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📖 Extrait gratuit — Chapitre 1 à Chapitre 5

Sous le ciel étoilé · Gerri Hill, Julie Lezzie

Lire Sous le ciel étoilé en ligne gratuitement Chapitre 1

Kyler se tenait sur le petit porche à l’arrière de son chalet, l’épaule appuyée contre le poteau en cèdre. Les premiers oiseaux à arriver à la mangeoire ce matin-là furent les chardonnerets. Deux tarins des pins vinrent bientôt les rejoindre. La jeune femme appréciait les observer durant les quelques mois où ils restaient dans les parages. Fin février, ils repartiraient vers le nord, pour ne revenir qu’en octobre.

Son regard quitta le distributeur de graines pour s’élever vers le ciel. Il était particulièrement rougeoyant ce matin, et elle regretta de ne pas avoir pris la route de Skyline Drive pour admirer le lever du soleil, chose qu’elle ne faisait pas assez souvent. Un bruissement dans les genévriers ramena son attention vers les mangeoires, où se tenait une jeune biche, qui la fixait de ses grands yeux noirs. Elle sourit.

— Bonjour, Daisy, dit-elle doucement.

La biche huma l’air en frémissant du nez, comme pour s’assurer que c’était bien elle, puis s’avança à découvert pour dénicher le maïs que Kyler avait jeté à son intention un peu plus tôt. Bien qu’elle savait qu’elle ne devrait pas les nourrir, elle en mettait aussi au crépuscule. En effet, les campeurs du Parc d’État étaient priés de ne pas donner à manger aux animaux sauvages, et pourtant, elle enfreignait les consignes affichées sur les panneaux qu’elle avait elle-même contribué à installer. Daisy était la seule biche à venir chaque matin. Le soir, cinq ou six cervidés se disputaient la place. Elle supposait que, si les pécaris avaient vent du maïs, elle serait forcée d’arrêter d’en distribuer. S’ils ne lui faisaient pas peur, elle savait qu’une femelle avec des petits pouvait se montrer aussi féroce qu’une ourse protégeant ses oursons. Elle l’avait appris à ses dépens.

Kyler sourit en se souvenant de la fois où elle avait couru à travers les broussailles, hurlant de panique, un troupeau de cochons sauvages à ses trousses. Elle s’était littéralement jetée à l’arrière de son pick-up de fonction pour leur échapper.

Non, elle ne voulait certainement pas les attirer chez elle. Bien sûr, le matin, le maïs avait disparu. Peut-être venaient-ils la nuit s’empiffrer à son insu.

Le soleil était maintenant levé, la couleur orangée s’était évanouie. Elle savait qu’elle devait rentrer et s’habiller pour aller travailler. Mais elle se sentait trop paisible pour bouger. À quel moment ce sentiment de contentement avait-il pris place au quotidien ? Au bout de sa deuxième année ici ? Ou déjà durant la première ? Avant cela ? Peu importe. Ce qui était certain, c’est qu’il était difficile à imaginer, à présent, qu’elle avait détesté se retrouver là, à son arrivée. Les montagnes Davis – tellement éloignées des plages de Mustang Island – étaient le dernier endroit où elle pensait vivre un jour. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. C’était sa faute si elle s’était fait muter dans ce Parc d’État reculé. Et il était amusant de voir à quel point une énorme erreur pouvait se transformer en la meilleure chose qu’elle ait pu faire. Oui, car, en fin de compte, elle appréciait se trouver là.

Laissant Daisy mastiquer bruyamment ses grains de maïs et les oiseaux se disputer la mangeoire, Kyler se retourna pour rentrer s’habiller. L’un des avantages de cet endroit isolé était le logement fourni par le Parc d’État à ses gardes forestiers. Certes, les chalets étaient exigus et regroupés pour la plupart, mais situés au milieu des bois, essentiellement constitués de pins à pignon, de genévriers et de chênes. Au début, elle avait cruellement regretté son petit cottage de location sur la plage au bord du golfe, mais aujourd’hui, elle n’échangerait sa place pour rien au monde. C’est vrai que le littoral lui manquait. Tout comme ses amis. Mais de tomber sur Britney – avec ses cheveux blonds soyeux et son sourire radieux – en allant boire un verre, pas du tout. Sans parler de la belle brune avec qui elle sortait la dernière fois qu’elles s’étaient croisées. Britney en avait fait des caisses, au point de donner envie à Kyler de vomir sur leurs pieds nus chaussés de sandales.

Mais cela aurait été puéril. Elle était de toute façon déjà passée à autre chose.

— Ouais, bien sûr ! grommela-t-elle pour elle-même en levant les yeux au ciel. Bon, en tout cas, maintenant, elle avait tourné la page. S’être fait briser le cœur une fois dans sa vie lui avait suffi ; Kyler s’était promis de se montrer bien plus prudente à l’avenir. Non pas que ces lieux reculés lui offraient de nombreuses opportunités de rencontrer du monde, mais elle s’en fichait. Elle aimait cet endroit et, par conséquent, peu lui importait si les chances d’y fréquenter un jour quelqu’un frisaient le zéro absolu.

Après avoir jeté un dernier regard à Daisy, puis aux oiseaux, Kyler rentra. Son téléphone portable sonna alors qu’elle pénétra dans sa chambre, et elle répondit avec le sourire.

— Bonjour, Tammy. Déjà en poste ?

— Salut Kyler. Non, je suis toujours au ranch. Quelqu’un a appelé le numéro d’urgence. C’est bien toi qui es chargée de la maintenance cette semaine ?

Son sourire s’effaça, tandis qu’elle s’enquit :

— Qu’est-ce qui se passe encore ?

— Désolée, ma grande : il y aurait un problème dans les sanitaires des hommes, du côté de l’espace réservé aux tentes. Un des WC déborde.

Kyler émit un grognement avant de répondre :

— OK. Je m’en occupe de suite.

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