Chapitre 1 — Flirt interdit à Miami – Chapitre 1
- Flirt interdit à Miami – Chapitre 1
- 🔒 Flirt interdit à Miami – Chapitre 2
Flirt interdit à Miami · Lou Jazz & Cherylin A. Nash
Lire Flirt interdit à Miami en ligne gratuitement Flirt interdit à Miami – Chapitre 1
Vues : 3 265 vues
— Arrête de me resservir !
L’éclat de rire des quatre filles que nous sommes autour de la table attire le regard d’un groupe assis à proximité. Depuis le début de la soirée et leur arrivée dans le restaurant, ils nous observent discrètement.
— Sois pas rabat-joie, Shelly, m’adresse Alyssa.
— Hé ! Je ne le suis pas, mais je conduis.
— Oui, oui, soupire Letty à mes côtés. Pas comme si on venait ici pour profiter des petites routes…
Elle marque un point. Mes trois amies m’étudient avec un air profond. Gare à celle qui n’ose pas suivre l’esprit du groupe lors de nos sorties du samedi. En juillet, nous nous retrouvons chaque week-end sans les compagnons ou les enfants. Ce moment est le sas de décompression d’Alyssa et Hailey. Leur vie de jeune maman les déborde au possible.
— OK, mais c’est le dernier ! dis-je, sérieuse.
L’été est lourd à Miami. Depuis le début du mois, l’humidité qui plane dans l’air est étouffante. Les orages ne suffisent pas à chasser le climat tropical qui revient aussitôt. L’avantage, c’est que la mer est chaude. Il me tarde d’en profiter. Une brise se faufile sur la terrasse extérieure. Une lueur douce provient des lampes suspendues sous le toit en paille. Dans le secteur, il n’y a rien à perte de vue à part les terrains plats bordés de palmiers aux larges feuilles.
— Tu ne nous as pas parlé de ton premier rencard avec ton bel apollon, Letty, souligne Hailey. Je veux tout savoir !
Curieuse, je jette un coup d’œil à ma voisine. Ses joues prennent de légères couleurs.
— Vous avez couché ensemble ? s’exclame Alyssa.
— Mais crie plus fort ! peste Letty.
Les mecs autour de la table à côté cachent un sourire que je ne manque pas. Mes copines sont comme ça : elles sont bruyantes et occupent l’espace. Quand nous sortons, les groupes les moins animés profitent d’un véritable spectacle. Un soir, j’ai même vu des femmes s’incruster dans notre soirée pour donner leur avis sur une situation amoureuse particulièrement délicate. Alyssa suspectait son mari de la tromper. Nous avions passé trois heures à parler des signes avant-coureurs. Trois jours plus tard, il a dû lui avouer qu’il préparait leur anniversaire de mariage parce qu’elle l’a menacé de demander le divorce.
— Il y a un truc entre vous alors ? se renseigne l’une des filles plus bas.
— Je ne sais pas. Il était sympa et galant, mais je ne crois pas qu’on pourrait s’entendre.
— T’as essayé de le connaître ou tu voulais juste t’envoyer en l’air ?
Ma question pousse ma voisine à s’orienter vers moi.
— Tu vas me donner des conseils, Shelly ?
— Je pourrais ! Figure-toi que ma vie est bien remplie.
— Sexuelle ou amoureuse ? raille Alyssa.
— Vous n’avez pas idée…
Les trois femmes concentrent leur attention dans ma direction.
— C’est vrai que tu es secrète ces derniers mois, souligne Hailey.
— Mais oui, tu as raison !
Les voix s’élèvent une nouvelle fois. Je les laisse s’agiter. Cultiver le mystère les rend intenables et si drôles. Leur attitude m’amuse beaucoup. Je profite de mon vin frais. Ce restaurant au sud de Miami est loin de l’animation de la ville. Je l’adore et pas seulement parce qu’il est excentré ou que la route peu empruntée me permet de rentrer chez moi tranquillement si j’ai bu un verre.
— On veut tout savoir ! m’impose Alyssa.
— Une autre fois, les filles. Il est tard.
— Et tu es attendue ?
Letty se tourne vers moi sur le banc de cette table de camping extérieur. Nos assiettes sont vides. Je n’ai rendez-vous avec personne, mais je m’abstiens de l’en informer.
— Samedi prochain, tu ne pourras pas nous échapper !
— Elle a raison, n’y pense même pas. On parlera que de toi.
Je rigole et siffle mon verre.
— Vous faites attention en rentrant, dis-je, sérieuse.
— Mais oui. Écris-nous quand tu seras arrivée, Shelly.
— OK.
Je laisse ma part de la note sur la table, attrape mon sac et me lève. Les filles étudient plus scrupuleusement ma robe blanche mi-cuisse et flottante. J’ai craqué sur le style broderie anglaise et son col plongeant en V. Elle éveille l’esprit avec suffisamment d’élégance pour ne pas paraître vulgaire. Je déteste ça. Miami est peut-être gagnée par la chaleur, mais j’aime avoir un minimum de classe. Raison pour laquelle, j’ai dépensé un quart de mon salaire dans les boots à talons féminines que j’ai aux pieds.
Devant mon cabriolet, je jette mon sac à main clair sur le siège passager et ouvre la portière. Le petit vent qui plane remue mes cheveux mi-longs. Si j’avais eu un peu plus de temps, je les aurais attachés pour libérer mon cou et avoir moins chaud ce soir. L’air ambiant est à vingt-six degrés, mais il est étouffant. La nuit est tombée sur les environs. Le ciel est dégagé. Il ne va pas pleuvoir.
Il est presque vingt-trois heures lorsque je démarre pour quitter le parking du restaurant. Les feux de la voiture éclairent la route à double voie séparée par une ligne jaune. Le léger effet de l’alcool joue sur mon esprit. Je veille à rouler prudemment en surveillant les alentours. Le chemin désert n’a rien de captivant : des poteaux électriques et des palmiers sur ma gauche, des champs retournés et secs sur ma droite. Au moins, je n’ai qu’à rouler tout droit pour contourner les axes les plus empruntés dans les environs ce soir.
Un air rythmé accompagne ma virée nocturne. J’ai toujours aimé la musique et son pouvoir sur mes pensées. Bercée par une humeur agréable, je bouge doucement la tête et les épaules en appréciant le mouvement de l’air dans mes cheveux. Ce moment avec mes amies m’a fait du bien. Un éclat de lumière coupe court à cette légèreté. Je me fige et serre le volant en surprenant le halot vif bleu et rouge dans mon rétroviseur. Merde ! La police. L’imposant 4x4 s’approche de l’arrière de ma voiture et me pousse à me mettre sur le côté. J’espère que je ne vais pas devoir souffler ! Pourquoi est-ce qu’on m’arrête ? Je n’ai pas commis d’excès de vitesse ! Il fallait que ça tombe sur moi.
Je gare la décapotable en surveillant la sortie de l’agent dans mon rétroviseur extérieur. Respire ! J’adopte un sourire et un air le plus innocent possible. Dans l’obscurité entrecoupée par les puissants feux du véhicule, je détaille les rangers noires, le pantalon d’uniforme et l’arme à la ceinture du sergent. Je me fige une deuxième fois devant son visage.
— Bonsoir. Savez-vous que votre feu arrière droit ne fonctionne pas, madame ?
Elle est si sérieuse. L’expression qu’elle m’offre ne prête pas à rire. J’essaie de me faire discrète.
— Non, je l’ignorais.
— Vos papiers s’il vous plaît.
— Vraiment ?
Ma question éveille un regard perçant et lourd de sens. Elle ne plaisante pas… OK ! Un frisson court sur mes jambes.
— Avez-vous consommé de l’alcool ou des substances illicites, madame ?
— Non, madame l’agent.
Je saisis mon sac et l’ouvre pour sortir ma carte d’identité et mes papiers d’assurance. Sans précipitation, je me penche vers la fenêtre. La lumière de la lampe de poche du sergent balaie l’habitacle de ma voiture et s’arrête sur mon visage. Je n’en vois plus ses traits lorsqu’elle attrape mes documents. Est-ce que je vais avoir des problèmes ? Je m’accoude sur le rebord de la portière.
— Descendez du véhicule, s’il vous plaît.
— Est-ce que je peux voir votre plaque avant ?
Le faisceau de la lampe l’éclaire. Il vaut mieux être prudente, ça, on me l’a assez répété ! La policière ne bouge pas. Elle m’attend de pied ferme à l’extérieur. Ses cheveux noirs sont attachés en queue-de-cheval qui donne un air plus sévère à son visage déjà fermé. Est-ce qu’on peut vraiment m’imposer un contrôle pour un feu arrière défectueux ? Je suppose qu’elle sait ce qu’elle fait…
— Veuillez me suivre s’il vous plaît ?
— Est-ce que je vais avoir des problèmes ?
Elle marche d’un pas assuré vers son 4x4. Sans regarder ce qu’elle fait, elle atteint un interrupteur sur le tableau de bord et éteint les lumières aveuglantes qui continuaient de tournoyer. Ce n’est pas vrai ! Qu’est-ce qu’elle fait ? Son silence me rend nerveuse, impatiente aussi. Discrètement, je détaille son profil sexy.
— Mettez les mains à plat sur le toit du véhicule, s’il vous plaît.
J’aurais peut-être dû être honnête et lui dire que j’ai bu. Elle m’adresse un regard intransigeant et dénué d’amusement. Ça ne devrait pas autant me plaire. J’appose mes paumes sur la carrosserie en surprenant mon reflet dans la vitre arrière. C’est la première fois que je suis arrêtée. La situation est comme je l’imaginais. En mieux. La flic se déplace derrière moi. Elle a les pieds solidement ancrés sur le sol à quarante centimètres des miens.
— Avez-vous des objets qui pourraient, me ou vous blesser sur vous, madame ?
— Non…
Une fouille.
— Veuillez écarter les jambes, s’il vous plaît.
Mon cœur donne un grand coup dans ma poitrine. Je m’exécute en silence. Son pied accompagne le mien d’une pression sur le talon. Je fais l’effort d’aller plus loin, là où elle me conduit. L’air gagne quelques degrés. Mon ventre est noué, pas que de stress. Je devrais me sentir menacée, mais je suis dans l’attente de son contact. Il se fait attendre, creusant un peu plus le fossé entre la réalité et mes rêveries.
Délicatement, la policière écarte mes cheveux. Son geste est sérieux. Il me semble si hors du commun… Qui cacherait des choses dedans ? Mes idées s’envolent au contact ferme de ses mains sur mes épaules. De nouveaux frissons jaillissent sur ma peau tandis qu’elle descend sur mes bras puis mes poignets. La pensée fugace de la retenir me traverse l’esprit, mais je n’en fais rien. Au lieu de ça, j’oublie de respirer. Mon rythme cardiaque pique un sprint. Sa chaleur disparaît quelques secondes et réapparaît sur mon dos. Elle m’indique sa présence d’une pression professionnelle qui ne prête pas à l’interprétation. La mienne en revanche part dans tous les sens lorsque ses mains plongent sous mes bras en direction de ma poitrine. Est-ce qu’elle s’y appesantit ? Elle frôle mes tétons dressés. Comment pourrais-je lui cacher l’effet qu’elle me fait ? J’ai trop chaud tout à coup. La gorge nouée, je prête attention à son déplacement lorsqu’elle se penche près de mon oreille. Son souffle effleure ma nuque. L’irrésistible envie de me serrer contre elle traverse mes pensées. Elle ne me permet pas de bouger un pouce et couvre mes reins. Je lui jette un regard patient dans le reflet de la vitre. Les lèvres closes, je la laisse avancer d’un pas. La chaleur de son corps irradie contre mon dos et mes cuisses. Ses mains, elles, descendent contre mes fesses. Si elles sont toujours fermes, la flic étale aussi des doigts appréciateurs sur leur galbe. Une crampe serre mon bas-ventre.
Dans la nuit chaude, son regard ne faillit pas en soutenant le reflet du mien dans le carreau de la portière. Mes émotions sont mises à nu. C’est une belle femme, terriblement irrésistible dans cet uniforme. Et ses mains sont posées sur mes fesses. Mon corps réagit, se crispe et s’adapte à la nouvelle course de ses paumes sur mes hanches. Elles descendent doucement sur mes muscles à la frontière du tissu et remontent contre l’intérieur de mes cuisses. Je me pince les lèvres et m’efforce de rester immobile. Ses doigts courent contre les pans de ma robe qui se soulèvent un peu. L’impression qu’elle me déshabille au milieu de cette route m’excite. Mon pouls bat de plus en plus fort. Elle atteint les derniers centimètres avant mon entrejambe.
Les secondes ont un goût d’éternité. Continue !
— Avez-vous bu, madame ?
Ma bulle de désir éclate lorsqu’elle recule d’un pas. L’air contenu dans mes poumons s’échappe.
— Je…
J’ai besoin d’une minute pour retrouver mes esprits ! Lentement, je lui fais face.
— Je vous conseille de ne pas mentir, madame, c’est un crime.
— J’ai bu trois verres avec mes amies.
Ses sourcils ont fait un bond. L’affronter est un peu plus difficile qu’il y a quelques minutes. Je me sens déstabilisée, intimidée et captivée par elle. Le visage lisse de toute émotion, elle tend le bras en direction du sol.
— Écartez-vous du véhicule et marchez en ligne droite.
Nous nous jaugeons. Elle ne peut pas être sérieuse !
Une nouvelle fois, son regard me cloue sur place. J’inspire longuement et avance sur quelques mètres.
— Un pied devant l’autre, madame.
Je fais volte-face. La policière a appuyé ses poings sur sa taille. L’air se charge d’électricité. Est-ce qu’elle ne le remarque pas ? Cette situation fait bouillir mes sens, dans tous les sens du terme ! Je m’applique à revenir vers elle en plaçant bien mon talon devant la pointe de mon pied.
— Regardez droit devant vous, madame.
Sa voix basse est chaude. Directive, mais pas dénuée d’émotions. Un éclair d’espoir naît dans mes yeux. Je l’observe, mais à ce jeu-là j’ai perdu d’avance. Je prends mon temps pour revenir vers elle, fascinée par ce moment.
Immobile sur le bord de la route, elle étudie ma silhouette avec attention. Est-ce qu’elle aime ma robe ? En tout cas, elle a l’air d’avoir apprécié la fouille autant que moi. Elle pourrait recommencer, je ne m’en plaindrais pas.
Sous le feu de son regard intense, je perds un peu l’équilibre et sors de ma ligne.
— Vous me perturbez…
— Retournez contre la voiture, madame.
Je l’interroge encore une fois du regard. Ça, j’en suis sûre, ce n’est pas normal.
— Dos au véhicule, précise-t-elle.
Une nouvelle morsure touche mon ventre. Je malmène discrètement mes lèvres en scrutant son déplacement. Elle se tient à un mètre de moi dans une posture traduisant son autorité naturelle.
— Vous confirmez donc conduire sous influence, madame ?
— Je reconnais que je n’aurais pas dû prendre le volant, dis-je doucement.
Est-ce qu’elle va me mettre une contravention ? La Floride ne plaisante pas avec l’alcoolémie, encore moins à cette période de l’année où les touristes sont nombreux et les excès aussi.
— Vous êtes passible d’une amende d’au moins deux cent cinquante dollars et votre voiture pourrait être immédiatement transportée à la fourrière pour dix jours.
— Dix jours ? Non, attendez, c’est la première fois que ça m’arrive. Soyez indulgente.
Ses yeux captent toute mon attention.
— Pensez-vous avoir les moyens de négocier, madame ?
Je remue la tête par la négative. Elle fait un pas vers moi, pose une main sur mon estomac et me pousse fermement contre son 4x4. Mes émotions font des bonds.
— Nous pourrions trouver un arrangement.
Je relève les yeux sur les siens en me sentant prendre des couleurs. Cette situation me fait trop d’effet. Je déglutis en fouillant ses pupilles.
— Quel… genre ?
Vous avez aimé ? Vous voulez soutenir les refuges ?
« Flirt interdit à Miami » est une lecture solidaire : les ventes sont intégralement reversées à des refuges pour animaux.

Commentaires (0)
Connecte-toi ou crée un compte pour laisser un commentaire.
Aucun commentaire pour le moment. Sois la première à en laisser un.