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New Watcher - Saison 1 · Kyrian Malone , Jamie Leigh

New Watcher - Saison 1

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Le lendemain, à l’aube, la porte de la chambre de Buffy s’ouvrit sur la nouvelle observatrice. Sarah balaya la pièce du regard, notant ce qu’elle disait de sa Tueuse — jeune, féminine, innocente —, puis alla droit aux fenêtres et tira les rideaux l’un après l’autre sans ménagement.

— Debout, Buffy. Entraînement.

Elle traversa la chambre vers la porte sans se retourner.

— Je te veux en bas dans vingt minutes.

Buffy se redressa en sursaut, les paupières encore lourdes de sommeil, incapable de démêler le rêve de la réalité. Cette femme ne pouvait pas être entrée dans sa chambre. Elle ne pouvait surtout pas avoir osé la réveiller. Et où était passée sa mère pendant ce temps ? Elle cligna des yeux, posa les pieds au sol et se frotta le visage en se répétant que tout cela n’avait aucun sens.

— C’est une blague, marmonna-t-elle.

Elle rouvrit les yeux sur le décor familier de sa chambre et chercha l’heure : cinq heures trente. Quatre heures de sommeil, et une Anglaise venait la tirer du lit un samedi matin. Elle n’arrivait pas à y croire, et ses pensées, encore engourdies par la nuit trop courte, refusaient de s’organiser autour d’une seule certitude : elle voulait dormir. Agacée, elle se leva, referma les rideaux d’un geste sec et retourna se lover sous la couette, bien décidée à ignorer l’ordre qu’on venait de lui donner.

Vingt minutes plus tard, la porte se rouvrit sur Sarah, le visage impassible, sans la moindre trace d’agacement. Elle rouvrit les rideaux, s’approcha du lit et arracha le drap d’un mouvement continu, laissant la Tueuse à découvert.

— Vingt minutes, Buffy, ça ne veut dire ni une heure ni deux. Alors tu te lèves avant que je retourne ce matelas.

Buffy se redressa de nouveau en sursaut, encore à moitié perdue dans le sommeil. Elle s’assit sur le bord du lit, les yeux mi-clos, et les frotta avant de lâcher, d’une voix basse et pleine de reproche :

— Non mais ça va pas la tête ? Il est six heures du matin !

Sarah s’installa dans le fauteuil du coin, laissa tomber le drap en boule à ses pieds, croisa les jambes et posa les bras sur les accoudoirs avant de jeter un œil à sa montre.

— Cinq heures cinquante. Ce qui te laisse dix minutes pour te préparer avant qu’on sorte s’entraîner.

Buffy n’en revenait toujours pas. Elle vérifia que la porte donnait bien sur le couloir, prit quelques secondes pour émerger tout à fait, puis fixa l’observatrice avant de se rasseoir sur le bord du lit. Une moue mécontente s’installa sur ses lèvres tandis qu’elle imaginait, un instant, la saisir par le bras et la mettre dehors pour retourner se coucher. Mais la seule personne à qui elle pouvait vraiment en vouloir, c’était sa mère. Pourquoi l’avait-elle laissée entrer ? Elle se leva en gardant les yeux sur Sarah.

— Vous restez là, je reviens.

Elle sortit d’un pas décidé, en pyjama noir et blanc, et descendit rejoindre le salon, où Joyce triait déjà quelques pièces rapportées de la galerie.

— Maman ! Tu peux m’expliquer pourquoi tu l’as laissée entrer chez nous ?

Joyce se redressa, une statuette à la main, et regarda sa fille, inquiète et résignée à la fois, comme si elle avait anticipé cette scène.

— Je n’y suis pour rien, ma chérie, et si tu dois en vouloir à quelqu’un, c’est à ta nouvelle observatrice. Bonjour, au passage.

Buffy se raidit en comprenant que sa mère ne prendrait pas son parti. Dans son dos, Sarah apparut et intervint sans détour.

— Cinq minutes avant que tu partes t’entraîner en pyjama.

Buffy se retourna, hors d’elle.

— Mais vous vous croyez où, là ? On n’est pas à l’armée ! Et vous n’avez aucun droit d’entrer chez moi, de venir, et de décider de mon emploi du temps !

Elle repartait déjà vers les escaliers.

— Mais pour qui vous vous prenez ?

Joyce afficha une mine désolée en voyant sa fille réagir ainsi, et se tourna vers Sarah.

— Je vous avais prévenue. Un samedi matin à cinq heures et demie, elle n’est pas à prendre avec des pincettes.

Sarah esquissa un sourire poli à l’intention de la mère de la Tueuse avant de remonter les marches pour rejoindre Buffy dans sa chambre.

Celle-ci se tenait devant l’armoire, rageant toute seule, et avait déjà ôté son pyjama pour enfiler des sous-vêtements. Elle ajusta son jogging sur ses hanches, attrapa un débardeur pastel et chercha une paire de baskets. Puisqu’elle ne pourrait pas lui échapper ce matin, elle trouverait un moyen de le faire plus tard — elle y réfléchissait déjà. Elle s’assit sur le lit pour lacer ses chaussures pendant que Sarah s’adossait au chambranle, silencieuse, mais attentive à la manière dont Buffy la suivait malgré tout du regard. Elle attendit que la Tueuse soit prête.

— On y va.

Buffy se leva et la suivit hors de la chambre, puis hors de la maison.

— Tu me suis, lança Sarah en s’élançant vers le bord de la route. En footing.

Buffy s’exécuta en continuant de rager intérieurement. Un footing. Comme si cela méritait le nom d’entraînement. Elle n’en revenait pas, et il lui tardait déjà de retrouver Willow et Alex pour leur raconter ce qui lui arrivait. Elle suivait Sarah surtout pour ne pas s’énerver davantage, mais elle savait déjà que cette matinée serait la dernière du genre.

À côté d’elle, Sarah l’observait du coin de l’œil, notait ses foulées, son endurance, sa façon de courir, sans un mot, parce qu’il n’y avait rien à dire. Elle n’avait pas été envoyée pour dorloter ou analyser la Tueuse, mais pour la guider. Ce fut donc à Buffy, comme toujours bavarde, de rompre le silence.

— N’imaginez surtout pas qu’il y aura une prochaine fois, parce qu’il n’y en aura pas. Alors profitez-en, ça vous fera une jolie histoire à raconter à vos petits-enfants, si jamais vous trouvez un homme assez fou pour vivre avec vous.

Sarah garda un visage neutre devant cette pique et répondit sans cesser de courir.

— Une balade à cheval, une tequila sunrise, une descente en rafting — voilà des moments dont je profite. Pas un footing avec ma Tueuse.

Buffy lui lança un regard accusateur.

— Je ne suis pas votre Tueuse. Je ne suis la Tueuse de personne, d’ailleurs, et si ça ne vous plaît pas d’être là, moi non plus, alors pourquoi vous ne rentrez pas boire votre tequila pour que je puisse aller me recoucher ? On ne vous a jamais dit qu’une bonne Tueuse est une Tueuse en forme ?

Sarah continua de courir sans se départir de son rythme.

— Tu parles trop.

— Et vous, vous n’êtes pas aimable, rétorqua Buffy.

Elle marqua une pause avant d’ajouter :

— Vous me faites penser à ce robot qui voulait épouser ma mère. Froid, désagréable, et incapable de faire la cuisine correctement.

Sarah semblait s’amuser des attaques de la Tueuse, sans se donner la peine de le montrer. Son visage restait naturel, calme, concentré, et elle ne releva aucune de ces remarques qui épuisaient davantage le souffle de Buffy qu’elles ne l’atteignaient. Elles coururent ainsi près d’une demi-heure avant de rentrer à Revello Drive. Sarah prit une gourde dans son sac à l’entrée, but quelques gorgées et suivit Buffy jusqu’à la cuisine, où celle-ci cherchait aussi à se rafraîchir.

Joyce les y rejoignit, déjà habillée, et posa un carton sur le comptoir.

— Je file sur Los Angeles, je serai rentrée ce soir, ma chérie.

Buffy garda sa bouteille d’eau à la main, le visage encore luisant d’effort.

— Je sais pas si je serai là ce soir, je dois voir les autres.

Sarah resta en retrait de cet échange familial qui ne la concernait pas.

Joyce quitta la maison, et Buffy sortit du placard de gros pancakes ainsi qu’un pot de confiture. Après ce footing, elle avait bien mérité un écart à son régime. Mais Sarah, sans un mot, écarta l’assiette pour la poser près des plaques.

— On n’a pas fini, Buffy. Tu mangeras après.

Buffy reprit son pancake, en contradiction délibérée avec cet ordre, et mordit dedans en fixant Sarah.

— J’ai faim !

Sarah hocha la tête d’un air approbateur et saisit la nourriture pour la jeter directement à la poubelle.

— J’ai dit après.

La Tueuse resta interdite. Les sourcils arqués, le regard rivé sur ses pancakes disparus, elle reprit :

— Non mais ça va pas ? C’est maman qui les a préparés !

Sarah but une gorgée à sa gourde et se dirigea vers la porte de la cave pour l’ouvrir.

— Comme ça, tu feras attention la prochaine fois.

Buffy n’en revenait pas du comportement de cette femme. Elle se prenait pour sa mère, en pire, en bien pire. Elle la suivit dans la cave, où des tapis de gymnastique bleus recouvraient le sol de béton. Les lieux avaient été aménagés sans qu’elle en soit informée, et une fois de plus, Joyce s’était bien gardée de la prévenir. Elle préféra ne rien dire, ne pas accuser de nouveau l’observatrice, et attendit plutôt, les bras croisés, appuyée à la rambarde de l’escalier. Elle lâcha tout de même, avec ironie :

— Giles avait la carrure pour m’entraîner.

Sarah rejoignit un établi où elle prit des gants de frappe, qu’elle enfila après s’être attaché les cheveux.

— La vampire que tu as eu du mal à tuer hier soir n’avait pas non plus la carrure, comme tu dis. Elle t’a pourtant donné du fil à retordre.

Buffy la regarda faire sans bouger, comprenant que Sarah l’avait observée la veille.

— Vous étiez là. C’est gentil de me le dire. Et ça ne vous a pas traversé l’esprit de me donner un coup de main, ou vous êtes juste là pour m’enquiquiner ?

Sarah se tourna vers elle en ajustant ses gants et les lui présenta, un léger sourire aux lèvres, en haussant les épaules.

— Je n’ai pas la carrure.

Buffy ne bougea pas, se mordit l’intérieur des joues devant cette réponse qui renvoyait directement à sa pique précédente.

— Giles, lui, au moins, il aurait essayé.

Sarah s’approcha un peu, reprenant son sérieux.

— Frappe.

Buffy avança sur le tapis d’une démarche nonchalante et résignée, la fixa un instant, puis s’exécuta sans conviction, pour bien montrer son manque d’enthousiasme. Son poing droit heurta le gant gauche, et inversement.

Sarah nota cette réponse molle.

— Ça ne tient qu’à toi de finir cet entraînement au plus vite. Alors soit tu t’y mets maintenant, soit je reste là toute la journée.

Buffy continua de frapper sans conviction.

— Giles me disait s’il te plaît.

— Je ne suis pas Giles.

— Non, parce que même Giles arrive à sourire de temps en temps.

Sarah soupira sans un bruit et détourna le regard pour retirer ses gants, qu’elle posa sur l’établi, dos à Buffy.

— Je ne suis pas ici pour sourire, te préparer des pancakes, te raconter de jolies histoires, ou te conforter dans l’idée que tu es la meilleure.

Buffy laissa échapper un sourire fier. La fatigue passée, même si cette femme l’agaçait, elle trouvait la situation plutôt amusante — au moins, cela lui évitait de réviser, et ce serait la faute de Sarah, pas la sienne.

— Je suis la meilleure. Je suis encore en vie.

Sarah esquissa un sourire, toujours de dos, et saisit deux bâtons de combat. Elle reprit son sérieux en se retournant vers Buffy, lui en tendit un, fit tourner l’autre dans sa main et se mit en garde, un pied devant l’autre, le bras tenant l’arme tendu en arrière.

— Montre-moi.

Buffy prit le bâton et remarqua la manière dont l’Anglaise maniait le sien, avec une aisance qui la surprit. Ses yeux se plissèrent, son expression se fit plus attentive, et elle coinça une mèche dorée derrière son oreille.

— Et après, on arrête ?

Sarah resta immobile, la fixant d’un regard ironique et amusé à la fois.

— Et tu pourras manger autant de pancakes que tu voudras.

— Vous les avez jetés ! C’étaient les derniers ! J’ai tué pour moins que ça !

Elle lança la première attaque, légère mais coordonnée, et vit aussitôt Sarah la parer avec une rapidité qui l’arrêta net dans son élan. Plus intriguée qu’auparavant, elle renvoya une nouvelle attaque, que la brune para encore.

Sarah frappa volontairement le bâton de la Tueuse pour la secouer, la provoquer.

— Continue.

Mais dans ce dernier coup, Buffy perçut une force qui n’avait rien de normal, et se retrouva déstabilisée. Ses sourcils se froncèrent, son attention se resserra, et cette impression dérangeante du début — que quelque chose clochait chez cette femme — refit surface. Elle continua de frapper, accentua la puissance de ses attaques, que Sarah continuait de parer, puis y ajouta de la vitesse, de la coordination, jusqu’à ne plus viser le bâton mais le corps de son adversaire. Sarah évitait toujours chaque coup, et plus Buffy intensifiait le combat, plus cette chaleur familière montait en elle. Son souffle se fit plus court, plus irrégulier, et une fine pellicule de sueur apparut sur son front et ses tempes. Sarah poursuivait l’entraînement au bâton.

— Respire, Buffy. Dans dix minutes, tu seras déjà épuisée.

Mais Buffy ne pensait pas à respirer. Sarah l’exaspérait. Comment parvenait-elle à éviter chacune de ses attaques ? D’où lui venait cette force ? Rien de tout cela n’était normal, et plus la Tueuse poursuivait ses assauts inutiles, plus ses questions lui faisaient perdre sa concentration. Elle se retrouva touchée malgré elle et tomba sur le tapis, fauchée au mollet. D’un dernier geste rapide, Sarah arrêta le bout de son bâton devant la gorge de sa Tueuse.

— Respire.

Elle lui tendit la main pour l’aider à se relever.

— La première chose, dans un combat, c’est de savoir respirer.

Toujours allongée, Buffy garda les yeux sur elle, complètement perturbée. Une foule de questions embrumait son esprit tandis qu’elle se demandait ce qu’était réellement Sarah. Elle finit par lui saisir la main, après une brève hésitation, et vérifia ainsi la chaleur de sa peau. Même si Sarah n’avait rien de particulier à l’extérieur, tout restait possible — depuis son ex-beau-père-robot, Buffy savait que rien n’était à exclure. Elle se redressa sans lâcher la main de Sarah et répondit d’un ton direct.

— Vous n’êtes pas observatrice.

— Je suis ton observatrice, répondit Sarah en reculant sans la quitter des yeux. Les observateurs ne portent pas tous du tweed, ne boivent pas tous du thé, et n’enseignent pas tous l’art de la lecture en chambre.

Mais Buffy ne croyait pas à ces explications, pas après ce qu’elle venait de vivre. Son regard méfiant resta sur l’Anglaise pendant qu’elle essuyait ses mains moites sur son jogging.

— Vous auriez pu m’aider hier. Pourquoi vous ne l’avez pas fait ?

Sarah fit tourner un peu son bâton dans sa main en se remettant en position.

— Parce que le principe même d’un observateur, c’est d’abord d’observer. Et parce que je ne craignais pas pour ta vie.

Ces mots dérangèrent Buffy autant que l’évidence que Sarah lui cachait quelque chose. Elle ne savait pas quelle conclusion en tirer. Elle ramassa lentement son bâton, songeant que le seul moyen de percer ce mystère était de poursuivre l’entraînement, de laisser de côté la Buffy désagréable pour redevenir la Tueuse. Elle fixa Sarah et lança l’attaque à son tour, y mettant toute son énergie, toute sa force. Le bruit des bâtons qui se heurtaient résonna dans la cave. Plus elle insistait, plus elle se persuadait que Sarah n’était pas ce qu’elle prétendait. Elle tenta de nouveau de l’atteindre, envisageant même de la blesser, mais Sarah parait toujours. Buffy n’en revenait pas, et comme précédemment, son souffle s’accélérait tandis que cette chaleur grimpait en elle — une sensation de combat qui se nourrissait autant que cet intérêt soudain pour Sarah. Plus les minutes passaient, plus des impressions de déjà-vu la traversaient. Elle entendit, sans s’arrêter :

— Respire, Buffy !

Mais une fois encore, son esprit ne se concentrait pas entièrement sur le combat. Essoufflée, elle lâcha :

— Qu’est-ce que… vous êtes ?

Devant la fatigue évidente de la Tueuse, Sarah s’arrêta et bloqua le bâton de Buffy dans sa main pour l’empêcher de la frapper.

— Respire. Tu inspires, tu expires. Si tu perds le rythme, tu perds l’endurance, et tu perds le combat. Tu sais ce que ça signifie, perdre un combat.

Elle relâcha le bâton et recula.

— Je ne vais pas t’en faire un cours. Tout est dans la cadence, le tempo. Si tu subis celui de ton adversaire, il te mènera où bon lui semble, jusqu’à t’épuiser. Les coups, tes inspirations, tes expirations, tout doit aller ensemble.

Mais Buffy se moquait bien de cette leçon. Ses yeux incertains restaient sur Sarah, ses sourcils toujours froncés. L’Anglaise ne répondait rien, et Buffy cherchait toujours d’où lui venait cette sensation de déjà-vu. Elle l’avait suivie du regard pendant toute l’explication, pensive, cherchant des réponses à cette force qu’elle ne s’expliquait pas. Si Sarah n’était pas un vampire, elle devait être un démon. Pourtant Giles l’avait vue, avait confirmé qu’elle serait sa nouvelle observatrice. Quelque chose ne collait pas, et Buffy ne comptait pas attendre d’appeler l’Anglais pour avoir son avis. Elle croisa les bras.

— Oubliez l’entraînement et répondez plutôt à ma question, ou j’irai chercher mes réponses moi-même.

Sarah lui tourna le dos pour reposer son bâton.

— Si tu as du temps à perdre, Buffy. Je ne suis pas ici pour répondre à des questions sur moi, tu sais déjà tout ce qu’il y a à savoir.

Buffy avança doucement.

— Non. Je ne sais rien de vous, et si vous voulez être mon observatrice, je crois qu’il faudrait un minimum de confiance. Et là, je n’ai pas confiance en vous.

Sarah se retourna vers elle.

— Tant pis. Je ne suis pas ton amie, ni ta mère, je te l’ai déjà dit, et si tu n’as pas confiance, tu n’en seras que plus concentrée.

Buffy s’agaçait de ces réponses impersonnelles. Elle resta bras croisés, les yeux plissés sur Sarah, la tête légèrement penchée.

— C’est pour ça que Giles a été renvoyé, n’est-ce pas ? Parce que lui et moi, on était proches. Parce qu’il est humain.

Sarah secoua la tête, un sourire aux lèvres, et reporta son attention sur l’établi, où elle prit un couteau et s’entailla la paume pour présenter sa blessure à la Tueuse.

— Du sang humain. Tu veux goûter, pour vérifier ?

Buffy se raidit devant ce geste qu’elle n’avait pas demandé. Même si ce sang aurait dû répondre à ses questions, il n’en fut rien. Elle releva les yeux vers Sarah, troublée, et répondit malgré tout :

— Je parlais d’humanité et de sentiments. Pas au sens strict du terme.

Elle recula pour partir.

— Même certains démons sont capables de sentiments. Vous devriez vous en souvenir, en tant qu’observatrice.

Sarah se pencha vers son sac pour en sortir une compresse.

— Tu n’as rien à m’apprendre, Buffy. Je ne te juge pas en dehors de ta mission.

Elle banda sa main pour arrêter le saignement.

— Et je ne suis pas ici pour t’aimer, pas plus que tu n’es ici pour m’aimer.

Buffy s’arrêta en haut des marches, la main sur la rambarde, et se retourna un instant avant de répondre.

— Les émotions, les sentiments, la confiance, c’est ce qui me maintient en vie. Ne revenez plus, ne cherchez plus à me voir, et dites au Conseil de ne plus intervenir. Vous m’excuserez, j’ai des cours à étudier.

Sarah la laissa remonter et rangea son sac ainsi que les armes, sans la moindre trace d’agacement devant ces derniers mots. Si on l’avait envoyée ici, c’était précisément parce que Buffy se comportait comme elle venait de le faire. Elle prit son sac et grimpa à son tour les marches pour quitter la cave. En rejoignant la cuisine, elle vit Buffy sortir quelques yaourts du réfrigérateur, et un sourire discret lui échappa. Elle marcha jusqu’à la porte et lança, avant de sortir :

— À ce soir, pour la patrouille.

L’observatrice quitta la maison sans un mot de plus.

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Commentaires (5)

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Aurelie Vergnaud il y a 3 jours

J'aime l'idée

Aurelie Vergnaud il y a 3 jours

J'aime bien le début

Rain il y a 1 mois

Début intéressant

Laurence C il y a 1 mois

J'adore ça me rappelle de bons souvenirs

Haedenart il y a 1 mois

J'apprécie le parallèle que Buffy tire avec Faith, c'est aussi l'impression que j'ai eue en découvrant Sarah. Ça promet des étincelles ! 😁

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