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Madame Queen New York (Embrase-moi) · Kyrian Malone

Lire Madame Queen New York (Embrase-moi) en ligne gratuitement Chapitre 1 : Quand la peur change de camp

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Appartement dEve Grey 1257 Grove Street, West Village

Il était environ onze heures du soir quand on sonna à la porte.

Eve Grey, toujours assise derrière l’écran d’ordinateur de son bureau, posa ses lunettes d’appoint sur une copie et se dirigea vers la porte d’entrée, interrogative... Qui osait lui rendre visite à une heure si tardive ? Elle ajusta les pans de sa robe de chambre avant de vérifier l’identité du visiteur inattendu à travers le judas... et ce fut le choc.

Elle ouvrit sans attendre. L’une de ses élèves, Treesha Winnick, 25 ans, se trouvait sur le palier. Les cheveux blonds négligemment attachés, une lèvre en sang et les joues tuméfiées.

— Madame Grey.... je sais qu’il est tard et que je ne devrais pas être là, mais...

Elle tremblait...

— ... je ne savais pas vers qui me tourner.

Eve s’écarta pour ouvrir complètement la porte.

— Seigneur, Treesha ! Entre ! Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?

Treesha obéit. Eve ferma la porte et posa une main bienveillante dans son dos pour la guider vers le salon. La décoration minimaliste révélait le besoin d’espace de sa propriétaire qui passait très peu de temps chez elle. Bien que la cuisine fût entièrement équipée, les quelques meubles du salon – parsemés de rares bibelots – occupaient judicieusement le volume dépourvu d'ornement. Seul un large tableau d’art abstrait apportait des touches de couleurs chaudes à la pièce.

— Viens, assieds-toi et dis-moi ce qu’il se passe....

Treesha s’assit dans le canapé du salon, le regard rivé sur ses mains tremblantes et moites. Ses doigts s’entremêlaient nerveusement. Elle secouait la tête pour fuir la terrible réalité. La voyant grelotter, Eve posa une couverture sur ses épaules et s’installa près d’elle...

— Treesha, parle-moi...

Treesha acquiesça d’un signe de tête, comme pour se laisser le temps de remettre les mots sur les actes odieux qu’elle avait subis. Puis elle confessa dans un sanglot :

— Ils m’ont violée....

Eve sentit son sang se glacer :

— Qui ?

— Brian Thompson, Erik Pratt et John Casiraghi

Eve se tendit à l’énoncée des trois noms. Les trois garçons n’étaient autres que ses élèves et John Casiraghi était le fils de la sénatrice Laura Casiraghi. Elle posa spontanément une main sur celle de son élève.

— Mon Dieu, Treesha, je suis désolée.

Treesha secoua la tête, comme pour chasser de sa mémoire les flashs qui lui revenaient. Elle avait tenté de résister à ses agresseurs, les ecchymoses sur son visage en témoignaient. Ses grands yeux bleus luisants de larmes reflétaient la colère et la peine, conséquences des humiliations qu’elle venait de vivre. Elle les releva vers sa professeure, implorant une aide :

— Qu’est-ce que je dois faire ?

— Laisse-moi te conduire à l’hôpital et ensuite nous irons voir la police...

Mais la jeune femme refusa et se leva aussitôt, soudainement nerveuse.

— Non... ça ne servira à rien et vous le savez ! Ils... ils m’ont forcée à prendre une douche... après... après m’avoir violée. Il n’y avait aucun témoin... Et puis, ils ont utilisé des préservatifs. On ne trouvera pas d’ADN, même avec le kit de viol. Alors si je porte plainte, si on va au procès, ils n’auront qu’à dire que j’étais consentante pour une partie de jambes en l’air à quatre... Ce sera la parole d’une simple boursière contre la leur. Et je vous rappelle qu’il s’agit du fils de Laura Casiraghi et qu’ils pourront s’offrir une armée d’avocats qui fouilleront ma vie pour prouver que je suis une... une garce doublée d’une salope parce que je suis sortie avec un tas de garçons et un tas de filles aussi. Non... C’est perdu d’avance.

Eve était surprise d’entendre sa jeune élève exposer tout simplement un mode opératoire pervers, et sans doute planifié par les trois garçons. Mais à l’évidence Treesha connaissait le système, car le système, voilà quatre ans qu’Eve Grey l’enseignait à ses élèves en cours de droit pénal et criminel. Après trois ans et demi, la plupart de ses élèves connaissaient les lois et les méthodes de la police pour permettre d’inculper quiconque pour viol. Cependant, elle en était interloquée, mais elle devait réagir... et la raisonner. Elle se leva à son tour :

— Treesha, nous devons quand même aller voir la police et faire une déposition...

Soudain, le visage devenu sérieux, la jeune blonde annonça sans détour :

— Non ! Je vais les tuer !...

Eve fut saisie par ces paroles prononcées d’un calme olympien et surtout la détermination de son élève.

— Non ! Tu ne gâcheras pas ta vie à cause de ces salauds...

— Vous avez bien pris ce risque, vous !

Eve secoua la tête... Elle connaissait les rumeurs qui circulaient à Columbia la concernant, mais la situation était totalement différente.

— J’étais en position de légitime défense, Treesha. Si tu les attaques, tu seras inculpée pour homicide volontaire et il sera alors question d’un triple meurtre... Tu iras en prison, même avec les meilleurs avocats du monde.... Écoute... Tu es sous le choc, c’est normal, mais je t’assure qu’en l’état actuel de la situation, le mieux est d’aller voir la police.

Treesha secoua la tête.

— Non... Je ne leur laisserai pas le plaisir de m’humilier devant un tribunal et... et la presse sera mise au courant, mon nom et mon visage seront dans tous les journaux ! Hors de question que je subisse ça !

Puis elle se dirigea vers la porte.

— Je suis désolée... Je n’aurais pas dû venir...

Eve n’eut pas le temps de la retenir que Treesha Winnick avait déjà franchi le seuil de la porte...

* * *

Trois semaine plus tard, Los Angeles – Bureau fédéral

— Merci d’être venue Sarah, dit Emily à son amie. Assieds-toi...

Sarah s’installa et Emily lui présenta les dix-huit dossiers dont elles avaient parlé au téléphone.

— Des hommes disparaissent à New York. La victimologie n’est pas claire. Pas de moyenne d’âge, pas de profession ou de statut social en particulier. La victime la plus jeune avait 19 ans, la plus âgée, 62 ans. Étudiants, actifs, retraités, célibataires ou en couple, religieux, athées, homosexuels ou hétérosexuels, de toute origine et de toute culture.

— Pas de discriminations en somme, compris Sarah.

— En effet. Ça fait un mois que notre équipe est sur l’affaire et notre seule certitude est que notre tueur est une femme dont l’âge se situe entre 25 et 50 ans. Nous supposons qu’elle a probablement était victime d’abus de la part d’un homme, voire de plusieurs.

— Tranche d’âge plutôt large et genèse très imprécise quand on sait qu’une femme sur quatre est concernée par ton profil.

— Je sais, concéda Emily. Mais nous ne sommes pas capables de définir des traits plus précis. Tous les dossiers sont là... Et je ne vois pas qui d’autre à part toi pourrait nous aider à en savoir plus sur cette tueuse.

Sarah avait quitté le FBI quelques années plus tôt pour retourner vivre à Los Angeles avec sa femme et ses filles. Elle avait néanmoins accepté de rester consultante pour les fédéraux sur des affaires plus complexes, à condition qu’Emily la laisse libre de ses choix, de ses mouvements et de ses décisions à travailler seule ou en équipe si nécessaire.

Elle n’en restait pas moins perplexe. Les disparitions étaient monnaie courante dans les grandes villes. Des gens partaient sans laisser d’adresse, quittaient famille, travail, ami, sur un coup de tête. Certains revenaient, d’autres non... D’après les rapports du gouvernement, plus de 16.335 personnes avaient été portées disparues dans l’État de New York l’année passée, avec une majorité d’enfants pour un total incroyable de 14.697 mineurs contre 1638 adultes. Et si la plupart de ces personnes étaient retrouvées ou revenaient d’elles-mêmes, ces disparitions s’ajoutaient aux 87.000 cas de disparitions non résolues.

Les généralités chiffrées par le gouvernement démontraient aussi que les femmes et les enfants étaient les victimes les plus touchées avec presque un million d’enfants disparus chaque année aux États-Unis... alors Sarah était plus qu’étonnée qu’Emily lui ait demandé d’enquêter sur ce type de victimes précisément. Et surtout, son petit doigt lui soufflait avec logique :

— Qui fait pression en haut lieu pour résoudre cette enquête ?

Emily esquissa un léger sourire. Sarah avait le nez fin.

— Laura Casiraghi, la sénatrice. Son fils John a disparu depuis une semaine sans laisser de trace. Il n’y a eu aucun mouvement sur ses comptes ni sur les cartes de crédit ni même une demande de rançon d’un éventuel kidnappeur.

Sarah tournait les pages du dossier et regardait les portraits des hommes disparus. Les caractères se lisaient sur les photos, sur les visages qu’elle scrutait. Ces hommes dégageaient pour beaucoup autant d’assurance, que de charisme, une certaine violence visible dans plusieurs regards. Elle admettait cette histoire intrigante autant qu’elle devinait que tous ces dossiers étaient le résultat de plusieurs mois d’enquête.

— Qui a déterminé que tous ces dossiers étaient liés ?

— C’est moi, avoua Emily. Shilo m’a aidée à établir un tableau de statistiques d’hommes disparus sur Manhattan au cours des dix dernières années et les disparitions ont augmenté de façon exponentielle il y a cinq ans, sans que personne ne s’en rende compte.

Sarah comprenait les raisons pour lesquelles cette augmentation était passée inaperçue puisque l’attention de la police était davantage tournée vers les enfants disparus.

Emily ouvrit un dossier et en sortit le graphique de leurs calculs pour lui montrer les courbes.

— Regarde !

Sarah en constatait effectivement l’évolution.

— On parle d’une augmentation de deux-cents pour cent en cinq ans. C’est du jamais vu...

— Alors pourquoi ne me donnes-tu que dix-huit dossiers ?

— Parce que nous n’avons pas été capables d’établir de liens avec les autres cas de disparitions...

— Et quels sont les liens ?

— Toutes les victimes ont pour point commun d’avoir agressé une femme, dont certaines ont porté plainte contre eux. La plupart sont des cas de violences conjugales avérées que nous ne pouvions pas vérifier et croiser avec les autres cas de disparition.

Sarah leva les sourcils sur le fil de pensées qui s’imposait à elle et auquel Emily avait forcément songé :

— La théorie de l’ange vengeur n’a jamais été prouvée.

— Je sais, mais ça ne signifie pas que ce type de profil ne pourrait pas exister.

Sarah l’admettait sans mal. Et en réalité, elle n’avait jamais croisé, ne serait-ce que l’ombre d’un tel cas, du moins, elle n’avait jamais eu à traquer ce genre de femme tueuse à une telle échelle. À moins que cette série de meurtres ne puisse pas être attribuée à une seule personne. En général, les tueuses en série se classaient dans deux catégories : celles des anges de la mort, comme les infirmières tuant leurs patients sous prétexte d’abréger leurs souffrances ; ou celle des veuves noires, ces femmes tueuses d’époux ou d’amants usant en général de poison pour éliminer leur compagnon, simulant généralement une crise cardiaque. Dans les deux cas, ces femmes exerçaient leur toute-puissance et leur besoin de pouvoir et de contrôle sur leurs victimes.

— J’accepte de prendre l’enquête, annonça-t-elle. Je partirai sur le premier vol pour New York demain matin.

Emily en fut ravie :

— Merci pour ton aide. Tu verras forcément des détails qui ont échappé à l’équipe. Et si tu veux, je peux demander à Jennifer ou à Linden de t’accompagner ?

— Non, je préfère y aller seule pour l’instant. Je te tiendrai au courant dès que j’ai une ébauche approfondie et si j’ai besoin de renfort sur place.

— Entendu. Plusieurs agents au Federal Plazza seront à ta disposition si tu as besoin d’aide ou d’expertise.

— Parfait... Merci !

* * *

Une semaine plus tard

Lundi, 8h39New York – Université de Columbia116 Street Nation

L’inspectrice Amanda Walker marchait lentement sur le toit de la célèbre faculté de droit balayée par les vents d’automne. Près d’elle, ajustant le col de sa veste trois quart, son coéquipier examinait également les lieux.

La scène de crime était bouclée, le bandeau jaune « Scène de crime, ne pas franchir » délimitait l’aile ouest du toit sous inspection policière.

Deux corps gisaient. Deux jeunes hommes, des étudiants de l’université, ils avaient été assassinés.

— Les corps sont froids et sont probablement ici depuis plusieurs heures, expliqua Eleanor Squibb, leur médecin légiste.

— Qui a téléphoné à la police ? demanda Andrew.

— Le gardien qui faisait sa ronde à six heures. C’est lui qui a découvert les corps, expliqua Amanda.

— Ils ont été touchés de deux balles chacun, une dans la tête et la seconde dans le ventre.

— Une exécution en somme, compris Andrew Keller.

— Du travail de pro ? demanda Amanda.

— C’est possible, approuva Eleanor.

Ce qu’il s’était passé ici quelques heures plus tôt dépassait l’entendement. Jamais deux élèves n’avaient été assassinés au sein même de leur université.

Les sacs de cours avaient été renversés sur les dalles en béton, leurs affaires fouillées. Personne n’avait rien vu, rien entendu... Sauf peut-être...

— Regarde, dit Amanda.

Une bulle de verre noire en demi-sphère était fixée au mur au-dessus de la porte métallique encore ouverte.

— Une caméra... se réjouit Andrew. Parfait, je vais parler au gardien pour récupérer les enregistrements.

* * *

11h42

1 Police Plazza, Unité Criminelle

Menottes serrées aux poignets, Eve Grey sortit de l’ascenseur donnant sur une grande plateforme de bureaux et fut poussée vers la salle d’interrogatoire.

Deux inspecteurs l’avaient arrêté en bonne et due forme. La scène s’était déroulée en plein cours. Ils lui avaient collé un mandat sous le nez, signé par le procureur une heure plus tôt et autorisant la police de New York à fouiller son appartement. Un vrai scandale.

La pièce spartiate favorisait une ambiance sinistre. Une table au centre, quatre chaises, une lucarne laissant passer péniblement la lumière de l’extérieur et deux néons blancs éclairaient la pièce.

Digne et fière sur ses talons aiguilles rehaussant son mètre soixante-quinze et vêtue d’un tailleur chic, Eve Grey n’avait rien du profil des criminels qu’on enfermait dans cette pièce habituellement. Et pour cause : elle exerçait non seulement en tant que professeure de droit à l’université de Columbia, enseignante reconnue par ses pairs, mais encore, elle travaillait aussi pour le célèbre cabinet Newyorkais Hawk, Manning et Associés, sur la huitième.

Une femme entra, loin d’être inconnue pour Eve qui avait déjà croisé le capitaine Nixon ainsi que certains inspecteurs de son unité dans différentes enquêtes.

— Maître Grey.

— Capitaine...

— Je ne vous cache pas ma surprise.

— Je ne vous cache pas la mienne, dit Eve d’un ton amical souligné d’un léger sourire.

Elle tendit les poignets :

— Vous pouvez me les enlever ?

— Mon sergent m’a dit que vous l’aviez giflé...

— Je leur ai demandé un instant pour récupérer mes affaires et votre sergent a été un peu trop insistant. Il n’avait pas à lever la main sur moi, si vous préférez.

Olivia n’oubliait pas qui était Eve Grey. Elle était une de ces rares femmes qui travaillaient comme avocate dans un cabinet privé – donc principalement contre le bureau du procureur –, mais aussi elle s’était déjà retrouvée ici en tant que victime... La victime de son mari retrouvé mort, poignardé, à leur domicile il y a cinq ans... Eve Grey avait été inculpée pour meurtre, son avocate avait plaidé la légitime défense dans un procès de trois longs mois gagné après seulement quarante-cinq minutes de délibéré.

L’affaire ne datait pas d’hier, mais Olivia ne l’avait jamais oubliée pour autant. Elle lui enleva les menottes et tira une chaise :

— Prenez place s’il vous plaît. Comme vous vous en doutez, nous avons quelques questions à vous poser.

Eve obéit et lança un regard sur le policier qu’elle avait giflé lors de son arrestation ; l’inspecteur Andrew Keller. Sa joue était marquée d’une légère trace de griffure laissée par ses ongles mi-longs, vernis d’un rouge pourpre et brillant.

Sans attendre davantage, Olivia ouvrit un dossier et posa deux photos devant elle :

— Vous les reconnaissez ?

Eve lança un coup d’œil désabusé sur les clichés présentés.

— Oui, ce sont deux de mes étudiants, Brian Thompson et Erik Pratt, deux très bons élèves de quatrième année...

Puis Eve regarda la capitaine :

— ... et j’ai encore du mal à croire que vous m’accusiez de leur meurtre !

La capitaine resta stoïque et reprit :

— Plusieurs de vos élèves disent vous avoir vu hier en leur compagnie aux alentours de sept heures...

— Oui. Ils sont venus me voir après mes cours du soir. Il avait une question à me poser...

— Quelle question ?

— L’une de mes affaires chez Hawk, Manning et Associés qu’ils ont eu pour mission de traiter avec une autre élève.

— Comment s’appelle cette élève ?

— Treesha Winnick.

Anticipant la prochaine question, Eve précisa :

— Nous avons discuté une dizaine de minutes, après quoi ils sont partis tous les trois...

— Sur le toit de building de l’université ?

— Ça, je l’ignore, capitaine...

Olivia aurait pu jurer voir un léger sourire narquois derrière le masque impassible d’Eve Grey, et l’étincelle dans son regard n’était en rien celle de la compassion.

— Saviez-vous que leur meilleur ami, John Casiraghi, est porté disparu depuis plusieurs semaines ?

— J’en suis informée puisque sa mère est venue me trouver accompagnée d’un enquêteur pour vérifier son emploi du temps avant sa disparition.

Olivia l’observait pensivement lorsqu’après deux coups secs et rapides, la porte s’ouvrit sur l’inspecteur Keller :

— Capitaine ?

— Excusez-moi, dit-elle à Eve avant de se lever.

Elle quitta la pièce un bref instant et Eve sentit que tout ça ne laissait rien présager de bon. Olivia revint dans la pièce, le visage sévère et le ton professionnel :

— Je suis au regret de vous informer que nous avons vérifié les enregistrements de vidéosurveillance de l’université, ils prouvent que vous êtes montée rejoindre Brian Thompson et Erik Pratt sur le toit, là où les corps ont été retrouvés.

Un silence, puis elle se pencha vers l’avocate pour ajouter sur un ton sentencieux :

— Je vous suggère de passer aux aveux, maître Grey, vous savez que le procureur sera plus clément si vous coopérez. Par exemple en nous dévoilant votre mobile afin d’éviter une fastidieuse enquête et un procès très onéreux pour tout le monde. Dites-moi, que vous ont-ils fait pour que vous décidiez de les tuer ?

Un court silence révéla l’embarras d’Eve Grey qui soutenait le regard d’Olivia. Étonnement, cette dernière paraissait aussi très embarrassée. L’heure n’était donc plus aux discussions, elle répondit donc avec simplicité :

— Si vous me le permettez, je souhaite contacter mon avocate...

Pour Olivia, tout devenait clair. Eve Grey était coupable des meurtres de ses deux élèves et ne se risquerait pas à se défendre elle-même, comme elle ne s’était pas défendue de l’accusation de meurtre de son mari. Il ne leur restait plus qu’à trouver le mobile et l’arme du crime pour faciliter le procès qui pourrait alors se tenir ces prochaines semaines.

— Bien, je vous laisse.

Olivia quitta la salle d’interrogatoire.

Eve se sentait mal. Elle s’en était sorti une première fois grâce aux compétences hors du commun de Regina Queen, l’avocate pénale la plus redoutable et la plus redoutée de New York du haut de ses 33 ans. Cette dernière arriverait-elle à la sortir de ce mauvais pas une seconde fois ?

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