Chapitre 1 — Chapitre 1
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Danse avec moi · Georgia Beers
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La glace, ça règle tout. Ou presque.
Bon, d’accord. Peut-être pas tout, mais franchement, on s’en approche. Je suis catégorique là-dessus.
— Ça va, toi ? me demande Adley Purcell, ma meilleure amie depuis le lycée, en terminant de nettoyer une des machines à glace.
Get the Scoop, c’est le glacier artisanal de sa famille. Son grand-père l’a ouvert après avoir quitté les Philippines avec sa femme et sa fille, la mère d’Adley. C’était bien avant que le mot « artisanal » ne devienne à la mode.
L’an dernier, son grand-père a pris sa retraite et Adley a racheté l’affaire. Depuis, elle s’épuise à la tâche six jours par semaine. On est inséparables. Depuis toujours. Bien avant de savoir qu’on aimait toutes les deux les filles.
J’acquiesce en portant une cuillère de glace menthe et pépites de chocolat à ma bouche, laissant sa fraîcheur s’attarder quelques secondes sur ma langue avant d’avaler. C’est la toute dernière portion du jour, et c’est une tuerie. Adley en refera demain.
— Ça va.
— Bien.
Adley jette son torchon sur son épaule et souffle sur une mèche de ses cheveux bruns ondulés, qui s’échappe de sa queue-de-cheval et de sa casquette, retombant aussitôt devant son œil, imperturbable.
Elle se prépare ensuite un milkshake avec du lait d’amande et une glace choco-amande, ajoute une lichette de Frangelico tirée de la bouteille pas si discrètement planquée dans le frigo, et voilà : milkshake alcoolisé maison.
Elle s’installe sur le tabouret en face de moi, derrière le comptoir à l’arrière de la boutique, pose les avant-bras sur la table et me fixe droit dans les yeux.
— Oh oh. Ce regard-là, c’est du sérieux, dis-je en souriant à moitié, parce que, quand Adley m’observe de cette façon, c’est rarement pour parler météo. On va avoir une conversation importante, là ?
— Ça suffit.
Ses sourcils sombres se froncent en un V au-dessus de son nez, signe qu’elle ne plaisante plus du tout.
— Je comprends que tu aies eu besoin de temps pour faire le deuil de votre relation. Vraiment. Que ce temps ait été long, je le comprends aussi. Mais Pénélope qui annonce ses fiançailles ? Ça ne mérite pas une seule larme. Tu mérites bien mieux qu’elle.
Je pousse un soupir. Pas d’agacement, non. De résignation. Elle a raison. Adley y voit clair, comme toujours, et là, il n’y a pas à débattre. Mais ça n’empêche pas que ce soit dur. Et franchement humiliant.
J’ai passé trois ans avec Pen. J’ai emménagé chez elle. Nous étions heureuses ou, du moins, je le croyais. Et moi, j’en voulais plus. Je voulais du concret. Un vrai engagement. Quelque chose qui montre qu’on tenait réellement l’une à l’autre.
J’aurais mieux fait de me taire. C’est quand j’ai commencé à parler mariage que tout a commencé à s’effondrer. Ironique, quand on y pense.
Pour faire court : on a rompu, elle m’a foutue dehors, je suis retournée vivre chez ma grand-mère, et à peine un an plus tard, Pen s’est fiancée avec une autre.
Fiancée. Sérieusement.
Donc, en vrai, le problème, ce n’était pas le mariage. C’était moi. Elle ne voulait simplement pas avancer avec moi. Et ça, ça m’a brisée. C’est tellement humiliant.
Et maintenant, j’ai l’impression que je ne peux plus me montrer en ville sans que tout le monde sache, ou pire, compatisse. Ce qui est stupide, j’en ai conscience. Mais les émotions, hein… ce n’est pas toujours rationnel.
— Tu dois sortir un peu, quitter la maison de ta grand-mère, faire quelque chose. Joue au softball. Inscris-toi à une ligue de bowling. Un club de lecture. Va dîner dehors. Peu importe, mais bouge.
Elle boit une gorgée de son milkshake, puis sa voix s’adoucit.
— Je m’inquiète pour toi.
— Je sais.
Et c’est vrai. Entre Adley, ma grand-mère et mes collègues, je ne passe pas une journée sans qu’on me glisse gentiment que je devrais faire autre chose que rentrer chez moi m’écrouler devant Netflix, et traîner avec mes chats. Enfin… les chats de ma grand-mère.
Et je ne regarde pas n’importe quels films, non, je suis en boucle sur les comédies romantiques dégoulinantes de sentiments. J’ai enchaîné tous les programmes à l’eau de rose, avec les bons vieux clichés : la fille de la ville qui revient dans son petit village natal, la réunion d’anciens élèves qui rallume une ancienne flamme, le fameux « certaines choses comptent plus que mon job »… Je les ai même revues. Plusieurs fois.
Je suis à deux doigts de fusionner avec le canapé. Alors peut-être qu’il est temps de prêter attention à ce qu’on me dit.
— En fait, finis-je par avouer à Adley, j’ai peut-être bien une idée en tête.
— Je t’écoute.
Adley me fixe de ses grands yeux sombres.
Chez elle, tout est harmonie de bruns. Elle est à moitié philippine, et ça se voit : cheveux soyeux, bronzage doré, regard profond. Elle est grande, sublime, impossible à ignorer. Et, à côté d’elle, je me sens… quelconque. Moi, j’ai des mèches claires tout ce qu’il y a de plus ordinaires, des iris bleus passe-partout, une peau pâle, et une taille standard.
Je lui pique sa boisson, en prends une gorgée, puis je me lance.
— Tu sais que Bash va se marier ?
— Tu veux dire Bash, l’homme idéal ?
Je ris en repensant au surnom qu’elle lui a donné la première fois qu’ils se sont rencontrés, fascinée par la perfection presque irréelle avec laquelle il semblait avoir été façonné.
Sebastian Larue est l’un de mes collègues, mais aussi un de mes plus proches amis.
— Eh bien, il veut prendre des cours de danse pour faire une surprise à Lydia, pour leur mariage. Et il m’a demandé de l’accompagner, d’être sa cavalière. Apparemment, ça l’aiderait… et ça me ferait « sortir de chez moi ».
Je mime les guillemets avec les doigts, en reprenant les mots qu’il avait employés lorsqu’il m’a soumis l’idée.
— C’est un programme sur douze semaines.
— C’est génial ! s’exclame Adley en tapant dans ses mains.
Ses yeux pétillent, son sourire s’élargit, et c’est évident qu’elle est ravie… sûrement parce qu’elle m’imagine déjà en train d’essayer de danser et de me ridiculiser devant une bande d’inconnus.
— Tu vas le faire, hein ?
— Disons que j’ai tenté de refuser, mais il m’a sorti sa carte « je t’ai aidée à déménager quand ton ex t’a jetée », et franchement, j’allais pas lui dire non après ça.
— Il n’a pas tort.
— Je sais. Alors j’ai accepté, contre toute logique.
Je termine ma glace, vais rincer mon bol dans l’évier en inox, puis le pose sur le comptoir, prêt à être mis dans le gigantesque lave-vaisselle. Je me retourne vers ma meilleure amie.
— Tu es consciente que ça va être un désastre, hein ? J’ai aucun sens du rythme. Bash va regretter de m’avoir embarquée là-dedans.
— Mais pas du tout, répond Adley en souriant. Tu vas t’éclater. Lui, il va pouvoir surprendre sa future femme. Et au bout du compte, ce sera génial. Je le sens super bien.
Elle aspire la fin de son milkshake et ajoute :
— Et puis, tu as le sens du rythme. Tu vas assurer. En plus, tu rends service à ton ami, et ça, c’est déjà bien. Mais surtout, tu fais quelque chose. Et ça, c’est encore mieux.
— Je vis pour te faire plaisir.
Je voulais être sarcastique, mais c’est sorti trop léger. C’est sûrement mieux comme ça. Je me racle la gorge et souffle doucement. Elle a raison, comme souvent quand il s’agit de conseiller les autres, et je ferais aussi bien d’arrêter de lutter.
Je décide de changer de sujet.
— Des nouvelles saveurs en vue ? C’est le printemps.
Je désigne le congélateur d’un signe de tête. Adley a un don pour créer des parfums de glace originaux, des coupes surprenantes aux noms décalés, et surtout, des combinaisons de goûts absolument divines.
— Deux-trois idées, ouais. C’est encore en phase d’essai. Quelques nouveaux arômes et deux concepts de desserts. Il faut bien se renouveler si on veut que les gens reviennent.
J’aimerais avoir ne serait-ce qu’un dixième de sa créativité.
— Si t’as besoin d’une testeuse, tu sais où me trouver.
Je lève la main et lui fais un petit signe pour appuyer mes mots.
— Tu seras la première sur ma liste, dit-elle en me souriant.
Et franchement, avoir une meilleure amie qui gagne sa vie en inventant des glaces, c’est vraiment le rêve.
Je suis coiffeuse. J’adore les cheveux, les nouvelles coupes, les couleurs et tout ce qui touche à la science capillaire me passionne. Ça m’a toujours fascinée, même quand j’étais toute petite. Toutes mes poupées et mes Barbies avaient des coiffures délirantes parce que je testais sans arrêt des trucs dessus : je coupais, je bouclais, je colorais.
Cela dit, le salon où je travaille actuellement, Sylvia’s, n’est pas exactement à la pointe de la mode capillaire. Sans mauvais jeu de mots. Enfin, si, un peu. Mais bon, ça reste un boulot, je m’en sors pas mal, et je m’entends super bien avec les coiffeurs qui bossent à côté de moi. Bash est à ma gauche. Demi est à la sienne. On forme une espèce de trio : les mousquetaires du sarcasme. Un jour, c’est sûr, on montera notre propre salon et on dira bye-bye à Sylvia et à ses marges de profit honteuses.
Un jour.
Ce mardi matin, j’ai trois mamies d’affilée sur mon planning. Je ne dis pas « mamies » par manque de respect, c’est simplement ainsi que je surnomme mes clientes les plus âgées. Et pour être honnête, ce sont elles qui font tourner la boutique : elles viennent chaque semaine, sans exception. Shampoing, mise en plis, brushing… c’est facile, rapide, et ça représente une bonne partie de mon salaire. En plus, ma grand-mère me recommande à toutes ses copines, donc mon agenda est plutôt bien rempli. Et pour ça, je lui suis sacrément reconnaissante.
Je suis en train de poser les bigoudis à Mme D’Angelo, elle possède une magnifique chevelure blanc argenté, quand Bash entre dans le salon pour commencer sa journée. Je la vois le suivre du regard dans le miroir, comme à peu près toutes les femmes hétéros qui ont un cœur qui bat… et un bon nombre d’hommes aussi, d’ailleurs.
Les gens s’imaginent toujours que Bash est gay, c’est un stéréotype tenace qui colle aux coiffeurs. Et en plus, il est canon : grand, élancé, avec des épaules larges, de beaux cheveux châtains bien coiffés, et une barbe taillée à la perfection, comme s’il l’avait dessinée sur son visage. Un vrai prince Disney.
Et le plus drôle ? Il ne capte rien. Il est complètement indifférent à toute cette attention, ce qui est une des mille raisons pour lesquelles je l’apprécie autant. En réalité, il est bi, mais ce n’est pas à moi d’en parler. Et surtout, il est fou amoureux de Lydia, qui est peut-être l’être humain le plus adorable de cette planète. Honnêtement, ce ne serait pas étonnant.
— Bonjour, Mme D., dit-il à ma cliente en croisant son regard dans le miroir. Vous êtes resplendissante ce matin.
Mme D’Angelo rougit. Pour de vrai. Et c’est trop chou. Je m’attends presque à ce qu’elle glousse de plaisir, mais elle se contente de lui rendre son sourire et de le saluer à son tour.
Je termine de la préparer et l’installe sous le casque, avant de passer à ma prochaine cliente, Mme Haverstein. Je lui fais un shampoing, l’assieds dans mon fauteuil et commence à lui peigner les cheveux, de superbes mèches poivre et sel, pas aussi blanches que celle de Mme D’Angelo, mais très jolies.
Bash s’occupe d’un beau client blond, et il est en train de lui raser la nuque avec une tondeuse.
— Prête pour ce soir ? me demande-t-il.
— Sachant que je ne serai jamais prête à me ridiculiser en dansant devant des inconnus… non. Mais je viendrai quand même.
Dans le miroir, Mme Haverstein me lance un regard curieux et hausse un sourcil presque invisible.
— Bash m’a embarquée dans son projet de cours de danse, lui expliqué-je en levant les yeux au ciel.
— Oooh, répond-elle en allongeant la voyelle. Ça a l’air tellement amusant. J’adorais danser, à l’époque.
— Ça va être chouette, confirme Bash, avec un sourire qui la fait rougir elle aussi.
Sérieusement, il faut qu’il m’apprenne à faire ça.
— Je me marie cet automne, et je veux surprendre ma fiancée en pouvant réellement me débrouiller pour notre première danse en tant que mari et femme.
Je vois le visage de son client se décomposer, et je dois me mordre les lèvres pour ne pas rire. Pauvre gars.
— Chouette pour toi, je réponds. Toi, t’as du rythme. Et tu sais faire la différence entre ton pied gauche et ton pied droit.
Il secoue la tête en souriant, parce que c’est mon argument depuis le début, mais il ne lâche pas l’affaire.
— Non. Tu vas assurer. Je parie vingt dollars là-dessus.
— Vous êtes témoin, Madame H. Quand il n’osera plus montrer le bout de son nez parce que sa partenaire de danse est une catastrophe, n’hésitez pas à lui rappeler cette conversation. D’accord ?
Elle éclate de rire, ses yeux bleus pleins de malice, plissés d’amusement. C’est une femme charmante que je connais depuis le lycée, parce qu’elle jouait au bowling avec mes grands-parents. Elle lève les mains en signe de reddition.
— Je ne me prononce pas, dit-elle. J’attends de voir.
La matinée passe à toute vitesse, comme d’habitude le mardi, et, à midi et demi, Demi fait son apparition pour sa première cliente, juste au moment où je reviens de ma pause déjeuner dans l’arrière-boutique.
Ma clientèle, plus âgée, privilégie les rendez-vous matinaux. Demi, quant à elle, attire une clientèle plus jeune et plus audacieuse, qui apprécient les réveils tardifs. Ses journées commencent rarement avant le début de l’après-midi.
Aujourd’hui, Demi arbore un pantalon sombre ultra moulant, déchiré aux genoux. Ses cheveux, d’un noir brillant, sont rasés sur un côté, et retombent souplement de l’autre. Elle a échangé son petit diamant au nez contre un anneau en argent. Son trait d’eyeliner est épais, et ses Doc Martens ont bien dix ans, mais, malgré tout, elle réussit toujours à mélanger des fringues usées, dépareillées ou juste bizarres… et à en faire un look stylé. Je pourrais lui filer des sacs plastique, deux élastiques et du scotch qu’elle en tirerait encore quelque chose de cool. Elle a du style à revendre. J’aimerais bien qu’elle partage un peu. J’en aurais bien besoin.
Un coup d’œil à mon jean et à ma chemise violette boutonnée me le confirme. J’achète mes vêtements directement sur les mannequins en magasin, parce que, comme ça, je suis sûre qu’au moins une personne sur terre a trouvé que les différents éléments s’accordaient : celle qui a habillé le mannequin.
Quand je fais du shopping en ligne, c’est pareil, je commande carrément toute la tenue que porte le modèle. Par sécurité. Je suis incapable d’accessoiriser. C’est désespérant.
— DeBashtie, lance Demi à voix basse en s’installant à son poste.
Bash et moi échangeons un regard. Je penche la tête vers la gauche, tandis qu’il fait de même, mais du côté droit.
— C’est la fusion de nos trois prénoms : Demi, Bash, Scottie, précise-t-elle en détachant les syllabes empruntées à chacun de nos prénoms.
— Étonnamment, j’aime bien, dit Bash.
— Moi aussi, j’admets, avec un petit sourire.
— On l’ajoute à la liste ? demande-t-elle, l’air très satisfait. Nous acquiesçons tous les deux.
Elle sort son téléphone et commence à taper.
Tous les deux ou trois jours, l’un de nous suggère un nom pour le salon qu’on rêve d’ouvrir ensemble. Chacun a le droit de veto. Et quand une proposition fait l’unanimité, on la met sur la liste. Ma précédente idée, Snips, a été recalée avant même que j’aie fini de la prononcer.
Ma première cliente de l’après-midi est aussi la première à avoir moins de soixante ans. Quand je retire la blouse de ma dernière cliente, il est presque dix-sept heures trente, et Bash a l’air carrément surexcité.
— C’est presque l’heure, dit-il, les yeux brillants d’impatience.
— Je te jure, on dirait un gamin la veille de Noël, avec ce cours de danse. Je ne crois pas t’avoir déjà vu aussi enthousiaste.
C’est mignon, je dois bien l’admettre, même si j’ai des papillons qui font du trampoline dans mon estomac depuis une bonne heure. Je ne sais pas pourquoi je suis si nerveuse. Je n’ai aucune raison de l’être. Ce n’est pas comme si j’allais débarquer dans une pièce remplie de danseurs pros et que j’allais me ridiculiser. Les autres seront probablement aussi paumés que moi.
Rationnellement, j’en suis consciente.
Mais mon corps, lui, n’a visiblement pas reçu le message.
— T’as pris tes affaires ? demande Bash. Je vais me changer.
— OK. J’irai après toi.
Il n’y a qu’une seule salle de bains dans le salon, donc j’attends qu’il ressorte avant d’y entrer avec mon sac. On m’a dit de venir dans une tenue confortable, histoire de pouvoir bouger facilement, alors j’ai pris un legging et un débardeur, bien ajustés. Pas question de finir suspendue à une poignée de porte avec ma manche ou de faire un grand écart involontaire à cause d’un pantalon trop large. J’en serais bien capable. Donc j’ai choisi des fringues bien près du corps.
J’enfile mes baskets, et je suis prête.
On y va chacun de notre côté, puisque le studio de danse est à mi-chemin entre nos deux appartements, mais dans des directions opposées. Il me faut trois essais pour réussir à démarrer ma Ford, qui a onze ans, mais j’arrive à l’heure et me gare à côté de la Charger de Bash, devant le « Studio de Danse de Mlle Tina ». Il m’attend, appuyé contre sa voiture, les chevilles croisées.
Je désigne le petit bâtiment d’un mouvement du menton.
— J’espère que t’es prêt à voir ta pote t’humilier devant tout le monde.
Il ignore royalement ma tentative d’autosabotage et garde son grand sourire de gamin.
— Prête ? demande-t-il alors que je claque la portière et verrouille mon bolide.
Non, je ne suis pas prête. Pas même un tout petit peu. J’ai peur de me ridiculiser. Pire encore, j’ai peur de le ridiculiser lui. Je lui lance un regard qui doit trahir ma panique croissante, parce qu’il passe un bras autour de mes épaules.
— On est juste là pour s’amuser. C’est tout, d’accord ? Respire un bon coup.
J’inspire profondément, puis expire lentement… et je réalise qu’il a raison. Pas besoin de stresser. Aucune raison de m’inquiéter. On est juste là pour passer un bon moment.
Je hoche la tête.
— OK. C’est parti.
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