Chapitre 1 — Chapitre 1
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Lauren s’arrêta sur le pas de sa porte pour admirer le bougainvillier rouge flamboyant en pleine floraison, avant de se tourner vers la baie, et inspirer à pleins poumons l’air marin. Le temps était nuageux, et le lever du soleil passerait presque inaperçu. Les mouettes rieuses qui planaient au-dessus de sa tête saluèrent par leurs cris cette nouvelle journée et un sourire de contentement habilla les lèvres de Lauren. Elle referma le portail de sa propriété, et s’engagea sur le chemin qui menait au club-house et aux cottages, tous nichés parmi les chênes de Californie qui ponctuaient le paysage de Rockport. Le complexe comptait dix-sept maisonnettes, ainsi qu’une unité de chambres – des mini-suites, comme les appelait sa grand-mère – donnant sur la piscine et les jardins fleuris. C’était elle qui avait eu l’idée de peindre chaque cabane d’une couleur différente, dans des tons pastel jaune, bleu, lavande, mauve et vert. C’était après la mort du grand-père de Lauren, et sa grand-mère disait souvent qu’il se retournerait dans sa tombe s’il les voyait. Cependant, au fil du temps, les petites maisons colorées étaient devenues leur signature.
Lauren ouvrit le portillon de l’espace piscine et suivit l’allée pavée. De nouveau, son regard s’attarda sur les compositions florales panachées qui l’égayaient : des bougainvilliers, bien sûr, ainsi que plusieurs variétés d’hibiscus et tout un éventail de fleurs de saison. À cette heure matinale, les lieux étaient encore déserts. Elle ôta son t-shirt et son short, ne gardant que le maillot une pièce qu’elle portait sous ses vêtements. Elle alla du côté du grand bassin et effectua un plongeon peu profond, nageant sous l’eau jusqu’à l’autre extrémité avant de refaire surface. C’était un rituel qu’elle accomplissait quasiment tous les jours avant de se rendre au bureau. Elle effectuait quelques longueurs, puis faisait la planche en planifiant mentalement sa journée. Aujourd’hui, au lendemain du départ des vacanciers venus pour fêter le 4 juillet, elle décida qu’elle se contenterait de s’occuper des fleurs. La plupart des jardins étaient équipés d’un système d’arrosage automatique, mais certains parterres nécessitaient encore un entretien manuel. C’était une tâche relaxante, presque thérapeutique, que Lauren adorait.
Alors qu’elle flottait sur le dos, son regard se porta sur le club-house. Un vestiaire, côté piscine, abritait un porte-serviettes et une machine à glaçons. De là, on accédait à la cuisine et au salon. Le club-house lui-même était peu utilisé par les clients, et servait essentiellement pour organiser une fête d’anniversaire. La petite salle de sport, en revanche, équipée d’un tapis de course, d’un vélo elliptique et d’un ensemble de poids, connaissait plus de succès. Deux grands canapés se faisaient face dans le salon, séparés par une bibliothèque où les vacanciers pouvaient déposer et emprunter des livres. Avant l’arrivée des tablettes, liseuses et téléphones, ce coin était très populaire. À présent, le contenu des étagères prenait la poussière.
La salle de jeux voyait, elle, passer pas mal de monde : des couples d’amis s’y retrouvaient pour jouer à des jeux de société ou aux dominos.
Le club-house était décoré dans le même esprit que les cottages, avec des marines et des impressions sur toile d’oiseaux de rivage. Un immense collage était consacré aux séquelles d’Harvey, l’ouragan qui avait décimé les chênes, mais, étonnamment, causé peu de dégâts aux hébergements.
Lauren monta les marches de la piscine et se rendit, ruisselante, dans le petit vestiaire. Elle attrapa une serviette pour essorer ses longs cheveux, puis en prit une seconde pour se sécher le corps. Tandis qu’elle se frictionnait, quelque chose attira son attention à l’intérieur. Elle fronça les sourcils. Les chaises autour de la table étaient renversées.
Elle jeta la serviette sur son épaule et ouvrit la porte. La jeune femme s’immobilisa net, tandis que ses yeux écarquillés erraient entre la cuisine et le salon.
— Oh, mon Dieu… murmura-t-elle.
Non seulement les chaises étaient renversées, mais c’était également le cas des canapés et de la bibliothèque. Les livres et les magazines jonchaient le sol, et les toiles colorées avaient été lacérées au couteau. Son regard fut attiré par la porte principale : un trou béant dans la vitre témoignait de l’endroit où le – ou les ? – malfaiteur était entré.
Lauren quitta la pièce à reculons, se hâtant vers ses vêtements et son téléphone. Ses mains tremblaient lorsqu’elle composa le 911 et c’est d’une voix peu assurée qu’elle balbutia :
— C’est pour signaler une effraction.
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Commentaires (3)
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Très bien
On est vite pris dans la lecture
Donne envie d’en savoir plus