à son habitude, dans les rues de Québec. Elle était française et s’était expatriée au Canada il y a quelques mois pour fuir sa vie et pour tenter de la réinventer.

Lena était une belle blonde aux yeux vert émeraude, grande, avec un corps musclé. Ses cheveux tombaient au niveau de ses épaules. Elle avait trente-deux ans et un passé plutôt chaotique. Elle avait rapidement déserté le foyer familial et une mère tyrannique pour vivre enfin sa propre vie loin des reproches familiaux. Même si elle avait un frère plus jeune et une sœur plus âgée, qu’elle affectionnait par-dessus tout, elle aspirait à faire ses propres choix et suivre ses envies loin des réflexions incessantes de sa mère.

Elle était consciencieuse, avec beaucoup de valeurs morales, raison pour laquelle son départ de la maison familiale ne signifiait pas pour elle une vie de loisirs. Elle s’était rapidement inscrite à l'université de droit et avait trouvé un travail pour financer ses études et son appartement.

Pendant ses années universitaires, elle avait rencontré une femme dont elle était tombée éperdument amoureuse. Il s’agissait de la première femme à lui faire ressentir des sentiments aussi intenses. Habituée aux relations avec les hommes, elle s’était pour une fois, laissée tenter par la douceur et les attentions que les femmes savaient si mystérieusement offrir. Au reste, on tombe toujours amoureux d’un être, jamais d’un sexe. Cette relation s’était révélée chaotique et, au bout de quatre ans, elle prit fin.

À l’issue de ses études, son master en droit en poche, Lena avait enchaîné plusieurs petits boulots et plusieurs relations avec des femmes. Aucune de ses expériences n’avait été concluante et elle avait fini par se dire que la vie ne lui réservait rien de bon.

Dans ses réflexions les plus intimes, elle finissait souvent par penser que si on lui avait donné le choix, elle aurait préféré ne jamais être venue au monde. Si la vie n’était qu’une succession de rêves impossibles, de contraintes et de galères, elle ne voyait pas l’utilité de la vivre.

C’était précisément pour toutes ces raisons qu’elle avait fait le choix de quitter son pays, son présent, de se retrouver ailleurs pour se réinventer une nouvelle vie. Elle y entrevoyait la chance de repartir à zéro, d’abandonner son passé, de se délester de tout et d’inventer un futur où tout pourrait être possible et peut-être être meilleur.

Elle avait obtenu un permis d’études pour continuer à étudier le droit au Canada. Elle choisit de s’installer à Québec, dans un petit appartement. Elle avait trouvé un job d’appoint dans un bar, pour financer une partie de sa vie. Désillusionnée par les relations amoureuses, elle continuait à enchaîner les aventures sans lendemain avec des femmes rencontrées sur le campus de l'université ou dans des bars.

Après une série de déceptions, elle finit par se dire que tous les continents et tous les pays se ressemblaient et qu’il n’y avait rien de nouveau ailleurs. Toutefois, en passant ce jour-là à proximité du centre des congrès, elle se sentit comme interpellée par une voix intérieure. Sans en connaître la raison exacte ni comprendre le pourquoi, elle entendit comme une exhortation pressante au fond d’elle-même qui lui disait : « Entre ! »

Beaucoup de monde se pressait pour assister à la conférence. Il y avait autant de professionnels du droit que d’étudiants. Les sièges étaient presque tous occupés et Lena dut se frayer un chemin pour en trouver un vide. Sur l’estrade, Eve se tenait droite devant le pupitre. Elle avait son air sérieux, un charisme inné et une élégance naturelle. Son tailleur sombre, en plus de la rendre sérieuse, mettait en valeur et dessinait toutes ses formes à la perfection. Elle attendit que tout le monde prît place puis elle tapota sur le micro :

— Si vous le voulez bien, nous allons commencer.

Lena ne comprenait pas ce qu’elle faisait là. Même si le sujet de l’exposé du jour correspondait à son domaine d’étude, elle n’avait jamais encore eu l’occasion d’assister à une conférence juridique. Malgré tout, elle s’apprêtait à suivre ce qui était à l’ordre du jour. Le charme de la conférencière ne pouvait qu’ajouter à ce petit quelque chose d’indicible qui la confortait dans son choix d’être entrée ; en tout état de cause, elle n’avait rien d’autre de prévu pour la journée.

Au milieu de la longue démonstration de la conférencière, Lena se laissa entraîner à quelques divagations. Elle regardait l’avocate, et plus elle l’observait, plus elle l’envoûtait. Elle se demandait à quoi pouvait ressembler la vie aux côtés d’une telle femme. Ses pensées la firent divaguer de très longues minutes. Être à ses bras devait être une sensation vraiment très plaisante, mais l’intervention de la conférencière sortit Lena de ses pensées dans un léger sursaut. Elle entendit alors la belle conférencière annoncer sur un ton très engageant :

— Je vous invite cordialement à la réception qui a lieu à l’hôtel Hilton, directement accessible par le centre des congrès. N’hésitez pas à venir me rencontrer. Pour les étudiants intéressés, je vous précise que notre bureau de Montréal recrute actuellement.

Elle ne s’était pas rendu compte qu’elle s’était perdue si loin dans ses pensées et que la conférence était déjà terminée. Machinalement, Lena se leva et suivit la file de personnes qui sortaient de la salle. Elle détacha ses cheveux blonds et passa la main dedans. Elle ajusta ses lunettes et défroissa ses vêtements d’un revers de la main. Elle était encore en train de rêver. Elle s’interrogeait toujours sur les raisons de sa présence à cette conférence et surtout sur l’intuition qui l’avait poussée à entrer.

Perdue dans les méandres de ses réflexions, elle suivit mécaniquement le mouvement des invités et se retrouva, sans le vouloir, dans la salle de réception. Elle s’immobilisa au milieu de la pièce et écarquilla ses yeux. Il lui fallut plusieurs secondes pour remettre de l’ordre dans ses idées et comprendre où elle se trouvait. Aller à la réception était bien loin de son intention première ou de son envie.

Au loin, elle distingua la conférencière entourée de plusieurs personnes. Elle prit le temps de la regarder avec plus d’attention, maintenant qu’elle n’était plus derrière son pupitre. Il s’agissait vraiment d’une très belle femme et son charisme la décontenançait, lorsqu’elle fut soudainement tirée de ses pensées par un serveur qui lui proposa une coupe de champagne. Le bureau de Montréal pour lequel Eve travaillait ne lésinait jamais sur les dépenses pour promouvoir sa notoriété.

Lena travaillait dans un bar, mais ne buvait que très occasionnellement de l’alcool. Pour autant, toutes les décisions qui l’avaient entraînée dans cet endroit et à cet instant précis n’offraient-elles pas l’occasion propice de se laisser tenter ? Elle saisit la coupe sans trop hésiter.

Son regard ne pouvait se détacher d’Eve parce qu’elle incarnait la femme forte et indépendante qui avait réussi dans la vie. Lena, toujours poussée par la curiosité, distingua une alliance à sa main gauche. « Décidément, cette femme a tout pour elle. Peut-être qu’elle possède, tout simplement, ce à quoi j’aspire dans ma vie ? ». Cette réflexion la plongea dans un profond désarroi. Que des gens puissent réussir leur vie là où elle avait cette impression d’échec constant était une pensée qui l’obsédait.

Elle alla à la rencontre du serveur, posa sa coupe vide et, après avoir saisi une coupe pleine, se fraya un passage entre les invités pour traverser toute la salle de réception. Elle n’arrivait toujours pas à décrocher ses yeux de la conférencière. Quelque chose l’attirait secrètement chez cette femme. Elle garda toutefois ses distances pour ne pas se retrouver trop près d’elle, mais n’hésita pas à lui tourner autour pour en admirer son visage et son corps. Fascinée par les impressions voluptueuses que cette vision lui faisait ressentir, elle ne s’aperçut pas qu’on venait de remplir de nouveau sa coupe.

Elle dévorait toujours du regard cette femme très séduisante, lorsque cette dernière tourna la tête dans sa direction. Leurs regards se croisèrent un bref instant, mais si intense pour Lena qu’elle sentit soudain une sensation de chaleur l’envahir et enflammer ses joues. L’alcool commençait à lui monter à la tête et elle sentit, au même instant, tout tourner autour d’elle. Naturellement angoissée, elle céda à la panique de cette sensation qu’elle ne connaissait que très peu. Elle détourna son regard et décida de quitter la salle de réception pour se rafraîchir un peu.

Elle traversa, non sans difficulté, le hall rempli d’invités et se retrouva dans un couloir. Aucun panneau ni aucun plan apposé sur les murs n’indiquaient la présence de toilettes. Elle suivit le couloir, en prit un second, puis un troisième. L’alcool ne lui permettait plus de rassembler ses idées ; elle avait l’impression de tourner en rond. Elle s’appuya un court instant contre un mur afin d’essayer de reprendre ses esprits.

L’air hagard, elle laissa errer son regard et aperçut une porte. Elle était au bas d’un escalier qu’elle décida de monter et se retrouva devant la porte d’un ascenseur. Elle appuya sur le bouton, intimement convaincue qu’un plan de l’hôtel se trouverait à l’intérieur.

Elle dut se tenir sur un des panneaux latéraux métalliques de l’ascenseur pour ne pas tomber. La fraîcheur du métal lui faisait du bien aux mains. Elle aurait voulu y poser son front pour faire passer cette sensation désagréable que l’alcool lui procurait quand soudainement, le ding de l’ascenseur se fit entendre. Les portes s’ouvrirent. Elle rassembla son courage, releva sa tête pour entrer quand elle entendit :

— Bonjour.

Curieuse de la suite ?

Continue à lire ou découvre où acheter « Dans la prochaine, je serai à l'heure... » en entier.

Voir où lire la suite →

Commentaires (0)

Connecte-toi ou crée un compte pour laisser un commentaire.

Aucun commentaire pour le moment. Sois la première à en laisser un.

Ouvrir dans un nouvel onglet ↗

📅
Quand as-tu lu ce livre ?

Même approximatif, ça nous aide à avoir des statistiques plus justes.

Installer LezFix sur iPhone/iPad