Extrait
« Je ferme la marche en pressant Alexëi d’une main contre l’épaule. Il entre dans la pièce qu’il a réservée pour le week-end. Quand nous avons tous les deux franchi le seuil, je claque la porte d’un mouvement du pied.
— Tu veux bien me dire ce qu’il se passe, Kendra ?
— Je te l’ai dit. Sacré bon sang !
Une chambre est une chambre et elles sont toutes équipées d’un minibar pour lequel on vous facture une somme exorbitante chaque fiole d’alcool. Je contourne le large lit à deux places défait pour dénicher ce que je cherche. Un coup d’œil suffit pour que je devine que mon frère ne s’est pas privé.
— Il reste de la vodka dans celle-là.
Je fais volte-face et me redresse pour attraper la flasque qu’il m’a jetée. Ses yeux clairs trouvent les miens. Il m’observe avec incompréhension. Son état change de la patience à l’autorité. Il croise les bras sur sa poitrine et prend la parole sans détour :
— Tu veux bien me dire pourquoi on vient de faire une balade en voiture alors que tu es censée passer la journée avec ton agente pour ton fameux plan ?
— Merde, Alexëi. Tu voudrais bien arrêter deux minutes avec ça ?
— Mais regarde-toi ! Tu es nerveuse et tendue depuis que je t’ai récupérée. Explique-toi !
La mâchoire serrée, je le détaille. Je me sens en colère. Il a raison, je suis frustrée et contrariée. Il renchérit :
— Et reprends ton apparence habituelle, je t’en prie. Où tu as trouvé une silhouette aussi… ça.
Après un soupir, j’accède à sa demande.
— J’ai paniqué.
Alexëi remue la tête avec incompréhension devant mon aveu. Il attend que je lui en dise plus. Mes doigts dévissent le flacon entre mes mains. Je siffle une longue rasade, l’esprit rempli d’images de la veille lorsque j’étais lovée contre Jessie sur cette balancelle.
— Je ne sais pas ce qui m’a prise. Tout se passait bien.
Je me gratte nerveusement l’arrière du crâne avant de préciser :
— L’accueil, les individus, le dîner et la soirée ont été fantastiques. On était assises à une table si grande ! L’ambiance était… Elle…
Je bouge la tête pour rompre l’échange de regard et m’appuie contre la commode à ma portée.
— J’étais bien, Alexëi. J’aurais aimé que tu voies ça.
— Pourquoi as-tu paniqué ? demande-t-il calmement.
— Ce matin, quand je me suis réveillée dans ses bras, j’ai ressenti un truc.
— C’est-à-dire ?
— Je ne vais pas te faire un dessin. »
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