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📖 Extrait gratuit — 1 Luna Muñoz à 3 Luna Muñoz
Chapitre 1 — 1 Luna Muñoz
  1. 1 Luna Muñoz
  2. 🔒 2 Tasha Singleton
  3. 🔒 3 Luna Muñoz
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Un amour au goût de miel · Lou Jazz & Cherylin A. Nash

Lire Un amour au goût de miel en ligne gratuitement 1 Luna Muñoz

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Les odeurs de café fraîchement torréfié atteignent mes narines. J’ai la tête encore embrumée par les longues heures de travail de la veille. Je devrais m’en tenir à mes horaires, mais je n’ai pas gravi les échelons sans me donner de la peine. Ma patronne est exigeante. Elle est la directrice éditoriale de Sole Mate, un magazine en plein essor. Je suis sa nouvelle assistante. Ma prédécesseur m’a appris comment Tasha Singleton aime son café. J’ai fait un sans-faute depuis que j’ai été embauchée. Ce n’est pas difficile. Tout ce qui se rapporte à elle me passionne. J’ai une capacité accrue à retenir le moindre détail la concernant. De ses heures et habitudes au bureau à son agenda, ses goûts culinaires et ses périodes migraineuses, je n’ignore rien. En y pensant ainsi, j’ai l’impression d’être l’une de ces folles groupies de rock-star. Je n’arrive tout bonnement pas à m’ôter cette femme de la tête. Son regard, ses sourires et surtout le timbre de sa voix, me font rêver. Je l’imagine me parler à l’oreille et mes idées s’envolent, même quand elle est en colère. Ce n’est pourtant pas mon genre de craquer sur ma boss, mais avec Tasha, c’est différent. Je l’admire depuis longtemps et travailler à ses côtés a donné vie à une flamme inattendue.

Depuis trois mois, je passe tous les matins chez ce même barista. Il n’est pas sur mon chemin, mais il vaut le détour. Encore une fois, pour Tasha. Le café, c’est sacré. Si elle ne l’a pas, la journée promet d’être longue. Je me sacrifie bien volontiers pour l’équipe pour qu’elle ne le manque jamais. Ce premier moment de la journée est l’un de mes préférés. Même s’il lui arrive d’être pressée, elle m’offre toujours un sourire qui m’atteint en plein cœur. Chacun d’eux est comme une promesse qui se meurt dans mon cœur. Je dois m’efforcer de ne pas perdre pied à son contact. Tasha est d’une beauté froide, avec des yeux bleu glace toujours prêts à vous emprisonner.

Dans la file qui se presse vers les baristas, je pose les yeux sur les percolateurs. Ils sont énormes et ils tournent non-stop dès six heures du matin. Je dépasse la vitrine chargée de délicieuses pâtisseries. Aujourd’hui, nous sommes mardi et le mardi Tasha travaille depuis la salle de sport de l’entreprise. Rien que de l’imaginer s’activer sur son tapis de course, j’ai des frissons. J’évite donc de porter ce genre de sucreries au bureau aujourd’hui. Quoi qu’elle serait motivée à retourner à la salle de sport et peut-être qu’un jour elle m’y inviterait ?

La boutique est rythmée par une cadence bien chorégraphiée. J’entre dans la danse et parviens près du comptoir.

— Bonjour, je voudrais un…

— Un latte, un café caramel, quatre cafés longs et sept brownies, me devance le grand brun derrière la caisse.

— Exact.

Je réponds à son sourire charmant avant qu’il ne s’éloigne, dans son tablier vert foncé, pour préparer le café. Ce n’est pas la première fois qu’il me sert et je le soupçonne de s’arranger pour que le timing soit parfait chaque fois que je passe la porte.

En attendant d’être servie, je place mon oreillette pour avoir les mains libres. Le barista revient à moi, pose les yeux sur mon épaule dénudée, puis sur la robe noire que je porte aujourd’hui. Je soutiens son regard en m’emparant des boissons. La petite étincelle qui brille dans le sien me prête à sourire. Il est plaisant d’attirer l’attention de quelqu’un. Si seulement il pouvait s’agir de Tasha…

— Bonne journée.

— À vous aussi, murmure-t-il.

Quand j’entre dans le premier taxi qui s’arrête, je donne l’adresse de ma destination. Il est huit heures. Dans moins de trente minutes, Tasha va m’appeler pour savoir où nous en sommes avec la préparation du prochain numéro. Une crampe serre mon ventre, pas de stress mais à l’idée d’entendre ma patronne en plein effort directement au creux de mon oreille. Quand je l’entends respirer ainsi, je pourrais rougir. Je voudrais bien faire autrement, mais je n’arrive plus à être raisonnable. Je donne le change devant l’équipe, mais mon esprit et mon corps me trahissent.

Tasha Singleton est plutôt grande, blonde, soignée, avec des formes là où il faut. En tout cas pour me plaire… Je suis célibataire depuis trop longtemps, mais ce que je ressens pour elle n’a rien à voir. Je n’ai pas juste envie de me retrouver une nuit dans son lit. Quoi que je ne m’en plaindrais pas, mais j’ai envie d’apprendre à la connaître, découvrir ses goûts, qu’elle m’invite à une discussion ou une sortie en dehors des murs du bureaux. Dès que je l’ai vue, j’ai été happée et maintenant j'ai un faible pour elle. Ce n’est pas très professionnel, mais c’est enivrant.

Devant les locaux de Sole Mate, le gardien de l’immeuble m’ouvre avec un sourire. J’apprécie beaucoup l’ambiance dynamique qui règne ici. Lorsque la cabine de l’ascenseur s’ouvre, l’équipe lève un regard en ma direction. J’approche de l’espace de travail pour m’adresser à Davis.

— Nous en sommes où pour la couverture du numéro 63 ?

— J’ai préparé trois maquettes. Les voilà, Luna.

Il les sort d’une pochette et les expose sur son bureau. Elles ont toutes les trois du potentiel. Je pose les cafés pour m’en emparer. D’un seul regard, je sais laquelle Tasha aurait validée.

— Nous prenons celle-là, les teintes orange et jaune sont de saison et inspirent le bonheur et l’enthousiasme aux gens.

— Super !

Je lui donne un sachet avec un brownie au chocolat avant de contourner le bureau et de m’arrêter dans le dos de sa voisine. Irène se raidit à mon approche. Je sais que ma présence la rend nerveuse. La rédactrice de la section mode continue de taper assidûment sur son clavier en précisant :

— Tasha m’a demandé de reprendre l’article. Je l’aurai fini dans quelques minutes.

— Tu me l’envoies quand tu as terminé ?

— Bien sûr.

— Merci, Irène.

Je pose une main sur son épaule pour la réconforter et la laisse s’occuper du reste de la distribution de la collation du matin. D’un pas pressé par l’heure qui tourne, je monte les quelques marches blanches qui conduisent à l’étage et particulièrement au bureau que je partage avec la directrice éditoriale.

D’ordinaire, la grande blonde est déjà derrière son écran d’ordinateur. Aujourd’hui, je me charge de l’allumer, transvase son café caramel dans une tasse en céramique et la place sur le support USB chauffant pour qu’il reste à la bonne température jusqu’à sa venue.

Mes talons font du bruit sur le sol en parquet. Je vais abaisser le store de la large baie vitrée. Le soleil montant inonde la pièce d’une lumière trop importante. Dans le calme environnant, j’attends que mon ordinateur portable soit prêt à être utilisé. Mon téléphone est posé sur la surface du bureau. Je jette un regard à l’heure qui s’affiche sur l’écran digital en veille : 8 h 27. Je suis nerveuse et impatiente. Ce petit moment est l’un de mes vilains petits secrets. Je prends une gorgée de mon latte, passe une main sur mes cheveux tirés en une couette haute et respire patiemment. Du calme, Muñoz, tu n’as plus dix-sept ans.

J’adore ce frisson. Il court en moi, me donnant une énergie incroyable. Il n’y a pas un matin où je n’ai pas envie de venir au bureau. Un grand sourire se dessine sur mes lèvres quand le mobile noir se met à vibrer. Je décroche directement depuis l’oreillette en m’enfonçant dans mon siège.

— Luna Muñoz, je vous écoute.

— J’aimerais savoir où en sont les articles sur l’actrice Kate Appleton, mais aussi le dossier de madame Touré.

— Je m’apprêtais à les lire, Jonas et Magali me les ont envoyés dans la nuit. La couverture du numéro 63 va vous plaire, Davis a fait un bon travail.

Les yeux rivés sur le gobelet en carton du barista, j’imagine Tasha dans une tenue sportive près du corps en train de presser le pas sur son tapis de course. Elle porte sans doute un short et un débardeur noir. Ses longs cheveux blonds doivent être noués et remuer au rythme régulier de ses hanches. Mon imagination m’envoie de délicieuses images.

— Très bien.

Elle souffle et poursuit :

— Qu’en est-il de l’article sur le top des meilleures positions sexuelles ?

Je m’étouffe et me redresse. Celui-là m’est sorti de la tête. Sa voix est totalement détachée, son souffle chaud caresse mes tympans. Je me pince brièvement les lèvres pour taire mes idées concupiscentes.

— Il est prêt, je le dépose sur votre bureau.

Débattre autour de ce top va mettre du piment dans ma matinée. Je ne sais pas comment je vais réussir à me concentrer et cacher mes pensées quand nous discuterons du sujet. J’ai à la fois hâte d’obtenir des détails croustillants et peur de bafouiller ou de faire un mauvais lapsus. Ma hantise ! Si j’étais démasquée de cette façon, je serais mortifiée !

Je tends la main en direction de l’imprimante et sélectionne les autres planches des pages finalisées pour ce numéro. Haletante, Tasha module sa respiration et enchaîne sur le même ton :

— Sommes-nous sûres que les positions sont toutes réalisables ? La dernière fois, nous avons eu du courrier de certaines lectrices.

— Je comprends cette inquiétude. La confiance de nos lectrices est un point auquel j’attache la plus grande importance.

Elle souffle pour reprendre sa respiration rendue difficile par l’effort. Je frissonne en jouant de l’index avec une mèche de mes cheveux. Je ferme les yeux pour profiter pleinement du timbre de sa voix. Je dois virer folle parce que, rien qu’en l’écoutant, j’ai l’impression qu’elle est dans mon dos et qu’elle pourrait m’offrir une caresse et un baiser…

J’essaie de me reprendre pour donner le change :

— En ce qui me concerne, je trouve ce top distrayant. Nous pourrons en débattre à votre retour.

— J’arrive, le temps de prendre une douche. Je serai au bureau dans dix minutes. Que tout soit prêt à ma venue, miss Muñoz.

L’image d’elle sous la douche éclate lorsqu’elle m’appelle de cette façon. J’ouvre les yeux. Alarmée qu’elle écourte ainsi sa séance de sport, je me dépêche de récupérer les impressions qu’elle attend. En disposant avec soin le tout sur sa surface de travail, j’appelle Irène.

— J’ai besoin de ton article, maintenant ! Tasha sera là dans dix minutes. Dis-moi que tu as fini.

Ses doigts pianotent à une vitesse importante sur son clavier. Tout le monde ici sait que Tasha n’aime pas attendre.

— Il est prêt dans…

Elle se tait pour se concentrer. J’ouvre la page web de notre magazine. Tasha aime voir l’annonce de notre prochain évènement chaque matin depuis qu’il est programmé.

— Ça y est, Luna.

— Imprime-le, j’arrive.

Je laisse le bureau tel quel après avoir sorti une bouteille d’eau fraîche pour ma supérieure. Dans ma robe noire à une seule bretelle, j’attire le regard de l’équipe en contrebas. Je me dépêche de saisir le papier de la rédactrice que je gratifie d’un sourire et m’en vais en direction de l’ascenseur. Si mes calculs sont bons, la directrice devrait apparaître par ces portes dans quelques secondes.

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