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📖 Extrait gratuit — Chapitre 1 : Montana Hunter à Chapitre 4 : Jay Delaney
Chapitre 0 — Chapitre 1 : Montana Hunter
  1. Chapitre 1 : Montana Hunter
  2. 🔒 Chapitre 2 : Jay Delaney
  3. 🔒 Chapitre 3 : Montana Hunter
  4. 🔒 Chapitre 4 : Jay Delaney
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Terraeën : Opération Jaytana · Lou Jazz & Cherylin A. Nash

Lire Terraeën : Opération Jaytana en ligne gratuitement Chapitre 1 : Montana Hunter

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Trois années se sont quasiment écoulées depuis la terrible mission Primonion. Je suis devenue capitaine et j’ai ma propre unité chez les Forces Spéciales. Peu après cet évènement, mon lieutenant, Justin, m’a raconté que sa femme et lui sont allés voir un psychothérapeute du nom de Lificro. Ce docteur a fait des miracles, selon les dires du jeune homme. Il ne jure que par lui depuis. Sur les conseils de Justin à qui j’ai parlé de mon histoire avec Jay, j’ai pris rendez-vous à mon tour.

À l’EGAT, nous étions convoqués chaque mercredi pour une entrevue avec un psychologue. À présent, c’est différent. Ça l’est parce que ce n’est pas un médecin militaire mais un psychothérapeute, et que je l’ai voulu. Aujourd’hui, c’est ma vingtième prise en charge avec le professionnel. Je peux le voir à l’occasion de mes permissions uniquement. Ce fait rallonge la durée de cette prise en charge.

Derrière ses lunettes en demi-lune, ses iris bleus m’observent avec attention. Le docteur Lificro a toujours un air conciliant et attentif. Il y a des plantes et des livres dans son cabinet. L’ambiance est apaisante. La lumière est chaude, accentuant cette impression. La première fois que je suis venue ici, mes yeux n’ont pas pu se détourner du tableau derrière lui. Le condensé de couleurs bleues et violettes m’intrigue. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la sensation que ça me parle.

— Bien. Nous avons fait d’importants progrès, n’est-ce pas ?

De temps en temps, lorsqu’il dit ce genre de choses, j’ai l’impression qu’il me voit comme une adolescente stupide. C’est étrange et dérangeant. Parfois, il me demande de me connecter à mon âme d’enfant pour me recentrer avec mes émotions. Je n’y comprends jamais rien quand je dois faire ça. J’arrive parfaitement bien à communiquer sur les soucis relationnels que j’ai avec Jay. Les conseils qu’il me donne sont très humains, mais je les écoute et les applique autant que je le peux. Nombre d’entre eux m’ont donné des clés sur le fonctionnement de Jay aussi.

À travers ses lunettes, il me fixe à nouveau. Je n’apprécie pas cette attitude. J’ai toujours l’impression d’avoir échoué quelque part.

— Montana, qu’avons-nous appris ?

— L’importance d’exprimer ses émotions, même si ça ne semble ni logique ni approprié.

— Oui ! C’est merveilleux. Donc, qu’auriez-vous envie de dire à Jay si elle était présente ?

Oh non ! Je déteste cette partie du rendez-vous. Je me mords les lèvres en tentant d’imaginer Jay dans cette pièce.

— Je n’aime pas…

Ce n’est pas comme ça que je dois lui livrer les informations. J’essaie de reformuler en appliquant les conseils du thérapeute.

— Durant la mission Primonion, je n’ai pas apprécié ton comportement. J’ai eu la sensation que tu m’obligeais à choisir entre mon travail et toi.

J’affronte le docteur du regard. Il m’encourage d’un signe de main, mais je ne comprends pas l’utilité de dire ce genre de choses si la concernée ne peut pas l’entendre. Ça n’a pas d’intérêt. L’homme aux lunettes me sourit avec compassion.

— La séance est terminée pour aujourd’hui. Montana, je souhaiterais que vous fassiez quelque chose pour moi.

J’acquiesce.

— J’aimerais que vous écriviez à Jay ce que vous venez de me dire.

— Ça fait trois ans que…

— Oui, je l’entends. Je voudrais que vous lui envoyiez un mail et que vous appliquiez tout ce que nous avons appris. Il est important pour vous et pour Jay d’avancer. Comme vous le savez, les humains ont besoin de mots sur les ruptures ou les conflits. Vous êtes partie sans laisser une chance à Jay de s’expliquer.

Je m’apprête à répondre, mais le docteur me devance.

— Croyez-vous que votre comportement actuel fait moins souffrir Jay ?

— Je…

— Vous n’y avez pas pensé, car vous étiez blessée à l’époque. Bien sûr, vous pouvez justifier vos actes par des faits logiques, mais, dès l’instant où vous avez fui, vous avez agi de façon émotionnelle. Aussi, j’aimerais que vous vous expliquiez avec Jay. Pouvez-vous faire ça pour moi, Montana ?

Sans mot, j’opine de la tête. Il se lève, marquant ainsi la fin de la séance. Je quitte le cabinet, chargée de ces paroles qui résonnent en moi, et monte dans un taxi sans même y penser. Ce n’est qu’une fois face à mon immeuble que je me reprends. Le docteur a-t-il raison quand il avance que j’ai agi par émotion ? Des soldats me saluent. Je leur réponds par automatisme.

Dans mon appartement, je me rends compte que les propos du docteur Lificro sont pertinents. Seule avec moi-même, je pose les yeux sur l’environnement qui m’entoure. Contrairement à l’habitation que je partageais avec Jay, celle-ci est spartiate. Il n’y a quasiment rien de personnel et le mobilier ne compte que ce qui m’est nécessaire. Il m’a été difficile d’avouer au docteur que je ne savais pas ce qui me plaisait ou ce que j’aimais pour occuper mon temps. Ses paroles m’ont rassurée quand il m’a assuré que c’était le cas pour la majorité d’entre nous.

Je prends place sur le tapis de relaxation dans le salon et attrape ma tablette. Le docteur a raison, je dois au moins cet égard à Jay. Elle m’est venue en aide pendant des années.

Sur la messagerie personnelle, j’écris son adresse en espérant qu’elle ait toujours la même.

« Chère Jay,

Je ne sais pas par où commencer cette missive. Il y a trois ans, après Primonion, je suis partie loin de toi. Je tiens à m’excuser de mon comportement. Nous avions une relation amoureuse, mais notre vie de couple et notre vie professionnelle sont entrées en conflit. Je n’ai pas eu la force de t’expliquer à l’époque. Je m’en excuse à présent. J’ai agi avec émotion. Je me doute que mon comportement t’a blessée et peut-être te fait-il encore souffrir à présent. Peut-être pourras-tu un jour me pardonner.

Montana. »

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