Chapitre 1 — Prologue
- Prologue
- 🔒 Chapitre 1
Rhapsodies pour un amour · Kadyan
Lire Rhapsodies pour un amour en ligne gratuitement Prologue
Vues : 2 500 vues
Londres, 2000
Thea regarda autour d’elle et observa le petit jardin encore très bien entretenu. Tout était si familier, et pourtant si différent. Une douleur enchâssa son cœur. Chaque fois qu’elle venait ici, elle voyait de nouvelles plantes dans ce petit bout de terre. La propriétaire aimait tellement son jardin. Aujourd’hui, les magnifiques roses étaient en fleurs et, à part elle, personne n’était là pour les admirer.
Elle utilisa sa clé pour ouvrir la porte de la petite maison en brique. À l’intérieur, l’odeur de renfermé la prit à la gorge. Personne n’était venu ici depuis trois semaines. Pas même sa mère… Sa mère. Thea soupira.
Quelle surprise chez l’avocat hier ! Son père, habituellement si stoïque, n’avait pas pu s’empêcher de regarder sa femme et de demander lui aussi des explications. Sa grand-mère Dorothy était morte, mais elle n’était même pas sa grand-mère, elle était sa grand-tante. Pourquoi avaient-elles fait ça ? Toutes les deux. Pourquoi avaient-elles laissé croire à tout le monde qu’elles étaient mère et fille ? Ce n’était pas logique, mais sa mère se refusait à parler.
Thea se promenait tranquillement dans la maison, regardant les papiers peints démodés, les tableaux, les meubles. Tout était vieux, rien n’avait changé depuis sa naissance trente ans auparavant. Elle se souvint des discussions de ses parents, qui essayaient de convaincre « Mamie » qu’une rénovation était nécessaire parce que la dernière fois qu’elle en avait fait une légère, c’était « quand Thea était née ». Mais « Mamie » ne voulait rien entendre. Elle aimait son intérieur tel qu’il était. C’était chez elle après tout.
Chaque fois qu’elle y entrait, Thea avait l’illusion de traverser le temps et de retourner dans les années 30. Cependant, aujourd’hui était très différent. Aujourd’hui, elle voyait les choses avec des yeux d’adulte. Elle avait aimé sa grand-mère et se sentait trahie. Pourquoi ces mensonges ? Qu’avaient-elles à cacher ? Toutes les deux, des menteuses.
Elle avait à peine ouvert la moitié des fenêtres afin de laisser entrer l’air frais que la sonnette retentit. Un immense sourire aux lèvres, le cœur battant plus vite, Thea se précipita vers la porte d’entrée.
Devant elle, une femme blonde, grande et mince, se tenait debout en jean et sweat-shirt. Des yeux bleus pétillants, heureux, la parcoururent de la tête au pied, la faisant frissonner de plaisir.
— Pat ! Finalement.
Thea la serra dans ses bras pour l’accueillir.
— Enfin. Ça fait une éternité que je ne t’ai pas vue.
Les deux femmes restèrent presque une minute entière à s’étreindre.
— Oh, Thea, mon amour, tu as raison, cela fait bien trop longtemps. Nous ne pouvons pas continuer à nous rencontrer à la sauvette.
En entendant cet accent australien familier qu’elle adorait, les larmes envahirent les yeux de Thea.
— Ça va changer, je te le garantis. J’ai de grandes nouvelles. Entre. Tu ne veux pas que les voisins commencent à faire des commérages.
Pat éclata de rire. Thea lui prit la main et l’entraîna à l’intérieur de la maison.
— Sommes-nous seules ? murmura une voix près de son oreille dès qu’elles furent à l’abri des regards indiscrets.
Thea pouvait sentir le souffle chaud sur son cou.
— Oui, répondit-elle à voix basse, verrouillant soigneusement la serrure.
Les lèvres de Pat furent immédiatement sur les siennes, la pressant contre la porte. Thea se sentit transportée. Cela faisait si longtemps qu’elles n’avaient pas pu faire l’amour, elles n’allaient pas rater cette trop belle occasion. Baiser, toucher… langue contre langue. Elle pouvait sentir les mains de Pat sur ses hanches, et elle voulait arracher leurs vêtements. Thea avait besoin de peau contre peau, maintenant. Pourtant elle se força à se contrôler. Trop de rencontres rapides comme celle-ci au cours des derniers mois l’avaient frustrée. Mais c’était terminé. Aujourd’hui, Thea prendrait son temps.
— Attends. Suis-moi. Nous ne sommes pas pressées cette fois-ci.
Entraînant Pat dans le couloir, Thea ouvrit la dernière porte sur la droite, celle de la chambre de sa grand-tante, et attira sa bien-aimée à l’intérieur. Percevant des lèvres douces dans son cou, Thea ne résista pas et ferma les yeux.
— Je n’aurai pas besoin de temps… pour jouir, dit Pat, haletante. J’y suis presque déjà. Rien que de te voir dans ton jean moulant. Tu es si sexy…
Thea se mit à rire. Oh, cette femme lui avait tellement manqué.
— Depuis ce matin, je fantasme sur toi, nue sur ce lit, dit-elle, les mains glissant sous le t-shirt noir de Pat.
Elle se fichait que ce soit le lit de sa grand-mère ou de sa grand-tante, elle voulait juste faire l’amour sans personne pour les déranger.
Les vêtements volèrent partout en quelques secondes. Enfin nues, seules, et avec un grand lit. Pat poussa immédiatement Thea sur le matelas et la chevaucha. Son sang bouillait dans ses veines, les bouts de ses doigts picotaient de toucher la peau douce. Les yeux gris-vert confiants la regardaient, attendant, désirant. Elle hésita presque… presque, mais pas vraiment. Le pur plaisir de pouvoir enfin caresser le doux velours de cette peau adorée lui donnait des frissons dans tout le corps. La bouche sèche, Pat s’empressa de découvrir à nouveau cette femme magnifique.
— Tu es si belle, murmura-t-elle, cela fait beaucoup trop longtemps.
Lentement, sa main plongea dans l’épaisse chevelure brune. Une jouissance infinie. Elle ne résista pas davantage.
***
— Nous devons arrêter de nous retrouver comme ça, furtivement. J’ai envie de plus de temps avec toi. Il doit bien y avoir une solution, susurra Pat, sa joue sur l’épaule chaude.
Dessinant des arabesques, elle caressait doucement le ventre de Thea. Ces brèves rencontres la rendaient folle. Le plus souvent, elles se rejoignaient dans une salle de stockage de l’hôpital ou, lorsque leur emploi du temps correspondait, dans la chambre de l’une ou de l’autre, mais c’était compliqué et elle était de plus en plus frustrée.
Des doigts saisirent sa main, l’attirèrent jusqu’aux lèvres les plus douces qu’elle ait jamais goûtées. Elle était tellement amoureuse de cette belle femme, cela faisait mal. Pourquoi était-ce si difficile de vivre ensemble ? Elles étaient toutes les deux adultes, avaient un travail. Mais les loyers de Londres étaient hors de prix et chacune partageait déjà un appartement avec des amis ou des collègues lorsqu’elles s’étaient rencontrées un an auparavant.
— Je suis d’accord.
Thea embrassa la main, glissa sa langue le long du bras, mordant la peau douce, jusqu’à son but final : les magnifiques lèvres veloutées.
— J’ai la solution parfaite, continua-t-elle sans suspendre un instant ses actions.
Pat ouvrit la bouche, accueillant cette langue agile, approfondissant le baiser. Mon Dieu, elle oubliait tout quand elles étaient ensemble. Sentant le désir envahir à nouveau son ventre, elle ferma les yeux et apprécia le voyage. Elle en voulait plus, toujours plus. Alors qu’elle commençait à masser doucement les belles fesses de Thea, elle la sentit glisser hors du lit, loin d’elle.
— Tu ne veux pas savoir ? demanda Thea, joueuse.
Dépitée que sa proie lui échappe, Pat croisa les bras sur sa poitrine et, tout en lorgnant sa petite amie qui attendait devant elle, entra dans le jeu.
— Je t’écoute. Quelle est ta parfaite solution ?
Thea sourit. Elle montra de la main les murs qui les entouraient.
— Ça.
Pat fronça les sourcils. Elle regarda le papier peint délavé, les cadres désuets, les meubles anciens, mais elle ne comprenait pas. Quel était le lien entre cette vieille maison et elles ?
— Ma grand-tante m’a laissé sa maison.
— Quoi ? Bon sang… !
Pat n’arrivait pas à y croire.
— Attends une minute. Tu as dit grand-tante ? Je pensais que c’était ta grand-mère qui habitait ici.
— Moi aussi. J’ai pris un gros choc quand le notaire a ouvert le testament et a commencé à parler de la nièce, de la petite-nièce. La seule personne qui n’a pas bronché, bien sûr, a été ma mère. Même mon père a réagi comme moi. Elle savait parfaitement que Dorothy Baker n’était pas sa mère et, maintenant, elle refuse de nous dire pourquoi elles ont toujours menti toutes les deux. Pour faire court, la baraque est mienne, mais je ne sais pas pourquoi ma grand-tante me l’a laissée à moi. Le notaire n’en savait pas plus ou alors, il avait reçu instruction de ne rien dire.
Pat intégra toutes les informations rapidement. Pour une surprise, c’était une surprise, mais, après tout, il ne s’agissait pas de sa famille.
— Je suis étonnée que ta mère n’ait pas hérité de la maison. Si je me souviens de ce que tu m’as dit, je pensais qu’elles étaient proches.
Regardant autour d’elle, Thea réfléchissait à la relation entre sa grand-tante et sa mère. Finalement, elle secoua la tête.
— Je ne considère pas qu’elles étaient si proches que ça. Ma mère faisait son devoir et passait une fois par mois pour vérifier comment elle allait. Mais, maintenant que je vois les choses sous un autre jour, je ne me souviens pas d’une réelle affection entre elles, du moins de la part de ma mère. Je comprends pourquoi elle ne l’appelait jamais maman. Elle utilisait « Mamie », le même mot que moi. Je pensais que c’était pour mon bien. J’avais tellement tort.
Des bras puissants enlacèrent Thea par-derrière. Elle ferma les yeux, laissant l’amour entre elles l’envahir. Elle en avait besoin. Elle n’avait pas réalisé jusqu’à ce moment à quel point elle avait été bouleversée par cette révélation.
— Nous pouvons vivre ici ensemble ou nous pouvons vendre la maison et acheter quelque chose d’autre pour nous, seulement nous. Qu’est-ce que tu en penses ?
Surprise, Pat observa autour d’elle. Son regard suivit le vieux papier peint, les meubles, le lit – un sourire étira ses lèvres – et la décoration. Cette chambre était belle avec son charme rétro.
— Il n’y a pas d’urgence à se décider, non. Nous pouvons prendre le temps de fouiner un peu. Peut-être que si ta mère ne parle pas, ta grand-tante le fera.
Des yeux gris-vert déconcertés fixèrent Pat. Thea ne comprenait pas. Sa grand-tante était morte. Comment pourrait-elle parler ?
Pat se moqua gentiment d’elle.
— Toutes les personnes âgées que je connais ont leur jardin secret. Ma grand-mère me l’a expliqué quand mon arrière-grand-mère est morte et elle m’a raconté son histoire, sa vie dans la brousse en tant que cantinière. Je suis certaine qu’il y a des lettres ou des papiers quelque part dans cette maison pour expliquer l’histoire de ta grand-tante et de ta mère. Nous devons juste les trouver.
Thea ouvrit le premier tiroir rempli de sous-vêtements. Et le referma. Alors qu’elle ouvrait le deuxième, un sourire espiègle joua sur son visage.
— Peut-être pas ici, mais dans son bureau, si elle en avait un, concéda Pat, amusée de l’attitude de son amante.
— Tu es un génie, mon amour. Mais regarde ce que je viens de trouver. Un autre secret de tantine Dorothy ?
Thea déplia rapidement le peignoir en soie rouge et le passa sur ses épaules. Elle virevolta, laissant Pat admirer le magnifique dragon dans son dos.
— Ouaou. Définitivement pas britannique du tout. Ta tantine cachait bien des choses.
— Tiens, celui-là est pour toi. Il ira bien avec la couleur de tes yeux.
Thea lui lança un pyjama bleu clair d’un bel aspect velouté qui incitait aux caresses. Pat s’en vêtit immédiatement. Toute de soie couverte, elle était irrésistible et Théa sauta dans ses bras.
Appréciant la sensation de leurs lèvres se frôlant, elle se perdit dans ce merveilleux baiser, lent, si lent.
Se reprenant juste avant de finir à nouveau sur le lit, Thea attrapa la main de sa petite amie et l’entraîna hors de la chambre.
— Ma grand-tante n’avait pas de vrai bureau, mais une jolie petite pièce douillette, son boudoir, comme elle l’appelait. Elle y passait tout son temps.
Les deux femmes, main dans la main, se précipitèrent en courant dans le couloir et, à la dernière minute, Thea tourna à gauche. Pat faillit manquer l’entrée de la pièce tellement elle riait en voyant le regard malicieux de son amante. Elle savait que Thea adorait les livres policiers, alors avoir un mystère dans sa propre famille et la possibilité de le découvrir était une tentation irrésistible.
— Ne te fais pas trop d’illusions. Cela peut prendre quelques jours avant que nous trouvions sa cachette si elle n’est pas dans cette pièce. La maison n’est pas grande, mais elle doit être pleine de recoins et de tiroirs secrets.
Entendant ces mots, Thea se dirigea directement vers le secrétaire et ouvrit le premier tiroir. Des stylos, des crayons, un ciseau… Pat riait aux éclats devant tant d’enthousiasme.
— Tout doit être dans cet endroit. Je le sens. Nous devons vérifier tous les meubles.
Le deuxième tiroir était rempli de papiers à lettres divers.
— Peut-être que tu pourras donner certaines choses à une association caritative ? suggéra Pat alors qu’elle regardait les tableaux représentant des paysages divers et variés.
Plusieurs styles se côtoyaient, mais un tableau l’intriguait. Elle reconnut une vue du port de Singapour pour y avoir été plusieurs fois avant de venir en Angleterre pour ses études.
— Bonne idée. Dès que nous aurons mis tous les secrets à jour.
Alors que Thea fouillait le secrétaire, Pat fut attirée par la vieille armoire. Le travail artisanal était une pure merveille. Ce vieux meuble lui rappelait celui de la maison de ses grands-parents. Elle adorait y plonger afin de sentir l’odeur de cire, puis découvrir les boîtes remplies de tant de choses mystérieuses pour l’enfant qu’elle était. Elle essaya d’ouvrir l’armoire, mais les portes étaient verrouillées et aucune clé n’était visible.
— As-tu la clé de l’armoire ?
Thea arrêta ce qu’elle faisait et regarda Pat en se frottant la tête.
— Elle doit être quelque part à l’intérieur d’un de ces tiroirs, si je me souviens bien. Je n’ai jamais été autorisée à l’ouvrir moi-même. Attends une seconde.
Elle tira le premier tiroir, farfouilla un instant et, avec un sourire de victoire, souleva la clé en l’air.
— Et voilou ! Je savais que je l’avais vue.
Elle la tendit à Pat. Toutes les deux échangèrent un regard complice. Thea était impatiente, cependant, elle voulait inclure son amoureuse dans cette recherche de la vérité. Le doux sourire de connivence de Pat fut sa récompense.
La laissant prendre les devants, Thea, attentive, resta derrière elle. Qu’y avait-il dans cette armoire ? Pourquoi sa grand-mère, non, sa grand-tante, la gardait-elle verrouillée ?
Avec révérence pour l’ancienneté du meuble, Pat inséra la clé puis l’ouvrit. Les vieilles portes grincèrent.
À l’intérieur, un trésor attendait. Thea en était certaine. Elle pouvait le sentir sur le bout de sa langue.
— Des boîtes ? s’exclama-t-elle, un peu déçue en parcourant du regard les rayonnages.
Pat sourit, ses yeux pétillèrent. Que son amante était impatiente !
— Pas seulement des boîtes, la vie de ta grand-tante. Lis.
Chaque boîte avait une étiquette expliquant son contenu.
— Ta grand-tante était bien organisée. Factures, impôts, photos, tissus, fils, lettres…, énuméra Pat.
Des photos ? Des lettres ? De qui ? Dans ses souvenirs, sa grand-tante menait une vie très solitaire.
— Prends les boîtes marquées lettres et photos, dit Thea soudain très excitée. Je ne l’ai jamais vue avec un ou une amie. Elle ne parlait jamais de personne.
— Penses-tu qu’elle avait une vie mystérieuse ? Une liaison torride ? plaisanta Pat. Cela expliquerait le peignoir et le pyjama.
— Un amant ? Tu plaisantes ? Je sais que son mari a été tué en France pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’elle ne s’est jamais remariée.
— Donc elle a perdu l’amour de sa vie pendant la guerre. Quel âge avait-elle à l’époque ?
— Elle est née en 1920, le 6 mars si je me souviens bien, Thea réfléchit quelques secondes avant d’ajouter : « Tu as peut-être raison. Elle avait vingt ans quand notre armée a été prise au piège à Dunkerque. Et vingt-cinq ans quand ma mère est née. Elle n’a jamais parlé de lui ni d’aucun autre amant. »
Après avoir posé les deux boîtes sur le sol, Pat ôta le couvercle et commença à fouiller dans les lettres pendant que Thea, un peu perdue, la regardait. Les enveloppes étaient toutes dans l’ordre chronologique. Elle attrapa la dernière.
— Celle-ci vient de Singapour, elle est datée de six mois.
— Singapour ? Ma grand-tante connaissait quelqu’un qui vit à Singapour ? Tu plaisantes ?
Pat sortit doucement le papier du courrier. Deux feuilles blanches avec une écriture très nette.
— Ma chère sœur…
— Sœur ? Ma grand-tante avait une sœur ? Qui vit à Singapour ?
— Peut-être que cette lettre provient de ta vraie grand-mère. C’est signé Evelyn.
Toujours sous le choc, Thea attrapa les feuillets tendus dans sa direction, alors qu’intriguée, Pat s’emparait de la première enveloppe de la boîte.
— Celle-ci a été postée à Southampton, datée du 24 avril 1938. De la même personne.
— Elles sont toutes d’Evelyn ? demanda Thea tout en vérifiant les dates sur les timbres.
Rapidement, Pat parcourut plusieurs lettres tout en prenant soin de ne pas déclasser les enveloppes.
— À l’exception de la première, la plupart d’entre elles semblent provenir de Singapour, avec la même écriture.
Stupéfaite, Thea fut prise un instant dans un maelstrom de questions. Pourrait-il s’agir de sa vraie grand-mère ? Avaient-elles déjà trouvé le secret caché ? Elle s’exclama :
— Nous devons les lire toutes.
— Tu veux faire ça maintenant ? s’étonna Pat. Tu n’as pas une répétition avec ton groupe ce soir ?
Thea secoua la tête tout en observant les enveloppes parfaitement rangées. Le visage grave, elle soupira.
— Notre contrat avec le cabaret est terminé et le manager n’a pas voulu le renouveler. Il veut changer de style. Il paraît que le jazz n’attire plus.
— Je suis désolée, murmura Pat en serrant son amante dans ses bras.
Pour avoir assisté aux spectacles plusieurs fois lorsqu’elle n’était pas d’astreinte, elle connaissait l’importance de cette représentation par semaine pour Thea et son groupe. Et puis, elle adorait la voix rauque de Thea, sa façon sensuelle de porter les robes des années cinquante.
— Les gars cherchent un autre contrat. En attendant, nous avons décidé de faire une pause. Donc nous avons le week-end pour faire l’amour et plonger dans le secret de ma grand-tante.
Désignant la petite boîte sur le côté de laquelle était écrit Photos, Thea souleva le couvercle. Quatre albums l’attendaient à l’intérieur. Excitée, elle lut les titres à voix haute :
— Jusqu’en 1920, 1921-1955, 1956-1970, 1971 à maintenant
Elle attrapa le deuxième, celui qui correspondait à la date de la première lettre, afin de l’ouvrir. Embarrassée par son poids, elle le posa sur le secrétaire, puis regarda autour d’elle. Pour ce qu’elles voulaient faire, il leur fallait être à l’aise.
— Je suggère d’utiliser la table de la salle à manger afin d’avoir plus de place. Nous pourrons nous étaler.
— Bonne idée. J’y porte la boîte de lettres.
Thea vola un autre baiser rapide à son amoureuse.
— Pour te motiver, ajouta-t-elle.
Pat rit et, les bras chargés, quitta le boudoir.
Une fois les boîtes sur la table, Thea, assise à côté de Pat, hésita. Elle était un peu anxieuse à l’idée de fouiller dans le passé de sa grand-tante. Et si elle découvrait un secret déplaisant ?
— Comment veux-tu commencer ? demanda-t-elle.
— Depuis le début ?
Le sourire espiègle de Pat fit rire Thea. Elle aimait tant cette femme si pragmatique.
— Oui, bien sûr, pourquoi n’y ai-je pas pensé ? Vas-y, mon amour.
Pat n’hésita pas, elle, et attrapa la première lettre alors que Thea ouvrait les albums de photos bien classés. Le portrait noir et blanc d’une belle jeune femme blonde aux yeux clairs attira son regard.
Curieuse de la suite ?
Continue à lire ou découvre où acheter « Rhapsodies pour un amour » en entier.
Voir où lire la suite →
Commentaires (0)
Connecte-toi ou crée un compte pour laisser un commentaire.
Aucun commentaire pour le moment. Sois la première à en laisser un.