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📖 Extrait gratuit — 1. Joe Woodward à 3. Joe Woodward
Chapitre 1 — 1. Joe Woodward
  1. 1. Joe Woodward
  2. 🔒 2. Paisley Skills
  3. 🔒 3. Joe Woodward
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Rencontre à Palm Beach · Lou Jazz & Cherylin A. Nash

Lire Rencontre à Palm Beach en ligne gratuitement 1. Joe Woodward

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Ma mère a décidé de se remarier encore une fois et je déteste son nouveau petit copain. Si j’ai pu tolérer le précédent, j’ai posé mon veto sur celui-là. Ça fait quatre ans que je les supporte et je n’en peux plus ! On s’est disputé et je suis partie vivre chez mon père. Ça fait un moment que je ne l’ai pas vu. J’avais huit ans la dernière fois, je me souviens qu’il m’avait offert une glace et qu’on avait passé la journée ensemble. Ensuite, ma mère m’a interdit de le revoir et il n’est plus jamais venu me chercher. Après ma prise de contact, mon père s’est montré convaincant et déterminé. Il a discuté avec ma mère. Elle a cédé. Malgré ça, je suis légèrement nerveuse. S’il fait tout pour me témoigner son soutien et sa joie de me voir emménager chez lui à Palm Beach, il n’empêche que nous ne nous connaissons pas beaucoup.

Mes paupières se ferment brièvement lorsque je descends de l’avion. Je suis la masse des gens qui se dirigent vers le bâtiment. Avec mes lunettes de soleil sur le nez, je trouve ma valise. Il ne me faut pas longtemps pour rejoindre le point de rendez-vous. J’aperçois déjà mon père. Il n’a pas trop changé. Ses cheveux sont un peu plus gris, mais il tient toujours la forme. Il s’entretient et a du goût pour les vêtements.

Je m’arrête devant lui avec un sourire :

— Salut, papa.

— Joe !

Il me prend dans ses bras avec élan. Son étreinte me fait du bien, je ne savais pas à quoi m’attendre. On a beaucoup parlé avant qu’il me dise que je puisse venir, mais ma mère m’a tellement raconté de choses sur lui que je ne savais plus trop quoi penser.

— Allons-y, la voiture est là-bas.

Avec mon sac sur le dos, je le suis pour quitter l’aéroport. Sur le parking, mon père nous conduit jusqu’à son 4x4. Je mets mon bagage dans le coffre et nous grimpons tous les deux à l’avant. Il me détaille un bref instant avec son regard marron charismatique et m’offre un sourire avant de mettre le contact.

Il nous faut deux bonnes heures pour rejoindre la ville où mon il est installé. C’est à Palm Beach en Floride. Je n’avais jamais rien vu de pareil ! Tout est beau et si propre par ici. Mes yeux sont plongés sur le paysage qui défile. Des palmiers, des maisons gigantesques et des bateaux absorbent mon attention. Le luxe transpire de toute part. Je me souviens tout à coup que je dois envoyer un SMS à ma mère pour la prévenir de mon arrivée.

Tandis que je suis en train d’écrire, mon père m'interroge :

— Est-ce que tu as eu un bon vol ?

— Oui, ça va, je n’avais jamais voyagé en première.

Du coin de l’œil, je vois le sourire fier de mon père. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il gagne bien sa vie. Je ne sais pas vraiment ce qu’il fait, mais ça lui demande beaucoup de temps. Ce qui veut dire que je serais tranquille dès qu’il partira en voyage pour les affaires. Je serais totalement autonome ! Le pied ! Une nouvelle vie commence pour moi !

Brièvement, je lis la réponse de ma mère : « OK. Prends soin de toi ». On ne peut pas faire plus concis dans le genre.

Avant que je ne puisse voir le centre-ville dont les contours se dessinent au loin, mon père prend une autre direction. Nous dépassons les quartiers de banlieue, puis les hôtels, pour arriver dans un endroit plus calme. Le paysage change et les maisons s’agrandissent ainsi que les propriétés. Quand nous nous arrêtons devant une demeure surdimensionnée, mes yeux sortent presque de leurs orbites. Putain ! Il doit y avoir une piscine là-dedans !

De la main droite, mon père actionne un interrupteur et le portail s’ouvre. Lentement, le quatre-quatre progresse dans l’allée pour rejoindre l’entrée. C’est une gigantesque habitation dans le style hacienda. Elle est de plain-pied, les murs sont d’une couleur chaude. Quand le véhicule s’arrête, je suis toujours en train de scruter l’architecture. Je n’arrive pas à croire que je vais habiter ici. J’étais bien loin d’imaginer une chose pareille un jour. Ça a l’air trop beau pour moi.

— Tu viens, Joe ?

Je cligne des yeux, descends de la voiture et approche de mon père. Il porte mon sac et m’offre un nouveau sourire doux et heureux. Nous allons ensemble vers la porte blanche de la maison. Celle-ci s’ouvre toute seule. Une magnifique femme apparaît. Elle est grande, avec des cheveux blonds soyeux tombant en cascade sur ses épaules. Je la détaille, de ses yeux bleus au rebord de sa robe colorée s’arrêtant à mi-cuisse. Oh, Bon Dieu ! Qui est-ce ? Mon père ne m’a pas dit qu’il avait une copine.

Il prend la parole :

— Joe, voici Paisley. Elle est ici pour prendre soin de toi quand je travaille.

Mes yeux ont du mal à quitter la jeune femme devant moi. Elle a l’air bien plus jeune que mon père, mais aussi plus âgée que moi. Mes sourcils se froncent quand j’entends, et surtout comprends, les mots qui me sont adressés. Comment ça ? Il a engagé une baby-sitter ? Il a cru que j’avais dix ans ou quoi ?

— Bonjour, tu dois être Joe. Ton père m’a beaucoup parlé de toi.

La grande femme m’offre un sourire et une poignée de main. Je pose les yeux dessus et m’en empare avant de retrouver son visage chaleureux.

— Salut, dis-je.

Nous entrons. Mon père m’invite à le suivre pour me conduire à ma chambre. Il m’a montré des photos de la maison, mais la découvrir en vrai est encore plus impressionnant. Je n’arrive toujours pas à croire ce que je vois. Nous traversons un long couloir. Par les fenêtres, je vois une piscine énorme. J’en étais sûre !

Quand nous nous arrêtons devant une porte, je suis soufflée. Dans la chambre, il y a un grand lit, une large télévision accrochée au mur et un bureau avec un ordinateur portable dernier cri. Mon père a vraiment préparé ma venue. Ça me touche. Personne n’avait jamais fait une chose aussi gentille pour moi.

Il pose mon sac délicatement sur le matelas et prend la parole :

— Prends le temps de t’installer.

— Merci.

— Paisley nous a préparé un petit goûter, rejoins-nous dans le salon dès que tu en as envie.

— OK.

Nous partageons un léger sourire. Avant que l’atmosphère ne devienne gênante, il quitte la pièce. Mes yeux s'adaptent doucement à tout ce qui s’offre à moi. Entre la lumière éclatante et la sensation de rêver, j’ai besoin d’un moment. C’est incroyable ! Mon ancienne chambre devait être trois fois moins grande. J’habitais un minuscule appartement en plein centre-ville avant ça. Ça n’a rien de comparable.

Je souffle un bon coup en jetant un regard sur les quatre murs. Sans perdre de temps, je défais mon sac qui contient peu de vêtements et sors de la pièce. J’ai envie d’en découvrir plus !

La décoration de la maison est sobre. Il y a des tableaux et quelques sculptures sur mon chemin. Les plafonds sont hauts, les finitions gracieuses. Tout semble valoir beaucoup d’argent. Je ne suis pas habituée à ça. Même l’air aux légers embruns marins m’est étranger. Ce n’est pas désagréable. J’ai l’impression d’avoir changé de continent, d’être en vacances, d’être loin de tout ce que j’ai connu. Un poids s’élève de ma poitrine. Je finis par rejoindre mon père. Il est assis près de la piscine. Quand il me voit arriver, il sourit une nouvelle fois avec un air serein.

— Est-ce que tout va bien ? Tu aimes ta chambre ?

— C’est super, merci beaucoup.

Maman ne m’a jamais dit pourquoi ils s’étaient séparés. Je suis étonnée, il a l’air sympathique et avenant, aimant même. Du coin de l’œil, je découvre la magnifique blonde. Elle approche avec une desserte à roulette sur laquelle il y a un pichet de limonade, des coupes de glace et de petites pâtisseries qui ont l’air délicieuses. Est-ce que c’est vraiment elle qui cuisine tout ?

— Merci, Paisley, annonce mon père.

Je m’assois à table et profite de la collation pendant qu’il m’explique :

— J’ai déjà contacté ton lycée. Je sais que c’est les vacances, mais ta mère m’a dit que tu avais des lacunes.

Je lève les yeux au ciel en mangeant ma glace. Comme si elle en avait quelque chose à faire de mes notes. Je me demande quel refrain elle a servi à mon père. Ce dernier ajoute avec un sourire :

— Paisley va t’aider.

Mon regard trouve la jeune femme. Elle est restée debout à proximité de la table et acquiesce aimablement. Je me demande quel âge elle a et pourquoi elle est ici. Nos yeux se croisent un court instant. Mon père a joint les mains. Il poursuit avec des pincettes :

— Je suis désolé, mais je dois partir demain pour les affaires. Je reviendrai pour le week-end.

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