Chapitre 0 — 1 - Maëva
- 1 - Maëva
- 🔒 2 - Alix
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- 🔒 4 - Alix
Oui, Maîtresse ! · Nels , Megguy B
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5 h 30, comme chaque matin, l’alarme de mon téléphone vibre doucement sur la table de chevet. Je me lève immédiatement, vraiment pas du genre à traîner au lit. Une fois en tenue de sport, je quitte mon penthouse de l’Upper East Side. En descendant dans le hall, je croise le portier qui me salue et m’ouvre. D’un pas rapide pour échauffer mes muscles, je me dirige vers Central Park.
Les premières lueurs de l’aube peignent le ciel en rose et orange. La fraîcheur matinale et le calme relatif du parc avant que la ville ne s’éveille complètement me procurent un rare sentiment de tranquillité.
Mon esprit se libère, les idées affluent. C’est pendant ces moments que je trouve souvent les meilleures inspirations pour mes collections.
Alors que je cours, un jogger s’arrête soudainement juste devant moi pour attacher ses lacets, m’obligeant à le contourner brusquement.
— Franchement, tu ne pouvais pas faire ça ailleurs ? râlé-je en grognant intérieurement contre l’incivilité de certains.
Les gens sont si inconsidérés ! J’accélère le pas, laissant derrière moi ce petit désagrément.
Après une bonne heure de footing, je rentre chez moi. Une douche rapide, mais revigorante, me permet de me préparer mentalement pour la journée. J’enfile un tailleur impeccable, noir aujourd’hui, avec des talons hauts qui ajoutent quelques centimètres à mon mètre soixante-quinze déjà imposant. J’agrémente mon chignon brun serré de quelques barrettes discrètes afin qu’aucune mèche ne puisse se sauver.
Je descends dans le garage où m’attend mon SUV. Le trajet vers le siège de Gotham Stylism me permet de passer en revue les principaux dossiers de la journée. Mon assistante, toujours prévoyante, m’envoie un résumé des réunions et des points clés à aborder. Bon, c’est son boulot, il n’y a pas de quoi la féliciter non plus.
En arrivant à l’agence, je marche d’un pas déterminé vers mon bureau. Chaque employé sait que je n’ai pas de temps à perdre avec des salutations inutiles. Ils baissent les yeux, fuient en allongeant le pas, ou se replongent dans leur travail à mon passage.
La matinée est rythmée par des réunions. Je commence par un briefing avec les directeurs de création. Les nouvelles collections doivent être parfaites.
— Comment ont-ils pu penser que cette couleur fonctionnerait ? râlé-je en observant les prototypes.
Je serre les dents, retenant une remarque acerbe.
— Nous devons revoir tout ça, et je veux des propositions concrètes d’ici la fin de la journée, exigé-je.
Ils acquiescent, visiblement tendus.
— Vous ! Euh…
— Alix, Madame Clark, me répond mon assistante.
— Oui, peu importe, prévenez les stylistes, je veux des croquis sur mon bureau avant demain midi !
— Bien, Madame Clark.
L’équipe marketing arrive pour discuter stratégie à venir. La concurrence est féroce, Madame B est une coriace qui ne me laisse aucun répit. Nous devons toujours être à la pointe.
— Pourquoi ces chiffres sont-ils en baisse ? Que fait la concurrence que nous ne faisons pas ? Réfléchissez-y et revenez avec des solutions viables.
Mon ton est tranchant, mais il le faut, quelle bande d’empotés !
À midi, je prends un déjeuner rapide dans mon bureau. Une salade légère, généralement accompagnée d’un jus vert. Pas de temps pour une pause prolongée, chaque minute compte.
J’appuie sur l’interphone pour appeler mon assistante, dont je ne retiens jamais le foutu prénom.
— Dans mon bureau, tout de suite.
— J’arrive, Madame.
La porte s’ouvre dans la seconde où je me recule pour m’enfoncer dans le dossier de mon fauteuil.
— Que puis-je pour vous, Madame ?
— Quel est le planning pour la semaine ?
Elle sort sa tablette et pianote avant de me répondre.
— Vous avez rendez-vous avec les investisseurs demain à 10 h. Puis une interview pour le magazine de mode à 14 h.
D’un geste de la main, je la congédie sans prendre le temps de lui adresser un regard.
Ma journée se termine enfin, il est 18 h quand mon téléphone émet une vibration, m’informant de l’arrivée d’un SMS.
Lucy : Coucou, mon p’tit Chamallow. J’ai pas les gosses ce soir, ils sont chez ma mère et Mike a une réunion. Soirée filles ?
Lucy, ma meilleure amie. Elle parvient à me décrocher un petit sourire. Après tout, ça me fera du bien de décompresser un peu.
Maëva : Retrouve-moi à l’appart dans 1 h !
Je fourre l’appareil dans mon sac et quitte les bureaux, fatiguée. Mes journées sont un cycle sans fin, mais c’est ainsi que je maintiens l’excellence de mon entreprise. Mon père a pris sa retraite il y a deux ans. Alors que je ne m’y attendais pas, il m’a promue au poste de PDG de Gotham Stylism, n’en déplaise à son ancienne directrice, qui n’a pas supporté l’humiliation et a quitté nos locaux pour monter son empire. Je dois bien avouer qu’elle le tient d’une main de maître et me donne du fil à retordre.
19 h, j’accueille Lucy, un immense sourire sur son visage rond, elle m’enlace et embrasse ma joue bruyamment.
— Comment va mon p’tit Chamallow ?
— Arrête de m’appeler ainsi, c’est trop…
— Trop toi !
Je fronce les sourcils.
— Oh je t’en prie, t’es une vraie guimauve, et arrête de faire cette tête, tu vas choper des rides ! À 34 ans, ce serait malheureux.
Elle ne me laisse pas le temps de répliquer qu’elle disparaît dans la cuisine.
Je l’entends ouvrir les placards, sortir des verres et déboucher la bouteille.
— Alors, comment ça se passe au boulot ? demande-t-elle en nous servant.
Je m’assieds sur mon canapé, prenant le verre qu’elle me tend.
— Comme d’habitude, c’est une pression constante, commencé-je déjà exaspérée rien qu’à l’idée de raconter ma journée. Les directeurs de création n’ont aucune vision, l’équipe marketing est en perte de vitesse, et je dois tout gérer moi-même. Ils ne comprennent pas l’exigence du marché. C’est épuisant.
Lucy sirote son vin tranquillement et semble réfléchir.
— Tu devrais peut-être leur donner un peu plus de marge. Ils pourraient te surprendre, tu sais.
J’écarquille les yeux. Elle n’est pas sérieuse ? Si ?
— Impossible, répliqué-je en secouant la tête. Si je lâche un peu la bride, tout va s’effondrer.
Elle sourit doucement.
— Maëva, tu portes un fardeau énorme sur tes épaules. Depuis que ton père est parti, tu cherches à lui prouver que tu peux tout gérer toute seule. Tu dois apprendre à déléguer et à faire confiance. Sors un peu, détends-toi. Envoie-toi en l’air !
Je manque de m’étrangler en avalant de travers.
— Que… quoi ?!
Lucy pose sa main sur la mienne et sourit.
— Tu as très bien entendu, sors, rencontre du monde, drague une jolie nana et pas une assistante que tu vas mener à la baguette, non, inverse les rôles. Choisis une femme avec de la prestance, une dominante, et ramène-la chez toi pour une folle nuit. Je t’assure que ça va te faire un bien fou.
— T’es dingue !
— Peut-être, mais regarde-moi. J’ai beau avoir deux petits monstres que j’aime plus que tout et qui m’épuisent, j’ai un mari qui me fait grimper aux rideaux et…
— Oh non, pitié, la supplié-je en plaquant ma main sur sa bouche.
Nous éclatons de rire et terminons la soirée sur des notes plus légères, jusqu’à ce que Lucy rentre chez elle et me laisse à mes songes.
Sortir… lâcher prise… m’envoyer en l’air…
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