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Rendez-vous dans mes rêves · Mia Cadiou

Lire Rendez-vous dans mes rêves en ligne gratuitement Chapitre 1

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Mardi 16 février 2010

Un coup de feu. Des cris. Des pas précipités dans les couloirs.

June détacha son regard du tableau et lança un coup d'œil à ses camarades de classe. Ils arboraient tous une tête intriguée. Personne ne semblait savoir ce qu'il se passait. Mais personne ne semblait inquiet, contrairement à June. Il lui avait vraiment semblé entendre un coup de feu. Était-elle la seule ?

Le professeur, agacé de voir ses élèves déconcentrés, leur rappela qu'ils avaient un cours à suivre s'ils voulaient réussir leur prochain devoir de mathématiques. Un soupir passa à travers les lèvres de June alors qu'elle ramenait ses longs cheveux roux derrière ses épaules.

Peut-être que ce n'était pas un coup de feu finalement. Un simple pétard ?

Alors qu'elle tentait de comprendre la nouvelle formule inscrite sur le tableau en plissant les yeux, un bruit sourd vint briser le silence, cette fois beaucoup plus proche. Leur professeur l'entendit et se tourna vers la porte, confus. Des cris se firent à nouveau entendre, mélangés à des hurlements de terreur et des pleurs provenant de la salle d'à côté, et toute la classe put parfaitement entendre une voix masculine parler au-dessus de toute cette agitation.

— Fermez-la ou j'en tue un autre !

Les élèves les plus discrets retinrent leur respiration tandis que les autres étouffèrent un cri d'effroi en couvrant leur bouche de leur main. Le professeur de mathématiques leur intima de rester silencieux et se rapprocha d'eux pour leur parler à voix basse.

— Ne criez pas, ne paniquez pas, ne vous agitez pas.

Il semblait chercher ses mots tout en captant le regard de tous les élèves de sa classe.

— Quand je vous le dirai, vous allez tous poser vos crayons silencieusement sur votre table et vous lever sans faire de bruit. Faites attention à ne pas faire crisser vos chaises sur le sol, murmura-t-il, sérieux. Vous allez, toujours dans le silence, vous regrouper derrière mon bureau et vous asseoir. Je vous rejoindrai après avoir fermé la porte à clé, d'accord ?

D'un même mouvement, tous les élèves hochèrent la tête, livides, et s'exécutèrent. June prit une grande inspiration. Ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas paniquer, se disait-elle. La jeune fille ne pouvait s'empêcher de penser à ses frères présents quelque part dans l'école. Elle espérait que tout allait bien de leur côté et que tout irait pour le mieux.

Alors qu'elle se déplaçait silencieusement dans la salle pour rejoindre ses camarades, son regard croisa celui de ses amis qui semblaient être sur le point de pleurer à tout instant. June murmura un « Ça va aller », bien qu'elle n'en avait aucune idée.

De là où ils étaient, les élèves pouvaient clairement entendre les sanglots de la classe d'à côté et des pas précipités provenant des étages du dessus. Des tirs se succédaient et à chaque fois, la masse tétanisée sursautait. Personne ne semblait réellement comprendre ce qu’il était en train de se passer et elle n'était pas plus avancée qu'eux. Mille et une questions se bousculaient dans sa tête, sans réponse. Était-ce une mise en scène ? Un exercice ? Et si cela ne l'était pas, qui pouvait venir s'en prendre à un lycée ? Comment allaient ses frères ? Ses amis ?

— June ? chuchota une camarade, sortant la concernée de ses pensées. Tes frères ne sont pas dans les salles au-dessus des nôtres ?

— Oui. Mais je suis sûre que tout va bien pour eux.

C'est vrai, c'est le seul moment de la semaine où on a tous cours dans le même bâtiment, songea-t-elle, l'inquiétude prenant de plus en plus place dans son esprit. Une fois qu'il fut sûr que tous ses élèves s'étaient installés en dessous du grand tableau vert de la salle de classe, le professeur se dirigea en silence vers la porte. Tout en tentant de faire le moins de bruit possible, il sortit son trousseau de clés de sa poche et chercha celle qu'il fallait.

De là où elle était, June pouvait voir ses mains trembler légèrement, ce qui l’inquiéta plus que cela ne la rassura. Ils étaient tous dans le même état.

— Mais qu'est-ce qu’il se passe ? chuchota un élève.

— T'es sourd ou quoi ? Quelqu'un est dans le lycée et tue des gens, lui répondit une autre fille, toujours sur le même ton.

— Peut-être que c'est un exercice. On n’en sait rien.

— Si c'en est un, il est très réaliste. Maintenant tais-toi.

Ils observaient tous en silence leur professeur retirer la clé de la serrure, soulagés de se savoir un minimum protégés. Un sourire qui se voulait rassurant sur les lèvres, il s'installa avec ses élèves. Certains se rapprochèrent de lui, comme si cette proximité allait changer quelque chose.

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant, monsieur ?

M. Robbins ouvrit la bouche pour répondre mais fut interrompu par un bruit venant de derrière lui. D'un même mouvement, ils se tournèrent tous vers la porte. La poignée bougea à plusieurs reprises. Quelqu'un tentait d'entrer dans la pièce.

Le professeur attira l'attention de ses élèves et leur intima le silence, posant son index devant ses lèvres. June ne se rendit même pas compte qu'elle retenait sa respiration, son regard sur la poignée qui s'arrêta de bouger. Par-dessus le bruit des pas qu'ils pouvaient entendre partout dans le bâtiment, comme si l'heure de la récréation était arrivée, des voix masculines s'exclamèrent, lui glaçant le sang.

— C'est fermé.

— Peut-être qu'il n'y avait pas de cours dans cette salle-là ?

— Alors pourquoi on voit de la lumière passer sous la porte ?

À ces mots, June ferma les yeux. Ils étaient foutus. M. Robbins se pinça les lèvres, il n'avait pas pensé à cela.

— Passe-moi le flingue.

Sans avoir eu le temps de comprendre ce qui se passait, deux détonations résonnèrent dans le couloir et la porte s'ouvrit, n'étant désormais qu'une planche de bois trouée. Sous les yeux apeurés des élèves, deux hommes firent leur apparition, une arme à la main.

— Bah alors, vous pensiez qu'on allait vous oublier ?

June ouvrit brusquement les yeux. Son cœur battait la chamade et elle prit le temps de respirer plus calmement, le regard fixé sur le plafond de sa chambre. Tout va bien, tout va bien, se répéta-t-elle plusieurs fois.

Ce n'était qu'un cauchemar. Toujours la même histoire. Toujours la même foutue journée.

Une fois calmée, elle essuya d'un geste habituel les larmes qui avaient coulé le long de ses joues, et se tourna vers le lit situé de l'autre côté de sa chambre. June n’avait pas de volets à sa fenêtre et pouvait, sans grande difficulté, distinguer le corps endormi dans le lit voisin, emmitouflé dans une couverture. Camilla dormait encore, ce qui rassura la jeune fille. Au moins elle n'avait pas crié pendant son sommeil, c'était déjà ça.

Épuisée par ce trop plein d'émotions, June se réinstalla plus confortablement dans son lit et ne tarda pas à se rendormir, espérant ne pas retourner dans son cauchemar, du moins pas pour cette nuit.

* * *

Le soleil avait déjà pointé le bout de son nez depuis quelques heures lorsque June se réveilla pour de bon. Naturellement, son regard se dirigea vers l'autre lit et elle fut déçue de constater qu'il n'était plus occupé. La jeune fille profita encore quelques instants du calme de sa chambre, avant d'affronter une ambiance totalement différente au rez-de-chaussée, là où se trouvait tout le petit monde occupant la maison.

Sa mère, Helen, devait sûrement être en train de s'affairer en cuisine tandis que son père, Stephen, devait déjà être au travail. Il occupait un poste basique dans une mairie non loin de Londres mais il était passionné par son travail, ce qui avait toujours étonné June.

En passant rapidement par la salle de bains pour jeter un œil aux cernes qui venaient faire de l'ombre à son regard noisette, la jeune fille entendit ses frères rire et cela la fit sourire. Elle était la dernière d'une fratrie de garçons, ce qui n'était pas toujours facile. June avait un an de moins que Declan et deux ans de décalage avec les jumeaux de la famille, John et Michael. Avec si peu d'écart, ils avaient grandi ensemble et étaient très proches les uns des autres. Les seules différences physiques étaient que les garçons étaient très grands avec les yeux bleus de leur père alors que June était plus petite avec les yeux noisette de leur mère.

Débarbouillée, elle descendit les escaliers pour arriver directement dans la salle à manger, où elle trouva Declan en pleine discussion avec Camilla et Adam. Ces derniers étaient très souvent chez les McLennan et passaient une partie de chacune des vacances dans cette grande maison, préférant la compagnie des rouquins au fait de rester seuls dans leur famille respective.

Ils s'étaient tous rencontrés en entrant à l'internat de leur école, à l'âge de onze ans. Inséparables, ils étaient très soudés et c'est naturellement que les parents de June considéraient Camilla et Adam comme des membres de leur famille.

— Enfin réveillée, marmotte ? s'exclama Michael, revenant de la cuisine, une tasse de thé à la main.

Aussitôt, son regard croisa celui de Camilla et elles échangèrent un sourire. Calme-toi, petit cœur, ne bats pas si vite dès le matin, songea-t-elle en prenant une grande inspiration. Ce n'était pas de sa faute, tout chez cette fille chamboulait June. De ses épaisses boucles châtains, venant encadrer son doux visage, à ses yeux marron qui semblaient briller dès qu'elle souriait, ou encore son rire si craquant, les traits de son visage lorsqu'elle était concentrée... Tout chez Camilla plaisait à la jeune fille. C'était incontrôlable.

— Vous êtes tellement bruyants que je n'ai pas pu dormir mon quota d'heures, argua la jeune fille en s'installant à côté d'Adam, face à Camilla.

— Nous ? Trop bruyants ? Balivernes ! Je suis personnellement sage comme une image, répondit Michael, le sourire aux lèvres.

— À qui veux-tu faire croire cela ?

— Je n'ai pas besoin de le faire croire, c'est un fait.

— Évidemment, répondirent June et Camilla d'une même voix, les faisant pouffer de rire.

Les vacances scolaires venaient de commencer et June ne souhaitait qu'une chose, passer du temps avec sa famille. Bien évidemment, elle pouvait compter sur Camilla pour les forcer à travailler leurs cours, mais cela ne la dérangeait pas tant qu'ils étaient à ses côtés.

Elle aurait aimé qu'il soit là également.

Son appétit fut toutefois rapidement coupé lorsque Declan se leva et embrassa chastement Camilla avant de monter se préparer. Ils sortaient ensemble depuis quelques mois mais June ne voulait même pas y penser. Elle ne voulait pas, non plus, s'attarder sur son cœur qui saignait pour la millième fois depuis ces quelques mois.

Camilla semblait être heureuse et June aurait dû être ravie de savoir sa meilleure amie au comble du bonheur.

* * *

Vendredi 19 février 2010

Le regard perdu dans les flammes du feu de cheminée, June ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil à Camilla, assise sur le canapé en face d’elle. Cette dernière était calée dans les bras de Declan, qui paraissait fortement s'ennuyer, tandis qu'elle semblait avoir oublié le monde qui l'entourait, plongée dans la lecture d'un roman.

Un livre que June lui avait offert.

Il se faisait tard et les parents McLennan étaient couchés depuis longtemps. La maison était calme, ce qui n'arrivait pas souvent. June était confortablement installée sur le canapé, face à la cheminée, les jambes reposant sur celles d'Adam, qui semblait perdu dans ses pensées. Un souvenir lui revint alors en mémoire.

Depuis que Camilla et Declan s'étaient mis ensemble, June et Adam se retrouvaient souvent à deux. Ce dernier était observateur et n'avait pas mis très longtemps avant de remarquer les regards chargés de tristesse que lançait June à ce nouveau couple. Et lorsqu'un jour, après les heures de cours, il avait demandé à lui parler pour qu'elle lui expose la situation, la jeune fille s'était surprise à s'effondrer en larmes dans ses bras.

Elle était épuisée de cacher ses sentiments, d’assister à cette relation qui lui brisait le cœur. Être heureuse que son frère soit dans une relation avec quelqu'un qu'il aime était une chose. Mais qu'il le soit avec la fille que June aimait depuis un moment était un tout autre problème. Comment était-elle censée réagir ? Détruire son bonheur pour qu'elle soit heureuse ? Et puis quand bien même, à quoi bon révéler ses sentiments à Camilla si elle ne l'aimait pas en retour ?

— June, qu'est-ce qu’il se passe ? Dis-moi… s'inquiéta Adam en la voyant dans cet état.

— Je l'aime. Je l'aime tellement que ça me fait mal, croassa la jeune fille à travers ses sanglots.

Les sourcils froncés, il la serra une nouvelle fois dans ses bras alors qu'il assimilait les paroles de son amie.

— Pourquoi ne pas lui en avoir parlé avant qu'ils se mettent ensemble ?

— Tu ne comprends pas. Elle l'aime lui, pas moi. Et j'aurais tout à perdre si je lui en parlais maintenant.

— Mais tu ne gagneras rien non plus en restant dans cette situation...

June ne répondit pas. Que dire, au fond ? Elle se sentait à la fois soulagée de pouvoir enfin en parler avec quelqu'un et totalement paniquée que Camilla puisse l'apprendre. La jeune fille sécha ses larmes et osa affronter le regard de son ami qui ne semblait pas la juger. Il semblait seulement compatissant face à sa peine.

— Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Tu n'as jamais essayé de lui en parler pour voir ce qu'elle pouvait en penser ? demanda Adam.

— Si. Plusieurs fois elle a voulu me faire dire ce qui me tracassait car elle voyait que j'étais malheureuse. Mais quand je lui évoquais ce que je ressentais, je finissais toujours par dire que la personne concernée, c'était toi. Désolée pour cela d'ailleurs, c'était juste plus facile.

Surpris de la confession, le jeune homme ne put s'empêcher de partir dans un fou rire face à une June déstabilisée qui se mit à rire également.

— Toi et moi, ça me rappelle une discussion que j'ai eue avec ta mère aux dernières vacances.

 Quoi ? Quelle discussion ! ?

— Elle était venue me demander ce que je pensais de toi et m'a glissé qu'on formerait un beau petit couple, rit Adam.

— Horriblement gênant. Je suis désolée mais tu as beau faire craquer plein de filles avec tes cheveux bruns indomptables et tes yeux verts, cela ne m'a jamais fait le moindre effet.

À ces mots, Adam posa une main sur son cœur et fit mine de tomber, faisant rire une nouvelle fois June.

— Ce que tu me dis me brise le cœur, mais j'ai eu une idée.

— Je t'écoute.

— Dorénavant, je serai un bien meilleur ami pour toi. Tu as intérêt à me parler de tes peines. Je refuse de te laisser affronter ce que tu ressens toute seule. Et si tu souhaites conserver l’ensemble de ce que tu éprouves à l'égard de Camilla pour toi, ton secret sera bien gardé. Ce sera notre secret.

June lança un regard aux bâtiments qui l'entouraient, pensive. Combien de temps allait-elle rester dans cette situation ?

— Cela finira bien par passer. Je vais bien finir par me mettre avec quelqu’un et, peut-être même, parvenir à éprouver des sentiments. Comme ça, pas de risque que Camilla découvre tout ce que je ressens pour elle, et ma mère n'essayera plus de me caser avec d'autres personnes.

Face au silence de son ami, June retourna son attention vers lui. Il semblait réfléchir à ses propos et elle attendit qu'il réponde.

— Il y a une autre solution. Au lieu de te mettre avec quelqu'un qui pourrait réellement tomber amoureux de toi et que tu ferais souffrir, en ne lui rendant pas ses sentiments, tu peux te mettre avec moi. Pour de faux, évidemment. Je ne ressens rien pour toi qui soit de ce genre-là, et je ne ressens pas le besoin de me caser avec une fille pour le moment. Comme ça, cela correspond à ce que tu as dit à Camilla ; et ta mère n'essayera plus de te caser avec moi car, aux yeux de tous, on serait ensemble.

— Attends, quoi ? bégaya June. Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris.

— Eh bien, c'est simple...

— Non mais tu es fou ou quoi ? Je ne vais pas t'emprisonner dans une fausse relation juste à cause de ce... À cause de ce qu'il se passe avec Camilla ! T'en as souvent des idées aussi stupides ! ?

Adam se gratta l'arrière de la tête, mal à l'aise. Lui qui pensait que June allait trouver son idée géniale.

— Ce serait seulement temporaire. Et c'est simplement une idée. Comme cela, tu as le temps de réfléchir à ce que tu comptes faire, sans pression venant de l'extérieur. Peut-être que dans quelque temps tu voudras en parler avec Camilla, ou quand leur relation sera terminée, qu'il y aura une évolution entre vous deux... On ne sait pas ce qu'il peut se passer.

— Mais... Qu'est-ce que tu y gagnerais toi ?

À nouveau le jeune homme sembla mal à l'aise, et ses pommettes prirent une teinte rosée. June lui lança un regard sceptique et croisa les bras, ne comptant pas partir sans avoir eu de réponse.

— Depuis quelques semaines, avec Cam' et Declan, on a commencé à entendre des ragots dans notre classe. Comme quoi, si je n'accepte pas de sortir avec une fille du lycée, c'est parce que je suis gay.

— Aurais-tu quelque chose à m'avouer, toi aussi, Adam ?

— Non, de ce côté-là, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Je suis hétéro, y a pas de problème. C'est juste que je ne veux pas me mettre avec une fille, dans une relation sérieuse je parle, si je ne suis pas amoureux. Donc si les ragots peuvent cesser en me mettant avec toi, on y gagnerait tous les deux.

Songeuse, June prit le temps d'y réfléchir. Cette idée semblait folle mais en même temps, cela lui permettrait d'éviter des révélations qui feraient plus de mal que de bien.

— On peut essayer, accorda la jeune fille. Mais hors de question qu'on couche ensemble ou ce genre de choses, hein ?

— Ça va pas ou quoi ! ? On se contentera du minimum devant les autres, mais c'est tout, ne t'en fais pas !

Ils échangèrent un regard et rigolèrent face à la situation.

— Alors j'ai un copain.

— Et moi une copine. En espérant qu'on obtienne ce qu'on veut. Moi avec ma classe, toi avec Camilla.

Un soupir passa à travers ses lèvres alors que June regardait une nouvelle fois Camilla, calée dans les bras de son crétin de frère.

De son chanceux de frère.

Peu de temps après, Declan, inconscient de la bataille intérieure que vivait sa sœur, bâilla à s'en décrocher la mâchoire et brisa le silence.

— Je suis crevé, je vais me coucher. Tu viens Adam ?

— J'arrive.

— Bonne nuit les garçons, répondit simplement Camilla, relevant, l'espace de quelques secondes, les yeux de sa lecture, pour leur faire un sourire.

Adam attrapa les jambes de June et, après s’être levé, les reposa sur le canapé. Il l’embrassa en guise d’au revoir, et disparut dans les escaliers. La jeune fille les suivit du regard et sursauta lorsqu'elle entendit un bruit sourd. Camilla venait de fermer d'un coup sec son livre qu'elle posa à côté d'elle sur le canapé.

— Ça te dit d'aller regarder les étoiles ? proposa-t-elle.

— Je vais nous chercher des couvertures à l'étage. Prépare-nous deux chocolats chauds en attendant, répondit June, un grand sourire venant illuminer son visage.

Camilla lui fit un sourire bien plus éblouissant encore et se précipita dans la cuisine, tandis que la rousse montait en silence les escaliers, se sentant, soudainement, en bien meilleure forme que les jours précédents. Elle veut regarder les étoiles avec moi, et non pas avec Declan, s'enthousiasma-t-elle.

Quelques minutes plus tard, les deux jeunes filles passaient par la fenêtre de leur chambre et marchaient avec précaution sur le toit. Elles s'installèrent du côté où les arbres ne risquaient pas de leur gâcher la vue, tout en s'emmitouflant dans les couvertures, une tasse fumante entre leurs mains. June adorait regarder les étoiles. Mais ce qu'elle adorait encore plus, c'était de les regarder en compagnie de Camilla.

Cette dernière buvait en silence sa boisson, un air serein sur le visage. June pouvait la regarder pendant des heures sans jamais se lasser. Elles étaient seules, dans un cadre magnifique, sans risque que quelqu'un ne vienne les interrompre. La jeune fille songea, un instant, à profiter de la situation pour lui ouvrir son cœur, mais elle se contenta de détourner le regard pour admirer le ciel étoilé.

Elle allait simplement profiter de ce moment privilégié avec l'élue de son cœur. Le mettre dans un coin de sa tête pour ne jamais l'oublier. Et chérir chaque instant qu'elle allait pouvoir passer à ses côtés. Car c'était tout ce qu'elle pouvait obtenir de la part de Camilla et elle devait vivre avec cela.

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