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Juste un été · Radclyffe , Nik Moana

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Dans un bruit sourd, la roue avant gauche du coupé BMW de Lily Davenport tomba dans un nid de poule de la taille du Grand Canyon. La petite décapotable deux places émit un gémissement inquiétant, d’une consonance quasi humaine, avant de remonter de l’autre côté du trou et de caler aussitôt.

— Merde, murmura Lily, en passant en mode parking pour redémarrer le moteur.

Elle appuya sur le bouton d’allumage et, devant la seconde de silence qui suivit, elle retint sa respiration, craignant que son véhicule ne refuse de démarrer en signe de protestation contre les mauvais traitements qu’il venait de subir. Non pas qu’elle puisse lui en vouloir. Si elle était une voiture, elle s’abstiendrait d’aller plus loin sur ce chemin infernal qu’on ne pouvait pas décemment qualifier de route, vu qu’il était à peine plus large que sa BMW. Lorsque le moteur se remit en marche, elle murmura un remerciement et avança de quelques centimètres, en essayant d’éviter les branches qui dépassaient sur le chemin plein d’ornières.

Malgré les fenêtres ouvertes, la brise anémique qui parvenait à traverser le sous-bois dense et les pins imposants n’était pas de taille face au soleil de ce début juin. L’intérieur de la voiture était déjà un four. Lily abaissa le toit, qui fonctionnait encore, et fixa le capot. Elle attendit quelques secondes pour vérifier si quelque chose tombait du châssis ou explosait sous le capot ou si de la vapeur, de la fumée ou tout autre signe menaçant s’en échapperait.

Pourquoi n’avait-elle pas écouté Sarah quand celle-ci lui avait suggéré de louer une Jeep ou un véhicule à quatre roues motrices pour l’été ? Mieux encore, pourquoi Sarah ne lui avait-elle pas dit que le chemin menant au chalet, décrit comme une route d’accès fermée uniquement en hiver, n’était en fait rien de plus qu’un sentier de chèvres ? Peut-être aurait-elle dû, rétrospectivement, demander des précisions à Sarah. Le terme de « route » était réellement trop généreux. On pouvait à peine parler de chemin pour les cerfs ou autres créatures des bois.

Après quelques minutes pendant lesquelles le moteur continua de tourner, Lily constata que rien ne semblait brûler, fuir ou présenter un quelconque dysfonctionnement. Elle remonta ses lunettes de soleil dans ses cheveux et loucha sur l’écran de navigation. Elle aimait cette petite voiture pour sa maniabilité en ville et sa vitesse les rares fois où elle avait l’occasion de sortir de la métropole, mais le tableau de bord était un peu étroit et la lecture de la carte sur le petit écran était à tout le moins un défi. Pour l’instant, celui-ci n’affichait qu’un aperçu géographique régional générique. Merci, Google, mais pas très utile quand on est entouré de bois, apparemment inhabités.

Elle devait certainement avoir pris le mauvais chemin.

Passant mentalement en revue son trajet, Lily détermina qu’elle avait été sur la bonne route une dizaine de kilomètres plus tôt et bien longtemps avant l’instant présent. Sans doute avait-elle quitté trop vite la route sinueuse qui encerclait la rive du lac George. Faire demi-tour était actuellement hors de question. Littéralement. Elle ne voulait pas risquer une manœuvre complexe pour se retrouver avec l’arrière de sa Z4 dans un fossé et devoir retourner à pied vers la civilisation.

Il ne lui restait plus qu’à avancer au pas en essayant d’éviter tout danger inattendu jusqu’à ce qu’elle trouve un endroit pour faire demi-tour. Ou alors, coup de chance incroyable et peu habituel pour elle, elle pourrait même tomber sur le chalet. Mais elle en doutait : elle n’avait pas dépassé de bâtiment, croisé de véhicule ni repéré de signe de vie, humain ou autre, depuis qu’elle avait quitté l’autoroute pour s’enfoncer dans les Adirondacks.

Elle repartit quand elle constata qu’aucune de ses jauges ne sortait de la zone médiane, suggérant qu’elle n’avait pas causé de dommages irréparables à sa voiture. La sueur perlait sur ses tempes et sa nuque. Elle plissa les paupières dans l’éblouissement du petit matin et remit ses lunettes de soleil en place. Elle avait bien roulé en direction du nord depuis son départ de New York, mais c’était de la conduite sur une route principale et, à cinq heures du matin, elle avait pu aller vite en évitant les radars. Ce qui aurait dû être la partie la plus courte de son voyage s’avérait maintenant la plus ardue. Elle espéra qu’il ne s’agissait pas d’un présage pour la suite.

Renonçant à se fier au GPS, elle s’en remit au destin et continua à s’enfoncer dans la forêt de conifères. Elle se dit qu’elle apercevrait le camp d’un moment à l’autre ou au moins un panneau lui intimant : « Fais demi-tour ici, espèce d’idiote ». Elle tourna dans un virage sans visibilité et sauta sur ses freins.

— Oh !

Le cœur battant à toute allure, les bras crispés sur le volant, elle fixa l’avant du véhicule qu’elle avait failli emboutir. Et cligna des yeux. Ce n’était pas un mirage. Une Jeep vert militaire sans toit, avec un unique occupant en treillis olive, se trouvait à trente centimètres de son pare-chocs avant.

Merveilleux. Elle était seule dans les montagnes en présence d’un survivaliste, ou pire, d’un milicien qui jouait au soldat. Elle n’avait même pas de réseau téléphonique. Elle s’obligea à inspirer avec calme. Normalement elle ne paniquait pas face à une crise, du moins ce n’était pas le cas avant…

Le léger brouillard qui voilait la vision de Lily se dissipa à mesure que son pouls ralentissait et elle put voir plus clairement la silhouette qui descendait de la Jeep. Éblouie par le soleil, Lily avait du mal à distinguer les détails. Elle remarqua cependant que la personne qui passait devant sa voiture pour se diriger vers le côté conducteur était une femme. De son point d’observation en contrebas et avec une vue limitée, Lily repéra qu’elle était assez grande, plutôt mince, vêtue d’une chemise d’uniforme à manches courtes sur ses bras bien musclés et d’un pantalon assorti. Elle portait aussi une arme à la ceinture (un pistolet peut-être ?).

— Bonjour, dit la femme d’un ton interrogateur en s’arrêtant à côté de la voiture de Lily.

Bien entendu, des lunettes de soleil de type aviateur cachaient la majeure partie de son visage. Sa bouche était bien ourlée et pulpeuse au-dessus d’un menton carré et d’une mâchoire anguleuse. Pas de doute, elle était impressionnante.

Un insigne jaune était cousu sur sa manche, mais avec le soleil dans les yeux et sa perception toujours chancelante, Lily ne pouvait pas identifier l’organisation concernée.

— Qui êtes-vous ? demanda Lily, d’un ton plus abrupt qu’elle ne le voulait.

Elle se sentit légèrement désorientée face à l’apparition inattendue de la Jeep et de sa conductrice. L’isolement onirique dans la forêt dense aggravait son sentiment d’irréalité.

— Département de la conservation de l’environnement, répondit la femme d’une voix profonde. Savez-vous où vous êtes ?

L’interrogation du jour... Lily faillit rire, même si elle n’était pas vraiment d’humeur joviale. Elle n’allait cependant pas admettre qu’elle s’était posé la même question. Si elle reconnaissait qu’elle pourrait être perdue, c’était comme concéder son incompétence. Or, elle venait de conduire cinq heures jusqu’au bout de la civilisation pour échapper à cette sensation-là, oppressante et épuisante pour son âme. La supposition avait probablement été faite en toute innocence, mais elle se sentit mal à l’aise.

— Non… Je veux dire… Oui, bien sûr. D’une manière générale.

— Je vois.

Lily ne se souvenait plus si les agents du DCE faisaient partie des forces de l’ordre. Elle le pensait, mais elle n’était pas sûre des lois qu’ils appliquaient. Probablement pas celles concernant les véhicules. Non pas qu’elle puisse faire des excès de vitesse sur cette espèce de route abandonnée de tous, mais quand même.

— Il y a un problème ?

— On ne voit pas beaucoup de touristes par ici.

Certaine d’avoir perçu un léger soupçon d’amusement, Lily se hérissa.

— Je ne fais pas de tourisme. Croyez-moi, si c’était mon intention, je ne serais pas ici. J’ai une autorisation.

— Nous sommes dans le domaine public, madame… ?

L’agente, ou la ranger ou la garde ou quel que soit le terme approprié, retira ses lunettes de soleil et leva un sourcil sombre au-dessus de ses yeux ridiculement bleus. Lily les remarqua sans problème, de même que le très beau visage qui allait avec. Plus jeune qu’elle ne l’avait pensé, vingt-cinq ou vingt-six ans peut-être.

— Davenport. Lily Davenport.

— Alors, madame Davenport, où allez-vous ?

— Nulle part, puisque vous êtes sur le chemin.

La ranger rit. Un rire agréable, comme si elle était avec des amis. Lily rougit sous l’effet de la chaleur viscérale qui monta en elle. Quel moment inopportun pour qu’une telle sensation, disparue depuis des mois, revienne à la surface !

— Je vais bouger, sauf si vous devez faire demi-tour. Vous pouvez me dire où vous allez ?

— Thunder Ridge Lodge.

— Dans ce véhicule ?

Cette fois, l’incrédulité était sans équivoque.

— Vous avez quelque chose contre les décapotables ? demanda Lily, le menton levé.

— En général, non, mais ce n’est pas un bon choix pour ici.

L’ombre d’un sourire se dessina sur le coin de sa bouche et, pendant une demi-seconde, Lily la trouva plutôt séduisante. L’irritation chassa cette pensée assez vite. Franchement elle se passerait bien d’être confrontée à cette condescendance et à cette légère arrogance ! En particulier, quand elle avait chaud, soif et qu’elle était probablement sur la mauvaise route. Pas perdue, juste… mal orientée.

— Vous êtes sûre de l’endroit où vous allez ?

Cette fois, le ton de la ranger était réellement surpris. Elle ajouta :

— Il y a un Thunderbird Lodge sur la route neuf à seize kilomètres au nord de Bolton Landing. C’est peut-être là ?

— Je suis tout à fait certaine de ma destination, dit Lili, puis, décidant que le moment n’était peut-être pas le mieux choisi pour se cramponner à sa fierté, elle demanda :

— Suis-je sur le bon chemin ?

— Vous l’êtes. Il y a une petite montée pendant encore un kilomètre et demi, mais si vous y allez doucement, ça devrait être bon.

— Merveilleux, dit Lily, inexplicablement soulagée. Hum... Comment pouvons-nous...

Elle désigna de la main la Jeep qui lui bloquait le passage.

— Je vais reculer, dit la ranger. Il y a un endroit où je peux me garer à quelques centaines de mètres dans le prochain virage. Vous êtes sûre que vous voulez continuer avec votre voiture ?

— Tout à fait, dit Lily.

Elle se dit, pas pour la première fois, que sa décision de quitter son appartement, son travail et à peu près tout le reste pour avoir une chance de découvrir de nouvelles perspectives était peut-être aussi folle que tout le monde le pensait.

***

Chase redémarra la Jeep et recula lentement dans la côte puis dans le virage jusqu’à ce qu’elle puisse s’écarter partiellement de la voie en laissant suffisamment de place pour la BMW. Une minute plus tard, la petite décapotable apparut. Lily Davenport la dépassa en la saluant d’un signe de tête sec et continua sa montée à vitesse réduite vers Thunder Ridge.

Chase reprit sa descente. Lily Davenport n’était que la première des centaines de touristes qu’elle allait aider d’une manière ou d’une autre dans les mois à venir. La saison ne faisait que commencer et bientôt la montagne grouillerait de civils, dont la plupart n’avaient que peu ou pas de connaissances de la forêt. Ils affluaient dans la nature sauvage avec l’intention de camper, de randonner, de rendre visite à leur progéniture prétentieuse dans des colonies de vacances comme Thunder Ridge, voire dans certains cas, de se livrer à des activités illégales. Lily Davenport, dans sa voiture de sport à cent mille dollars, était probablement en route pour interroger le personnel de Thunder Ridge avant de confier son enfant aux moniteurs pour la saison.

Chase frissonna à l’idée d’être responsable d’une cinquantaine d’adolescents des deux sexes pendant une journée, sans parler de l’été entier. La perspective d’encadrer une bande de gamins excités, turbulents et souvent rebelles, d’une activité à l’autre, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, était pour elle un vrai cauchemar. Au moins, la plupart des moniteurs avaient passé eux-mêmes du temps en colonie et s’étaient portés volontaires pour revenir superviser la plus récente génération de participants. Chase ne pouvait pas imaginer une pire façon de vivre l’été. Heureusement, elle serait bientôt trop occupée pour se soucier des péripéties de la vie au chalet.

La période s’étendant de la fin du printemps à l’automne, qui correspondait au départ en vacances de la plupart des gens, était le moment le plus chargé de l’année pour elle. Ses attributions en tant que représentante des forces de l’ordre au sein du DCE comprenaient non seulement l’application des nombreuses réglementations environnementales au niveau fédéral et de l’État, mais aussi le respect des lois locales sur la pêche et la chasse. Elle devait également enquêter sur les crimes associés à ces activités dans la forêt des Adirondacks. Par ailleurs, elle passait dix-huit heures par jour en Jeep, à pied ou parfois à cheval pour effectuer les patrouilles dans son district, une région de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Elle aimait chaque minute de ses journées de travail, même si ce n’était pas la carrière qu’elle avait envisagée cinq ans auparavant. Bien sûr, à l’époque, elle n’avait pas pensé qu’elle aurait besoin de planifier son avenir.

Elle n’aurait pas le temps de se soucier de Thunder Ridge au-delà de la séance d’introduction obligatoire dans laquelle elle présentait aux jeunes les lois et règlements concernant la randonnée et les feux de camp dans le parc. Elle ne reverrait probablement plus aucun d’entre eux, à moins que l’un des vacanciers les plus aventureux ne se perde.

— Et il y en aura vraisemblablement au moins un dans ce cas, murmura-t-elle en manœuvrant la Jeep sur un accotement rocheux de la route.

Une fois garée, elle emprunta un étroit sentier utilisé par les cerfs jusqu’au bord de l’étang de Cutler afin de contrôler s’il y avait des traces de pêche illégale. Le DCE venait d’empoissonner le lac avec des truites et la pêche était interdite jusqu’au début de la saison. Cela n’empêchait pas certains de tenter des prises précoces. Le matin même, elle avait donné deux contraventions à des personnes qui avaient attrapé des truites illégalement. Alors qu’elle scrutait la rive opposée avec ses jumelles, elle se demanda si Lily Davenport serait l’un de ces parents poules qui insistaient pour vérifier qu’elle était réellement qualifiée pour protéger leur progéniture. C’était marrant, l’idée de la croiser à nouveau n’était pas si désagréable.

Le lac semblait calme et Chase sourit en remontant dans la Jeep, pensant à sa récente rencontre avec la séduisante blonde. En d’autres circonstances, Lily aurait été tout à fait son type, en supposant que les goûts de Lily aillent vers les femmes. Sûre d’elle, vive d’esprit avec un soupçon de tempérament, ce qui n’était pas toujours négatif, et définitivement sexy. Même le bref regard qu’elle lui avait lancé depuis sa voiture était suffisant pour la classer dans cette catégorie-là.

Chase démarra le moteur et soupira. Elle n’aurait pas le temps de s’engager dans ce genre d’interaction et, même si elle l’avait, Lily Davenport serait partie depuis longtemps. En secouant la tête, elle saisit sa radio sur le tableau de bord pour prendre des nouvelles.

— Sur le terrain, appel pour le rapport.

La lieutenante Natalie Evans, qui était sa supérieure hiérarchique au niveau régional, répondit rapidement.

— Hé, Chase. Comment se passe la matinée ?

— C’est plutôt calme en ce moment. L’étang de Cutler est dégagé ce matin.

— Donne-leur encore un jour, gloussa Natalie.

— Ouais. J’envisage de m’y arrêter lors de ma tournée habituelle.

— Bonne idée. Écoute, j’ai besoin de toi au chalet ce matin. Tu peux y être à neuf heures ?

Chase fronça les sourcils. Pourquoi le chalet ?

— Je suis justement en train de sortir de cette zone. J’avais prévu de vérifier les sentiers de randonnée autour du Troisième Lac. Avec la pluie que nous avons eue, nous devrons peut-être les mettre hors limites pour le week-end à venir.

Elle revit l’image de la BMW de Lily Davenport qui partait vers la montagne. Bon sang. Lily avait-elle eu un accident ? Peut-être qu’elle aurait dû la suivre. Sa poitrine se serra.

— Il y a un problème ?

— Pas exactement, mais nous avons besoin d’une réunion avec Sarah.

— C’est toi la cheffe.

Chase respira à nouveau. Pas une urgence, alors. Rien à voir avec Lily.

— Je peux toujours rouler jusqu’au Troisième Lac, vérifier les pistes et être de retour vers dix heures ou un peu après. Ça te convient ?

— Ça devrait aller. À tout à l’heure.

— Message reçu, marmonna Chase.

Elle essayait de se tenir à l’écart du chalet autant que possible pendant l’été. Quelque chose d’indéfinissable chez les pensionnaires, une attitude, une sensation lui renvoyait des souvenirs lointains d’une autre vie. Cette liberté illimitée de passer chaque jour dans les hauts sommets, de relever les défis et de ne jamais considérer cette capacité comme acquise. Même si, en y repensant, elle avait peut-être eu les mêmes ambitions, en tous cas s’agissant de sa place dans l’univers. Peut-être qu’au fond, elle enviait les gamins du chalet qui avaient une vision sans borne de leur avenir, comme s’ils pouvaient faire n’importe quoi, ce que d’ailleurs ils feraient certainement.

Jurant intérieurement, elle se libéra de la colère qui la prenait encore par surprise et inspira profondément l’air le plus doux du monde. Elle expira, chassant en même temps ses fantômes.

Peut-être qu’un déplacement jusqu’au chalet n’était pas une si mauvaise idée. Peut-être qu’elle rencontrerait Lily. Elle sentit naître en elle un signe d’intérêt révélateur et elle apprécia la sensation malgré son impossibilité. Lily était sans aucun doute exactement ce qu’elle avait l’air d’être : une mère riche, dépassée par les événements en montagne, mais un peu trop arrogante pour l’admettre.

Chase grimaça. Pas mal de gens avaient mentionné que sa trop grande confiance en elle avait pu être un de ses petits problèmes à l’époque. Plus maintenant. Bon sang, elle en avait payé le prix, après tout.

Elle soupira et laissa l’image de Lily Davenport s’effacer. Les fantasmes n’étaient pas vraiment son truc et elle n’aurait pas le temps pour autre chose avant septembre.

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