🧪 Aperçu desktop en essai — visible uniquement dans ton navigateur · désactiver
Ton livre sur Lez Fix ? · 🧪 Bêta V08.279
i
L'application peut contenir des erreurs, n'hésitez pas à nous écrire pour nous envoyer vos commentaires.
📖 Extrait gratuit — Chapitre 1 : Doute raisonnable à Chapitre 2 : Apparences trompeuses
Chapitre 1 — Chapitre 1 : Doute raisonnable
  1. Chapitre 1 : Doute raisonnable
  2. 🔒 Chapitre 2 : Apparences trompeuses
Ce livre vous plaît ? 🌐 Site officiel Acheter sur Amazon

Madame Queen Stanford, tome 1 · Kyrian Malone

Lire Madame Queen Stanford, tome 1 en ligne gratuitement Chapitre 1 : Doute raisonnable

Vues : 8 944 vues

Située au cœur de la Silicon Valley au sud de San Francisco, Stanford était classée parmi les meilleures universités privées au monde et s’étendait sur pas moins de 32 kilomètres carrés.

L’immense université était la plus sélective des États-Unis, devant Harvard, avec 5 % seulement d’admis, et rouvrait enfin ses portes aux élèves. Sciences humaines, sciences politiques, sciences de la Terre, de l’énergie et de l’environnement avec sa célèbre École d’ingénierie, Stanford était aussi réputée pour son école de droit.

Des étudiants de tout âge, de toutes origines et nationalités se retrouvaient avec le sourire en ce début d’année. Footballeurs, Cheerleaders, portaient fièrement les couleurs rouge pourpre et blanches de leur école où étaient gravées sur les blousons ou tenues les lettres « SU » pour Stanford University.

Réputée pour ses sportifs de haut niveau, le campus se démarquait aussi par les nombreux trophées remportés dans toutes les catégories lors des grands championnats universitaires, football, basketball, tennis, natation…

À trente minutes du centre-ville de San Francisco, l’université se trouvait au milieu de nulle part, mais un nulle part dédié à l’éducation, aux études de haut niveau, un lieu entouré d’espaces verts, de lieux propices à l’apprentissage, à la concentration où la grande majorité des élèves s’y déplaçaient en vélo.

— Hey ! Dan’ !

La concernée se tourna vers son amie qui arrivait, son sac de cours sur le dos. C’était Anna, 23 ans. Comme tous ses proches, elle l’appelait « Dan’ » de son vrai prénom Danielle. Toutes les deux poursuivaient leur cursus en droit et entraient en quatrième année pour décrocher leur maîtrise.

— Tu ne devais pas revenir à Stanford que demain ?

— Je suis rentrée hier, dès que j’ai su que le nom de notre nouveau prof était confirmé.

Et pour cause… Danielle aussi avait reçu la confirmation, et le professeur en question venait de se garer sur le parking et sortait d’une Mercedes grise métallisée dont la carrosserie brillait sous les rayons du soleil.

Le regard de Danielle suivait déjà la silhouette qui marchait vers les arceaux du bâtiment principal depuis lequel on pouvait voir la tour Hoover, haute de 87 mètres. Celle-ci dominait le campus et offrait une magnifique vue sur la Silicon Valley et l’université.

Talons hauts, jupe tailleur, des lunettes noires sur le nez, un sac à main Versace sur l’épaule et une mallette en main… elle avait une classe folle :

— J’ai encore du mal à le croire, dit Anna… elle est vraiment là, Regina Queen va vraiment nous enseigner le droit cette année !

Tout le monde la connaissait, y compris les élèves qui n’avaient pas choisi le droit comme cursus. Regina Queen était considérée comme la star de Stanford. Belle, riche, charismatique, pointure dans sa profession, la brillante avocate venue tout droit de New York avait défrayé les chroniques du San Francisco Chronicles et des médias de toute la Californie quand elle avait représenté pour la défense, le célèbre acteur de la série « Mission secrète », Keith Newman, accusé du meurtre de sa compagne, l’actrice Jennifer Weaver. Et après le départ en retraite du professeur McEgan, ce serait elle qui assurerait leurs cours en droit pénal et droit criminel, elle qui leur permettrait d’obtenir leur robe et leur assermentation pour plaider au barreau de Californie dans deux ans… enfin, si elles arrivaient au bout de cette dernière année d’étude !

Ce fut d’un regard taquin qu’Anna rappela Danielle à l’ordre.

— Allez, arrête de rêvasser, on doit rejoindre la salle de cours.

Anna se reprit et toutes les deux marchèrent dans les pas du professeur Queen qui venait d’entrer dans la bâtisse.

Pour cette quatrième année à l’université de Stanford, elles pouvaient considérer ces lieux comme leur deuxième maison tant elles y avaient passé du temps. Et cette année était la dernière ligne droite, la plus difficile, celle où il ne fallait pas se reposer sur ses lauriers. Les choses sérieuses débuteraient avec l’obligation d’alterner théorie et stage pratique en cabinet.

Elles arrivèrent dans l’amphithéâtre où une centaine d’élèves prenaient place.

— Bon sang… Je ne m’attendais pas à ce qu’on soit si nombreux, souffla Danielle à Anna.

— J’ai entendu dire que des étudiants sont venus de toute la Californie pour suivre son cours. C’est du délire…

Elles trouvèrent deux sièges au troisième rang dans l’allée centrale où elles se frayèrent un chemin et malgré le nombre d’élèves présents, après seulement quelques minutes, seuls résonnèrent quelques bruits de papier, les yeux braqués sur la grande et l’unique professeure Queen en personne.

Cette dernière avança et distribua à la première rangée des tas de copies.

— Prenez une feuille et faites passer…

Les élèves obéirent et la professeure jeta un rapide coup d’œil dans la salle en faisant quelques pas devant eux. Ses talons hauts résonnaient sur le parquet.

— Je suis le professeur Regina Queen. Vous êtes en dernière année de droit pénal. Ce document est le premier et le dernier que je vous donnerai. Les prochaines communications dans mon cours passeront exclusivement par email. Je vous suggère donc dans les mois à venir de ne pas placer mon email dans vos spams, quand bien même vos résultats d’évaluations seront insatisfaisants.

Quelques sourires et Regina Queen poursuivit d’un ton égal et directif :

— Cette liste de livres que vous découvrez réunit tous les manuels que vous aurez lus à l’issue du premier trimestre. Pour les petits budgets, je vous rappelle que la bibliothèque Cecil Howard propose plus de la moitié de ces livres en consultation gratuite.

Danielle écarquilla les yeux. Il n’y avait pas moins d’une cinquantaine d’œuvres annotées, et les murmures de stupéfaction commençaient à se faire entendre.

— Cela vous semble beaucoup ? souleva Regina par pure rhétorique. Ce n’est rien en comparaison avec les pages et les pages de textes de loi que vous devrez absorber tout au long de cette année. Mon rôle ne sera pas de vous apprendre la théorie ni de vous rabâcher ce que vous avez appris ces trois dernières années. Mon rôle sera de vous apprendre la pratique comme de véritables avocats.

Ces indications rendaient les élèves nerveux et là était bien l’objectif du professeur.

— Si ce n’est pas déjà fait, je vous suggère à toutes et tous de vous équiper d’enregistreur en passant par les applications que vous pouvez installer sur votre téléphone. J’exigerai de vous un comportement responsable et exemplaire, aussi bien sur le campus, qu’en dehors ! Tout ce que vous ferez, direz, vos impairs, vos erreurs, vos ratés, vous suivra tout au long de votre carrière. Je parle vite, je donne beaucoup d’informations, je ne reviens pas en arrière. Je ne serai ni votre amie ni votre mère, je n’aurai aucune pitié pour les fainéants et les retardataires, mais je serai juste et je vous assignerai les notes que vous méritez. Vous tous êtes ici pour devenir avocats. Les places sont chères et j’exigerai de vous le meilleur.

Cette introduction faisait froid dans le dos et les sourires avaient laissé place à autant de doutes que d’incertitude.

— Vous voulez vos robes ? Vous devrez travailler pour les obtenir parce que vous ne serez qu’une poignée à réussir l’épreuve du barreau… Regardez bien les élèves assis autour de vous. Dans six mois, plus d’un tiers de vos camarades auront abandonné ce cours. Et seulement la moitié réussiront l’examen final.

Danielle savait que le taux d’abandon à l’école de droit était plus élevé que les autres au fil des années. Que ce soit pour des raisons financières ou par incapacité intellectuelle, les étudiants lâchaient leur cursus. Cette annonce ne l’étonnait donc pas outre mesure.

— Bien, ceux qui ont reçu mon mail la semaine dernière ont donc lu le chapitre sur l’évolution de la jurisprudence et des règles applicables…

Danielle paniqua et demanda tout bas à Anna :

— Un mail ? Quel mail ?

— Celui qu’elle a envoyé lundi dernier, tu ne l’as pas reçu ?

Un lourd silence s’installa et Danielle réalisa que tous les regards étaient rivés sur elles, y compris celui du professeur Queen qui la regardait, bras croisés :

— Votre nom ?

Danielle hésita :

— Qui ça, moi ?

Quelques rires fusèrent.

— Oui vous, pas votre voisine qui vient de vous répondre. Votre nom ?

Danielle avala difficilement. Elle savait que son nom ne serait pas bienvenu et que tôt ou tard, Regina Queen aurait connaissance de sa filiation avec madame « sa maman, la procureure Banks ».

— Danielle Banks, madame…

Le court silence qui suivit fut conséquent et déclencha d’autres chuchotements.

— Vous viendrez me voir à la fin du cours, abrégea le professeur Queen.

— Bien…

Danielle détourna les yeux, mal à l’aise. Elle s’était faite remarquer, par tout le monde, et bien malgré elle, ses joues avaient viré au rouge.

— Dans huit semaines, vous devrez intégrer des cabinets juridiques de Stanford, reprit Regina… Il sera de votre responsabilité de générer votre propre travail auprès d’avocats qui œuvrent dans les domaines qui vous intéressent. Vous serez sous supervision, mais responsables du succès de votre stage. Vous devrez apprendre à gérer votre temps et comptabiliser 840 heures d’ici la fin de l’année.

Elle fit quelques pas devant les élèves et ajouta :

— Et d’ici quatre semaines, selon les premiers résultats de vos tests, je sélectionnerai un élève parmi vous qui rejoindra en tant que stagiaire le cabinet Queen, Ashman et associés situé au centre-ville de San Francisco.

Des murmures de surprise, d’enthousiasme s’élevèrent suite à cette annonce des plus motivantes. Ce cabinet de grande renommée dont le siège était à New York était le rêve de tout étudiant en droit.

Le cours débuta sur les garanties constitutionnelles et Danielle enclencha aussitôt l’enregistreur de son téléphone. Tous les élèves se concentraient pour écouter et prendre des notes…

Quand les deux heures furent écoulées, les élèves se levèrent et quittèrent l’amphithéâtre.

— Je te rejoins dans le couloir, dit Danielle à Anna.

Anna avait souri de la voir sortir son rouge à lèvres et son petit miroir pour se remaquiller. Elle savait que Danielle avait un coup de cœur pour leur prof depuis toujours.

— Ça marche, n’en fais pas trop non plus.

— Juste ce qu’il faut !

Le professeur Queen rangeait ses affaires quand Danielle descendit les gradins et arriva devant son bureau. Elle glissa une main dans ses cheveux pour se recoiffer, leur redonner un peu de volume, et prit la parole :

— Je suis désolée pour cette interruption… J’ai pourtant bien donné mon email à l’intendance, mais…

— Ce n’est rien, dit Regina d’un ton plus posé.

Elle ouvrit son carnet et le posa sur le bureau avec un stylo.

— Tu n’as qu’à le noter ici.

Danielle obéit, quelque peu nerveuse, notant que sa professeure venait de passer du « vous » au « tu » en un rien de temps maintenant qu’elles étaient seules.

— Tu es donc la fille de Susan… commenta Regina d’un air curieux.

Une question qui mit Danielle mal à l’aise. Elle savait que sa mère et Regina s’étaient affrontées dans quelques procès et de fait, celles-ci ne s’aimaient pas beaucoup.

— Oui… Depuis toujours malheureusement.

Un commentaire qui n’échappa guère à Regina qui précisa néanmoins :

— J’espère que tu n’envisages pas de faire ton stage au Bureau du procureur ?

Danielle répondit d’un air évident :

— Non, certainement pas. Pour votre information, je ne vis plus avec ma mère depuis mes dix-neuf ans, et je suis à la fois émancipée et indépendante financièrement !

Ce dernier détail ne concernait pas Regina, mais cette réponse avait le mérite de la réjouir. Elle prit sa mallette et répondit :

— C’est préférable que tu fasses tes preuves seules.

— Je sais…

Danielle se permit de la suivre et toutes les deux marchèrent à travers le couloir où d’autres étudiants allaient et venaient.

— J’ai lu votre livre, osa-t-elle… Enfin… non pour être exacte, je les ai tous lus.

Regina plissa les yeux sur cette annonce, attendant une explication.

— Et ?

— Vous évoquez à de nombreuses reprises qu’un bon avocat est un avocat qui suit son intuition…

— En effet…

— Keith Newman, osa-t-elle… Était-il vraiment innocent ?

Regina s’arrêta sur cette question, son regard brun défiant les prunelles bleues de sa jeune élève. Cette question, tout le monde se l’était posée quand son client avait été relâché.

— Il y a les faits, les preuves, les lois que nous utilisons et qui déterminent quelles sont les limites de la justice et de nos droits. L’intuition, c’est ce qui nous guide pour la faire appliquer, à tort ou à raison, non pas dans notre intérêt, mais dans celui de notre client.

Danielle leva les sourcils. Regina ne répondait pas.

— Je dois y aller. À demain miss Banks et vérifiez votre boîte mail cet après-midi !

Danielle la regarda s’éloigner vers les portes et resta immobile. Tant de doutes avaient plané sur cette affaire qui avait fait couler beaucoup d’encre. Elle avait espéré avoir une réponse plus claire quant à la culpabilité ou l’innocence de Keith Newman, mais Regina n’avait répondu qu’à demi-mot, laissant, comme au procès, planer un doute raisonnable.

— Alors ? demanda Anna en approchant. Elle t’a remonté les bretelles.

— Non, elle a juste pris en note mon email.

Une fois dehors, Anna nota que Danielle la suivait encore des yeux tandis que leur star du campus entrait dans sa Mercedes.

— T’es raide dingue d’elle, pas vrai ?

Danielle sourit, l’attitude malicieuse :

— Avoue qu’elle est canon.

— J’avoue que j’aimerai avoir la même paire de seins, de jambes et le même chirurgien plastique quand j’aurai quarante ans !

Danielle grimaça :

— Chirurgien plastique ? Tu plaisantes ? Elle n’est pas refaite…

— Qu’est-ce que t’en sais ?

— Ça se voit ce genre de trucs… et depuis quand tu es experte en la matière ?

Anna ricana.

— On ne le saura jamais de toute façon. Tu viens avec moi à la bibliothèque, je vais récupérer les livres de la liste avant qu’il n’y en ait plus.

Mais Danielle refusa et l’entraîna vers le parking.

— Laisse tomber les emprunts. Je vais nous les commander sur Internet.

Mais Anna refusa :

— T’es dingue, ça va coûter une fortune.

— C’est moi qui régale, dit Danielle d’un petit sourire…

Anna resta perplexe. Elles rejoignirent la voiture de Danielle, une Chevrolet cabriolet bleue métallisée.

— Mais tu le sors d’où tout ce fric ? Et qui t’a payé cette voiture ?

— Mon nouveau copain, dit Danielle. Allez, monte, on va faire une balade au centre-ville…

Anna n’en revenait pas. La bisexualité de Danielle ne l’étonnait pas, mais elle trouvait inopportun qu’elle sorte avec un type pour son argent.

— T’es pas possible…

Danielle le savait… et peu importait. Sa nouvelle voiture, elle l’adorait. Elle avait largement profité cet été et ne se priverait pas d’en abuser dans quelques sorties festives en cours d’année.

Curieuse de la suite ?

Continue à lire ou découvre où acheter « Madame Queen Stanford, tome 1 » en entier.

Voir où lire la suite →

Commentaires (0)

Connecte-toi ou crée un compte pour laisser un commentaire.

Aucun commentaire pour le moment. Sois la première à en laisser un.

Ouvrir dans un nouvel onglet ↗

📅
Quand as-tu lu ce livre ?

Même approximatif, ça nous aide à avoir des statistiques plus justes.

Installer LezFix sur iPhone/iPad