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Chapitre 1 — Chapitre 1 – Elena Varzin
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Vampyr - Tome 1 · Lou Jazz & Cherylin A. Nash

Lire Vampyr - Tome 1 en ligne gratuitement Chapitre 1 – Elena Varzin

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Au milieu de la nuit, je finis mon service au bar. Je ne sais pas combien de kilomètres j’ai parcourus ce soir, sans doute assez pour me dispenser de faire un footing demain. Malgré l’habitude, mes pieds me font mal. La fermeture a été plus tardive que prévu.

Après une quarantaine de minutes de marche, je rejoins le troisième étage d’un immeuble du côté de la baie de San Francisco. L’odeur dans le hall est un bouquet de parfums dont l’effluve final est désagréable. Un mélange de tabac froid flotte parmi les relents du tout-à-l’égout, dans une atmosphère poisseuse et humide. Je déteste cet endroit.

Cette nuit d’août le brouillard bat son plein malgré la saison estivale. Il se présente déjà à l’aube qui perce difficilement les nuages épais au-dessus de la cité animée. La vitalité des habitants m’a conduite à m’installer dans cette ville. L’émulsion est constante et l’activité est présente à tous les coins de rue. Dommage que les loyers soient aussi chers. La vie pourrait être bien plus amusante par ici, si ma paie ne disparaissait pas de mes doigts sitôt versée.

Le minuteur de l’entrée s’éteint alors que je saisis la bonne clé. Je maugrée avant de trouver la serrure dans le noir. Dès que la porte s’ouvre, elle tape sur une bouteille en verre qui roule sur le carrelage. Cet appartement est un taudis.

Mon colocataire peste immédiatement :

— Fais moins de bruit, bordel Elena !

— Ça va, du calme.

Avant que je n’en aie dit plus, des mains fines se posent sur mon corps avec avidité. Le contact creuse mon ventre. Elles remontent de mon bas-ventre en direction de ma poitrine. L’effet de surprise ne me laisse pas indifférente. D’un geste habile, et peu déplaisant, je suis pressée contre les seins fermes de mon amie.

Une bouche chaude et douce effleure mon cou.

— Tu sens vraiment trop bon.

— Pas ce soir, Jenna.

— Ton corps dit le contraire.

Des pas vifs, ceux de Franky, se font entendre. Il marche avec contrariété dans le couloir, avant de claquer la porte de sa chambre. Comme tous les vendredis, il a dû s’endormir sur le canapé après avoir fait la fête avec ses copains. Quand je suis sûre qu’il ne risque pas de nous surprendre, je reporte mon attention sur mon amie. Ses mains reprennent leur course lente. Elles glissent le long de mes côtes, sur mon estomac, puis mon bas-ventre à nouveau.

Jenna se presse davantage dans mon dos pour chuchoter :

— Si c’est encore à cause de Blu, tu devrais vraiment te laisser aller. Je peux te changer les idées, comme au bon vieux temps.

Je ferme les yeux, inspire profondément et profite de ses caresses envoûtantes. Le contact de Jenna n’a rien de désagréable. J’ai envie de poursuivre, même si mon esprit n’y est pas. C’est tentant de m’évader avec elle pour bien terminer cette longue et affreuse semaine. Mon soupir doit être évocateur, car, comme si elle lisait en moi, ses doigts effleurent ma peau pour franchir la barrière de mon tee-shirt.

Jenna est géniale, c’est une amie et une partenaire formidable, mais je ne l’aime pas de cette façon. Entre ses mains gourmandes, je me tourne pour lui faire face. Lentement, je pose les miennes sur ses épaules et son visage se ferme. Mes yeux soutiennent les siens, noisette, dans la pénombre. Les mèches de son carré plongeant soulignent la ligne de sa mâchoire. Nos lèvres se frôlent pendant que ses paumes se fixent sur ma taille. La brune libère l’attraction sensuelle de son étreinte pour me tenir avec douceur. Cette fois, elle abandonne son idée de fin de soirée. J’approche de sa bouche brûlante pour lui donner un long baiser avant de m’éloigner. Une empreinte salée marque mes lèvres que je pince, le cœur lourd, en me détournant de son accueil.

Toujours dans le hall, elle me dit assurément :

— Si tu changes d’avis, tu sais où me trouver.

Sans attendre davantage, j’emporte les regrets du bon moment que je viens de refuser et me dirige vers ma chambre. J’y jette mes affaires sur le lit une place et me déshabille rapidement. La faible lueur extérieure atteint déjà la pièce. En débardeur blanc et shorty, je m’allonge sur le matelas. Mon regard est rivé sur le plafond où sont accrochées des images qui représentent mes vastes rêvasseries. Il y a là une île lambda, parce que j’adorerais prendre un jour des vacances sur l’une d’elles, mais aussi des choses que j’aimerais avoir, des endroits où je voudrais vivre, des lieux que je souhaiterais visiter. Mes yeux s’arrêtent sur une tortue avant que je ne les ferme. Ce soir, ces chimères qui me permettent de supporter mon existence ici ne font pas leur œuvre. Je n’ai pas le moral et rien ne m’inspire pour le retrouver. Il ne manquait que cette peine de cœur, débarquée à l’improviste, à mon tableau. Un long soupir m’échappe lorsque mes pensées m’entraînent dans des bilans peu réjouissants.

Quand j’ai eu vingt ans, ma mère a suggéré que je trouve un appartement pour mener ma vie comme je l’entendais avec mes partenaires. Dans son idéal, elle aurait aimé que je lui amène un beau brun au portefeuille bien garni. C’est une blonde, pas très grande et étudiante, qui a franchi le seuil de la maison familiale. On ne peut pas dire que ça se soit mal passé, mais la position de ma génitrice était quand même claire : mon homosexualité se ferait en dehors de ses murs. Je suis quelqu’un d’impulsif sous couvert d’une patience toute relative. Alors, j’ai emménagé avec ma première petite amie. Nous avons cohabité ici avant qu’elle ne parte pour poursuivre ses études du côté d’Atlanta et me quitte par la même occasion. À la suite de quoi, j’ai dû supporter son colocataire : Franky. Entre nous, ça a toujours fait des étincelles, mais, au moins, il est réglo sur le loyer. Pour finir, nous avons trouvé Jenna, avec qui le courant est très vite passé. C’est elle qui m’a aidée à obtenir le job de barmaid de nuit que j’occupe actuellement. Elle est devenue mon amie la plus proche, même si notre relation a de petits extra.

Ça fait maintenant six ans que j’habite ici. J’ai gardé ce job qui devait être temporaire pour payer l’appartement et de quoi manger. Un soir de service, j’ai rencontré Blu. Je ne connais même pas son véritable prénom. Dire que j’ai transgressé mes propres règles pour cette fille qui n’en a rien à faire de moi ! Elle est arrivée une nuit et tout a changé.

Pendant une semaine, Blu est revenue me voir au bar chaque soir. Elle s’asseyait à la même place et passait sa soirée au comptoir où elle m’accordait des œillades. Je ne sais pas si elle venait avant ça, parce que je ne l’avais pas remarquée. Quoi qu’il en soit, je me suis rendu compte de son manège, et je dois dire qu’elle a tout de suite suscité mon intérêt. Nous avons discuté pendant mon service. Une chose en entraînant une autre, on a fini par aller chez moi à la fin de la semaine. C’était précisément un vendredi comme celui-là. Ensuite, nous n’avons pas quitté la chambre de tout le week-end. J’éprouve encore le souvenir de ce doux frisson lorsque ses doigts parcouraient ma peau. Il y avait dans nos échanges quelque chose de profond. C’est comme si nous n’étions pas vraiment des étrangères. Je ne pouvais pas croire celles et ceux qui me parlaient du coup de foudre avant d’avoir rencontré cette femme. Maintenant, je sais ce que ça fait d’avoir flashé sur quelqu’un au point de penser le connaître. Je la ressentais dans chaque fibre de mon corps, jusqu’à la désillusion qu’elle a instaurée en moi lorsqu’elle a disparu sans laisser de trace. Personne n’a jamais créé un tel manque dans ma vie en si peu de temps. Blu a marqué mon esprit et, depuis trois mois, j’ai l’espoir de la revoir. Je ne sais pas à quoi je pensais. Mon cœur était persuadé d’avoir rencontré quelqu'un de spécial et j’aurais tout misé sur le fait que c’était réciproque. Comment ai-je pu être si stupide ?

La porte de ma chambre s’entrouvre légèrement. Une ombre passe par l’entrebâillement. Jenna mesure un mètre soixante-dix, tout comme moi. Un short à petit damier rose et blanc couvre à peine ses jambes. Il est assorti à son tee-shirt échancré de la même couleur qui lui sert de pyjama. Ses cheveux courts et lisses sont noir corbeau, finissants en mèches qui entourent son visage fin de façon énergique. D’ailleurs, Jenna l’est. Nous travaillons au même endroit, mais nous ne nous y croisons jamais. On ne fait que se remplacer. Ses pas la guident lentement vers mon chevet. Elle me donne un verre d’eau et s’assied sur le bord du lit. Un collier, qui n’est qu’un simple ruban carmin noué, attire l’œil sur son cou. Bien qu’il soit cinq heures du matin, elle porte un rouge à lèvres assorti.

Je tourne la tête pour l’observer plus attentivement. Nos regards se croisent en silence. Sans aucun problème, elle y voit ce que tous les autres ne perçoivent pas chez moi. Elle passe aussitôt une main inquiète dans mes cheveux.

— Elena, tu vas bien ?

— J’en ai marre de cette vie. Je voudrais que ça change.

— Laisse-moi être là pour toi.

Ses yeux soutiennent mon regard jusqu’à ce que j’acquiesce. Elle n’hésite pas et me rejoint sous les draps sans se précipiter. D’un bras, je l’accueille. Elle se blottit contre moi avec tendresse. Sa présence est rassurante. Passé un temps, elle était même habituelle bien que nous ne nous soyons jamais engagées dans une relation amoureuse. Est-ce que je suis de ces gens qui ne savent pas être seuls ?

Tandis que Jenna m’offre une étreinte pour me réconforter, je demande avec un sourire :

— Qu’est-ce que je ferais sans toi, Jenna ?

— Tu te lamenterais dans tes larmes et tes pots de glace. Ce serait une façon bien moins sexy d’être frustrée et triste.

— C’est vrai.

Je rigole en tournant le visage vers elle.

— Merci, Jen. T’es super !

— Bien sûr que je le suis.

Elle opine de la tête contre mon épaule et je dépose un baiser sur son front. Ma main droite s’est glissée contre ses reins. Lentement, sans quitter ses yeux noisette, je la faufile sur sa hanche. Le regard de mon amie parle pour elle. Sa petite bouche s’étire dans une expression qui n’a plus de secret pour moi.

D’un geste plus vif et déterminé, je la bascule sur le dos et me penche au-dessus d’elle. Nous partageons un sourire complice avant que ses mains ne viennent chercher mon visage. Elle attire mes lèvres vers les siennes avec assurance. Je pose mes doigts sur son bassin. Ma jambe trouve sa place entre les siennes. Ce qui est bien avec Jenna, c’est que nous n’avons pas besoin de passer par quatre chemins. Je sais ce qu’elle aime et l’inverse est tout aussi vrai.


Les lendemains de service sont toujours particulièrement difficiles. Comme d’habitude, je me suis levée en plein milieu de l’après-midi et, comme d’habitude, je me suis installée sur le canapé du salon. Un sachet de chips entre les bras et une émission culinaire sur l’écran me tiennent compagnie. Je suis seule dans l’appartement. Autant dire que ça n’arrive pas souvent et que j’aime en profiter. Après tout le bruit et l’ambiance survoltée de la veille, j’apprécie ce moment.

Depuis que je travaille au bar, j’ai des mollets en acier, et ne parlons pas de mes biceps. Je l’ai très mal vécu quand j’ai réalisé que certains de mes tee-shirts ne m’iraient plus. Remplir la réserve, jongler avec les barils de bière, et déplacer des caisses de bouteilles, il n’y a rien de mieux pour faire de la musculation.

Alors que j’allais m’emparer de la télécommande, la sonnette de l’entrée retentit. J’y accorde un regard en coin, pas encore décidée à me lever. Sans attendre, ça recommence.

Je demande sans me déranger :

— Qui est là ?

— Maître Trodesco, je souhaite rencontrer Elena Varzin.

Une vague froide me traverse de la tête aux pieds lorsque je perçois la réponse précise derrière la porte. Merde ! Il n’y a que les avocats qu’on appelle de cette façon. Non ? Je bondis du canapé cette fois. Ma main se pose sur la poignée et je prie silencieusement qu’il s’agisse d’un malentendu. Mon esprit fait déjà le tour des possibilités inquiétantes d’une telle visite. J’ai payé toutes mes factures, il ne peut pas s’agir d’un huissier. Les yeux écarquillés, j’ouvre. L’homme sur le seuil est de taille moyenne. Il a une carrure large, le dos légèrement voûté. Des lunettes grises sont mises sur le bout de son nez. Le costume qu’il porte a des traces d’usure sur les plis des bras. Il a l’air tout aussi ravi que moi d’être là. Je ne sais pas si je dois en être soulagée.

Je demande rapidement, la main posée sur le chambranle :

— Qu’est-ce que vous lui voulez ?

— Je suis chargé de lui faire part d’une affaire privée, concernant un héritage.

— D’accord. C’est moi, Elena Varzin. Est-ce qu’il est arrivé quelque chose à mes parents ?

Nous ne nous parlons plus depuis six ans, mais ça ne m’empêche pas d’encaisser un dur retour à la réalité. La panique fait suite à la crainte cette fois. J’ouvre plus largement la porte.

— Non, madame. Est-ce que je peux entrer ? Cela ne prendra pas longtemps.

— Très bien, je suis pressée aussi.

— Plus pour longtemps. En tout cas, si j’étais vous, je n’hésiterais pas davantage.

L’homme entre et se dirige vers le séjour suivant mon indication. Sur la table du salon, il pose sa mallette après avoir trouvé une place. C’est étonnant la façon dont certaines personnes sont habituées à prendre possession de lieux qui ne leur appartiennent pas. J’ai déjà vu ça avec des commerciaux et des employés des services de recouvrement.

— J’aurais besoin de votre carte d’identité.

— Bien sûr.

Je lui donne ce qu’il réclame. Est-ce que je n’aurais pas dû me montrer plus prudente ? Entre lassitude et soin, l’avocat remplit un formulaire après m’avoir accordé un regard pour me comparer à la photo de mon document sans doute. D’une main, l’homme saisit le document et m’invite à signer. C’est très bref. Je m’exécute naturellement après lui avoir accordé un coup d’œil à mon tour.

— Cela fera foi de votre bonne réception des informations suivantes.

— De quoi s’agit-il ?

Je m’impatiente avant qu’il ne me remette une lettre cachetée à la cire. Au contact de ma peau, je remarque que ce n’est pas du papier. Mon regard se fait interrogateur. Maître Trodesco me tend une feuille plus récente, rédigé par une certaine Anastasia Shamash.

— Vous pouvez prendre le temps de lire, suggère-t-il.

Mes yeux parcourent la missive, mais la surprise mêlée de confusion qui me saisit fait que je n’y comprends rien.

— Expliquez-moi, s’il vous plaît.

— La famille Chiron vous lègue la moitié de son domaine, de ce qu’il contient, avec en prime un chèque de dix mille dollars si vous prenez le premier avion pour le Montana après la réception de cette invitation.

— Attendez.

Que vient-il de dire ? Je ne peux m’empêcher de rire.

— C’est une blague. Vous n’êtes tout de même pas sérieux. Où est votre caméra ?

— C’est tout ce qu’il y a de plus légal. La conseillère juridique de la famille vous attend sur place pour vous donner plus d’informations. Voilà sa carte, me dit-il patiemment.

Anastasia Shamash, lis-je. Je secoue la tête, peu certaine de pouvoir croire ce qu’il vient de m’annoncer. Je ne connais même pas cette famille. Je n’ai jamais entendu ce nom de toute ma vie.

— Êtes-vous bien sûr de ne pas vous tromper de personne ?

— Vous êtes bien Elena Varzin, comme nous l’avons vérifié plus tôt, alors non, il n'y a pas d'erreur.

Il me rend ma carte d’identité.

— D’une main experte, l’homme referme la valise et se dirige vers la sortie comme si de rien n’était. En guise d’au revoir, il m’offre une expression envieuse, le regard bas, et précise simplement :

— Évidemment, tous vos frais sont pris en charge par la famille. Vous n’avez qu’à sauter dans l’avion et partir. Bonne continuation, madame.

— Merci… Bonne journée.

Après avoir clos la porte sur son passage, je repense à ce chèque de dix mille dollars. Bon sang ! Si c’était vrai ? Ça ferait le plus grand bien à mon compte en banque ! Je pourrais enfin avoir une autre vie. Après tout, il avait l’air tout à fait sérieux ce maître. Mais qui est la famille Chiron au juste ? Je n’ai jamais entendu mes parents parler d’une quelconque famille, même éloignée, dans le Montana.

Je souffle un coup en regardant l’heure. Il est déjà dix-huit heures. Est-ce que je peux décemment prendre cette décision aussi rapidement et sans me renseigner davantage ? Ça alors, oui ! Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour le changement frapperait à ma porte. J’ai bien envie de le saisir !

Parmi les documents que maître Trodesco m’a remis, je vois un étui avec un billet pour un vol en première classe. Il est déjà enregistré à mon nom. C’est incroyable ! Face à l’horloge murale du séjour, je m’assieds sur une chaise. Un vertige me saisit. Mon cerveau a du mal à se rejouer ce qu’il vient de se passer. Si c’est réel, il me reste approximativement deux heures pour me rendre à l’aéroport. Et bien sûr, Jenna n’est pas là pour que je puisse lui en parler ! Mes yeux se posent sur l’enveloppe cachetée. Ça a l’air de venir d’une autre époque. Je suis sûre de n’avoir jamais vu ce genre de lettre hormis à la télévision dans les reportages historiques. Ce truc est pour moi ? Je l’ouvre prestement. L’odeur du papier me donne l’impression de trouver quelque chose d’antique. La lettre est datée de 1641. Je pourrais ne pas y croire, si elle n’était pas très soigneusement rédigée. Je ne reconnais pas certaines lettres, mais je déchiffre tant bien que mal quelques mots : « Nos enfants resteront les gardiens du Sang Bleu ».

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