Chapitre 1 — Chapitre 1
Perdus dans le temps - tome 1 · Patricia Fautaire
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Chapitre 1
Le vent souffle à travers la brume matinale. Perdue dans mes pensées, j’avance droit devant moi le long de la digue, le visage enfoui dans le col de mon manteau. Je regarde le flot de l’eau couler entre les rives. Est-ce que j’ai pris la bonne décision ? Je ne saurais le dire avec certitude, mais j’ai toujours suivi ma première impression, alors je vais continuer comme ça, jusqu’au bout.
Je souffle bruyamment, un nuage de vapeur se forme devant ma bouche.
— Allez, Kurielle ! dis-je à moi-même pour me donner du courage.
Je m’arrête net, me redresse et, d’un pas décidé, je fais demi-tour, direction la maison. Il faut que je lui dise…
En quelques minutes, je me retrouve devant mon immeuble, je l’observe de l’autre côté de la route. Comment vais-je lui dire ? Comment lui avouer qui je suis réellement ? J’ai une boule au ventre. Je ne comprends pas pourquoi avec elle je n’y arrive pas aussi facilement qu’avec les précédentes.
« Eh, ma belle, réponds, je sonne ! »
Je sursaute. Merde, il est où ce cellulaire, je fouille dans mes poches, la sonnerie retentit de plus belle.
« Eh, ma belle, réponds, je sonne ! »
Le peu de passants dans la rue me regarde bizarrement, certains affichent un énorme sourire. Va falloir que je change de sonnerie ! Je le trouve enfoui au fin fond de ma poche, je vais pour décrocher, mais la sonnerie vient de s’arrêter, je n’ai pas été assez rapide. Je regarde vite fait qui a bien pu m’appeler et je vois son nom.
Je souris bêtement, je compose le numéro du répondeur et écoute son message.
« Euh… Mon cœur, je sais que tu aimes le froid, mais tu pourrais me faire un signe. Je me lève et tu n’es plus là. Même pas un petit mot pour me dire où tu es partie. Je sais que je ne dois pas… Mais moi je m’inquiète. Réponds-moi simplement. Je t’aime. Biz »
Elle s’inquiète pour moi… Je ne suis pas du genre à aimer ça, mais avec elle, tout est si plaisant. Je m’adosse au mur derrière moi et lève les yeux vers le troisième étage, je vois une faible lumière filtrer à travers les rideaux. Je compose son numéro et attends qu’elle décroche.
Une sonnerie…
Deux sonneries…
Je vais tomber sur sa messagerie. Troisième sonnerie. Allez, joli cœur.
— Oui, allo, dit-elle, essoufflée.
— Bah, alors, tu me demandes de te rappeler et tu décroches qu’à la troisième sonnerie.
— Oh, arrête, toi ! J’étais sous la douche, tu m’as fait sortir en courant.
— Ah oui ! Et, là tu es…
— Vicieuse !
— Moi ? Pas du tout. Juste intéressée. Je suis en bas et on te voit très bien à travers les rideaux, mon cœur.
— Hein ! Quoi ?
Un mouvement rapide dans la pièce, elle est partie se cacher.
— Et ma belle vue ?
— Monte et tu pourras la contempler complètement, me dit-elle simplement.
— …
— Hum ! Pas de réaction, bon alors je vais finir de me préparer toute seule. Je t’aime, me dit-elle en raccrochant.
Je reste là comme une conne le sourire aux lèvres. Une petite bourrasque me fait frissonner. Bon, allez, je rentre, il y a une douche bien chaude et une magnifique femme qui m’attendent. Je rentre dans l’immeuble et monte quatre à quatre les marches jusqu’au troisième étage. J’entre dans mon appartement, enlève mes baskets, range mon blouson. J’aime que tout soit bien rangé.
— Quand tu auras fini de prendre tout ton temps, tu viendras peut-être me frotter le dos, me crie-t-elle à travers l’appartement.
Je pose les clefs près de la porte. Elle me fait toujours autant rire. Je lui dirai ce soir, promis. Je me dirige vers la salle de bains, en passant, je ramasse quelques affaires qu’elle a encore laissées traîner au sol. Je souffle, je déteste qu’elle fasse ça, mais bon. Elle ne changera jamais et je ne le désire pas.
J’entre dans la salle de bains, je devrais plutôt dire dans le sauna. Un bain de vapeur envahit la pièce, elle va encore vider le ballon d’eau chaude. Je jette le linge dans la corbeille à l’entrée.
— Laisse-moi un peu d’eau, lui dis-je en l’observant tendrement à travers la vitre embuée de la douche.
— Viens et tu en auras, répond-elle en me tendant la main.
Je défais mon chemisier et le laisse tomber au sol, mon pantalon suit la même course. Je rentre doucement dans la douche.
— Tu m’aides à le défaire, lui dis-je.
Elle se mord la lèvre inférieure, elle avance lentement et passe un doigt le long de l’élastique de mon string. Elle se rapproche et pose ses lèvres dans mon cou pour venir me souffler à l’oreille. « Avec plaisir, ma déesse ».
Je passe mes mains dans ses cheveux trempés et attire ses lèvres contre les miennes. J’ai envie d’elle maintenant… Elle défait l’attache de mon soutien-gorge et libère ma poitrine, ses doigts caressent ma peau. Elle me fait chavirer dans mille et une extases. Elle laisse mes lèvres en suspens, descendant doucement le long de mon corps, embrassant chaque parcelle de peau.
Elle prend entre ses dents le petit bout de tissu qui reste et le fait descendre assez pour venir embrasser ce qu’elle désire. Je souffle, essayant de lui résister du mieux que je peux. Mais je ne veux surtout pas qu’elle s’arrête, je passe une main dans ses cheveux appuyant légèrement pour qu’elle continue pendant qu’avec l’autre, je m’accroche à la paroi.
De sa langue habile, elle me fait pousser de longs soupirs, retenant les cris de plaisir qui m’envahissent. Je n’en peux plus, je ne vais pas réussir à résister, et ça, elle le devine très bien. Elle ralentit, me faisant presque rager avant de me délivrer.
Je suis dans ses bras bien confortablement installée. Je n’ai vraiment pas envie de bouger, mais l’eau a bien refroidi. Elle me regarde, passe sa main sur mon visage pour ensuite la laisser descendre le long de mon dos. Elle pose sa tête sur mon épaule.
— Un jour, tu me diras d’où ils viennent ?
Je caresse son bras tendrement.
— Un jour, je lui réponds avec une petite claque sur les fesses. Bon maintenant, tu sors, que je prenne ma douche. Et bien sûr, encore glacée, dis-je de manière faussement frustrée.
— C’est de ta faute, là ! Tu as vu comment tu m’allumes alors qu’on est pressées ?
— C’est plutôt toi qui ne sais pas résister à mon corps de rêve, lui répliqué-je avec un clin d’œil pendant qu’elle s’enroule dans sa serviette.
Elle me tire la langue et sort pour aller s’habiller dans la chambre. Je teste l’eau… Glacée ! Je prends une grande respiration et plonge sous la douche ; en moins de cinq minutes top chrono, je suis sortie de là. Au prochain appartement, je prends un ballon quatre fois plus grand ou un instantané.
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