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📖 Extrait gratuit — Prologue à Chapitre 2 : Noa
Chapitre 0 — Prologue
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Ma belle Andalouse · Megguy B

Lire Ma belle Andalouse en ligne gratuitement Prologue

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Seule chez moi, je tourne en rond. J’ai terminé de lire mon roman et n’ai pas envie de me plonger dans un nouveau. Même si j’adore ce duo d’auteures, j’ai besoin de me changer les idées. Une petite sortie ne me fera pas de mal. Après quelques minutes dans la salle de bains, j’en ressors métamorphosée. J’ai troqué ma tenue androgyne habituelle pour une robe sans manches, nouée sur la nuque, dévoilant ainsi mes épaules et mon dos totalement nus, juste cachés par mes cheveux détachés et mettant en valeur mon dos tatoué. Un trait d’eyeliner, du mascara pour rehausser encore un peu plus mes longs cils, un rouge à lèvres rose foncé qui s’accorde parfaitement avec mon teint mat et pour finir, des lentilles marron pour un regard sombre et mystérieux. Je chausse mes talons qui me font gagner dix centimètres. Je suis méconnaissable et c’est le but recherché. Je passe de rebelle masculine à femme fatale.

Arrivée au Los Gatos, un pub que je fréquente régulièrement, mais qui reste assez loin de chez moi pour éviter au maximum d’éventuelles connaissances, je me fraie un chemin parmi la foule. L’odeur du cuir des tabourets se mélange aux effluves de bière fraîchement servie, de citron pressé et d’un soupçon de tabac qui flotte encore malgré l’interdiction de fumer à l’intérieur. La musique latine, sensuelle et rythmée, vibre dans les enceintes, couvrant par moments le brouhaha des conversations animées.

D’un regard, je salue Carla, la barmaid qui prépare un cocktail derrière son comptoir, et me dirige naturellement vers ma table habituelle, un coin légèrement en retrait qui me permet d’observer la salle sans être trop exposée. D’ici, j’ai une vue dégagée sur l’ensemble de la salle : les habitués trop bruyants qui refont le monde un verre à la main, les petits groupes venus fêter quelque chose, et surtout, les solitaires, celles et ceux qui, comme moi, attendent que la nuit décide pour eux. Carla arrive avec un plateau à la main. Elle me dépose un verre de Queimada, ma boisson fétiche, et m’offre un sourire en coin.

— Lo de siempre, ¿ verdad, Raquel ? murmure-t-elle avec une lueur taquine dans les yeux.

— Siempre, préciosa, rétorqué-je en effleurant la paume de sa main.

Elle arque un sourcil, amusée, avant de disparaître entre les tables. Un jeu sans conséquences. Carla ne chasse pas, comme moi. Elle cherche la romance pure.

D’une gorgée, je savoure la chaleur du breuvage qui glisse dans ma gorge et m’installe plus confortablement. C’est alors que je la vois. Une femme à la silhouette élancée, accostée par deux types qui ne captent pas son manque d’intérêt. Son regard fuit, ses bras se croisent sur sa poitrine, mais ces lourdauds, ils insistent. Elle est séduisante et je comprends pourquoi ils s’y accrochent – car elle a attiré mon regard également. Les muscles de sa mâchoire se tendent. Elle piétine. Ses doigts agrippent nerveusement le rebord du bar. Je soupire, termine mon verre d’une traite et me lève.

Je m’approche d’un pas assuré et, sans hésiter, glisse mon bras autour de sa taille. Mon corps épouse le sien tandis que je pose mes lèvres sur son épaule nue, inhalant discrètement son parfum sucré et floral. Un instant. Juste un instant. Sa peau est chaude sous mes doigts. Une chaleur qui diffuse une étrange électricité dans mes veines.

Reprends-toi, Noa !

Elle sursaute légèrement, surprise par mon geste, avant que je ne murmure :

— Ah, te voilà, tesoro. On va s’installer à une table ?

Ses yeux croisent les miens. Une seconde d’incertitude, puis la compréhension. Un sourire s’étire sur ses lèvres tandis qu’elle glisse sa main dans la mienne. Elle joue le jeu. Parfait. Ignorant royalement les deux péquenauds, nous nous éloignons ensemble.

De retour à ma table, elle s’installe face à moi, ses jambes croisées frôlant les miennes.

— Merci de m’avoir sortie de cette situation, je ne voyais plus comment leur échapper, souffle-t-elle amusée.

— Tout le plaisir était pour moi, la gratifié-je d’un clin d’œil. Puis-je t’offrir un verre ?

— Volontiers, je crois que j’en ai besoin, dit-elle avec un sourire en coin, avant de tendre sa main. Moi, c’est Alba.

Je marque un temps d’arrêt, puis saisis sa main en effleurant doucement le dessous avec mon pouce.

— Quel magnifique prénom, il te va à ravir. Moi, c’est Raquel.

Un mensonge bien rodé, enfin… c’est mon deuxième prénom. J’ai pris l’habitude de le donner à mes conquêtes. Cela m’évite bien des ennuis.

— Alors, enchantée également, Raquel. Je prendrai comme vous, merci.

Je fais signe à Carla qui nous sert rapidement deux Queimada. Cette fois, elle me lance un regard espiègle. Elle a vu le manège et s’en amuse.

Je reporte mon attention sur Alba et trouve ses prunelles rivées sur moi. Ses doigts jouent avec le bord de son verre, traçant des cercles lents sur la condensation qui perle.

— Alors, dis-moi, Alba… ces deux hommes étaient plutôt charmants, malgré leur air insistant. Qu’est-ce qui t’a mise mal à l’aise à ce point pour que je ressente le besoin de venir te secourir ?

Elle porte son verre à ses lèvres, prend son temps avant de répondre, comme pour jauger mes intentions. Puis elle me fixe, droit dans les yeux.

— Je ne suis tout simplement pas attirée par les hommes.

Un sourire s’étire sur mes lèvres alors que je joue négligemment avec ma paille, la portant lentement à ma bouche avant de murmurer :

— Je ne peux qu’approuver.

Alba arque un sourcil, amusée.

— Ah oui ? Pourquoi ça ?

Je sirote ma boisson, et attends quelques secondes, le temps que la tension s’installe. Mon regard se balade lentement sur elle, sans retenue, effleurant son décolleté, ses lèvres légèrement entrouvertes. Puis d’une voix plus basse :

— Disons que mes désirs se concentrent exclusivement sur la gent féminine.

Son sourire s’agrandit. Oh waouh, je suis charmée.

— Et que faites-vous, seule, ici ?

Je soutiens son regard avec malice.

— Je ne suis pas seule, puisque je t’ai invitée à ma table.

Elle rit doucement et, dans un geste presque inconscient, passe lentement sa langue sur sa lèvre inférieure. Une provocation à peine voilée. Elle approche son visage du mien.

— Maintenant que nous sommes au même endroit… que diriez-vous de danser ?

Elle est joueuse, j’adore ça !

— Avec plaisir, acquiescé-je. Je te suis.

Nos verres à peine terminés, elle m’attrape par la main et m’entraîne sur la piste. Le DJ enchaîne avec une Bachata. Bien ma chance !

Son corps se met en mouvement. Sensuel, fluide. Provocant. Lorsqu’elle se retourne face à moi, nous sommes si proches que nos lèvres manquent de se sceller.

— Oh, désolée, souffle-t-elle en riant doucement.

Je glisse ma main dans le creux de ses reins et la rapproche délicatement.

— Ne le sois pas.

Un soupir lui échappe, ses doigts caressent doucement ma nuque. Nos corps se cherchent, s’effleurent, répondent aux impulsions de la musique. Nos nez se frôlent. Les yeux fermés, Alba vit la danse et s’abandonne au moment. Je la dévisage en m’humectant les lèvres. Elle est tellement sensuelle. J’ondule lentement, elle suit la cadence que j’impose. Quand elle ouvre les yeux, son regard brille. Puis d’une voix suave, tout près de mon oreille, elle m’avoue :

— Être si proche de vous… me plaît beaucoup.

Je frissonne. Son souffle chaud contre ma peau. Son parfum qui m’enivre.

— Et que dirais-tu de continuer cette danse… plus intimement ? osé-je murmurer en effleurant son cou du bout des lèvres.

Elle ne recule pas. Ses doigts agrippent doucement mes cheveux. Son regard brûle d’une lueur équivoque.

— Pourquoi pas ? souffle-t-elle, un sourire au coin des lèvres.

Je recule juste assez pour lui tendre la main.

— Alors, suis-moi.

* * *

Une fois à l’hôtel, je m’avance vers l’accueil, récupère les clés d’une chambre et entraîne ma belle avec moi.

À peine la porte ouverte, je plaque Alba contre celle-ci, ma main droite caresse sa cuisse avant de la saisir pour la faire remonter jusqu’à ma hanche. Nos lèvres s’effleurent, nos souffles se mélangent. Alba s’approche et m’embrasse. Ma langue quémande rapidement le passage afin de trouver la sienne pour entamer une danse sensuelle. Les doigts d’Alba dans mes cheveux, m’intiment de l’embrasser encore et encore. Je recule, à bout de souffle. Waouh, ça promet si elle m’embrasse toujours ainsi !

— Tu es magnifique, la complimenté-je en observant plus attentivement son doux visage.

Alba possède des iris d’un vert émeraude hypnotisant, un nez fin, des lèvres légèrement charnues et quand elle sourit, je ne peux que fondre à l’apparition de ses fossettes.

— Embrasse-moi, mes lèvres sont en manque, murmure-t-elle.

Alors là, ma belle, compte sur moi pour ne pas faire que te dévorer la bouche, tu es à moi, ce soir !

Je glisse la fermeture de sa robe avec empressement, la laisse tomber à ses pieds et capture son sein d’une main. Je taquine son téton tout en déposant une myriade de baisers le long de sa mâchoire, puis son cou. Elle sent divinement bon ! Je continue ma descente sur sa clavicule, sa poitrine et enfin son ventre. Alba soupire. Elle se tortille doucement lorsque je descends son string le long de ses jambes jusqu’à le lui retirer complètement. Je recule et l’observe, seule la clarté de la lune éclaire la pièce. Quelle beauté ! Je me mordille la lèvre de désir. Je m’approche à nouveau, mais Alba prend les devants et dénoue le nœud de ma robe. À chaque centimètre de peau dévoilé par le tissu qui glisse le long de mon corps, Alba y dépose des baisers. Lorsqu’elle atteint mon shorty, je la stoppe et l’invite à remonter vers mon visage. Elle se redresse et je l’embrasse avec fougue avant de la retourner pour la conduire jusqu’au lit.

— Allonge-toi, lui intimé-je.

Sous son regard brûlant, je retire mon dernier sous-vêtement, et recouvre son corps du mien. Je capture ses lèvres délicieuses dans un baiser sauvage, avant de bifurquer dans son cou et de retrouver sa poitrine. Elle se cambre au moment où mes dents taquinent sa pointe durcie.

Sa main caresse mon flanc et s’aventure entre mes jambes. Hum, non ma belle, zone interdite. J’agrippe son poignet et remonte sa main à côté de son visage. J’adore dominer, c’est un fait ! Le danger éloigné, je reprends ma descente et m’approche de son intimité. Ma langue exerce une petite pression sur son sexe puis tournoie, s’insinue dans ses chairs et joue avec ses sensations. Alba respire plus fort, plus vite. Ses gémissements m’informent qu’elle est proche de l’orgasme. Ses doigts se resserrent dans mes cheveux et elle me stoppe.

— Viens m’embrasser, me demande-t-elle dans un souffle.

Ma bouche, gourmande, dévore la sienne. Alba place ses mains sur mes hanches et nous déplace afin que nos sexes se frôlent. Je m’arrête net et croise le regard inquiet de mon amante du soir.

— Quelque chose ne va pas ? me demande-t-elle.

— Je… je ne peux pas, murmuré-je.

Alba exerce une pression sur mon bassin et nos points sensibles entrent en contact. Un courant électrique me traverse. Puis un deuxième quand elle me susurre à l’oreille.

— Tu ne peux pas quoi ? Me donner du plaisir ? Que je te fasse jouir ?

Sa langue glisse le long de mon oreille et je disjoncte. Elle me rend dingue.

Ses mains caressent mon bassin, lui faisant faire des va-et-vient légers. Elle relève ses hanches pour accentuer ses mouvements et je sens encore mieux mon nectar se mêler au sien. Jamais personne ne m’a rendue aussi soumise, je me laisse aller contre Alba, cette nouvelle sensation est exquise.

— Hum, continue comme ça, l’imploré-je d’une voix suave.

J’appréhendais de me perdre dans ce méandre de délices, mais je ne peux me retenir. Alba a un pouvoir ensorcelant sur moi et je ne peux qu’y succomber. Nos lèvres ne se décollent que lorsqu’elle décide de prendre mes seins en bouche, tour à tour, cela intensifie ma sensibilité et le rythme devient plus soutenu. Ma partenaire gémit de plaisir à chaque coup de reins, et comme moi, elle les désire et les reçoit avec des soupirs que je lui rends, témoins de notre extase.

— T’arrête pas Alba, hummm, surtout t’arrête pas, lâché-je en un souffle. J’aime ce que tu me fais.

Un sourire illumine son doux visage, alors que la vague nous emporte dans un tourbillon orgasmique. Je m’empare de ses lèvres passionnément tout en étouffant des gémissements qui nous transportent dans le bonheur abyssal du plaisir. La nuit est longue et je la comble de délices charnels jusqu’au petit matin où elle finit par s’endormir. Je me dégage avec douceur de son corps encore brûlant de nos ébats. Les mains sur mes joues, je me les frotte énergiquement.

Qu’est-ce que tu viens de faire Noa ? Tu as dépassé les limites. Tu donnes du plaisir et basta, ciao bella !

— Merde, juré-je pour moi-même avant de me lever.

J’enfile ma robe et mes chaussures. Un dernier regard sur la beauté qui a partagé ma nuit et je quitte la chambre.

* * *

Arrivée chez moi, je m’empresse de me démaquiller pour redevenir Noa et me glisse sous un jet d’eau chaude. Je ferme les yeux alors que mes mains parcourent mon corps pour me savonner. Des images d’Alba s’impriment derrière mes paupières. Sa façon de danser, de me toucher, sa langue… Je sursaute quand je passe sur mes tétons, les souvenirs de cette étreinte me transpercent en plein cœur. Oh non, non, non, Noa. De l’eau froide, voilà ce qu’il me faut pour me rafraîchir les idées. J’échappe un cri quand le froid me hérisse le poil puis m’empresse de sortir. Tout en m’essuyant, je me tiens face au miroir.

— Putain, c’est quoi ça ? Alba, qu’est-ce que tu m’as fait ? me parlé-je à moi-même.

Un suçon, là, juste sous mon sein gauche. Je le caresse du bout des doigts. Sans aucun doute, cette femme a laissé sa marque. Tel un taureau marqué au fer rouge. Je m’affale sur mon lit et sombre dans un sommeil qui me promet de longs rêves érotiques.

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