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Chapitre 1 — Le cœur au bout du clavier – Chapitr...
  1. Le cœur au bout du clavier – Chapitre 1
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Le cœur au bout du clavier · Alexia Damyl

Lire Le cœur au bout du clavier en ligne gratuitement Le cœur au bout du clavier – Chapitre 1

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Lors de mon inscription sur ce groupe Facebook de partage de musiques, je ne m’attendais franchement pas à ce qui allait suivre.

Pourtant Serge Reggiani l’avait déjà écrit : « Je m’en fous mon amour, quand l’orchestre s’arrêtera, je danserai encore. Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul. Quand le temps s’arrêtera, je t’aimerai encore. »

1 – J’AI MON BUREAU EN HAUT D’UNE TOUR

La musique a toujours occupé une place prépondérante dans ma vie. J’en écoute du matin jusqu’au soir, du moment où j’éteins mon réveil à celui où je le reprogramme pour le lendemain. Oh non, je ne suis pas musicienne, je ne travaille même pas dans le domaine, j’ai un boulot purement alimentaire de comptable dans une grande entreprise toulousaine. Confortablement installée au cinquième étage d’un immeuble tout en briques rouges, je dispose d’un immense bureau où je m’ennuie, seule, de neuf heures à dix-sept heures trente, environ deux cents jours par an. Alors, depuis à peu près un mois, ce groupe est devenu mon refuge pour éviter de sombrer dans la folie des nombres et de leur triste infinité. Je suis injuste avec ces mathématiques qui me fascinent depuis la plus tendre enfance. Quand ma sœur se creusait la tête sur ses exercices d’algèbre et s’y cassait les dents, je résolvais ses équations comme on joue une partie de cartes, avec amusement et une certaine satisfaction.

Bref, il y a environ un mois, j’ai développé une nouvelle addiction. Une fois les bilans rédigés ou les cotisations sociales déclarées, je me précipitais sur mon téléphone pour me délecter des dernières publications. Écouteurs sur les oreilles, je découvrais des sons nouveaux, éclectiques et plongeais avec délectation dans des univers inconnus.

À force de lire les commentaires, d’y réagir et de partager moi-même des avis, j’ai tissé des liens en fonction des affinités musicales. En particulier avec Noa, dont la photo de profil représentant son groupe de rock préféré laissait bien des interrogations en suspens. La seule certitude que j’avais, un mois en arrière, était que cet homme-là me faisait rire. Je me retrouvais régulièrement, par sa faute, à glousser comme une idiote devant les fiches de paie en cours, que j’avais délaissées quelques instants pour retrouver ma dernière lubie, les réseaux sociaux. À cinquante ans, il était temps à nouveau de prendre le souffle nouveau.

Je suis bien de ce genre de femmes, des passionnées qui dérivent très vite vers la boulimie. Accro à ce qui me plaît sans l’avoir vu venir. Guetter les dernières publications du groupe était devenu une obsession.

Noa était en passe de se transformer en drogue douce. J’avais bien essayé de fouiller sur son profil, mais, à l’exception de nos cinq ans d’écart et d’affiches d’événements musicaux auxquels il s’était rendu, je n’avais pas trouvé grand-chose. Pour mon plus grand bonheur, il était très vite venu me parler en privé. Enfin pas assez à mon sens, mais ce n’est qu’un avis biaisé et je fais parfois preuve d’un recul objectif qui m’épate. La discussion s’était avérée palpitante, comme si nous nous étions toujours connus. Il y avait une facilité et une complicité dans nos échanges qui m’émerveillaient. Quand il m’avait interrogée sur des problématiques plus personnelles, j’avais immédiatement été refroidie. Nous n’étions pas sur un site de rencontres, alors non aux tentatives de drague déguisées ! Et puis, j’avais compris que ses questions, bien qu’étranges, étaient plutôt bien intentionnées, alors l’échange avait retrouvé son naturel. Je me rappelle encore la question fatidique : « Par quelle partie d’un lapin en chocolat commences-tu ? »

J’étais en train d’établir le compte d’exploitation d’une de mes entreprises quand cette demande insolite m’avait fait bugger. Répondre ou pas ? Était-ce innocent, connoté, intrusif ? Une idée saugrenue en entraînant une autre… mon esprit s’était évadé dans des fantasmes olé olé. L’ascenseur panoramique me menant au cinquième ne m’avait encore jamais permis de rester confinée auprès d’un bel inconnu avec qui j’aurais vécu une heure torride. Je me voyais, suspendue au-dessus de la ville rose dans cette cage de verre. Les bras musclés de Noa me soulevant légèrement de ce plancher flottant et sa langue butinant telle une rosée matinale les gouttes de sueur que notre étreinte ferait perler le long de mon cou et entre mes seins. Je l’imaginais la peau mate, un tatouage polynésien sur le mollet, des cheveux bruns et une envie furieuse de me faire décoller. Encore un tour de cette foutue horloge biologique qui tournait inlassablement ! La vie n’avait jamais été un clip de Calogero.

Je désespérais, à mon âge, de rencontrer enfin l’âme sœur, mais je ne croyais pas aux rencontres en ligne. Alors je chassai les images folles qui venaient de me traverser. Noa avait dû sentir mes réticences face à ses questions incongrues et l’échange avait rapidement repris sur un ton plus décontracté. Le jour suivant, sans même m’en apercevoir, j’avais laissé échapper des bribes d’informations au hasard de ses questionnements. Le manège continua ainsi jusqu’à ce qu’il devienne un véritable ami, un confident. Lui restait toujours évasif, il avait l’art de la rhétorique et me berçait avec des discours fascinants. Je ne sais pas comment il est possible de manier les mots de la sorte ! Peu à peu, quand il me disait aimer mes mots, mon humour, mes choix musicaux, me réclamait une photo de moi en train de travailler et que je m’adonnais à ce petit jeu ridicule, je tombais amoureuse. Je brillais dans ses phrases, à travers un écran interposé et j’aimais ça. J’étais sa star, celle qui décryptait l’actualité musicale comme aucune autre, celle qui lui redonnait envie d’écouter de vieilles rengaines oubliées. Au départ, je m’étais méfiée de telles déclarations. Qui me disait qu’il n’écrivait pas la même chose à des dizaines d’autres en parallèle ? Je ne savais même pas quel métier il exerçait, et il refusait de me donner cette information.

Il ne réagissait plus qu’à mes commentaires sur le groupe, alors mes réserves s’étaient envolées, ma carapace fissurée.

À peine quinze jours en arrière, l’échange avait pris une tournure totalement différente :

— Je suis en congés la semaine prochaine. Tu me ferais visiter Toulouse ?

Je le savais à Kinshasa.

— Tu pourrais faire des centaines de kilomètres pour venir me voir ?

— J’ai dit que je venais voir Toulouse ;-)

— C’est petit ça ! Si tel est le cas, tu devrais trouver des tas de visites guidées sur le site de l’office de tourisme.

— Oh non, c’est avec toi que je veux découvrir la ville. Pardonne-moi.

— Et tu n’as pas une autre idée derrière la tête ?

— Développe. À quoi penses-tu ?

— À cette attirance entre nous…

Je n’y étais pas allée par quatre chemins, c’est une chose bien plus facile à faire virtuellement. J’en avais assez de nos allusions à moitié voilées, même si, il fallait le reconnaître, le jeu était assez émoustillant. Ne m’avait-il pas dit la veille qu’il fallait écouter ses intuitions ? C’était totalement dingue, mais avec lui tout devenait possible.

— Si ça se trouve, une fois en face de toi, je ne te plairai pas, avait-il modestement rétorqué.

Et je m’étais imaginé qu’il était sans doute horriblement laid pour ne jamais avoir daigné me montrer son minois alors qu’il devait avoir une sacrée collection de clichés de moi. J’avais agi de façon complètement irresponsable en les lui envoyant. Rien ne m’assurait que ce n’était pas un vieillard vicelard se jouant de moi, ni un collégien en quête d’une MILF. Pour une raison qui m’échappait, je lui faisais totalement confiance.

— Il se peut que moi non plus… avais-je relativisé. Mais imagine que l’on se plaise. Que se passerait-il ?

— J’ai bien quelques idées… Je les réserve pour ma visite.

Il m’avait plantée là, l’eau à la bouche, alors que j’étais fin prête pour ma première séance d’érotisme virtuel. Comment en quelques semaines Noa avait-il pu transformer la gentille petite comptable que j’étais en cette femme dévergondée n’attendant qu’une chose, qu’il me fasse l’amour à la safe text ?

Quelques heures plus tard, j’avais reçu une copie de ses billets d’avion.

— Cinq jours ? Je ne pourrai pas t’accorder autant de temps. Il y en a qui bossent !

— Ce n’est pas grave, donne-moi une journée et ce sera déjà très bien.

Nos échanges s’étaient intensifiés, nous ne dormions pratiquement plus pour nous écrire jusqu’au bout de la nuit.

— Ce n’est pas bizarre de se rencontrer alors que je ne t’ai encore jamais vu, ni entendu ?

— Moi non plus je ne connais pas ta voix. Lise, tu es prête à vivre une expérience nouvelle ?

— Oui, bien sûr.

— Alors tu ne vas pas être déçue.

— Tant de mystères.

— Pour si peu.

Il m’intriguait. Qui se cachait derrière cet écran ? Les phéromones iraient-elles dans le même sens que cette attirance virtuelle ? J’étais de plus en plus excitée par notre prochaine rencontre. Je faisais des rêves érotiques, m’imaginant embrasser un bel inconnu au détour d’une ruelle pavée du centre-ville. Parfois, le songe tournait au cauchemar et l’âme qui avait résonné avec la mienne s’avérait n’être que le masque clinquant d’un gros porc.

Les jours avançaient, l’impatience grondait.

— Je suis toute retournée de t’accueillir demain. Je suis désolée, mais je ne pourrai pas venir te chercher à l’aéroport. Je te rejoins en soirée, après ma journée de boulot.

— Parfait, et tu m’accordes la soirée et le lendemain ?

— Exactement.

Je ne lui avais pas dit que j’avais d’ores et déjà prévenu mon chef de mon absence du mardi au vendredi. Je n’avais pas pu obtenir mon lundi, trop de paperasse à gérer, mais le reste de la semaine m’avait été accordé. Si ma rencontre avec Noa se passait mal, ce seraient autant de jours où je pourrais fuir la ville, histoire de ne plus jamais le recroiser. Au contraire, si tout se déroulait comme dans mes délires éveillés, cinq journées ne seraient pas de trop pour en profiter.

J’avais douze ans et cette sensation étrange de transgression. Je ne respectais pas les codes, et alors ?

La journée du lundi me sembla s’étirer en longueur. Noa m’avait envoyé un « À Toulouse ! ». Mon cœur avait manqué un battement. J’étais arrivée au bureau de bonne heure, pour finir plus tôt, mais les aiguilles de l’horloge n’avançaient décidément plus assez vite.

Nous avions convenu de nous retrouver dans la rue où il louait un studio pour la semaine, une ruelle étroite proche de la place du Capitole, où les maisons biscornues bousculent celles à colombage. Une fenêtre sur le dôme cuivré de La Grave surplombant la Garonne et qui devient le phare d’une ville rosissant à mesure que le soleil se couche.

Après le travail, j’avais fait un saut éclair chez moi : douche, maquillage et tenue décontractée, soigneusement choisie depuis une bonne semaine. Haut moulant kaki mettant en avant ma poitrine, pas trop décolleté non plus, pantalon en lin et spartiates dorées.

— Je suis dans ta rue, lui avais-je envoyé en approchant, le cœur battant à tout rompre.

— Je sors, prépare-toi à être choquée.

Je sentis une goutte de transpiration lécher le haut de ma colonne vertébrale. Choquée ? Pourquoi ? Se pouvait-il qu’il soit un musicien de renom ? L’un de ceux à qui j’avais cassé du sucre sur le dos ? La honte ! J’imaginais déjà la vengeance d’un chanteur aigri par mes remarques désobligeantes. J’imaginais tout, sauf ce qui allait suivre…

Je vis une porte de bois s’ouvrir juste devant moi et une belle métisse en sortir. Chemisier blanc pailleté, sourire éclatant, cheveux noirs de jais ondulés cascadant sur ses épaules. Elle me fixa avec deux billes noires amusées et me tendit la main.

— Noa, enchantée.

— Enchantée, Lise.

Je bafouillai. Noa était une femme, une femme sublime. Une lueur espiègle brillait dans ses yeux. Je l’imaginais en tenue de vahiné, ondulant son corps parfait sur une plage de sable fin au son d’un yukulélé. Je nous voyais déjà alanguies, sirotant un cocktail au rhum vieux devant des eaux turquoise où nous finirions, dans une nudité des plus parfaites. Faire l’amour sous l’eau, le plus ancré de mes fantasmes. J’avais perdu la raison ou quoi ?

— Alors ? me demanda-t-elle face à mon immobilité.

— Alors…, j’hésitai un instant, tu peux me laisser entrer ?

— Déjà ? Je ne pensais pas que mon charme pouvait opérer si rapidement.

Ma demande serait peut-être un peu trop nature à son goût, mais je ne voulais pas d’artifice entre nous.

— J’ai juste très envie de faire pipi, désolée, je me suis dépêchée…

Elle m’ouvrit la porte sans se départir de son sourire angélique ni de son regard charmeur. Je la frôlai pour entrer et je sentis des fourmillements envahir mon corps quand, sans aucune gêne, son regard me déshabilla. Si j’avais été un carré de chocolat, elle m’aurait littéralement dévorée. Comment mes chairs pouvaient-elles réagir ainsi à la présence d’une femme alors que j’avais tout imaginé sauf… cette hypothèse ?

Lorsque je revins auprès d’elle, elle me demanda quelles visites j’avais prévues. Tout mon programme s’était évadé de mon esprit à l’instant où elle y était entrée. Je me retrouvais prise au dépourvu, alors nous marchâmes jusqu’au musée d’art contemporain le plus proche. Elle se mit à parler comme si de rien n’était et le plus fou, fut que je répondis avec la même spontanéité que devant mon écran. Il y avait entre nous une authenticité que j’avais rarement partagée avec quiconque.

Lorsque nous eûmes fait le tour des œuvres, nous revînmes sur nos pas, et alors que nous marchions l’une contre l’autre sur le Pont Neuf, au-dessus d’une Garonne agitée, Noa s’arrêta quelques instants, fixant l’horizon de son regard aussi fasciné que fascinant.

— Déçue ? me demanda-t-elle.

— Non, pas du tout. Je me sens bien avec toi. Faire visiter la ville à une inconnue n’avait jamais été dans la liste de mes fantasmes, mais avec toi, on dirait que tout devient possible.

— Et embrasser une femme fait partie de ta liste ?

Mon cœur accéléra d’un coup. Je ne pouvais pas nier que sa présence me troublait.

— Je ne sais pas…

— Lise, est-ce que je te plais toujours ?

— Oui, je ne sais pas expliquer cette envie que j’ai de te prendre la main.

Une lueur alluma son regard sombre et elle entrelaça ses doigts aux miens, puis me fixa en silence. Elle laissa passer quelques secondes d’une intensité rare avant de reprendre :

— Qu’est-ce que ça te fait ?

— J’ai des papillons dans le ventre.

Encouragée par mon aveu, elle pivota légèrement et sa bouche avança vers la mienne. Je fermai les yeux pour goûter à ses lèvres. Le baiser, tendre au départ, devint passionné. Sa langue s’enroula à la mienne m’emportant dans des contrées lointaines et inconnues. Je fus prise de vertiges quand ses mains se posèrent sur mes fesses et que nos corps se rapprochèrent plus encore.

Dès lors, les klaxons des voitures, les voix des passants, le cours tumultueux de la Garonne, plus rien n’exista en ce monde à part elle et moi. À regret, je dus quitter ses lèvres ardentes.

— Je n’avais encore jamais embrassé de femme…

— Tu pourras le cocher dans ta to-do-list !

Elle me taquinait. J’éclatai de rire. Je me sentais étrangement bien. Vivante. Enfin. Il se pouvait que la longue période monacale qui avait précédé cet instant favorise mon état, mais il me semblait que le lien entre nous était d’un autre ordre.

Nous fîmes une pause dans l’un des cafés les plus anciens de la ville, célèbre pour son pastis servi au mètre. Nous nous contentâmes d’un kir à la violette, pour rester dans les typicités locales. Noa prit une gorgée et s’avança vers moi. Sa bouche fit corps avec la mienne, et je bus le cocktail à ses lèvres.

— C’est de loin le meilleur kir qu’on m’ait jamais servi, dis-je malicieuse.

— Et c’est une première pour moi, la violette, je ne connaissais pas. Surprenant au départ, mais pas mauvais du tout.

Était-ce une métaphore ? Je me surprenais à rêver incarner SA violette à tout jamais. La soirée suivit son cours, de kir en kir, de train en train, de port en port, et lorsque nous finîmes notre dernier plateau de tapas, je me décidai à la raccompagner.

2 – C’EST UN RÊVE ET CE SOIR C’EST POUR ÇA

— Tu veux entrer ?

Ses yeux lançaient des flammes, les miens ne devaient pas mieux faire.

— J’ai attendu ce moment toute la soirée, avouai-je d’une voix rauque.

Ses clés toujours en mains, elle me poussa contre sa porte et m’embrassa à pleine bouche.

— J’ai très envie de toi, mais es-tu certaine que toi aussi ?

— Oui, Noa. Pas parce que tu es une femme et que je suis en mal d’expériences, mais parce que c’est toi.

Ma réponse lui suffit. Elle inséra les clés dans la serrure et me prit la main. Dans l’obscurité, elle me fit avancer jusqu’à son canapé-lit. Je vis une dernière fois toute l’incandescence de son regard lorsqu’elle m’y fit tomber, tout habillée. L’alcool aidant, il me sembla basculer au ralenti.

— Laisse-toi faire, et si ça va trop vite, dis-moi d’arrêter.

Pour toute réponse, je gémis alors que sa main longeait déjà ma cuisse. Elle partit à l’assaut de ma fermeture éclair et fit glisser mon pantalon jusqu’à mes pieds. Elle était maintenant à genoux. Ses caresses reprirent, évitant soigneusement la seule zone vers laquelle je priais qu’elles se dirigent. Noa fit voler mon tee-shirt en un éclair, puis dégrafa mon soutien-gorge d’une main experte. Elle s’allongea au-dessus de moi et ondula légèrement. Je ressentis une décharge électrique me parcourir. Je m’agrippai à son débardeur et le relevai à mon tour. Hors de question de jouer les étoiles de mer ! Je me montrai un peu plus maladroite au moment de détacher son sous-vêtement. Elle se chargea elle-même de son pantalon avant de goûter de sa langue délicate mes tétons durcis par l’excitation. Je fermai les yeux pour savourer l’instant. Sa main glissa alors entre mes jambes, sur ma culotte et y découvrit, à travers le tissu, une chaude humidité qui lui tira un petit cri de plaisir. Ses doigts malaxaient, pétrissaient, appuyant avec précision sur les boutons de mon plaisir.

— Je veux te sentir nue, souffla-t-elle dans un râle. Je peux ?

— Oui, si tu es nue aussi, murmurai-je.

Mon audace aurait pu me surprendre, mais ce soir-là, plus rien ne m’étonnait vraiment. Je sortais des sentiers battus dans lesquels je m’étais enfermée depuis toujours. L’instant était sans nul doute fou, mais je croquais le moment présent, peut-être pour la première fois depuis des siècles et des siècles.

Le cœur au bout du clavier

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