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📖 Extrait gratuit — Chapitre 1 à Chapitre 4
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Juste une vie normale · Laeti Tia

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Amanda tendit son bras pour éteindre le réveil, même si elle aimait particulièrement cette chanson. Elle l’aurait certainement dans la tête toute la journée. La jeune femme se retourna contre le corps tiède à côté d’elle et enroula son bras autour de ses reins. Le délicat parfum de sa compagne emplit ses narines et la douceur de sa peau effleura ses lèvres. Elle commença à l’embrasser doucement dans le cou, écartant ses cheveux pour libérer sa nuque. Athaïs se mit à ronronner, l’encourageant à continuer. Amanda commença à caresser son ventre et remonta jusqu’à ses seins. Sa femme se retourna et l’embrassa tendrement.

— Tu vas être en retard.

— Pas si tu ne m’interromps pas.

— C’est la rentrée, ne déconne pas.

— Repousse-moi si tu l’oses.

Ses doigts parcouraient son corps avec envie, ses lèvres les rejoignirent, elle descendait doucement sous la couette et Athaïs ne la repoussa pas.

Amanda s’habillait maintenant à la hâte, après une douche rapide. Elle ne souhaitait surtout pas être en retard le jour de la rentrée des enseignants.

Athaïs la regardait s’activer, toujours allongée sur leur lit. Elle voyait sa femme aller et venir de la salle de bain au dressing à la recherche de son tee-shirt préféré.

— Sur la pile de linge que j’ai repassé hier soir.

— Ça t’amuse de me laisser courir partout, au risque de me mettre en retard ?!

— Tu ne serais pas à la bourre si tu ne m’avais pas sauté dessus…

— Plains-toi.

Amanda retira la serviette de ses cheveux encore mouillés et l’envoya sur sa femme qui se protégea comme elle put avec la couette.

— Toutes nos journées devraient commencer comme ça.

— En retard ?

— Tu es toujours en retard… Mais ce n’est pas ce que je voulais dire.

Amanda releva des yeux malicieux sur sa compagne.

— D’accord.

Elle sauta sur le pied du lit et remonta doucement vers sa compagne, avec un regard tendre et lascif à la fois. Elle l’embrassa amoureusement avant de lui prendre la main et de s’agenouiller à ses côtés.

— Moi, Amanda, je jure solennellement de te faire jouir, toi, Athaïs, l’amour de ma vie, tous les matins au réveil.

— Tous les matins ?

— Sauf cas très exceptionnels.

— Alors je ne peux vraiment pas refuser, mais très, très exceptionnelles les exceptions.

— Promis. Je t’aime… Mais là, je vais finir par être vraiment en retard.

La jeune institutrice embrassa sa femme et sortit de la chambre. Elle l’entendit se lever derrière elle.

— Tu rentres vers quelle heure ?

— Je ne pense pas avant 17h30.

Athaïs l’avait rejointe dans l’entrée et l’enlaçait tendrement.

— Je ne serai pas là avant 19h30, j’ai une visite à l’autre bout de la ville à 18h.

— Alors, je m’occuperai du dîner. Je me sauve, je vais louper le bus.

— Passe une bonne journée.

Sa femme l’embrassa encore une fois avant de la laisser partir. Amanda sortit de l’appartement avec son sac sur le dos. En attendant l’ascenseur, elle se dit qu’elle avait beaucoup de chance de partager sa vie avec une femme comme Athaïs.

La jeune institutrice monta dans le bus. Il n’y avait pas encore trop de monde ce matin. Demain, les enfants l’envahiraient, le rempliraient de leurs rires et de leurs cris, leurs cartables neufs sur le dos, partagés entre joie et appréhension. Elle prendrait ce bus rien que pour les voir ; les autres matins, elle préférerait prendre celui d’avant. C’était son rituel, immuable à chaque rentrée des classes. Et elle se surprit à penser qu’un jour, elle emmènerait elle aussi son propre enfant à son premier jour de classe, avec la femme de sa vie. Amanda les imaginait tous les trois se tenant par la main, le jeune élève au milieu, attendant devant le portail de l’école, hésitant à se lancer dans la grande cour.


— Salut toi. Comment vas-tu ce matin ? Prête pour une nouvelle année ?

Amanda fut tirée de ses pensées par son collègue et complice de toujours qu’elle n’avait pas vu monter dans le bus.

— Je vais bien et toi ? Au taquet à ce que je vois. Nouveau cartable ? Tu es comme les mômes, il t’en faut un neuf tous les ans ?

— Moque-toi. J’adore la rentrée, je n’y peux rien. Nouveau cartable, nouvelle trousse, et tout plein de jolis crayons.

— Sérieux, je plains tes enfants plus tard.

— C’est pour ça que je n’en veux pas, ils me voleraient ma rentrée.

— Entre autres choses…

— Entre autres choses effectivement. Je ne suis pas prêt à m’enfermer là-dedans.

— …

— Mais on va dire que la discussion est close. Changeons de sujet.

— D’accord. J’arrête. On descend, je marcherais bien un peu.

Les deux amis rejoignirent leurs collègues dans le réfectoire, le directeur arriva quelques instants après eux.

— Chers collègues, bonjour à tous, et bienvenus pour cette nouvelle année...

Un coup de coude discret de l’instituteur, et Amanda regardait déjà ailleurs, dans la direction que lui indiquait son ami. Elle ne reconnut pas la charmante jeune femme qu’elle découvrit, mais Thomas savait qu’elle serait tout à fait son genre.

— Laisse tomber, je suis mariée, et fidèle.

— Tu n’es pas drôle. Elle est canon, avoue !

Ses longs cheveux d’ébène tombaient sur ses épaules. Ils étaient encore humides. Amanda l’imagina en retard ce matin, pas le temps de les sécher. Pour la même raison qu’elle peut-être… Elle revit le corps d’Athaïs se raidir dans le plaisir puis se détendre, repue, entre ses bras. Les doigts de la nouvelle tripotaient un crayon qu’elle portait parfois à ses lèvres magnifiquement dessinées. Concentrée sur les paroles du directeur, son regard se posait sur tel ou tel collègue dont il était question. Puis ses yeux bleu acier s’arrêtèrent sur Amanda. Il fallut un certain temps à la jeune enseignante et surtout un coup de coude – beaucoup moins discret cette fois – de Thomas pour qu’elle comprenne que c’est elle que le directeur présentait maintenant.

— Amanda, enseignante auprès des CM2, toujours en vacances visiblement.

— Désolée. Non, je suis bien là ! Bonjour à toutes et à tous.

Sa capacité de concentration toujours limitée en présence d’une jolie femme lui faisait encore défaut. Et cela ne changeait pas, malgré Athaïs, l’amour infini qu’elle ressentait pour elle, le mariage, et même leur projet de bébé. La seule chose qui avait changé, c’est qu’elle ne faisait plus que regarder désormais.

— Incorrigible.

— C’est ta faute, je ne l’avais même pas vue.

— Maintenant elle t’a vue aussi.

Le discours et les présentations terminés, tous les enseignants se retrouvèrent autour d’un café et de viennoiseries, avant d’aller rejoindre leurs classes respectives pour les derniers préparatifs de rentrée. Demain, ils accueilleraient les élèves. Les couloirs se rempliraient de cris d’enfants, de cartables par terre et de vêtements laissés à l’abandon sur les portemanteaux. Il faudrait être prêt.

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