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Contre-Indication médicale · Radclyffe , Nik Moana

Lire Contre-Indication médicale en ligne gratuitement Chapitre 1

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Harper Rivers courait sur le bas-côté de la route de campagne étroite et sinueuse. Le soleil levant tapait dans son dos et l’Hudson s’écoulait paresseusement sur sa gauche pendant près d’un kilomètre, le long de champs récemment labourés. La brise vivifiante du printemps rafraîchissait la sueur sur sa nuque et l’arôme de la terre retournée, lourd de fécondité, taquinait ses sens. Sa peau picotait sous l’effet de la pulsation du sang dans ses veines et l’air frais qui emplissait ses poumons chassait son épuisement après une nuit d’insomnie.

Le rythme de ses chaussures sur le revêtement noir fissuré suivait celui de son cœur et son esprit se vidait peu à peu de tout, sauf de l’inévitable joie qui accompagnait le retour des beaux jours. Elle ralentit lorsqu’un pick-up la doubla et elle salua le conducteur qui klaxonna. Puis elle s’engagea dans une allée de gravier, assez large pour que deux tracteurs de bonne taille puissent se croiser. De chaque côté, des pommiers et des poiriers se paraient de feuilles d’un vert éclatant, piquetées des premières fleurs qui scintillaient sur les branches enchevêtrées.

Huit cents mètres plus loin, une imposante maison blanche se dressait sur une colline surplombant le fleuve. Elle évoquait une plantation du Sud, avec un porche à colonnes sur deux étages. De la fumée s’échappait de l’une des quatre cheminées en pierre, diffusant une douce odeur de pain cuit dans l’âtre de la cuisine.

Harper s’éloigna de l’allée menant à l’entrée principale pour suivre le chemin en dalles brutes qui sinuait autour du porche jusqu’à l’arrière de la maison. Elle monta les larges marches en bois et au moment où elle atteignait la porte moustiquaire, une voix provenant de l’intérieur l’interpella.

— Ne viens pas par ici avec tes chaussures boueuses, Harper Lee Rivers !

— Oui, maman, dit Harper, sa réponse habituelle à cet ordre familier.

Elle enleva ses chaussures de course, les laissa près de la porte et entra en chaussettes dans le domaine de sa mère. La cuisine, salle de réunion informelle pour toute la famille et la plupart des visiteurs, s’étendait sur presque toute la longueur de la maison, dominée par une table de plus de quatre mètres de long, taillée dans les noyers blancs autrefois si nombreux sur les collines de l’État de New York.

Le bois brut avait été usé par des décennies de casseroles et de plats posés sur sa surface et par le polissage vigoureux de générations d’épouses et d’enfants Rivers. Les appareils électroménagers avaient été modernisés, mais, pour le reste, la pièce n’avait pas changé depuis la construction de la maison, deux cent cinquante ans auparavant. Les comptoirs étaient faits du même bois rouge-brun foncé que la table, le grain long et fin interrompu ici et là par des nœuds et des spirales plus sombres. Des poutres taillées à la main, portant les cicatrices caractéristiques de la lame de la hache, soutenaient un plafond blanc en planches.

Le sol de l’entrée, lui, était recouvert de dalles gris-vert qui côtoyaient un parquet en chêne. Un foyer ouvert, d’environ un mètre carré, accueillait un feu matinal pour chasser le froid.

La mère de Harper sortit une plaque à pâtisserie du four à deux étages et la fit glisser avec une efficacité éprouvée sur un dessous-de-plat en pierre posé sur le comptoir en bois. Harper saisit un petit pain rapidement et retira sa main tout aussi vite lorsque sa mère lui assena un coup de cuillère.

— Tu sais bien qu’ils sont meilleurs quand ils ont un peu refroidi. Assieds-toi et bois ton café.

Harper tira une chaise en bois au dossier droit et à l’assise en cuir façonnée pour le confort par des décennies d’occupants. Elle s’installa à la table à sa place habituelle et étendit ses jambes vers l’âtre.

— Tu t’es levée tôt, remarqua sa mère en faisant glisser une tasse devant elle.

Elle lança à Harper un de ses regards directs qui avaient le chic pour la mettre sur le gril quand elle tentait de garder un secret, même si elle n’en avait plus depuis longtemps. En tout cas, aucun que sa mère ait besoin de connaître. Elle s’efforça de rester immobile et chercha dans sa mémoire un anniversaire oublié ou une réunion de famille manquée. Ida Rivers était très attachée au respect des obligations familiales.

— Ou alors, suggéra sa mère, tu ne t’es pas du tout couchée ?

Réalisant qu’elle n’avait pas commis de péché contre la famille, Harper se détendit. Elle sirota le café noir et fort et poussa un soupir de contentement. La course, les odeurs et la vue familière de la cuisine de sa mère firent disparaître les tensions persistantes des dernières heures.

— Mary Campbell a décidé d’accoucher un peu plus tôt que prévu. Elle en a eu pour presque toute la nuit.

— Les premières fois peuvent être comme ça. La mère et le bébé vont bien ?

Ida avait l’air intéressée, même si son mari lui avait sans doute raconté une histoire similaire à maintes reprises au cours des trente années précédentes. Peut-être que le fait de s’impliquer vraiment compensait toutes les absences du père de Harper lors des moments importants.

— Tout le monde va bien, y compris Tim. J’ai cru un instant que je devrais lui trouver un lit à côté de celui de Mary.

— Les pères pour la première fois ! dit Ida en riant. Ils sont pires que les mères, et de loin.

— Tu as raison, sourit Harper.

Elle se pencha et attrapa un petit pain sans se faire taper dessus cette fois.

— J’ai vu que le 4x4 de papa n’était plus là. Je pensais qu’il ne prenait plus d’appels la nuit.

— Oui, grommela Ida. Quand les poules auront des dents !

Harper acquiesça en beurrant le petit pain moelleux. Pas de danger que cela se produise de son vivant ! Son père était un médecin de campagne à l’ancienne, tout comme elle. Quand il y avait une alerte, il n’était pas question de dire au patient de se rendre aux urgences. Certes, cela impliquait de sortir du lit, d’enfiler un jean et une chemise en flanelle, de chausser des bottes et de conduire dans la nuit, à travers champs et forêt. Les chevreuils, les opossums et les ratons laveurs qui apparaissaient dans les phares fixaient un instant l’intrus comme s’ils se demandaient pourquoi il s’immisçait dans leur domaine. Puis ils bondissaient dans les sous-bois avec un battement de queue dédaigneux. Ces moments étaient parmi les plus paisibles qu’elle ait jamais vécus. Pourquoi y renoncerait-elle ? Et pourquoi priverait-elle ses patients de la possibilité d’être soignés par un médecin qui les connaissait et en qui ils avaient confiance ?

— Je lui ai dit que je prendrais ces appels. Je connais tous ses patients.

— C’est bien naturel ; tu l’accompagnes dans ses visites depuis que tu as dix ans.

— Alors, essaye de le convaincre ; il a mérité une nuit complète de sommeil.

Ida la foudroya du regard.

— Tu crois que tu seras prête à confier tes patients à quelqu’un d’autre dans vingt-cinq ans ?

— Effectivement, peut-être pas, concéda Harper.

Elle ne considérait pas la médecine comme un travail, mais comme une responsabilité. Elle souhaitait l’exercer depuis la première fois qu’elle avait accompagné son père dans son pick-up Ford, avec son gros sac noir cabossé entre eux, pour effectuer des visites à domicile. Elle aimait qu’un ami ou un voisin l’accueille à la porte, lui ouvre sa maison et remette sa vie entre ses mains en toute confiance. Ce qu’elle faisait était important et, au fond d’elle-même, elle était certaine que personne ne pourrait le faire aussi bien qu’elle. Sauf son père.

— Peut-être que je peux lui proposer d’alterner avec moi de temps en temps. Au moins, il aura quelques nuits de repos.

— Suggère-le et je m’occuperai du reste.

Ida essuya le comptoir avec un torchon humide et demanda nonchalamment :

— Comment ça se passe à l’hôpital ?

Harper se fit attentive. Sa mère n’était pas du genre à parler pour ne rien dire. Elle n’était pas une grande bavarde, contrairement à son père, qui pouvait tenir une conversation avec n’importe qui, y compris des inconnus au marché, sur n’importe quel sujet et pendant des durées interminables. Ida était directe, perspicace et il fallait compter avec elle à la maison.

— Bien, pour autant que je sache, déclara Harper. Y a-t-il quelque chose que j’ignore ?

Ida se retourna et appuya son bassin contre le comptoir devant l’évier de campagne en fonte émaillée long d’un mètre cinquante. Harper et elle avaient la même silhouette haute et élancée, avec des hanches étroites et des jambes longues. Même la couleur de leurs cheveux était semblable, un brun si foncé qu’il paraissait noir dans la pénombre. Leurs mains se ressemblaient aussi, avec de longs doigts minces et forts.

En ce moment même, les doigts de Harper étaient serrés autour de la tasse de porcelaine blanche fumante. Les yeux bleus de sa mère, presque indigo comme ceux de Harper, brillaient… d’inquiétude, peut-être ?

Les épaules de Harper se crispèrent. Sa mère ne se trompait jamais quand quelque chose n’allait pas. Elle avait su que Kate était malade, même lorsque personne, y compris son père et tous ses collègues, n’avait pu déterminer pourquoi elle ne mangeait plus et perdait du poids. Et lorsque la leucémie s’était finalement déclarée, il n’y avait eu aucun moyen de l’arrêter. Harper chassa le souvenir des adieux à Kate dans la chambre voisine de la sienne.

— Quoi ?

— Ton père.

L’estomac en chute libre, Harper repoussa la chaise et se redressa.

— Quoi, il est malade ? Il ne m’a rien dit !

— Il est en pleine forme, dit Ida avec un geste de la main. Mais quelque chose l’inquiète. Il fait les cent pas la nuit, il ne dort pas même quand il en a l’occasion et il a reçu quelques coups de téléphone qui l’ont clairement contrarié. Mais il n’en parle pas.

— C’est un problème d’argent ?

— Non, à moins qu’il ne se soit soudainement mis à jouer.

Harper ricana. Son père n’avait que deux centres d’intérêt : la médecine et sa famille. Il n’avait pas le temps pour autre chose et n’avait jamais manifesté l’intention de changer sa façon de vivre.

Elle l’admirait pour son dévouement sur ces deux plans et espérait qu’un jour elle partagerait la même réussite, à la tête de l’hôpital, lorsque son père prendrait sa retraite en tant que directeur médical, et avec sa famille, une fois qu’elle aurait rencontré la femme idéale avec qui s’installer.

— L’activité est intense, déclara Harper. Elle s’est amplifiée aux urgences depuis que les températures se sont radoucies et que nous accueillons davantage de touristes dans la région. À part cela, je n’ai connaissance d’aucun problème à l’hôpital qui pourrait lui causer des soucis.

— Eh bien, dit sa mère tandis que des pneus crissaient sur le gravier à l’extérieur, quoi qu’il en soit, je pense que nous le saurons bien assez tôt.

Harper entendit le bruit familier des pas de son père qui rentrait à la maison. Elle sentit l’inquiétude monter en elle : sa mère ne se trompait jamais pour flairer les ennuis.

***

Presley saisit sa valise à roulettes sur le carrousel à bagages et se fraya un chemin à travers la foule clairsemée des autres voyageurs vers la sortie de l’aéroport. Trois hommes vêtus de costumes classiques avec une chemise blanche et une cravate sombre brandissaient devant eux des pancartes en carton. Elle repéra son nom, griffonné au marqueur noir sur le panneau tenu par l’un d’eux, un type d’une quarantaine d’années aux cheveux châtains et au teint fleuri. Elle s’approcha de lui et il l’accueillit avec un large sourire.

— Madame Worth ?

— Oui.

Elle réussit à grand-peine à ne pas répondre d’un ton hargneux. Il n’y avait pas de première classe, l’avion était petit, avec des sièges étroits et tassés et un service inexistant. Elle s’était contentée pour le petit déjeuner d’une tasse de café tiède au goût d’instantané et d’un sachet de cacahuètes.

— C’est loin ?

— Environ quarante-cinq minutes, expliqua-t-il en prenant la poignée de son bagage et en se dirigeant vers la sortie. Il n’y a pas beaucoup de circulation dans cette direction, donc nous serons à l’heure.

— Très bien.

Elle le suivit sous le soleil du matin. L’air était vif et plus frais, d’à peu près cinq degrés, que celui auquel elle était habituée à cette heure de la matinée. C’était un bonus, d’une certaine façon, et le seul point positif qu’elle avait noté jusqu’à présent. L’aéroport était ridiculement petit, ce qui expliquait pourquoi elle avait dû prendre deux vols pour venir ici. Franchement, pouvait-elle s’éloigner davantage de la civilisation ?

L’homme la conduisit jusqu’à une voiture de ville noire. Pendant qu’il chargeait son bagage, elle monta à l’arrière et consulta immédiatement son téléphone. Elle espérait qu’il n’aurait pas envie de discuter une fois qu’il aurait vu qu’elle était occupée. Elle fit défiler ses différentes adresses électroniques, la professionnelle puis la personnelle, envoyant des instructions à son assistante sur plusieurs problèmes qui s’étaient présentés depuis sa dernière vérification. Dieu merci, Carrie arriverait le lendemain. À elles deux, elles devraient pouvoir régler cette affaire rapidement.

Plus vite elles prépareraient le terrain pour qu’une équipe de transition prenne le relais, plus vite elle pourrait repartir d’ici. La colère qu’elle éprouvait à l’égard de son frère et de ses manœuvres la submergea, mais elle se força à la réprimer. Certaines batailles ne valaient pas la peine d’être menées, et puisqu’il avait le soutien du conseil d’administration, elle n’avait pas de munitions pour riposter. Elle était donc là, poussée hors de vue pour le moment. Plus vite elle finaliserait la prise de contrôle, mieux ce serait. Preston se trompait cependant s’il pensait qu’elle le laisserait faire tranquillement campagne pour le poste de PDG alors qu’elle était exilée au fin fond de nulle part.

Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre sur la ville, ou ce qui en tenait lieu, et découvrit qu’elle avait disparu. Des collines et des champs étendus bordaient la route à deux voies. Des fermes, le plus souvent blanches ou jaunes, étaient construites le long de la route ou en retrait sur d’étroits chemins de terre. D’imposantes granges rouge sang, des silos et des bâtiments divers les dominaient. Personne n’avait de voisins proches. Le paysage ne pouvait pas être plus différent de celui de Phoenix, où le désert d’une beauté austère s’étendait sur des kilomètres jusqu’au pied de montagnes escarpées. Ici, les couleurs éclataient partout : des verts de toutes les nuances, des jaunes profonds et des bruns riches en terre, des fleurs violettes et blanches - des lilas, subodora-t-elle - et d’autres plantes qu’elle était incapable de nommer. L’explosion étourdissante de couleurs vives était une distraction plutôt gênante et elle se tourna de nouveau vers son téléphone.

Elle ouvrit une application de presse et s’aperçut au bout d’une seconde qu’elle n’avait pas de signal. Elle fixa son téléphone. Était-ce possible ? Franchement ? Pas de réseau ? Où diable était-elle ?

Serrant son téléphone comme s’il s’agissait d’une balise pour retrouver la civilisation, elle recula dans son siège et ferma les yeux. La transition devrait prendre six mois. Elle s’en donnait trois. Si la mission durait plus longtemps, elle risquait de perdre les pédales. Maudits soient Preston et ses manœuvres !

Le véhicule ralentit et Presley se redressa. Une boîte aux lettres rouge cabossée, aux numéros réfléchissants tout écaillés, était perchée au sommet d’un poteau de bois gris, à l’entrée d’une allée de terre. La voiture tourna et passa entre des champs qui s’étendaient à perte de vue de part et d’autre. Presley supposa qu’il s’agissait d’herbe. C’était sûrement une erreur.

— Êtes-vous sûr que c’est la bonne adresse ?

— Le numéro 246 est sur la boîte aux lettres, madame. Et nous sommes sur la route départementale 64.

— Oui, mais il n’y a rien ici.

— Eh bien, une maison est là, juste devant, après ces arbres. Ce n’est pas votre destination ?

— On m’a dit qu’une maison avait été louée pour moi, mais je ne pensais pas…

Presley serra la mâchoire avant de continuer :

— Allons jeter un coup d’œil, d’accord ?

La voiture s’engagea dans une allée longue, mais presque aussi étroite qu’une ruelle. La maison était une structure carrée avec une façade en bois - jaune, bien sûr - ornée d’un large porche sur toute sa longueur. Une grange rouge de taille respectable s’élevait à cinquante mètres de là et une corde à linge, chargée de draps qui claquaient dans la brise, était suspendue de l’angle arrière de la maison jusqu’à un grand chêne.

— De toute évidence, nous nous sommes trompés d’endroit. Quelqu’un vit ici, déclara Presley.

Quelqu’un d’autre, Dieu merci !

La porte d’entrée s’ouvrit et une femme d’âge moyen, vêtue d’un pantalon bleu pâle et d’une chemise à carreaux bleu et blanc, la taille ceinte d’un tablier à fleurs, descendit du porche et s’approcha de la voiture. Ses cheveux blond grisonnant étaient tirés en arrière en une torsade lâche. Son large sourire était accueillant.

Presley baissa la vitre.

— Je suis vraiment désolée de vous déranger, je pense que nous sommes à la mauvaise…

— Seriez-vous madame Worth ?

Pendant un instant, Presley fut presque trop surprise pour répondre.

— Oui. Qui êtes-vous ?

— Je suis Lila Phelps. La gouvernante.

— La gouvernante…

Presley entendit sa voix s’élever.

— Je ne savais pas que la maison avait du personnel à demeure.

— Je n’habite pas ici, dit Lila en riant, mais l’agence de location a dit que vous auriez besoin d’une femme de ménage, et je suis juste à côté. Ma cousine Sue travaille pour l’agence et elle m’a appelée. Je ne cracherais pas sur quelques revenus supplémentaires avec mon plus jeune qui va entrer à l’université à l’automne. Il fallait aérer la maison et je viens de finir de laver tout le linge. Bien sûr, si vous n’avez pas besoin de moi…

— Vous ne feriez pas la cuisine par hasard ?

— Est-ce qu’il pleut au printemps ? répliqua Lila avec un sourire éclatant.

— Pas là d’où je viens, marmonna Presley.

Elle ouvrit la portière et sortit.

— Petit déjeuner à six heures, dîner à dix-neuf heures trente.

— Je peux vous laisser quelque chose au chaud dans le four pour votre dîner, mais je dois être chez moi vers seize heures pour préparer notre repas de famille.

— Très bien. Laissez les instructions avec le plat.

— Pas de problème. Je peux aussi m’occuper de la lessive, ranger la maison et faire les courses.

— Excellent. Je vais vous donner une liste de mes plats préférés. Je travaille le matin pendant mon petit déjeuner, donc pas de radio.

— Je n’aime pas le bruit moi non plus.

— Nous nous entendrons bien, alors, dit Presley.

— J’en suis sûre.

Presley paya le chauffeur, qui porta sa valise jusqu’au porche d’entrée. Les mains sur les hanches, elle se tourna vers sa nouvelle maison. À perte de vue, des collines, des champs et des bovins. Il y avait un grand nombre de vaches tout près de la route, et si elle n’avait pas pu les voir ou les entendre, elle pouvait certainement les sentir. Son frère lui paierait ce coup pendable !

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