Chapitre 1 — 1 Arya Highnam
- 1 Arya Highnam
- 🔒 2 Newel Noyal
- 🔒 3 Arya Highnam
River-Valley : École de magie · Lou Jazz & Cherylin A. Nash
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Plus que deux ans à faire dans cette foutue École de Magie de River-Valley. Je comprends la raison pour laquelle mes parents ont souhaité que j’intègre cet établissement, mais ce n’est vraiment pas comme je l’avais imaginé. Je me réjouissais déjà à l’idée de ne plus faire partie de la catégorie des monstres assoiffés de sang…
Pfiou, la réalité est tout autre. J’admets que certains professeurs essaient d’y mettre de la bonne volonté, mais il y a beaucoup de disparités entre les sorciers et ceux qui ne le sont pas.
Heureusement qu’il y a les hybrides, certains sont très cool, même si d’autres sont de vrais connards élitistes. Ceux-là pensent être la race supérieure par excellence. Comme ils cumulent l’aspect sorcier et loup-garou, ils se croient surpuissants !
Mes rêves d’unification d’enfant ont fait place à la dure réalité du monde adulte. Moi qui ai vécu avec ma tante toute ma vie, le changement a été brutal. Cela dit, si j’obtiens mon diplôme, elle sera fière de moi. Bien évidemment, je suis nulle pour tout ce qui concerne la magie. Les cours sont difficiles pour moi qui n’avais jamais tenu un cahier de potions avant d’arriver ici. Bien qu’elle coule dans mon sang, je suis une catastrophe quand il s’agit de sortilèges.
Le corps enseignant essaie au maximum de tous nous mélanger pour créer une certaine cohésion. Mais ça, c’est surtout pour les comptes à rendre sur le papier. Dans la vie de tous les jours, ce n’est pas aussi facile. Déjà, il y a des cours uniquement pour les sorciers et d’autres spécifiques aux hybrides. Les loups et les hybrides ont également des cours partagés que les sorciers ne suivent pas. Il n’y a bien que les sang-mêlé qui s’en sortent sur les deux tableaux. D’ailleurs, ça ne plaît pas à tout le monde. Au détour de couloirs, j’ai parfois entendu des mages parler d’eux comme des « bâtards » ou des « sangs impurs ».
Les hybrides sont considérés comme des menaces par certains et des opportunistes par d’autres. Ça c’est sûr qu’ils prennent cher, ceux qui sont des deux côtés de la barrière. Certains loups les détestent particulièrement et les tensions dans les dortoirs s’en ressentent. Pour ma part, je n’ai rien contre eux. Tant qu’ils restent dans leur coin, je continue mon petit bonhomme de chemin.
Dans la voiture de ma tante, je regarde le paysage défiler sous mes yeux.
— Arya, tu vas bien ?
Je tourne la tête vers la femme à côté de moi. Doli Highnam, trente ans, célibataire, sans enfant. Enfin, à part moi. Elle est ma tutrice légale, sans cesse à s’inquiéter le jour avant la rentrée officielle. Je lui souris, elle a dû sentir mon trouble. Je devrais faire plus attention. Ses yeux se mettent soudain à briller de cette petite lueur jaune que je lui ai toujours connue.
— Impec.
— Je sais que tu n’apprécies pas cette école, ma puce, mais c’était le souhait de tes parents que tu y suives les cours. Dis-toi qu’après ça tu pourras faire tout ce dont tu as envie.
— Je sais Doli, mais je t’assure que je vais bien.
La berline arrive à proximité du parking des visiteurs. Une fois là, tout le monde descend. C’est le terminus. On doit se contenter de faire le reste du chemin à pied. Ma tante se gare près des pins forestiers et me prend le bras rapidement.
Surprise, je me tourne vers elle. Je perçois toutes ses émotions. Doli est le genre de personne à en ressentir une multitude en même temps. Elle peut parfois passer de la joie à la tristesse en même pas trente secondes. Ses mains s’accrochent soudain à mon cou et elle m’offre une étreinte puissante. Au creux de mon oreille, elle me confie :
— Je suis si fière de toi, mon poussin.
Je lève les yeux au ciel. Ma tante trouve toujours des surnoms plus ridicules les uns que les autres. Je ne dis rien parce que je sais que ça lui fait plaisir, mais bon, je n’ai plus douze ans quand même. Brièvement, je lui rends son câlin et elle recule. Doli s’essuie rapidement son visage et me sourit à présent. J’essaie de la rassurer :
— Tu sais, les vacances sont dans trois mois. Ça va passer très vite.
— C’est moi qui suis censée te dire ça, mon bouchon.
Je hausse les épaules et ouvre la portière pour sortir. Aussitôt dehors, les odeurs de la nature environnante saturent mes narines d’effluves. Je ferme les yeux et respire profondément. Au moins, l’école est entourée de forêt. Ça, c’est vraiment super cool.
Je contourne la voiture et vais jusqu’au coffre. Dans mon dos, je perçois les brouhahas habituels. Heureusement, le second cycle de l’établissement est réglé comme du papier à musique. Les premières et les secondes années arrivent d’abord, pour qu’elles puissent se familiariser avec les lieux sans être trop impressionnées par les plus grands. Ensuite viennent les troisièmes et les quatrièmes, et pour finir les cinquièmes et sixièmes années.
Les sorciers, eux, rejoignent River-Valley directement par l’autre entrée, celle réservée à ceux qui peuvent se téléporter par leurs dons ou tout simplement avec un sortilège. Donc en clair, ici il n’y a que les loups et certains hybrides qui ne sont pas assez évolués en magie.
J’attrape mon grand sac sous le regard de ma tante. Oh, par pitié, j’aimerais bien que cette année elle ne se mette pas à pleurer. Dès que j’ai enfilé mon bagage sur le dos, je me tourne vers elle. Elle sait bien que je n’approuve pas les marques d’affection en public, mais à cet instant, elle en a besoin bien plus que moi. Je secoue la tête de droite à gauche et la prends vivement contre moi à nouveau. Je ressens sa tristesse et c’est vraiment désagréable. Elle ne fait pas exprès, mais je n’aime pas ça. Je lui dis encore :
— Ça va aller, Doli, juste trois petits mois.
— Je sais, je sais, Arya.
Quand je suis sûre qu’elle se sent mieux, je recule. Une nouvelle fois, ses yeux brillent. Lorsqu’elle est triste, ma tante a cette réaction. Dès qu’une émotion trop forte nous submerge, nos iris se mettent à luire. Pour certains c’est la colère, pour d’autres l’attirance. Doli me fait un bisou rapide sur le front et me dit :
— Vas-y.
Cette fois, je me retourne et marche vers l’entrée. Je perçois les émotions de ma tante et, d’un coup, plus rien. J’entends sa voiture démarrer et ses pneus crisser sur les graviers. Tous les ans depuis onze ans maintenant c’est pareil. Elle gère vraiment très mal la séparation. Sûrement parce que de son temps, comme elle le dit souvent, ça ne se passait pas comme ça.
L’École de Magie a trois grands pôles d’éducation : celui des tout-petits de six à douze ans, le second cycle des treize à dix-huit et le troisième qui lui est optionnel pour les dix-huit et plus.
Tout autour de moi, de jeunes gens se retrouvent. Ils sont contents. Filles ou garçons, je perçois leur joie. D’ailleurs, il y en a qui sont même plus que ça. Il y a des couples qui se forment. Beaucoup d’iris s’illuminent ici et là. En fait, cette école c’est presque comme une immense agence matrimoniale. Je ne suis pas sûre que l’Ordre de la Magie l’ait bien pris comme ça, et pourtant. Grâce à l’ouverture des esprits, certains couples dont l’union était formellement interdite par le passé voient le jour à présent.
L’année dernière en plein repas, je mangeais tranquillement à l’écart, ma musique dans les oreilles, quand une imprégnation a eu lieu. Je n’étais d’ailleurs pas la seule. Toute la salle de réception a assisté à l’échange. C’était vraiment épique ! Il y a pourtant des règles très strictes sur les comportements dans l’enceinte de l’école.
Du côté des sorciers, ils ont du mal à admettre que les loups puissent comme ça, tomber amoureux d’une personne, et ce pour la vie. Heureusement pour les concernés, le jeune couple était composé d’une hybride et d’un loup-garou. Je me demande ce qu’il se passerait si l’un d’eux se faisait prendre dans les filets d’une sorcière. Oh, évidemment, cela a déjà dû arriver, mais si c’est le cas, je n’en ai jamais entendu parler.
Je finis par me saisir de mes écouteurs pour me les pousser dans les oreilles. J’ai vraiment du mal à supporter les jacassements incessants. Le son à fond, j’enfonce mon bonnet sur la tête. Je crois qu’en deuxième place, ce que je déteste le plus ce sont les uniformes. Encore une idée à la con pour créer une cohésion et une égalité entre tous. Sauf que, encore une fois, ça ne fonctionne pas vraiment. Les loups ont un excellent odorat et les mages ont une fragrance particulière, tout comme les sang-mêlé d’ailleurs.
Traversant les allées boisées du parc de l’école, j’aperçois l’immense édifice et ses nombreuses tours visibles au loin. Malgré le son de la musique, j’entends plusieurs pas à ma hauteur. Je tourne la tête pour découvrir un groupe de filles qui arrive vers moi. Je sais déjà que ce sont des sorcières, il n’y a qu’à les voir agir comme si le lieu leur appartenait. Vivement, la dernière année.
Plusieurs d’entre elles m’observent, mais je n’en fais pas cas et continue d’avancer. Je pousse le volume plus fort dans mes écouteurs et me concentre sur la musique qui résonne dans mes oreilles. Comme tous les ans depuis cinq ans maintenant, je me dirige vers les grandes portes.
Il commence à y avoir bien plus de monde ici, je n’aime pas ça. J’arrive plus ou moins à passer inaperçue. Quelques loups se tournent à ma venue et me saluent de la tête. Je partage certains cours avec eux. J’atteins finalement la liste de répartition des chambres. Pourvu que je ne sois pas avec des filles hystériques, par pitié.
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Commentaires (2)
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J'apprécie le fait d'avoir le point de vue de plusieurs personnages, ça peut donner quelque chose d'intéressant.
École fantasy lesbien ? J'achète !