Chapitre 0 — Chapitre 1
- Chapitre 1
- 🔒 Chapitre 2
- 🔒 Chapitre 3
- 🔒 Chapitre 4
- 🔒 Chapitre 5
La grande mascarade · Gerri Hill , Kyrian Malone , Julie Lezzie
Lire La grande mascarade en ligne gratuitement Chapitre 1
Vues : 3 225 vues
Abby eut presque un mouvement de recul, lorsque « maman » s’afficha sur l’écran de son téléphone posé sur le bureau.
En général, recevoir des nouvelles de sa mère lui faisait toujours plaisir, mais là, on était en novembre et l’objet de cet appel ne laissait aucune place au doute.
Elle décrocha et lança d’une voix aussi joyeuse que possible :
— Salut, maman !
— Bonjour Abigail. Est-ce que je te dérange ?
Abby jeta un coup d’œil aux trois écrans, affichant chacun des données et tableurs différents. Pouvait-elle prétendre qu’elle était accablée de travail et qu’elle n’avait pas le temps de parler ? Non, cela ne ferait que retarder l’inévitable.
— Non, ça va, répondit-elle. Quoi de neuf ?
— Eh bien c’est bientôt Thanksgiving !
Sa voix était enjouée, comme toujours à l’approche des fêtes.
— C’est vrai.
— Et tu sais ce que cela signifie !
— Oui. En un rien de temps, ce sera Noël…
Là encore, un enthousiasme feint masqua sa tristesse.
— Hâte d’y être, ajouta-t-elle avant de laisser échapper un soupir malgré elle. Je le pensais vraiment.
Un court silence laissa présager que sa mère devinait dans quel état elle se trouvait.
— Oh, Abigail, tu n’es toujours pas passée à autre chose ?
— Si, maman, c’est bon, la rassura-t-elle.
— Chérie, tu ne peux pas blâmer ton frère. C’est autant la faute d’Holly que la sienne.
Abby ferma les yeux sur ce rappel, comme si cet argument pouvait effacer ce que son frère avait osé lui faire avec son ex. Elle dut se contenir pour ne pas adopter un ton plus cassant.
— Est-ce qu’on est obligées d’en parler ?
— Bien sûr que non ! On va tout mettre sous le tapis, comme on l’a fait l’année dernière, et on va passer un joyeux Noël, comme l’an passé ! répliqua sa mère sur un ton sarcastique.
Sa remarque laissa Abby bouche bée, avant qu’elle ne réagisse :
— Alors c’est ça ? Ça va être de ma faute ?
— Je n’ai rien dit de tel.
— Je peux le deviner rien qu’au ton de ta voix !
Abby se pinça la racine du nez. Elle devait absolument se calmer. Sa mère n’y était pour rien. Elle se demanda d’ailleurs quelle serait sa réaction si elle apprenait qu’elle et Holly avaient recouché ensemble à Noël dernier. Non, elle ne pouvait pas balancer une telle information comme ça. Elle se sentait déjà bien assez mal à ce propos pour ne jamais évoquer ce faux-pas.
— Donc, pour faire court, Holly et Aaron montent le jeudi 23 ; je sais que c’est ce jour-là que tu arrives généralement, alors…
— Alors quoi ?
Le silence de sa mère était révélateur et Abby l’interrogea :
— J’espère que tu n’es pas en train de suggérer qu’on fasse la route ensemble, là ?
— Vous habitez tous Dallas, ma chérie. Pourquoi faire dix heures de route à deux véhicules si vous pouvez les faire ensemble ?
Sa mère ne se rendait décidément pas compte de la situation :
— Parce que si on ne prend qu’une voiture, l’un de tes enfants n’arrivera pas vivant et à la place des fêtes de Noël, tu auras un enterrement à organiser !
Un court silence précéda la réplique de sa mère :
— Alors tu n’as toujours pas tourné la page, si je comprends bien.
Le regard sombre d’Abby en disait long sur ladite page et elle préférait encore ne pas répondre.
— Est-ce qu’ils ont fixé une date ? questionna-t-elle. Ça fait deux ans, maintenant. Qu’est-ce qu’ils attendent ?
— Eh bien, ton frère a laissé entendre qu’il avait une annonce à faire. Je ne peux qu’espérer que cela signifie qu’ils vont enfin se marier.
Sa mère se racla la gorge avant d’ajouter :
— Écoute… je sais que tu ne veux pas en discuter, donc n’en parlons pas ! Quand est-ce que tu comptes venir ?
Abby pensa qu’elle pouvait arriver le lendemain. Plus tard elle se montrerait, moins elle aurait de temps à passer avec eux. Ou alors, elle pouvait se pointer la veille, pour prendre possession des lieux avant la venue des amoureux. Elle pencha la tête en arrière puis la secoua lentement, hésitante.
— Je ne sais pas, maman. Je dois y réfléchir, je te confirmerai ça.
— Mais chérie, c’est déjà dans six semaines ! J’ai des repas à organiser. Ton père va poser quelques jours de congé de à la station de ski. Enfin, c’est ce qu’il dit. Je voulais qu’il prenne les dix jours – il est quand même à la retraite ! – mais il répète qu’ils ont besoin de lui ! Je te jure, il travaille plus que jamais ! Essaie d’être là pour jeudi 23, chérie. Pour le réveillon, on fera notre tour traditionnel des illuminations de Noël. Bien entendu, on fera le repas de Noël le 25, comme toujours. Il faudra que tu dises à ton père quels jours tu souhaites skier ; il te prendra à l’avance les forfaits pour les remontées mécaniques.
Peu lui importait les jours, du moment que ce n’était pas ceux où Aaron et Holly allaient skier, pensa Abby. Mais elle s’occuperait de ça plus tard.
— Je ferais mieux de me remettre au boulot, maman.
— Et c’est tout ? Mais on n’a encore rien décidé !
— Je serai là le 23, voire plus tôt. Ça te va ?
— Plus tôt ? Oh ce serait merveilleux ! Je vais en informer ton père.
L’exubérance de sa mère lui tira un sourire.
— Je t’aime, maman. On se reparle bientôt.
— Je t’aime aussi, à plus tard !
Abby resta la tête dans ses mains, se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir faire. Les dernières fêtes de Noël avaient été insupportables. Jusqu’à ce qu’un beau matin, elle se retrouve au lit avec Holly, qui l’avait larguée il y a maintenant deux ans. Cela l’avait stressée au point d’avoir fui la demeure familiale de Red River quatre jours plus tôt que prévu, en prétextant un incident au bureau qui réclamait son retour urgent.
Depuis, elle n’avait eu aucun contact ni avec son frère ni avec Holly. Et voilà que Noël pointait de nouveau le bout de son nez : ô joie !
Curieuse de la suite ?
Continue à lire ou découvre où acheter « La grande mascarade » en entier.
Voir où lire la suite →
Commentaires (0)
Connecte-toi ou crée un compte pour laisser un commentaire.
Aucun commentaire pour le moment. Sois la première à en laisser un.