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Malédiction : 1 · Lou Jazz & Cherylin A. Nash

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Rhya Mahigan

— Ana, rappelle-moi pourquoi nous allons à cette fête ?

Je me tourne vers ma cousine pour donner plus de poids à ma question. Franchement, je ne comprends pas pourquoi elle y tient tant que ça ! D’accord, notre groupe a entre seize et dix-sept ans, mais tout de même. On vient à peine de rentrer de nos vacances à la montagne où nous avons passé le plus clair de notre temps ensemble. Pour une fois, on y était sans nos parents. Tous les cinq, nous avons fait tout ce dont nous avions envie. Certes, ce temps, nous l’avons mis à profit pour peaufiner nos attaques de chasse et appréhender l’avenir. Il n’y a pas eu de blessé. Nous avons travaillé les forces et les faiblesses de notre meute, mais on était seulement entre nous. L’expérience a été très bénéfique à Laïelle et Foster. Ils voient qu’ils ont une véritable famille maintenant. Même si cela ne fait que deux ans qu’ils sont ici, je pense qu’après ce voyage, ils l’ont encore plus compris. Ils sont les plus jeunes de la bande. Cette année, ils entrent tous deux en première, et, si tout se passe comme prévu, à la fin de l’année ils vont tenter l’examen en candidat libre pour nous suivre à la Fac.

Vraiment, je n’ai aucune envie de participer à une fête remplie de lycéens bourrés, de musique qui crache dans les enceintes alors que mes oreilles ont été continuellement bercées du bruit de la nature. Mes sens étaient en éveil, j’étais en symbiose avec la forêt. Je ne suis pas totalement réhabituée à ma forme humaine. Être un simple loup est bien moins contraignant. Ma cousine n’a aucun mal a passer d’une forme à une autre.

— Je suis la nouvelle capitaine des pom-pom girls. Il faut absolument que je sois à cette fête, déjà que j’aie dû trouver une excuse bidon pour les vacances…

Elle se tourne vers moi avec un grand sourire. Ses cheveux d’un blond soyeux sont légèrement ondulés. Ils suivent le mouvement de sa tête. Son visage radieux attire tous les regards. Sa petite fossette du côté gauche apparaît chaque fois qu’elle est impatiente. Pour finir, elle darde ses yeux vert profond sur moi. Je sens que je ne vais pas du tout aimer ce qu’elle est sur le point de me dire.

— En plus, d’après ce que j’ai entendu, il y a beaucoup de nouveaux cette année au lycée. Et Jen m’a dit que…

Jen, alias sa co-capitaine Jennifer, n’est pas mal. Surtout si l’on omet le fait qu’elle parle trop et qu’elle a un grave problème avec son timbre de voix. Si l’on oublie tout ça, elle est vraiment très sexy… Soudain, ma cousine me fait un sourire en coin et s’avance vers moi. Je n’aime pas quand elle fait ça.

Cette fois, elle murmure :

— Tu sais, chaque fois que je mentionne son prénom, tes yeux s’illuminent très légèrement. Leur bleu devient plus intense. Ne me fais pas croire que tu penses comme Owen ?!

Je me retiens de rire. Owen, notre cousin, a vraiment du mal à contrôler ses pulsions hormonales. Quelles qu’elles soient. Quand il croise une fille, plus ou moins jolie, ses yeux se mettent à luire dangereusement. C’est pour ça qu’il porte presque toujours ses lunettes de soleil. Tout le monde pense qu’il fait ça pour se la jouer… Remarque, il le fait, mais c’est aussi parce qu’il se ferait enguirlander par ses parents. Nous ne devons pas montrer nos pouvoirs en présence d’humains.

— Eh ! Je n’ai repris forme humaine que ce matin ! Certains réflexes prennent plus longtemps… J’ai besoin de quelques heures, moi ! Je ne sais pas comment tu fais pour toujours te contrôler.

— Contrairement à vous tous…

À vous tous… Elle parle d’Owen, des jumeaux, Laïelle et Foster, et de moi. Si j’ai du mal à gérer certaines situations, Owen, lui, a dû s’exiler l’année dernière. Il était dans l’équipe de foot de l’école. Lors d’un match, il a brisé la colonne vertébrale d’un adversaire. Grand-père lui a interdit ce sport, ou toute activité sportive dans l’enceinte du lycée. Owen était fou furieux, il a presque tout cassé dans la maison des grands-parents. Comme punition, il a dû partir trois mois chez Aslan, notre oncle. Heureusement, son adversaire n’est pas resté paralysé.

Aslan est l’un des seuls membres de la famille qui habite encore dans la montagne. Les autres se sont installés en ville. Notre oncle a subi un choc émotionnel violent après la mort de sa femme qui était enceinte. Il n’a plus été capable de supporter le regard des gens, leur tristesse et toutes les émotions qui émanaient d’eux. Pendant plusieurs années, il n’a pas voulu reprendre forme humaine. Quand grand-père est allé le voir avec deux louveteaux abandonnés, il a légèrement changé d’attitude. C’était Foster et Laïelle. Pendant un an, il s’est occupé d’eux. L’année dernière, ils sont tous redescendus en ville et notre oncle les a inscrits dans notre lycée. Du coup, c’est Aslan qui a appris à Owen comment contrôler sa colère. Bon, cela reste compliqué à mettre en pratique, mais il arrive plus ou moins à se maîtriser maintenant.

Laïelle et Foster sont entrés dans la famille depuis deux ans. Si Owen a du mal avec ses crises de nerfs, les jumeaux, eux, en usent avec excès pour leurs comptes. L’année dernière, j’ai dû intervenir de nombreuses fois et faire appel à ma force d’alpha pour les calmer. Je pense que cette nouvelle année ça sera bien plus facile, surtout depuis qu’ils se sont placés sous mon autorité. En tout cas, je l’espère vraiment.

Donc, en résumé, il n’y a que ma chère cousine Ana, qui parvient à ne pas exploser à la moindre contrariété. De ce fait, elle est notre conseillère. Grand-père dit que, quand elle sera adulte, elle fera partie de ceux de la famille Mahigan.

Ana me dit avec fierté :

— J’arrive parfaitement à être sereine en toute circonstance.

Je me moque d’elle légèrement avec un sourire sournois :

— Sauf si une de tes filles s’approche de trop près d’un certain mec.

— C’est… ! C’est simple, tu vois ?

— Oui, si tu le dis. Bon, tu ne m’as toujours pas expliqué pourquoi nous devons aller à cette fête…

Avec ma cousine, une discussion anodine peut vite tourner en débat de longue haleine, si je ne la recadre pas. Une fois, on parlait d’un livre quelconque. Le dialogue a duré plus de trois heures. Elle a commencé en résumant le texte, puis elle m’a raconté toute l’histoire et, enfin, celles des personnages. De fil en aiguille, on a fini par en venir à notre famille. J’ai encore du mal à comprendre comment elle a fait le lien.

Extatique, elle reprend la parole :

— Ah, oui ! Donc, Jen m’a dit qu’il y avait beaucoup d’arrivants et qu’ils étaient tous invités à cette fête. En plus, il y aura le nouveau joueur de foot.

— Oh, mon Dieu ! Mais c’est vraiment trop bien !

Mon ton sarcastique l’agace au plus haut point. Elle sait très bien que le sujet n’est pas ma tasse de thé.

— Ana, je déteste les mecs, surtout les sportifs machos. Dans notre bahut, ils le sont tous, en plus d’être décérébrés.

— Tu es juste en colère parce que le coach n’a pas voulu que tu intègres leur équipe. Remarque, je ne suis pas sûre que tu aurais pu te contrôler. Tu aurais fini comme Owen, dit-elle pour appuyer ses dires.

Je me gare sur l’herbe et éteins le moteur. Je relègue au fin fond de ma mémoire cette remarque d’Ana, en la balayant d’un mouvement de main. Apparemment, il y a déjà beaucoup de monde ici. Nous sommes au lac de Black Moon, dans la forêt. Ce lieu appartient à l’une des plus riches familles de cette ville : les Cooperman. Angélina et Joshua sont des gosses pourris gâtés. Évidemment, Joshua est quaterback de l’équipe de foot, mais, ça, c’est seulement parce qu’Owen a dû la quitter. Quant à sa sœur, elle était avec les pom-pom girls. Mais, comme c’était Ana la Capitaine, Angélina a dû se rabattre sur les autres clubs pour devenir leader d'un groupe.

Nous sommes sur leurs terres. Ils possèdent une petite parcelle de la forêt et ils y ont fait construire ce magnifique chalet. C’est là que les deux Cooperman font la plupart de leurs fêtes. Ce sont les plus grandioses. C’est l’endroit où il y a le plus d’alcool et parfois de l’herbe. Si mon père savait ça, il nous interdirait de venir ici.

J’interroge Ana :

— Owen et les jumeaux nous rejoignent ?

— Oui, Owen arrive avec son nouveau pick-up. Foster et Laïelle sont sur leurs engins de mort, dit-elle avec contrariété.

Je secoue la tête et sors de la voiture. Je prends une profonde inspiration. Toutes les odeurs environnantes me submergent : l’alcool, l’ado en rut, l’herbe et tout un tas d’autres choses. Je m’avance vers ma cousine avec une grimace. Elle me dit, toute guillerette :

— Ne fais pas cette tête ! Tu vas bien t’amuser.

Attrapant mon bras, elle tente de me convaincre avec son plus joli sourire.

— Le bar est à volonté.

— C’est bien le seul truc qui me fait venir à ces fêtes…, dis-je.

On entend déjà la musique. C’est assourdissant. C’est comme si nous avions collé nos oreilles dans les enceintes. J’essaie de m’habituer et le son redevient normal. C’est là que j’aperçois au loin les lumières des phares. Avec Ana, nous nous tournons vers les feux des motos des jumeaux et de la voiture d’Owen. Nous patientons quelques minutes et nous distinguons les véhicules. Ils se garent à côté de moi et les cousins nous rejoignent.

Owen s’est fait tout beau pour l’occasion. Je sais qu’il a des vues sur Jennifer. Il croit qu’avec elle il pourra oublier Erin, mais ce n’est pas gagné. Les jumeaux, eux, sont totalement égaux à eux-mêmes.

Je leur demande avec un grand sourire :

— Qu’est-ce qui vous a pris si longtemps ?

— On a dû semer Luc…, répond Laïelle.

— … dans la forêt, finit Foster.

On se met tous en route. Luc est notre cousin. Il est humain. Son père, oncle Alen, est le seul de sa génération à avoir quitté la meute. Il n’a pas voulu que sa femme subisse la transformation. Du coup, Alaric, mon père, lui a donné l’autorisation de vivre ici dans cette ville. Normalement, en cas d’exclusion de la famille, le membre doit être banni loin de la frontière. Et franchement, je comprends bien pourquoi… Maintenant, son fils, Luc, veut à tout prix faire partie de ma meute et il nous suit chaque fois qu’il le peut.

Je sais qu’il a fait la demande au conseil pour avoir le droit d’être un Mahigan à part entière, avec le pouvoir de se transformer en loup-garou. Pour l’instant, il est encore en probation. Si l’on considère son manque de contrôle en tant qu’humain, j’ai de grands doutes pour la suite. Grand-père m’a interrogée cet été. J’ai été parfaitement honnête et lui ai dit que, ma meute et moi, on ne voulait pas de lui. Je lui en ai expliqué les raisons. Il m’a souri et m’a répondu que de toute façon, en ma qualité d’alpha, c’était à moi de choisir les personnes qui en feront partie.

Nous avançons vers le lac où la fête bat son plein. Immédiatement, les jumeaux se dirigent vers le bar. L’alcool ne nous fait pas d’effet. Enfin ce qu’il y a ici, parce que grand-père a une cuvée spéciale. Nous avons le droit d’en boire lors de nos anniversaires.

Dans quelques semaines Ana, Owen et moi, nous aurons dix-sept ans et notre famille va organiser une grande fête. Nous sommes tous venus au monde à quelques heures d’intervalle. C’est pour ça que nous sommes si liés. Je suis née le dix-neuf septembre, Ana le vingt et Owen le vingt et un. C’est un anniversaire particulier pour nous, et surtout pour moi cette année, puisque mon pouvoir d’alpha devient plus présent.

Grand père Marcelin est le meilleur pour faire cet alcool. D’après les histoires qu’il nous raconte, c’est la seule chose qui peut nous rendre ivres. C’est une recette familiale tellement ancienne que l’on ne sait toujours pas comment elle a pu parvenir jusqu’à nous !

Les jumeaux reviennent vers nous et nous donnent nos verres de bière. Je remercie Foster d’un signe de tête. Doucement, je bois le liquide ambré clair. Dès que l’on arrive quelque part, tous les regards se tournent vers nous. Ma mère dit que c’est parce que l’on dégage quelque chose d’unique. Elle m’a raconté que, quand elle a rencontré mon père, elle ne pouvait détourner les yeux de lui, que c’était comme le coup de foudre. Pour les alpha, les relations sont singulières. Ana et Owen sont des bêta, ils ont le droit de faire à peu près tout ce qu’ils veulent. Quant aux jumeaux, ce sont des omégas et normalement ils ne peuvent pas avoir d’enfants. Mais bon, dans leurs cas, je ne sais pas si ça les dérange puisqu’ils sont tous les deux gay.

Donc, pendant que toute ma meute a des aventures à droite et à gauche, moi… j’ai plus de mal. C’est comme si j’attendais LA rencontre. Ana dit que c’est parce que je suis un alpha et que je dois trouver mon équivalent. Je sais que c’est comme ça que cela devrait se passer, mais mon père et ma mère sont ensemble alors que maman n’en est pas une. Et puis, il n’y a pas des alphas à tous les coins de rue. Le territoire Mahigan est hautement surveillé. Avant que quelqu’un ne se permette de venir ici, il peut se passer encore du temps. De plus, je ne suis pas attirée par les garçons. Ce qui, évidemment, est autre chose. En soi, ce n’est pas un problème pour notre famille, mais les alphas ont le devoir de perpétuer la lignée. En clair, je suis mal barrée.

Je reviens à moi quand Ana me pince le bras légèrement et se penche à mon oreille.

— Je vais voir Jen, je te retrouve tout à l’heure.

Elle me fait un bisou sur la joue et s’éclipse. Je me tourne vers Owen qui emboîte le pas à notre cousine. Je m’oriente donc vers les jumeaux. Je peux clairement comprendre à la lueur de leurs yeux qu’ils ont envie de danser. Je souffle légèrement et leur fais un signe de tête. Il n’en faut pas moins aux deux adolescents blond clair pour me laisser en plan et s’élancer sur la piste.

Il y a trop de monde à l’extérieur. Je me décide à entrer dans le chalet. Je fais bien attention à ce que personne ne m’écrase et arrive enfin aux escaliers. Là où, évidemment, sont assis les couples en mal d’amour. L’odeur est si forte que je suis obligée de me boucher le nez. Je m’en vais. Je bloque mon verre entre mes dents et escalade la balustrade facilement. Je marche lentement vers la porte d’entrée. Passant celle-ci, je remarque qu’il y a nettement moins de monde. Je suis déjà venue tellement de fois que le décor m’est familier. Les gens discutent de tout et de rien. J’entends quelques bribes de conversation, mais essaie quand même de ne pas y faire attention. Soudain, je perçois mon nom. Je me concentre et je reconnais la voix de notre hôte, Angélina.

— Regarde, il y a Rhya. On va aller lui demander ?

— T’es dingue ! Elle est toujours entourée de tous ses cousins. On dirait une sorte de secte, cette famille ! répond l’autre.

— N’importe quoi ! Ils sont soudés, c’est tout.

Je souris et prends une nouvelle gorgée de bière.

— Écoute, tu n’es pas obligé de venir avec moi. Je peux bien le faire toute seule. Reste ici si tu veux !

Dans mon champ périphérique, je vois Angélina arriver. Elle me sourit largement avec ses dents blanches.

— Rhya, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vues ! Comment se sont passées tes vacances ?

— Parfaitement bien, on est partis camper en famille dans la montagne. Et toi ?

Je la regarde dans les yeux et me concentre pour qu’ils ne se mettent pas à briller.

— La montagne, mais c’est dangereux ! J’ai entendu dire qu’il y avait des loups là-haut. Nous, nous sommes allés en France avec nos parents.

Je m’adosse au mur. Il faut savoir que quand elle dit « nous » c’est qu’elle parle d’elle et son frère. Ils ont une relation très fusionnelle. Au moment où je prends la parole, j’entends mon prénom une nouvelle fois. Je me tourne et aperçois les jumeaux.

— On a besoin de toi.

J’acquiesce de la tête et laisse la princesse en plan. J’approche de mes cousins qui me montrent quelque chose du doigt. Je me concentre jusqu’à voir Owen. Il parle assez fort pour que j’arrive à l’entendre d’ici sans que j'aie à faire le moindre effort.

J’enjambe la rambarde et cours jusqu’à l’altercation. Je me mets devant mon cousin et l’agrippe par les épaules. Je l’oblige à reculer. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais il est en colère.

— Stop, Owen ! grondé-je fortement.

Il ne m’écoute pas. Je le tiens par la nuque pour qu’il oriente son regard dans le mien.

— J’ai dit stop !

C’est comme s’il reprenait enfin conscience de la réalité. Il se sent coupable maintenant. Je le lâche, les jumeaux s’occupent de lui. Lorsque je me retourne, je comprends ce qui a énervé Owen.

Les bribes de musiques sont présentes et légèrement dérangeantes, mais toute mon attention est portée sur ce qui se joue ici. Devant moi se trouvent deux filles que je ne reconnais que trop bien. Je m’avance vers elles, en essayant de rester calme moi aussi. Chaque fois qu’on les voit, ça se termine mal. Elles font partie du clan des Loyac. Ce sont des sorcières. Ce ne sont pas nos ennemies, mais, bon, on va dire que nos familles ne s’entendent pas bien.

— Si ce n’est pas désolant. Il est à peine touché dans son ego que déjà il monte sur ses grands chevaux.

Erin est une peste, elle a redoublé deux fois. Elle est plus concentrée à faire évoluer ses pouvoirs qu’étudier en cours. Sa cousine, Maëlle, qui se tient à côté d’elle, est de la même trempe sauf que sa magie est inoffensive. Il n’y a guère que sa sœur, Malvina, qui est supportable. Elle et Erin se détestent et ce n’est pas étonnant. D’ailleurs, Malvina est la seule du clan Loyac que je côtoie.

Du coin de l’œil, je l’aperçois justement. Elle regarde ce qui se passe et me sourit.

Soudain, elle prend la parole :

— T’occupe pas d’elle, rejoins-moi.

Je me retourne et pars dans sa direction.

— Depuis quand un Mahigan tourne le dos ?! crie Erin Loyac derrière moi.

J’essaie de me contrôler, mais c’est plus fort que moi. J’adore la provoquer. Je me tourne à moitié vers elle pour lui dire :

— Depuis que ta cousine est devenue vraiment canon.

Je lui adresse un petit au revoir et m’en retourne vers Malvina. J’entends et je sens qu’Erin est furieuse, mais nous sommes sur un terrain neutre. On n’a pas le droit de se battre ici. Apparemment, ce serait un endroit sacré pour nos deux clans. En respect des Anciennes Lois, il y a des lieux en ville qui sont protégés. Tels que le lac et le lycée… Il y en a d’autres, mais je n’ai pas étudié l’histoire de notre famille. Je souris plus largement quand j’arrive devant la jeune cousine.

Je demande :

— Alors qu’est-ce que j’ai manqué pendant ces trois mois ?

Je ne sais pas si l’on peut dire que nous sommes amies, mais, en tout cas, je crois qu’elle m’aime bien. Comme c’est la seule à être au courant des nouvelles des deux côtés de la frontière, elle me tient informée pendant notre séjour à la montagne.

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