Lire Lupucia en ligne gratuitement 1. La meute
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Les hommes soufflent sous l’air glacé de la forêt de pins, ils essayent de retrouver leurs forces après l’assaut qu’ils viennent de subir. La plus grande partie de cette légion se trouve assise sur la mousse recouvrant la roche glissante du ruisseau qui s’écoule, emmenant les traces de sang des corps tombés en son sein.
Debout, un peu à l’écart, se tenant bien droit, un guerrier dont l’armure ne brille plus que par endroits sous les rayons du soleil, qui passent à travers les épines de pin. Son corps tout entier est quasiment recouvert de sang. Son heaume gravé avec minutie, qui recouvre l’intégralité de son visage, ruisselle tout autant des traces de cette bataille. Il observe, à travers les fentes de son casque, le paysage meurtri. De ses yeux verts, il contemple, tout en priant, les hommes partis le glaive à la main.
Ce guerrier s’avance, prenant soin d’éviter les corps, afin d’aller se rafraîchir. Elle se défait de son heaume, pour ensuite le plonger dans le ruisseau qui le lave de tout ce sang. Elle observe la forme du museau gravé dans le métal se déformer sous le cours d’eau, se perdant devant l’image qu’elle voit de son propre reflet. Passant ses mains dans sa longue chevelure, elle se demande depuis combien de temps elle n’a pas pris de bain, de quand date le dernier jour où elle a pu marcher sans cette cuirasse de cuir et de métal.
— Lupucia ! clame un des guerriers assit sous un arbre, derrière la jeune femme.
Elle se retourne et regarde l’homme dont la joue est lacérée, un fin filet de sang coule de la plaie dont les mouches commencent à se repaître. Elle s’approche en silence de l’homme qui laisse tomber ses mains de chaque côté de son corps, laissant apparaître la raison de sa demande. Elle ne pose pas de question, saisit un glaive au sol et le tend à l’homme. Il le prend en main tout sourire en fermant les yeux. Elle pénètre sa propre lame la poitrine de l’homme, venant perforer le cœur pour mettre fin honorablement à sa vie.
Les hommes autour ont gardé le silence, respectueux de ce geste libérateur. Quand elle retire son arme de ce guerrier tombé, l’agitation reprend, la parole revient autant que le bruissement du vent qui se lève. Les combattants regroupent les leurs tombés, ils les alignent le long du fleuve, avant que le plus jeune du groupe ne commence à les laver.
Lupucia regarde ce jeune garçon d’à peine quatorze ans dévêtir les guerriers qui font deux à trois fois son poids, tout en les déplaçant avec douceur et force. Il s’occupe d’un homme à la fois, le déshabillant, le lavant, refermant les plaies, pour le revêtir afin que deux autres guerriers ne le déplacent vers l’autel où ils seront, ce soir, libérés de leur enveloppe charnelle dans les flammes purificatrices.
Elle se pose contre l’arbre, juste à côté de l’homme qu’elle vient de tuer quelques minutes plus tôt. Elle se laisse, pendant un temps, sombrer dans le souvenir de sa dernière nuit passée dans les bras d’une femme. Cela ne remonte pas à si loin dans le temps, tout au plus un mois, dans ce petit village au pied de cette forêt gigantesque. Tout le monde avait apprécié cette pause de quelques jours, avant de s’engouffrer dans la moiteur des pins centenaires.
Un bruit au loin ramène toute l’attention de notre guerrière sur le moment présent. Y aurait-il encore un ennemi, de vivant, tout proche ? D’un mouvement de tête, elle envoie deux guerriers, prêts à se battre, à la recherche de l’intrus. Mais curieusement, elle se sent attirée vers ce bruit. Elle suit les hommes rapidement en replaçant son heaume sur sa tête. Elle se met à courir dans les buissons tel un animal, stoppant par moments, écoutant, sentant l’air avant de repartir à pas feutrés vers sa proie.
Ils ne mettent pas longtemps pour encercler l’intrus, qui sont, en fait, plusieurs. Un groupe d’hommes, vêtus de peaux de bêtes, se tiennent en cercle. Il se jettent à tour de rôle une jeune fille qui retient ses cris d’effroi devant leurs grosses mains qui se posent sur son corps frêle. Un des guerriers de Lupucia siffle telle la colombe dans l’air, indiquant qu’ils peuvent intervenir si elle leur en donne l’occasion. Mais est-ce utile ? Faut-il intervenir dans cette joute pittoresque pour les cuisses de cette gamine ?
Elle serait partie sans un bruit, si les yeux suppliants de cette enfant n’avaient rencontré les siens. La demoiselle est bloquée au sol, maintenue fermement par un des hommes qui soulève le linge la recouvrant, dévoilant sa peau blanche. La brute vient coller son visage sur sa poitrine, léchant sa peau de sa langue râpeuse tandis que sa main libre libère de son entrave son appendice masculin.
Lupucia grogne derrière son masque, elle enfonce ses doigts dans la terre noire avant de pousser un hurlement, saisissant le petit groupe de sauvage devant eux. Ils se redressent, le premier homme à vouloir jouer avec la jeune fille place cette dernière sur son épaule, tandis que les deux autres ferment le cercle, se mettant dos à dos.
Lupucia grogne de nouveau, faisant signe à ses compagnons de lancer l’attaque. Ils se jettent alors hors de leurs cachettes, hurlant fort et haut, frappant de leurs glaives les parties métalliques les recouvrant, faisant le plus de bruit possible pour surprendre et effrayer l’ennemi. Tout en courant à travers les arbres et buissons, ils se rapprochent de leurs cibles. Ils courent, se croisant à de nombreuses reprises, faisant croire par leurs mouvements et leurs bruits, que l’ennemi chargeant est d’un nombre bien supérieur à la réalité.
Pendant que ses guerriers attirent l’attention de ces trois hommes, Lupucia se glisse, féline, derrière eux, à l’abri de leurs regards. Elle est tapie dans les fourrés à moins d’un mètre d’eux. Elle ralentit sa respiration, essayant de retenir sa salive qui commence à couler le long de sa mâchoire, débordant par les fentes de son casque. Elle attend calmement le moment où le destin les frappera de pleine face.
Dans un dernier cri, un dernier hurlement, un dernier claquement de métal, le silence survient brusquement, laissant le groupe d’hommes cois. Ils se regardent les uns les autres, surpris par le silence. Ils ne comprennent pas ce qu’était ce bruit, d’où il venait et pourquoi. Ne cherchant pas plus loin, il leur faut à peine une minute pour que l’un d’eux ne désire reprendre le jeu là où il avait été interrompu. Un de ces sauvages fait glisser la jeune demoiselle de l’épaule de son acolyte. L’homme dépourvu de son colis, mécontent, envoie son poing directement dans la mâchoire de son dépouilleur qui se recule. Il tire sur les chevilles de l’adolescente pour l’écarter de ses deux compagnons, afin d’assurer son droit d’être le premier servit.
Il se relève bien droit et bombe le torse, face à ses compagnons, voulant s’assurer qu’ils ne viendront pas le gêner dans son petit moment de plaisir. Soudain son regard se fige, ses lèvres tremblent, tandis qu’il tend la main indiquant un point devant lui.
Les guerriers, recouverts de peau de bête, sont postés juste à l’aplomb, dans le dos des deux hommes. Dans un mouvement rapide et net, leurs glaives brillants sous l’éclat du soleil tranchent la gorge des hommes devant eux, faisant jaillir le sang chaud sur la terre. Pendant que les corps tombent sur le sol, ils fixent avec envie le dernier homme qui recule lentement. Comme espérée, leur attaque rapide a laissé celui-ci totalement sous le choc et il ne sait plus comment prendre la fuite. Il recule très lentement, traînant les pieds sur le sol jusqu’à rencontrer dans son dos un obstacle.
Il se retourne, pensant avoir heurté un arbre, mais au lieu de cela il se noie dans son reflet. Devant lui, un casque métallique lui renvoie son reflet déformé par les traits d’un loup. Une ombre passe sous ses yeux, une sensation de chaleur se répand sur son torse. Tout en baissant le regard vers les griffes rougies de sang devant lui, il place ses mains autour de sa gorge. Son esprit part loin, espérant trouver une échappatoire à la scène qu’il est en train de vivre. Serait-ce un moment d’hallucination dû aux champignons qu’ils ont mangés ce matin ? Mais non, ses doigts englués de ce liquide rouge qui coule sur son buste, son sang qui éclabousse le métal poli de ce heaume, lui prouvent le contraire. Il tombe à genoux avant de voir, un court instant, un glaive fendre l’air juste au-dessus de sa tête, le libérant de toute peur, effaçant la douleur pour l’éternité.
La jeune captive se retrouve alors seule, entourée de trois corps sans vie et de trois guerriers. Elle se recroqueville sur elle-même, remontant ses genoux jusqu’à sa poitrine, essayant tant bien que mal de cacher son corps dénudé devant ces hommes recouverts de sang. Les deux chasseurs saisissent les corps inertes, sans que Lupucia n’ait besoin de leur dire quoi que ce soit. Ils les déplacent à l’écart pour les déposséder de leurs biens, en les déshabillant entièrement.
Lupucia regarde ses hommes s’affairer avant de retourner son attention vers la demoiselle. Elle la contemple un court instant entre les fentes de son casque. Elle voit sa peau blanche délicate éclairée par le soleil, elle détaille les marques sur sa peau rougie par ses agresseurs. Tout en restant captive de sa présence, elle s’accroupit devant la jeune fille, elle tend sa main pour écarter les mèches de cheveux qui lui recouvrent le visage. Son geste effraye la jeune fille qui recule, essayant de devenir de plus en plus petite, tel un animal apeuré qui ne désire que disparaître devant son chasseur. Le petit cri d’effroi qu’elle pousse à ce moment-là fait sourire Lupucia sous son masque. Elle se demande à quelle sauce elle va la manger !
La laissant se calmer, notre guerrière rejoint ses hommes qui n’ont pas manqué la scène. Elle pousse le premier, du coin de sa botte, sachant éperdument qu’ils se moquent de sa réaction.
— Donne-moi la corde, ordonne Lupucia en tendant la main.
L’homme accroupi ne cherche pas à connaître la raison de sa demande, il sait qu’il ne doit jamais poser de questions, il n’a pas envie de rejoindre ses compagnons d’armes vers l’au-delà. Il défait la corde qui est accrochée sur un des corps et la tend à sa cheffe sans lever le regard.
L’objet en main, elle repart vers l’enfant tout en préparant un nœud d’arc. Elle s’accroupit de nouveau et regarde quelques instants la demoiselle qui fuit son regard. Lupucia saisit alors un de ses poignets et la tire vers elle. La jeune fille comprend alors que la corde est pour elle, elle va de nouveau être attachée et servir de passe-temps à ce guerrier. Elle se débat, agitant ses bras maigres dans tous les sens, essayant de se défaire de la prise de son nouveau tortionnaire. Lupucia, qui n’a pas vraiment de patience, lui agrippe les cheveux en tirant en arrière.
— Sois sage, dit-elle simplement en agitant la corde devant les yeux de la jeune fille.
Quand elle semble plus calme, Lupucia la relâche pour finir de lui attacher les mains. Ensuite elle la laisse seule afin de revenir à ses hommes qui empaquettent le maigre pactole récupéré. La jeune demoiselle fixe ses poignets entourés par cette corde, elle n’a plus la force de chercher à s’échapper. Elle ne sait pas exactement où elle se trouve, et puis, ils sont forts, très forts ; assez forts pour avoir tué ces brutes en quelques secondes sans qu’ils ne puissent rien faire. Pourquoi elle ? Pourquoi n’a-t-elle jamais de chance ? se demande-t-elle au fond d’elle-même. Depuis toute petite, il ne lui est jamais rien arrivé de bien. Elle pensait réussir à s’en sortir une fois seule mais au contraire, tout a été de pire en pire et là maintenant…
La jeune demoiselle se flagelle toute seule l’esprit. Subitement elle aperçoit une dague au sol, sûrement tombée pendant le combat. Elle vérifie qu’aucun des guerriers ne lui prête attention. Elle se saisit de la lame qu’elle cache entre les paumes de ses mains, quand soudain elle se retrouve tirée vers le haut. Le guerrier au casque de loup lui ordonne :
— Debout ! On y va.
Lupucia s’enfonce dans la forêt, suivie de cette jeune femme tirée par cette corde. Elle n’est pas brusquée par la marche rapide du guerrier qui avance à son rythme sur ce chemin accidenté, car il l’attend quand la corde semble fortement tendue. Les deux autres hommes les précèdent de quelques mètres, disparaissant de temps en temps du champ de vision de la jeune fille qui peine à suivre.
— Tu devrais laisser tomber ton couteau, indique Lupucia sans la regarder. Si tu tombes, tu risques de te couper les mains assez profondément.
La jeune fille est surprise que ce guerrier ait pu la voir. Doit-elle lui obéir et perdre son dernier moyen de défense, même s’il paraît si dérisoire devant cet être qui se tient devant elle ?
— Ton nom ? questionne Lupucia. Tu as bien un nom ?
Elle se rapproche doucement de la jeune fille, jusqu’à ce que les mains ligotées la touchent. Elle peut sentir sous ses doigts la douceur de cette peau grise, qui recouvre le buste de ce guerrier, dissimulant à quiconque sa vraie nature. Lupucia se perd dans les yeux bleus qui essayent de deviner ses traits à travers les fentes de son casque. Elle aimerait plonger dans cet océan qui lui fait face, mais un bruit de feuillage bougeant derrière elle, lui rappelle qu’elles ne sont pas seules. Elle place ses mains sur les liens et fait glisser la lame hors de sa cachette. Le couteau saisi, elle s’écarte à regret avant de reprendre sa marche, tirant légèrement sur la corde.
— Cetis, murmure la jeune fille alors qu’elle se retrouve déstabilisée.
Lupucia se retourne en entendant cette douce voix timide. Elle répète doucement ce nom, profitant que sa voix ne puisse s’entendre, si basse sous son casque. Quand elle décide enfin d’ôter son heaume, elle suspend son geste, les mains posées de chaque côté de sa tête. Elle reste un instant dans cette position, sentant quelqu’un juste derrière elle. Cette personne la saisit, enserrant ses bras autour de son cou. Lupucia ne laisse pas le temps à son assaillant de refermer sa prise. Elle retourne assez rapidement la situation à son avantage, se retrouvant sur le dos de cette malheureuse.
En quelques secondes, Cetis voit son sauveur surpris par une assaillante, qui finit maintenue au sol, un genou sur la nuque et un glaive entre ses cuisses musclées, le visage collé au sol.
— Je me rends, articule la femme écrasée, recrachant les aiguilles de pin enfouies dans sa bouche.
— Tu n’apprendras jamais, siffle la voix sous le casque en se redressant.
— Un jour j’y arriverais, réplique la femme à la peau noire en se mettant assise. J’ai quand même réussi à t’attraper cette fois.
— À peine. Et de toute façon, je te savais proche.
Cetis détaille la nouvelle venue, elle se demande quel sort lui a été jeté pour avoir la peau aussi marquée.
— Voici donc le petit oiseau que tu as secouru, signale Euréka en se mettant debout.
— Pourquoi es-tu là ?
— Touka et Blemiach m’ont prévenue que ta nouvelle est peu vêtue, donc je lui apporte ça.
Eureka tend à Cetis un paquet ficelé rapidement. Elle le prend du bout des doigts tandis que les deux guerrières se remettent à parler ensemble. Pendant que ses mains caressent le présent, elle constate qu’elles se mettent à parler suivant un dialecte qui lui est inconnu. Délicatement, elle défait les liens, sentant le doux contact d’une fourrure chaude, celle d’un ours brun. Cetis plonge son visage dans la peau, savourant l’odeur forte de l’animal, elle en apprécie la douceur sur sa peau. Elle s’en recouvre, la posant sur ses épaules, laissant les pans retomber de chaque côté de son corps. La tenue la recouvre presque entièrement, lui permettant d’être couverte jusqu’à mi-cuisse.
Cetis sursaute quand deux mains viennent lacer la peau à sa taille. Elle n’a pas vu Euréka se déplacer, tout comme elle n’avait pas remarqué la fin de leur conversation. Lupucia la fixe un moment avant de reprendre sa marche.
— Viens, lance Lupucia sans se retourner.
Cetis, qui s’apprêtait à remercier Euréka, est surprise par l’ordre.
— Viens ! Arrête de lambiner sinon je te traîne de force, lui signale Lupucia d’un ton ferme.
Cetis, préférant obéir, se retourne rapidement pour courir derrière la guerrière afin de combler l’espace les séparant. Elle se retrouve très vite juste à côté de Lupucia qui l’attend en haut d’une petite colline surplombant une plaine où trône en son centre un immense feu dont les flammes lèchent la cime des arbres.
— Continue ! Ils attendent, ordonne toujours Lupucia.
Elles marchent alors l’une à côté de l’autre, avançant à travers les dernières traces de combat présentes. Les hommes tombés ont tous été transportés sur la plaine afin de rejoindre leur dernière demeure. La jeune fille ne peut que deviner ce qui s’est passé par les dernières traces de sang recouvrant les feuilles, les marques sur certains arbres et les restes de glaives brisés éparpillés sur le sol.
Cetis est trop distraite par le paysage de guerre autour d’elle, pour voir que Lupucia vient de s’arrêter devant une troupe d’hommes. Elle la percute, heurtant son dos. Lupucia ne relève pas l’incident, fixant les flammes juste devant elle. Se défaisant de son casque, laissant sa longue chevelure retomber dans les airs, elle avance sur la plaine. Cetis reste figée constatant avec surprise que ce guerrier est, en réalité, une femme.
Lupucia détaille la foule qui se tient autour du brasier. Elle les voit fatigués, meurtris, essayant de se tenir fièrement pour rendre ce dernier hommage à leurs frères d’armes. Elle tend son casque à Cetis qui est restée en arrière, elle lui sourit tendrement tandis que les doigts fragiles de cette enfant viennent serrer le métal froid qui a vu tant de vies partir vers l’autre monde. Cetis fixe les détails de ce casque, quand une douce voix la saisit, brisant le silence des lieux.
Lupucia, au centre des hommes, chante un cantique de son enfance. La prière qui ouvre le chemin vers le nouveau monde, vers celui du repos éternel. À la fin du premier couplet, la voix d’une autre femme vient se mêler en cœur à la première, suivie de près par une autre et une autre. Le groupe entier se met à clamer haut et fort leurs dernières paroles afin d’accompagner leurs frères sur le chemin de l’au-delà. Avec beaucoup de respect, de douceur, deux adolescents dont le visage est recouvert de sang, lancent dans les flammes le dernier repas qu’ils partageront tous.
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