Chapitre 1 — Prologue : L’échange
- Prologue : L’échange
- 🔒 Chapitre 1 : Enfance d’Armande
Duels de velours - tome 1 · P. Nosepliers
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— Malédiction !
Le poing du baron de Maufoncomb s'abattit lourdement sur la table de chêne qui, sous le choc, se fendit. Toute la vaisselle d'or, les hanaps sertis de pierres précieuses, les riches plats regorgeant de gibiers, de ragoûts, de fruits et de pains se renversèrent. Même les flacons de vin, savamment conservés dans le cellier, comme en attestait l'honorable poussière qui les maculait, s'entrechoquèrent sur la petite desserte juxtaposée.
Ce geste, loin de l'apaiser, déclencha une vague de fureur. Il se saisit de la lourde table et, d'un coup de reins violent, la renversa.
— Une morveuse ! hurla-t-il. Cette maudite femelle n'a pu me donner qu'une putain de fille ! Elle aurait pu suivre l'exemple de cette servante que j'ai engrossée ! Que n'a-t-elle mis bas un garçon, fort comme ce bâtard qui est né hier ! Que vais-je faire sans héritier ? grogna-t-il en empoignant sa tignasse rousse.
Il hurla sans discontinuer, sachant pertinemment que personne n'osait rester dans les parages lorsqu'il était dans cet état. Il savait que les pièces adjacentes étaient vides et il marchait de long en large, évitant machinalement la lourde table renversée, souillée par le contenu des plats. Il serrait les dents.
Le Baron Gommaire de Maufoncomb était un homme grand, très grand même pour l'époque. Il était rare, au Moyen âge de voir des géants comme lui : bâti comme un taureau, large de poitrine, les biceps fort développés à force de manier l'épée, les jambes noueuses comme des troncs d'arbres.
Seigneur tyrannique, il toisait son entourage, inspirait la peur, s'octroyant tout ce qu'il voulait sans demander l'avis de quiconque. Un seul froncement de ses sourcils broussailleux suffisait à faire fuir la valetaille. Ses yeux, bleu très pâle, pouvaient jeter des regards aussi froids que la glace. Nulle once de gentillesse ou d'amour n'avait jamais réchauffé son regard incisif. Seules ses colères, hélas fréquentes, faisaient étinceler ses yeux.
Ménard, son suivant, son âme damnée, cependant ne le craignait pas. Ayant connu son maître lors d'une croisade, il l'avait souvent suivi de bon cœur dans ses pillages contre l'habitant. Combien de ces raids sanglants n'avaient-ils pas perpétrés ? Combien de riches marchands torturés afin de leur dérober leurs richesses ? Combien de nuits de débauche où les cris des femmes abusées et les spiritueux les enivraient ? Tuant hommes, femmes et enfants afin de masquer leurs agissements !
En réalité, le baron s'était engagé dans cette « mission divine » dans l'espoir d'amasser fortune et, en effet, ses lugubres projets avaient porté leurs fruits : il rentra au pays nanti d'un lourd magot. C'est ainsi qu'il put acquérir les terres jouxtant son domaine.
Seul problème à cette transaction : il avait dû prendre femme avec la terre ! En effet, son cher voisin ne voulut céder son bien, superbe il est vrai, qu'à la condition expresse de passer l'anneau nuptial au doigt de sa fille. Comme celle-ci était fort belle, blonde aux yeux bleu ciel, un peu pâle et éthérée sans nul doute, mais fort appétissante tout de même, pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable ?
De toute façon, maintenant qu'il était pourvu d'un vaste domaine, il était bien résolu à fonder une descendance digne de son nom. De plus, sa femme était noble, une branche pauvre, certes, mais quel lignage ! La petite cousine de l'empereur Henri V de Franconie, Aliénor de Souabe !
Par malheur, ou par châtiment divin, sa femme s'était révélée trop faible pour assurer une descendance nombreuse et robuste. La sage-femme était venue le lui dire : elle ne pouvait plus porter d'enfant, sous peine de mourir en couches, elle avait eu une grosse hémorragie et avait perdu connaissance avant même d'accoucher ! Elle ne savait même pas si elle avait une fille ou un garçon ! Cette pensée trotta dans la tête du baron. Elle ne savait pas... Elle ne savait pas...
— Allons, grommela-t-il, calme-toi et réfléchis ! Elle ne connaît pas le sexe de son rejeton ! Elle ne sait même pas que ce bâtard est né sous le même toit ! Elle ne sait rien ! D'ailleurs, il n'y a que la sage-femme qui sait que mon héritier présomptif est une héritière !
— Une héritière ! grinça-t-il entre ses dents. Et si...
Une lueur surgit dans son esprit machiavélique. Et si... Oui ! Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas faire l'échange ? Oui, mais il ne devait pas y avoir de témoins ! Une servante pouvait mourir en couches. Mais la sage-femme ? Et la morveuse ? Cela ferait beaucoup de morts à expliquer ! Il fallait d'abord les éloigner, sous un prétexte quelconque, et...
— Ménard, triste sire, amène-toi ! hurla-t-il.
Comme il s'en doutait, son second n'était pas loin. Il franchit le seuil de la salle d'apparat, un sourire torve sur les lèvres.
— Ménard, dit-il à voix basse, il faut que cette servante passe de vie à trépas. Nul ne doit savoir qu'elle a accouché d'un mâle. Mais il faut que ça soit discret ! Elle s'est trouvée bien mal après son accouchement... Tu vois ce que je veux dire ?
— Oui Maître, je connais un bon herboriste.
— Va, cours, et reviens tout de suite avec ce qu'il faut.
Ménard sortit sans faire de bruit. Le baron, une lueur malveillante dans le regard, prit un passage étroit menant au réduit où la servante venait d’accoucher.
Il se pencha sur le nourrisson, un solide gaillard qui cherchait à téter et qui hurlait à pleins poumons !
— Donne à boire à ta progéniture, femme !
La mère, d'un geste farouche, prit son enfant dans ses bras et lui mit prestement un sein dans la bouche. Le bébé téta goulûment. Le baron les regarda un bon moment puis, se décidant :
— Allons, fit-il en essayant d'adoucir son expression. Tu sembles fatiguée. Je vais te faire porter une décoction qui te redonnera des couleurs.
Comme il s'approchait, elle le regarda avec crainte et voulut s'enfoncer profondément dans la paillasse.
— Allons, allons, je ne vais pas te manger ! dit-il en avançant une large main vers elle, un sourire de loup affamé sur sa face.
— Non, messire, je vous en conjure, souffla-t-elle.
Son regard angoissé aiguisa l'appétit du baron. Elle était belle avec ses longs cheveux noirs répandus sur ses épaules vigoureuses, ses larges yeux sombres qui le suppliaient. Ses seins gonflés de lait semblaient fort tentants. Il y posa la main, s'apprêtant déjà à lui prendre l'enfant.
— Non, messire, pitié !
— Vas-tu te refuser à moi, garce ? Tu n'es qu'une catin de service, tout juste bonne à donner du plaisir à ton maître !
Et d'un geste brusque, il arracha les couvertures. Sur ces faits, Ménard entra, tenant quelque chose en main. Il sourit d'un air mauvais, voyant ce que son maître s'apprêtait à faire. Peut-être qu'après, il pourrait aussi...
La femme essaya vainement de se couvrir, tout en protégeant son enfant. Énervé, le père indigne prit le nourrisson des bras protecteurs et le tendit d'une main ferme à son suivant. Un double hurlement lui répondit : celui du bébé furieux d'être arraché du sein de sa mère, et celui de la jeune femme criant son désespoir.
Une main appliquée sur la bouche de la malheureuse arrêta ses cris dans sa gorge. Il s'apprêtait à monter sur la couche, se déchaussant déjà lorsque Ménard lui chuchota précipitamment :
— J'entends des bruits ! Si quelqu'un vous voit, il se dira que cette femme était assez vaillante pour... Vous comprenez ?
Le baron maugréa et se rendit à la raison.
— Si tu bois cette tisane sans rechigner, j'attendrai que tu te remettes pour te rendre visite, dit-il en promenant son regard sur la silhouette tremblante.
La servante hocha la tête de haut en bas. Le baron la relâcha et lui tendit le gobelet. La pauvre femme, docile, ne sut jamais à quel point l'âme de cet homme était noire : ses yeux se fixèrent sur l'éternité.
Le baron la scruta une dernière fois puis, avec un haussement d'épaules :
— Dommage, elle était belle et rude à la tâche.
Et, sans un regard de plus, il sortit de la pièce. Son sinistre compagnon, tenant toujours le bébé maintenant calmé dans ses bras, referma soigneusement la porte derrière lui.
Dans le couloir, marchant vers la chambre de sa femme, le baron réfléchit :
— Voici la première partie accomplie. Maintenant la sage-femme et... la morveuse. Je vais l'effrayer, la chasser et... Ménard se chargera du reste.
— Cache-toi avec le marmot ! jeta-t-il à son second.
Donnant un grand coup dans la porte, il entra dans la chambre de sa femme.
Elle gisait, toujours inconsciente, la sage-femme, Cunégonde Clépart, lui ayant donné une potion pour récupérer des forces.
Le baron contempla sa femme puis se retourna vers Cunégonde, le visage courroucé, les yeux plus glacés que jamais. Il gronda, s'avançant vers elle, menaçant :
— Vous et cette enfant êtes responsables de l'état de ma femme ! Je ne veux plus vous voir. Vous m'entendez ? Sortez de cette demeure et n'y revenez plus ou vous le regretterez !
Cunégonde recula et se retrouva bientôt acculée au mur, à côté du berceau où un bébé agitait vaguement les menottes.
— Et prenez cette enfant de malheur avec vous ! Elle a le mauvais œil !
Cunégonde se pencha sur le berceau et prit le bébé sur son sein généreux.
— Sortez ! aboya-t-il.
Elle regarda le bébé puis, prenant son courage à deux mains :
— Mais comment vais-je la nourrir ? Je n'ai pas beaucoup d'argent. Elle va mourir si elle n'a rien à manger ! Et il neige dehors. Le froid aura vite raison de nous !
Dédaigneux, il prit une bourse bien garnie dans un coffret et, la jetant à la matrone, il ajouta :
— Je ne veux pas avoir sa mort sur la conscience. Tenez : mille livres ! Mais, si je vous revois sur ce domaine, ou si vous en parlez à quiconque... vous apprécierez les oubliettes ! Et maintenant, dehors ! éructa-t-il, désignant la porte d'un doigt impérieux.
Cunégonde prit la chaude couverture dans le petit lit, y emmitoufla l'enfant, mit sa lourde houppelande et sortit de la pièce, la tête haute, tenant le bébé serré dans son giron.
Cinq minutes plus tard, une mule sortit du château et traversa le pont-levis.
Le baron regarda par la fenêtre, sourit et se retourna vers le berceau où un bébé vigoureux, à la chevelure roux foncé et bouclée, gesticulait.
Le baron, se tournant vers Ménard :
— Suis-les quelques heures et tue-les, dit-il d'un ton froid.
— Toutes les trois ?
— Comment ça, les trois ?
— Oui, elle avait laissé sa petite fille à la garde de la cuisinière le temps que votre femme accouche.
— Quel âge a cette enfant ?
— Je ne lui donnerais pas plus que quatre ans.
— Trop âgée. Elle risque de se souvenir. Tue-la aussi. Tu prendras la bourse, pour service accompli, se contenta de répondre le baron Gommaire de Maufoncomb.
* * *
— Que Dieu foudroie ce monstre ! Que son âme rôtisse dans les flammes ! Immonde pourceau ! Ruffian ! Et ça se prétend baron : ça n'a pas plus de noblesse qu'un ver de terre ! Beurk ! Un serpent gluant, monstrueux, crachant son venin à tout vent ! Puisse-t-il périr dans les tourments de l'enfer ! Vil gredin ! Détrousseur de grand chemin ! Que sa vie ne soit qu'un gouffre de malheur ! Père indigne ! Odieux personnage ! Tourmenteur de petits enfants !
Cunégonde Clépart ne se reconnaissait pas : elle, toujours maîtresse de ses émotions, toujours si calme, invectivait ainsi l’odieux personnage, la voix hachée par le trot sec de sa mule, depuis plus d'une heure.
Elle rajusta machinalement sa houppelande sur le bébé.ùCunégonde Clépart était une maîtresse femme. Connue pour sa compétence à vingt lieues à la ronde, elle avait aidé maintes femmes à l'heure de la délivrance, pansé de nombreuses blessures de guerre, soigné les paysans blessés par leur dur labeur.
Elle connaissait le pouvoir des simples et confectionnait potions, pommades, onguents et autres panacées et remèdes fort utiles pour couper court à un début d'infection, enrayer les effets néfastes d'un refroidissement...
Elle avait déjà trente-quatre ans et possédait une connaissance approfondie de son métier, car sa mère, sage-femme et rebouteuse, lui avait appris l'art de guérir.
Pas très grande, elle rachetait sa petite taille par un port de tête altier, sans paraître hautaine pour autant.
Ses longs cheveux châtain foncé, qui, déroulés, lui arrivaient au creux des reins, étaient abondants, lisses, soyeux, car entretenus comme toute sa petite personne avec un grand souci de netteté. Cette parure naturelle restait pourtant sagement cachée sous une coiffe sévère. Ses grands yeux noisette, en forme d'amande, donnaient un regard attentif et chaleureux. Ses lèvres pleines s'entrouvraient en un sourire rare, mais ô combien lumineux ! Sa voix douce encourageait ses patients à surmonter leurs épreuves. Son expression était généralement sereine. On devinait une âme noble, prompte à prêter main-forte, en cas de besoin. D'ailleurs, ses soins et conseils étant plus souvent rétribués en nature plutôt qu'en pièces sonnantes et trébuchantes, elle redistribuait aux plus démunis pains, fruits, œufs et légumes, gardant juste de quoi vivre décemment.
Aussi, si elle ne se retrouvait pas en cette femme qui fulminait sous sa capuche, n'en fut-elle qu'à moitié étonnée : cet homme s'était attaqué à un enfant, une pauvre petite créature de quelques heures à peine, incarnation vivante de l'innocence ! Et son âme rebelle s'était révoltée devant cette injustice.
Médusée, sa petite fille, Emerance, ne reconnaissait pas sa maman en cette femme furieuse. De ses petits bras, elle se serra plus fort contre le dos de sa mère.
— Couard ! pestait toujours Cunégonde. C'est facile de s'attaquer à plus petit que soi ! « Je ne veux pas avoir sa mort sur la conscience », singea-t-elle. Encore faut-il en avoir une, de conscience ! D'ailleurs, cela m'étonne que ce forban s'en soit arrêté là ! Il est plutôt de nature à faire table rase sur son passage ! Je suis étonnée d'être encore en vie ! Ce filou aurait pu nous tuer toutes les trois ! De toute façon, c'est ce qui arrivera si je ne trouve pas une auberge ou une ferme pour nous restaurer et donner du lait à ce petit ange ! Car, évidemment, je ne peux retourner à la maison, qui est sous la juridiction du Baron ! Ah, j'aperçois un hameau en bas de cette colline. Et si mes souvenirs sont bons, le château du Duc de Gaillance n'est pas loin. Je vais lui demander asile pour la nuit. Courage, Emerance, nous allons pouvoir nous reposer, mon petit cœur.
Heureusement, Cunégonde Clépart connaissait les chemins et raccourcis pour avoir parcouru la campagne ardennaise bien souvent, la traversant au gré de ses pérégrinations.
Elle décida de couper à travers le bois de conifères qu'elle longeait sur sa gauche, évitant ainsi un détour de quelques lieues. Avisant un sentier, habituellement parcouru par les bûcherons, elle s'y engagea. Chance ou malchance, la neige avait cessé de tomber. Aussi les traces de pas de sa mule s'imprimèrent très visiblement sur le chemin jusqu'alors immaculé.
Les grands sapins, recouverts d'une blancheur ouatée, se dressaient fièrement le long de cette sente fort étroite. La frôlant de part et d'autre, les branches, comme pour se railler d'elle, déversaient leur fardeau poudreux sur son manteau. Le sentier, qui longeait maintenant un à pic de quelque dix-huit pieds, s'inclinait de plus en plus vers la campagne aperçue en contrebas. Le chemin devenait glissant, mais, heureusement, sa mule avait le pied sûr. Elle s'enfonçait de plus en plus dans la nature silencieuse lorsque tout à coup un bruit assourdi lui parvint : un hennissement !
Jetant un regard par-dessus son épaule, elle vit une sombre silhouette se profiler à moins de cent pas ! Ménard ! Vivement, Cunégonde enfonça ses talons dans les flancs de sa monture qui bondit en avant.
— Que Sainte Ségolène me protège ! cria Cunégonde qui, sous le choc, faillit vider les étriers. Tiens-toi bien, Emerance !
Se cramponnant d'une main à ses rênes et serrant de l'autre le bébé contre son giron, elle encourageait sa monture à donner le meilleur d'elle-même. Hélas, le galop du cheval de son poursuivant s'entendait maintenant fort distinctement. Elle se retourna et vit Ménard, une dague à la main, qui s'apprêtait à sauter sur elle !
D'un bond, il l'arracha de sa selle et ils churent tous dans la neige. Sa mule, déséquilibrée, disparut dans l'escarpement. Sa fille roula sur un amas de neige. Le nourrisson, que Cunégonde avait essayé de protéger pendant la chute, fut projeté sur le bas-côté. Le cri grêle qui s'élevait rassura Cunégonde, il vivait ! Sous le choc, Ménard lâcha son poignard. Ils roulèrent, luttèrent, mais finalement, Ménard eut le dessus. De tout son poids, il l'écrasa. La coiffe arrachée dans la bagarre, Cunégonde chercha vainement à se dégager. Essayant de l'étrangler, Ménard approcha une main de sa bouche. Mal lui en prit : elle en profita pour le mordre de toutes ses forces. Sous la douleur, il cria, se voûta, cherchant vainement à lui faire lâcher prise.
Cunégonde sentit le sang couler dans sa bouche. Ce liquide épais, salé, décupla sa rage de vivre : elle gesticula de plus belle, donnant de grands coups de pieds. D'un violent coup de genou, elle l'atteignit dans l'entrejambe. Ménard en resta prostré. Elle repoussa de côté le poids qui la clouait au sol. Jetant un regard affolé autour d'elle, elle aperçut, non loin, le poignard dans la neige.
Se traînant tant bien que mal, elle s'en empara lorsque Ménard, fou de rage, se jeta sur elle. D'un geste désespéré, elle brandit la dague pour se protéger. Le couteau s'enfonça dans les entrailles de son agresseur.
Sans demander son reste, elle se précipita sur sa fille et le bébé, cherchant une issue.
Elle vit en contrebas sa mule qui avait miraculeusement survécu et qui se dépêtrait dans ses rênes.
— Dieu fasse que je ne me casse pas une jambe !
Levant la tête vers le ciel, elle ajouta :
— Dieu, sauve-nous !
Après cette courte prière, elle sauta à son tour, tenant les enfants dans ses bras.
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