🧪 Aperçu desktop en essai — visible uniquement dans ton navigateur · désactiver
Ton livre sur Lez Fix ?
📖 Extrait gratuit — Gina (début)
Ce livre vous plaît ? 🌐 Site officiel Acheter sur Amazon

Gina, une Cage un seul vainqueur · Kyrian Malone , Jamie Leigh

Lire Gina, une Cage un seul vainqueur en ligne gratuitement Gina (début)

Vues : 11 656 vues

Le bâtiment se dressait telle une barricade avant l’immensité du désert sablonneux, à la limite de la ville plantée au beau milieu de nulle part dans le Nevada. Placardées sur la taule, au-dessus d’une porte d’entrée aussi accueillante que celle d’une prison, de grandes lettres salies par le climat et le temps appelaient les personnes en manque d’exercice et disaient : « BOXING, MMA, GYM ». Le vent chaud soufflait quelques bourrasques de sable, amenant les bruits incessants du centre-ville à quelques pâtés de maisons de là. Las Vegas, la ville du pêché par excellence, où tous les vices se retrouvent confinés dans un seul périmètre de 340 km carrés seulement.

Gina Cortese ne s’y trouvait pas pour les casinos, l’appât du gain ou les boîtes de strip-tease, mais parce qu’elle n’avait nul autre endroit où poser son unique sac. Las Vegas l’avait attirée comme une bouteille de whisky placée devant les yeux d’un alcoolique. Poser le pied sur le territoire américain et ne pas rejoindre Las Vegas lui avait été inenvisageable. Ses poches vides ne devaient contenir que trois ou quatre billets de dix pas plus et ils étaient tout l’argent qui lui restait pour vivre. Le ticket de bus qui l’avait amenée de New York jusqu’ici avait eu raison de ses maigres économies, mais elle se trouvait là, devant la porte du bâtiment et c’était tout ce qui comptait pour l’instant. Les yeux plissés sous le vent chaud et sablonneux, elle inspecta le quartier autour d’elle, moins attrayant que le Strip, oppressé par la température torride du désert environnant. En quelques pas, elle rejoignit la porte et la poussa sans plus hésiter une seconde. Un souffle frais, climatisé, lui fouetta le visage avant de respirer un air alourdi par des odeurs de transpiration, de poussière et de plastique humidifié par les efforts. Des senteurs familières qui la renvoyèrent à des milliers de kilomètres de là. La porte se referma d’elle-même après son passage, repoussant la lumière intense du soleil du Nevada. À l’intérieur de la grande salle, la pénombre gardait la fraîcheur avec elle, blottie entre ses murs et ses poutrelles de taule. En son centre, un ring se dressait, délimité par ses trois cordes, sur lequel se battaient deux hommes. Autour, des machines de musculations, des tapis, des sacs, des poires, des bancs occupaient les trois quarts des lieux. D’autres hommes s’y entraînaient et elle croisa très vite leurs regards curieux, parfois trop insistants pour n’être qu’un simple coup d’œil. Son sac de sport pendu à l’épaule, elle fit quelques pas en direction de ce qui semblait être un bureau d’accueil ou d’inscription. Un vieux store aux lames plastifiées tombait devant une vitre opaque, rendue floue par la poussière des lieux. Arrivée sur le seuil de la porte ouverte, elle frappa malgré tout et posa les yeux sur une jeune femme aux cheveux blonds qui n’avait pas loin de vingt-cinq ou vingt-six ans. Elle fut surprise, certaine de rencontrer un homme beaucoup plus imposant et beaucoup moins charmant.

— Bonjour, fit-elle après une brève pause, j’aimerais voir le gérant…

Parce que Gina savait que cette jeune femme devant elle ne pouvait être la gérante de cette salle d’entraînement. Son allure, même athlétique, contrastait avec l’ambiance masculine et virile des lieux. Gina croisa ses yeux bleus et clairs avant de l’entendre lui répondre :

— Bonjour… Oui, il est dans la salle.

La blonde contourna le bureau et approcha de Gina avant de passer devant elle pour l’accompagner.

— Suivez-moi, ajouta-t-elle.

Gina s’exécuta après avoir détaillé son guide. Elle se demandait ce que cette jeune femme pouvait bien faire dans cette salle. Son expérience lui avait pourtant appris que certaines femmes se mêlaient à ce genre de lieux pour se rincer l’œil. Elle eut rapidement sa réponse quand elle l’entendit interpeler un homme trapu d’une quarantaine d’années bien pesées.

— Papa ? Quelqu’un voudrait te voir.

L’homme se tourna vers sa fille et reporta ses yeux sur Gina qu’il jaugea. En plein entraînement avec un des membres de sa salle, il parut agacé et peu enclin à de longues présentations détaillées.

— Bonjour, l’accueillit-il pourtant, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

Gina avait déjà croisé ce type d’hommes, passionné par leur travail, endurci par l’atmosphère du « milieu », l’intensité de certaines journées. Ses cheveux grisonnants sur le côté témoignaient d’une expérience indéniable autant que ses muscles tendus sous son polo.

— J’aimerais m’entraîner, répondit-elle sans détour.

Le regard du gérant se teinta d’une lueur incrédule et peu réceptive tandis qu’il parcourait la silhouette de Gina.

— Vous entraîner à quoi faire ? demanda-t-il d’un ton peu chaleureux.

Une main posée sur la boucle de son sac, Gina ne fut nullement impressionnée par l’expression défiante et désapprobatrice de cet homme.

— Au combat… J’ai lu que vous faisiez aussi du Mixed-Martial-Arts.

— Mais je n’entraîne pas les femmes d’habitude…

Autour d’eux, certains membres avaient arrêté leurs exercices pour se concentrer sur la conversation entre elle et l’entraîneur. Curieux de savoir ce que cette femme avait à offrir à cette salle. Le gérant passa une main sur sa barbe naissante sans quitter Gina du regard. Il le tourna sur un des hommes qui se tenaient sur le ring et interpela l’un d’entre eux :

— Harris, descends, je te prie…

L’individu ne tarda pas à quitter le ring et le gérant reprit à l’attention de Gina :

— Mais tu peux toujours me montrer ce que tu sais faire, si tu y tiens…

Gina devina qu’il s’agissait d’un défi, d’une provocation destinée à la décourager, à lui prouver qu’elle n’avait pas sa place dans cette salle en tant que femme. Et c’était justement la chose à ne pas faire avec elle. Elle laissa son sac tomber sur le sol, attrapa son petit pull par la capuche pour l’ôter et se pencha sur son sac. À l’intérieur, elle trouva ses gants de frappe, ne couvrant seulement que la moitié des doigts et les enfila avant de répondre :

— Si vous y tenez…

Sans hésiter, elle grimpa sur le ring en passant sous la corde et fit face à l’homme torse-nu qui s’était battu avec l’autre jusqu’à maintenant. Celui-ci sembla incertain quant à la décision de l’entraîneur et lui lança un regard confus avant de recueillir son approbation. Gina ramena ses mains l’une contre l’autre, cala ses gants bien au fond jusqu’à la jointure de ses doigts et se mit en position.

— Vas-y, Mike, annonça le gérant.

L’homme devant Gina n’hésita qu’une malheureuse seconde avant de débuter son attaque. Il tenta un crochet du droit, mais Gina l’évita en sautillant sur elle-même. Son bras gauche partit en direction du visage de l’homme qui le para, mais distrait, ne vit pas son poing droit arriver à pleine puissance. Sa joue fut écrasée sous l’impact et son visage se détourna. Il recula de deux pas, pris par surprise. Vexé, il redoubla d’intensité dans ses mouvements et reprit l’attaque en avançant vers son adversaire féminin. De nouveau, Gina esquiva, para le deuxième, puis le troisième avant de reculer, prendre de l’élan et décocher un coup de pied circulaire qui toucha sa cible à hauteur de cuisse. La béquille douloureuse força l’homme à s’écarter un peu, chancelant. Gina demeura concentrée, les poings rapprochés devant le menton. Cette fois, elle prit la main et attaqua son adversaire en déchaînant deux premiers coups à faible puissance, puis un second coup de pied suivi finalement d’un coup droit et direct en plein visage.

La blonde ne l’avait pas quittée des yeux, de l’instant où l’inconnue s’était adressée à son père, à celui où elle avait débuté le combat. Son regard avait d’abord paru inquiet, puis avait reflété tout son étonnement. D’autres membres du club s’étaient approchés ou avaient simplement arrêté leurs exercices pour regarder ce qui se passait.

— Tu la sors d’où celle-là, JJ ? demanda Tyler, l’une des rares femmes qui venaient s’entraîner régulièrement à la salle.

La concernée, Jennifer que tous appelaient « JJ », garda ses sourcils levés et son regard bleu, hérité de son père, sur la silhouette rapide et agile de la brunette.

— De nulle part, fit-elle. Elle est venue me voir au bureau et voulait parler à Jason.

Ce dernier restait bras croisés, le regard expert sur les mouvements esquissés par la jeune femme. Elle était rapide, précise, sa technique professionnelle. Il voyait Mike s’essouffler, perdre autant de patience que de fierté face à son adversaire. Son poulain avait la vingtaine, considéré comme un poids plume, il l’entraînait depuis plusieurs mois déjà. Après avoir jugé le poids approximatif de la brunette, il s’était dit qu’un combat test contre Mike lui permettrait de voir ce qu’elle avait dans le ventre. Car Jason n’aimait pas perdre son temps, il en allait de sa réputation à Vegas. Il n’entraînait que les meilleurs, les plus performants et résistants. Et à ce qu’il voyait se jouer sur son ring, cette fille venue de nulle part n’était pas une amatrice. Elle maîtrisait les arts martiaux, notamment la boxe thaïlandaise et les coups violents qu’elle infligeait à Mike auraient bientôt raison de lui.

—Ça suffit, ordonna-t-il.

Les deux adversaires se reculèrent l’un de l’autre et quelques mauvaises plaisanteries ou moqueries furent lancées à l’attention de Mike quand des murmures destinés aux performances de la brune s’échangeaient entre membres du club. Jennifer vit son père monter sur le ring et elle croisa à nouveau le regard noisette de la nouvelle dont le front suintait après ce bref combat.

— Comment tu t’appelles ? demanda-t-il.

Gina essuya son front du revers de son bras et souffla un peu avant de répondre. Le combat contre ce Mike l’avait mise à l’épreuve, l’avait forcée à puiser dans ses ressources sans aucun échauffement.

— Gina…

— Quel âge as-tu, Gina ?

— Vingt-quatre…

Elle ôta ses gants puisque le combat était terminé et ramena quelques cheveux rebelles en arrière. Elle voyait l’entraîneur la détailler, la jauger, mais savait que le défi venait d’être relevé haut la main.

— Où as-tu pris à te battre ? demanda-t-il.

— En Europe…

Jason aurait pu deviner cette réponse à l’accent de Gina qui sonnait plus italien qu’américain. Il se demandait qui, là-bas en Italie, pouvait bien entraîner des femmes de cette manière ? En Europe, les combats de femmes étaient moins réputés qu’en Amérique du Nord.

— Je veux bien t’entraîner, Gina, décida-t-il, mais tu vas devoir suivre mon programme et être à l’heure. On verra plus tard pour les compétitions. Pour l’instant, tu vas suivre JJ et remplir ton inscription. Il faudra aussi que tu passes une visite médicale.

Gina avait jeté un œil sur la jeune femme blonde lorsque l’entraîneur avait prononcé le surnom de « JJ ». JJ devait être un diminutif, sûrement les deux initiales de ses prénoms, pensa-t-elle. Elle acquiesça et suivit le gérant hors du ring sous les regards persistants des membres de la salle. Elle rangea ses gants dans son sac qu’elle referma et entendit l’entraîneur s’adresser à sa fille :

— Accompagne-la au bureau et fais-lui remplir nos formulaires.

Gina reprit son sac sur l’épaule tandis que JJ la conduisait jusqu’au bureau où elles s’étaient rencontrées. La présence de la blonde s’expliquait par son lien de parenté avec l’entraîneur, mais quel intérêt JJ trouvait-elle à passer son temps dans cette salle ? Travaillait-elle ici ou aidait-elle seulement son père lors de ses temps libres ? Gina dut écarter ses questions une fois dans le bureau pour se concentrer sur les documents que JJ lui présenta.

— C’est quatre-vingts dollars à l’inscription pour être membre du club et être couvert par nos assurances. Puis trente dollars par mois pour le reste de l’année.

Elle lui tendit un stylo et rappela :

— Il faudra nous amener le certificat médical la prochaine fois que tu viens. Les entraînements MMA sont le mardi, le jeudi et le samedi, sauf quand il y a des matchs. Si tu tiens à venir les autres jours de la semaine, on est ouvert tous les jours.

Gina fronça les sourcils sur cette explication qui ne l’arrangeait pas du tout. Elle baissa les yeux sur sa main qui fouilla dans la poche de son pantalon et n’en sortit que trente-quatre dollars au total. Elle releva les yeux sur JJ et lui tendit tout ce qu’elle avait :

— J’ai que ça pour l’instant… Mais je vous ramènerai le reste dans deux ou trois jours.

Elle trouverait bien le moyen de gagner les quatre-vingts dollars dont elle avait besoin. Parce qu’elle n’avait plus rien à vendre, sa montre et son lecteur MP3 avaient payé le ticket de bus et la nourriture jusqu’à Las Vegas. Jennifer rangea la monnaie dans la petite caisse et l’observa un instant remplir les feuillets. Elle avait bien compris que la brune n’avait pas d’argent et à en croire le formulaire où la ligne à remplir pour l’adresse postale restait vide, elle n’avait pas de logement. Elle coinça une mèche dorée derrière son oreille et s’assit de moitié sur le rebord du bureau :

— Tu viens d’arriver ? demanda-t-elle.

Gina acquiesça d’un signe de tête en remplissant la fin du document destiné aux problèmes de santé.

— Oui…

Cet élément ne devait pas être si difficile à deviner à en juger son sac, son manque d’argent et les nombreuses cases vides sur la feuille. Elle la signa et se redressa avant de la tendre à JJ.

— Laissez-moi juste quelques jours pour vous ramener l’argent, reprit-elle pour insister sur le fait qu’elle honorerait sa dette.

Jennifer récupéra les feuillets et, curieuse, ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil au nom de Gina dont elle constata la consonance italienne. Elle les rangea dans un classeur et lui esquissa un léger sourire :

— Je te fais confiance, dit-elle. Et ce n’est pas tous les jours qu’on accueille quelqu’un de ton niveau dans notre salle. En général, ce sont les garçons qui savent se battre et mon père leur apprend tout ce qu’ils savent.

Gina savait l’intérêt qu’elle avait suscité chez le père de JJ par son seul regard. Bien sûr, il lui restait des choses à apprendre, à améliorer, mais ce qu’elle voulait surtout était se battre, s’entraîner, transpirer, tenter sa chance. N’était-elle pas dans la bonne ville pour ça ? Tenter sa chance, des millions de gens venaient jusqu’ici dans ce but.

— Merci, c’est sympa, répondit-elle en rangeant le double du document dans sa poche.

Elle rajusta son sac sur l’épaule et reprit :

— Je dois y aller… À plus tard et encore merci.

— À plus tard, répondit JJ.

Elle la vit s’éloigner et quitta le bureau à sa suite avant de la voir se diriger tout droit vers la sortie. L’un des membres s’approcha de Jennifer, curieux :

— Alors ?

JJ leva les sourcils :

— Alors quoi ?

— Mariée ? Célibataire ? Des enfants ? Qui tu dois contacter en cas de problème ?

Jennifer lança un regard à son interlocuteur et s’éloigna vers son père tout en répondant :

— C’est confidentiel Jeff.

Arrivée devant le ring, elle s’approcha de Jason qui observait le combat entre deux de ses garçons.

— Elle paiera l’assurance quand elle reviendra.

Ce dernier regarda sa fille un instant et lui demanda comme à son habitude :

— Tu en penses quoi ?

JJ en pensait beaucoup, mais resta concise :

— Elle se bat comme un homme, elle a toutes ses chances.

— C’est une lionne, répondit-il.

JJ sourit sur ce terme. Son père avait le chic pour donner des surnoms d’animaux à chacun de ses combattants. La nouvelle bénéficiait d’un certain privilège pour avoir un surnom sans même avoir combattu en compétition.


La nuit ne tarderait pas à tomber sur la ville de tous les pêchés et déjà, elle se paraît de toutes ses lumières qui ne cessaient d’appeler les plus avides. Gina marchait depuis une heure, son sac sur l’épaule et s’était rapprochée du centre-ville, du Strip où les plus grands casinos se dressaient vers le ciel étoilé, où le soleil laissait place à la lune. Gina devrait trouver de l’argent parce que maintenant, ses poches étaient vides. Surtout, elle devrait trouver un endroit où passer la nuit, poser son sac et dormir un peu. Sa situation devenait compliquée et pourtant, son enthousiasme atteignait des sommets. Demain, elle saurait où aller pour s’entraîner, trouverait tout le matériel nécessaire à ses exercices, et par-dessus tout, un entraîneur l’aiderait à améliorer ses enchaînements.

Autour d’elle, les rues semblaient toutes animées, remplies de gens en quête de plaisir, d’excitation et de sensations fortes. Casinos, chapelles, boîtes de nuit, cabarets à strip-tease, tout répondait aux moindres envies humaines. Las Vegas était certes reconnue pour les jeux d’argent, mais se distinguait aussi pour ses grands combats de boxe ou de MMA. À présent au cœur de l’arène, elle espérait faire sa place. Passés plusieurs bars de danseuses, elle s’enfonça dans les quartiers plus chauds, où les plus riches se perdaient rarement. Elle fut attirée par des cris et des coups provenant du fond d’une impasse sur sa droite et y jeta un œil. Plusieurs personnes s’étaient regroupées à l’arrière d’un bar, à l’abri des regards de l’avenue. Elle franchit les quelques dizaines de mètres qui la séparaient de la petite foule et s’approcha en se faufilant entre quelques hommes. Deux hommes se battaient torse nu, au milieu d’un cercle de spectateurs improvisés. Le visage en sang, ils s’affrontaient à mains nues. Sur le côté, quelques hommes en costume se chargeaient des paris, les mains pleines de billets et encourageaient les combattants, attisaient la ferveur du public. Gina observa le combat quelques minutes, le temps de voir de quelle manière ces boxeurs échangeaient leurs coups. De toute évidence, les deux hommes, même bien bâtis, ne connaissaient pas les techniques du jeu de pieds ou les enchaînements de coups de poings. Elle se glissa entre des spectateurs et s’approcha d’un des hommes en costume.

— Hey ! l’interpela-t-elle.

L’homme en chemise à fleurs sous un blazer tourna les yeux sur elle, un cigare entre les lèvres.

— Ouais ?

— Je veux me battre, fit-elle sans détour.

L’homme se mit à ricaner avant de la détailler de la tête aux pieds.

— On n’accepte pas les femmes.

Gina réprima un soupir d’exaspération sur cette énième réplique et jeta un œil sur le tas de billets dans la main de son interlocuteur.

— Fais-moi participer, lance les paris, ce sera sûrement du 1 contre 100 et parie deux cents dollars sur moi… Tu perdras rien, tu dois avoir au moins cinq milles dans la main, là… Si je gagne, tu remporteras vingt mille dollars, et je t’en demanderai que deux mille.

D’un air méfiant et peu convaincu, l’homme à la chemise à fleurs la fixa un instant.

— Ok, ma jolie… Si tu veux te faire défoncer le visage à coups de poing, c’est ton choix…

Il hésita et compta les billets verts dans ses mains avant d’en écarter deux de cent. En tant que parieur habitué, il savait que la côte de ce combat avec cette femme atteindrait au moins un contre cent.

— Si par miracle, tu gagnes, je te donnerai tes deux mille dollars… Et si tu perds… Tu me les devras d’une façon ou d’une autre.

Le regard qui accompagna cette dernière remarque expliqua toutes les pensées que cet homme pouvait nourrir à l’égard de Gina. Celle-ci ne fut nullement inquiète. Jamais, cet homme ne poserait une seule de ses mains boudinées sur elle. Elle le vit parler à un autre près d’une table qui la regarda d’un air interrogateur avant d’acquiescer. Elle posa son sac près de la table, ajusta le nœud qui tenait ses cheveux dans une petite couette et tourna les yeux sur le centre de la foule. Un des hommes annonça le prochain combat auquel elle participerait et après quelques demandes répétées au public, l’organisateur trouva un volontaire. Un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de trente ans se plaça au centre, ôta son débardeur pour mettre ses nouveaux muscles aux yeux du public. Quand elle se positionna devant lui, il lui lança un sourire arrogant et malsain avant de lancer :

— Viens-là ma jolie que je te foute la raclée de ta vie.

Il avait trouvé l’occasion rêvée de taper sur une femme sans risquer un quelconque châtiment, pensa Gina qui se mit aussitôt en position. Dès qu’il se jeta sur elle, elle s’écarta et enroula un bras autour de son cou, sa tête dans son dos pour le plier vers l’avant. Son genou percuta son ventre dans le mouvement avant de le relâcher et d’abattre son coude au milieu de son dos. Son adversaire perdit l’équilibre et chuta sur le sol, le souffle coupé. Autour d’eux, des cris s’élevaient, certains encourageaient encore l’homme, d’autres se tournaient du côté de Gina. Son adversaire s’empressa de se relever et de repartir à l’attaque sans aucune technique particulière. Gina évita son poing et écrasa le sien dans le ventre de l’homme avant d’enchaîner avec un uppercut qui fit balancer sa tête en arrière. Sans perdre une seconde, tandis qu’il reculait sous l’impact, elle continua avec un crochet, puis un autre et un troisième. Chacun de ses coups retentissait dans un bruit sourd, un craquement témoin de la fragilité des os de son adversaire sous ses assauts. Quand elle le vit tomber sur le bitume, cracher du sang, elle cessa toute attaque et attendit sa réaction. Mais l’homme fut incapable de se redresser, bien trop sonné par le dernier enchaînement de Gina. Un des organisateurs déclara la fin du combat et Gina s’empressa de trouver l’homme à la chemise à fleurs. Celui-ci encaissait ses gains, le sourire élargi d’une oreille à l’autre. Elle tendit la main vers lui.

— Je veux mes deux mille dollars maintenant…

L’homme se redressa, de nouveaux billets dans les mains et proposa :

— Tu veux pas faire un autre combat ? On pourrait gagner beaucoup plus d’argent, tu sais.

Le regard plus froid, Gina réitéra :

— Mon argent et maintenant.

Après les aptitudes qu’elle venait de démontrer, l’homme à la chemise à fleurs ne se sentit pas le courage de refuser. Il compta les billets et lui donna la somme convenue. Son gain en poche, Gina récupéra son sac et s’éloigna sans tarder. Maintenant, elle pouvait trouver une chambre dans un motel où elle déposerait ses seules affaires et prendrait une douche.

Gina, une Cage un seul vainqueur

La suite te tente ?

Tu viens de lire l'extrait gratuit de « Gina, une Cage un seul vainqueur ». Découvre la suite de l'histoire sur la fiche du livre.

Commentaires (0)

Connecte-toi ou crée un compte pour laisser un commentaire.

Aucun commentaire pour le moment. Sois la première à en laisser un.

Ouvrir dans un nouvel onglet ↗

📅
Quand as-tu lu ce livre ?

Même approximatif, ça nous aide à avoir des statistiques plus justes.

Installer LezFix sur iPhone/iPad