Chapitre 1 — 1 - Teagan Helmven
- 1 - Teagan Helmven
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- 🔒 5 - Teagan Helmven
Terraën : Hors frontière · Lou Jazz & Cherylin A. Nash
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Non, mais franchement ! Vouloir me rétrograder, moi ? C’est la meilleure de l’année ! Le pire c’est que maintenant cette maudite femme de malheur va m’avoir à l’œil !
Putain ! Juste pour un malentendu, je suis de corvée pour tout ce foutu vaisseau ! Comme si c’était ma faute si ce crétin n’a pas supporté de perdre aux cartes contre moi. Je n’avais pas prévu qu’il déclencherait une bagarre ! Encore moins que miss-j’ai-un-balai-dans-le-cul passe pile dans la section réservée aux sous-officiers.
Maintenant, je me retrouve en train de récurer les chiottes des officiers à la brosse à dents ! Je suis sûre que cette corvée a été instaurée depuis que ces objets existent ! C’est dire comme elle est vieille.
Le pire c’est que je suis surveillée par les caméras du bâtiment. Putain ! J’en ai franchement ras le cul ! Quand je me redresse, mes lombaires expriment leur mécontentement. Terminé ! Enfin, je me retourne pour jeter ce maudit ustensile loin, très loin de moi ! En plus, ce n’est pas comme si le nettoyage automatique ne se chargeait pas déjà de tout désinfecter du sol au plafond.
Quand je quitte le secteur des toilettes, je trouve devant moi mon pire cauchemar. Je tape un garde-à-vous correct et m’immobilise.
La capitaine au regard de glace me détaille de haut en bas. En fait, elle fait même plus que ça ! J’ai la désagréable sensation de passer sous les scanneurs des IAPS. Je serais bien folle de prononcer le moindre mot. Tout ce que je me contente de faire c’est de fixer un point au-dessus de son épaule et de me mordre l’intérieur des joues.
D’un coup, l’alarme et des lumières rouges sortent de toute part. Sans attendre, le message automatique d’évacuation d’urgence se déclenche. Je ne me souvenais pas qu’un exercice était prévu ce soir. Je ne sais pas quoi faire, aussi mes yeux trouvent ceux de la capitaine. Apparemment elle est surprise. Est-ce que ça veut dire que c’est réel ? Normalement là, théoriquement, je devrais me mettre à courir vers les capsules d’éjection.
Je ne vais pas rester au garde-à-vous devant elle si on doit sortir de là !
La voix du pilote du vaisseau se fait entendre :
— Ceci n’est pas un exercice, évacuez immédiatement le bâtiment.
Mes yeux s’écarquillent en grand et il ne faut pas me le dire deux fois pour que je rompe mon salut et que je me précipite vers la première cabine d’évacuation. Le bâtiment se met soudain à trembler. Quelque chose a sûrement endommagé les systèmes parce qu’on perd la pesanteur. Des poignées de secours apparaissent le long des parois. Je progresse de l’une à l’autre rapidement.
Au détour du couloir, j’aperçois la dernière navette du secteur. Forcément, à cette heure-ci personne ne traîne dans cette partie du vaisseau. En plus, ce n’est qu’une capsule prévue pour une seule personne. Je me retourne pour voir la tête de la capitaine. Alors qu’elle allait me donner un ordre sans doute, les systèmes de secours se mettent en marche et la gravité nous fait chuter durement sur le sol.
Sans attendre, je me redresse et me précipite vers la capsule. Au moment où je suis à l’intérieur de l’espace confiné, je découvre la jeune femme étendue. Du sang coule de son front. Je ne peux décemment pas la laisser se vider dans le couloir !
— Bordel !
Je reviens sur mes pas et la prends contre moi. Nous retournons dans la capsule. Dès que j’ai réussi à nous positionner confortablement, je nous éjecte. Immédiatement, le vide nous aspire. Par la lucarne, je vois plusieurs navettes d’évacuation, mais aussi des cabines plus petites comme la nôtre.
J’essaie d’apercevoir le vaisseau, mais ce n’est qu’un grand flash de lumière qui se profile à l’horizon. J’ai beau chercher un quelque chose qui aurait pu nous attaquer, mais je ne perçois rien.
Par tous les moyens, je tente de me ressaisir. Contre moi, le corps de la capitaine est étroitement pressé. Il n’y a pas assez de place pour que je puisse accéder à l’ordinateur de bord. Millimètre par millimètre, ma main actionne le bouton et met en route la fonction qui nous fera rejoindre les autres. Il ne fait pas chaud, pourtant je transpire à grosses gouttes.
Au moment où mon doigt arrive enfin à atteindre l’interrupteur, ma joie n’est que de courte durée. Il ne se passe absolument rien. La panique commence à me gagner alors que me reviennent en mémoire d’horribles histoires de soldats perdus dans l’espace, flottant indéfiniment.
Mes yeux trouvent à nouveau la petite fenêtre et je découvre avec effroi que nous nous éloignons de plus en plus des autres rescapés.
Soudain, une voix informatisée se fait entendre dans la navette.
— Procédure standard de préservation. Activation du programme dans trois minutes.
— Mais non, bordel de machine ! Je ne veux pas que tu me drogues, je veux que tu enclenches le GPS.
Évidemment, mes protestations sont inutiles. Merde, les procédures standards pour ce genre de chose c’est que la navette endorme les passagers et se dirige par elle-même vers une planète viable pour atterrir et lancer la balise de détresse. Quand le décompte arrive à zéro, j’ai beau lutter de toutes mes forces, je ne peux combattre les gaz.
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